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Tome second. C - I.
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HENRI IV. HERACLEOTES.

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tifice dont un Roi de France s’étoit servi.

moins que d’exterminer toute la branche Roiale de Bour-bon , nous vouions mourir tous ensemble pour éviter les fraisdu deuil, qu’autrement nous aurions à porter les uns desautres.

Une autre fois le même , adreíîant encore la parole auPrince de Navarre , déplorait les malheurs dont le feu decette guerre alloit, difcit-il, inonder tout le Roiaume. Bon,répliqué le Prince, c’est un feu à éteindre avec un seau d’eau.Comment cela , demande la Motte-Fenelon ? En faisant;dit le Prince, boire ce seau d'eau jusqu’à crever au Cardinalde Lorraine, vrai & principal boute-íeu de la France. C’eítla Reine de Navarre elle-même qui, pag. 2.34 & 135. d’unRecueil imprimé in 12. en 1570. fous le titre à'Histoire dtnoftre temps 8íc, raporte cela dans un grand & beau Manifes-te de fa façon. Je ne fais, au reste, (ì cette vivacité du RoiHenri IV. ne lui venoit pas bien aussitôt du côté maternel ,

que de celui de son Père Antoine de Bourbon, à qui bail-leurs nôtre Histoire ne donne que des qualitez assez médio-cres : & ce qui encore ne fait pas peu ici pour la Mère, c'estune raillerie fine que dans ce Manifeste, pag. 236 & 237.cette Princesse fait de Defcars Gentilhomme Limofin, quis’étoit ridiculement vanté au Roi & à la Reine-Mére, qu’ilavoit à son commandement 4000. Gentilshommes pour em-pêcher qu’un seul Huguenot ne branlât pour joindre l'arméedu Prince de Condé. Comme néanmoins la Reine de Na-varre & ses Troupes passerent fans obstacle, 8c que d’ailîeursDefcars n’étoit pas d’une distinction à fe faire suivre par unaulfi grand nombre de Noblesse volontaire, apparemment,dit-elle, que par ces 4000. Gentilshommes, Defcars Limofinentendoit des Pourceaux , appelez Gentilshommes dans sonvillage, parce qu’ils font vêtus de foye. Remarquez ici enpassant f origine du nom de Pourceaugnac. Rem. C r i t.

(ct) Dîog.î*dërcin$,Ubr. VU,

tlHHt, 166.

(fe) Idem,ibidem.

ittsm. 167.

HERACLEOTES (Denys) ainsi nommé parce qu’il étoit d’Heracléc (a), ville dtíPont, étudia fous divers Maîtres, & enfin il s’attacha au Fondateur des Stoïques (b). II apricde lui à dire que la douleur n’eít point un mal ; qu’il n’y a que le vice qui mérite ce nom-là, com-me il n’y a que la vertu qui mérite le nom de bien ; & que toutes les autres choses font indiffc"rentes. II persévéra dans cette doctrine pendant qu’il se porta bien j mais aiant eu à souffrir devives douleurs, il abjura fa créance ( A ) , & renonça à la Secte des Stoïques , 5c qui pis est,il embrassa celle des Cyrenaiques, qui fa 1 soit consister le souverain bien dans la volupté. II en-troic fans honte, Sc sous les yeux du public, dans les lieux de prostitution, & vouloit bien qucles plaisirs où il se plongeoir fussent fus de tout le monde ( c ). II y a même des gens qui disentqu’il fut débauché cès fa plus tendre jeunesse ( B ) -, & que s’étant souvenu en passant auprès d'tMbordel, qu’il en étoit sorti le jour précédent fans avoir paié ce qui étoit dû aux filles de joie, stmit la main à fa poche, & paia régulièrement ses dettes en présence de tout le monde. On luifit une Objection embarrassante (C), fur.ce qu’il admettoic avec tous les Dogmatiques, qu’il y a

une

fi ) CeUfigni-pt pr.prtmcnt

íni matants,

Ú' mit pastranspoa-toc, commei'a prútìtJttle I rÁ.:i[-:cl G:írA Arhcneç,Livr. X,

t*Z : 4 J 7 .Votez. Vos-sias tic Hist.Grec. p,-\4 ís. Ctíauboa. :nAc/ienaaim ,P “S- 73 3 ,avait íi}&Pmrifuc cettefaute,

(î) Conférez,d* Citas r 3 k(z) avec UCitation (4).(î ) Cîccro ,Lìbr. V, dcFiaib. Cap,XXXf.ï-sercc »Livr. VIT,

rtttm, r 66 ,

ne (tarie suede la douleurdu y cuti.

(4) idemCkn'o,Tufcuì. n,Cap, XXV.

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“t t ík yí», ® cGKTi 1 -Ux.ÍBLÇ s'UtK.ZîìtC ÍV*rx7ç Jï-.'cf:-

A'^cíijrrat

(A) Aiant eu, à souffrir de vives douleurs, il abjura facréances] Ce changement lui aquitle titre de u,tTcaâíu,e>o s (1),que nous pourrions traduire par celui de transfuge ou de dé-serteur. Les uns disent qu’un mal d’yeux le fit changer d’o-pinion; les autres attribuent cela aux douleurs de la gravelle.Cicéron raporte l’une & l’autre de ces traditions (2). NobisHeracleotes ille Dionyfius flagitiofe dcfcìviffe vìdetur à, Stoïcispropter oculorum dolorem. Quìs ver'o hoc didicijje à Zenone,non dolere quum doleret ? llluâ audierat , ne c t amen didiceratmalum illud non ejfe quia turpe non effet, cy effet ferendumvira. Hic fi'peripateticus fuiffet, permanstffet , credo, in fen-tencia quoniam dolorem dictent malum este, de asperitate au-tan eiits fortiter ferenda pneiptunt eadem que. Stoici (3). J’airaporté plus de paroles qu’il ne m’en salon pour prouver ceque j’avois avancé, & néanmoins je ne pense pas que mapeine soit inutile ; car en chemin faisant je découvre à mon.Lecteur, que les Controverses des Stoïciens & des Péripaté-ticiens fur la nature de la douleur n’étoient qu’une dispute demots. Ils convenoient les uns 8c les autres qu’il faloit la fu-potter courageusement: mais le$ uns nioient qu’il falût l’apel-ìer un mal, 8c ks autres fouter.oient qu’il le faloit faire. Voi-là bien de quoi fe tant agiter ! Nous disputons aujourd’hui,& fur îa Théologie, 8c fur la Philosophie, pour des chosesoù le mal entendu n’eíì pas moins visible. Voici un autrePassage de Cicéron: je le raporterai tout entier, afin qu’onvoie pleinement de quelle maniéré notre Philosophe d’Hera-dée raisonnoit. II présumoit beaucoup des forces de la Phi-losophie; car il jugea que puis quelles étoient inférieures àcelles de la douleur, il faloit que la douleur fût un mal. Ho-mo fane levis Heracleotes Dionystus , cum à Zenone sertis estedidicistet , à dolore deduâîus est. Nam cum ex rentbus labora-ret , ipfo in ejulattt clamitabat , falfa este illa , qus. antea dedolore ipfe senfiffet■ Qutm cum Cleanthes condiscipulus roga-ret , qutnam ratio eum de fententiadeduxiffet ,respondìt, Quiacum tantum opéré Philosophie dedtffem, dolorem tamen ferrenon postent, satis effet argumenû, malum este dolorem. Pluri-mos auteni annos in Philofop'na confumpfi , nec ferre poffum:malum est igitur dolor. Jum Cleanthem, cttm pede terramperCHjjìffet , verfum ex Epigonis ferunt dixiffe :

Audisne hxc Amphiarae, fub terram abdite ?

*/£<***• iCj v 9i

wstc Sx- Zenonem stgnïficabat .- à quo illum degenerare dolcbat ( 4).fjLirtot etti.it

cr-jiî'txus (B) Il y en a qui disent qu il fut débauché dés fa plus ten-

òJìçiïlfaç. l i fc jcuaiffg.'j Nous venons d’entendre qu’il avoit philosophé*** ~' Tf plusieurs années selon les Maximes austères du Portique; c’estfini T<râ» lui-meme qui 1 allure, si nous en crorons Cicéron. Que fau-ytsaduuv, àe dra-t-il donc penser du Conte qu’on trouve dans Athenée ìeyí-mo x-j.vi Dítons-nous que cet Auteur s’est diverti à ramasser toutes les, Histoires scandaleuses vraies ou fausses, qu’il rencontrait dans!rç° repàí°f‘ les Ecrivains les plus satiriques? J’en laisse la décision à mestricer.xJ- Lecteurs. Je leur mets seulement en marge le Grec d’Athe-

&ùc âtei'e née, avec la Version de Dalechamp (5), que l’on fera bien

âe rectifier selon les Notes de Cafaubon. Ceux qui fe fou-v * en dront bien du septième Livre d’Athenée, fe détermine-r °nt aisément à l’avantage de Cicéron ; ils croiront que De-tr-j.ncei r -Ys ne fe révolta contre les Stoïques, qu’après avoir blanchi

eptevra-t . .

ttiriuVA'. Fttkt A'tcm JJtonyfius dU y ejuod ait Nìceas Niccttnjïs libro dt Sticcejfonibus , j a mab cdcléfc ín tì a ' ta ™ t™™*™ furiosaque hbidine ptreitus , ut fine discrimine cum plcbejis an~ciUis ac pedijfc 1 ]**!' c f ir f ^£ t^nando cum f.imiliarilus inambulam, tibi ad anciliarum ct-dci vem't, QU&s prrdtt tngrcjjus a tquot oboUs ejuos debebat ntn sclverat , iasu tum forte inIoìhHs babens , dtpnta manti coram omnibus numeravit. Athcn. Ubr. X, 457.

dans leur communion; car Athenée lui donne îe nom devieillard au tems de cette révolte, & cite le railleur Timon*qui difoit que ce personnage avoit commencé à se consacreraux plaisirs lors que la saison en étoit passée. II vaut mieuxraporter l’original : il est au VI Chapitre du VII Livre d’A-thenëe, à la page 281. lìepi è'ì &mvAx rS H ’patcMÚm **

Síi nui 0\iystv ; oç áeTtKpnç acTrad'vç rev txç ácsrtiç zitíéva

pteToiiptútacTo, Y.oLi MÉT^. 9 ‘f j wEyoç evoç s^aipe, Xít; 75 í y £ ~

pauç àrc-otoii tae tic roue àiym, xu) tV; t«* I Isríxlipca /Hta-tri]èq-ae- trtp'i ù a» ùy,cípitaç, ô TÍfim 'ttpn ,

H’h/k’ ixçvi cóiut, ilôt ao%srui ìiSinc-B-uti

Sl pv físo, apr, ct yu/xiiv , apn 6 5 77 ter dur fj ut.

®xid autem de Heracleote Diotiyfio attinet âicere ? Apert'cdem c? palàm virtutis exuta veste, cum indumentum mutstlrçr alienum fumpfiffe criminarentur , gaudebat , quamvis st 1 *,natu grandis à Stóicorum fchola defeciffet , & transtviffitEpicurum. De illo non invenstfte Timon scripstt :

Ille voluptati se tradit jam moriturus.

Tempus amandi, tempus habendae conjugis, est quod

Rébus ab his tandem moneat desistere tempus.

J’ajoûte que Lucien observe que Denys étoit fort sagequ’il quita les Stoïques (6). Je n’oserais assûrer, commeMr. Ménagé (7), qu’il ait été dans l’Asie à la fuite d’Ale* aI1 (dre, 8c qu’il ait dansé au son des flûtes aux noces de ce Conquérant. Athenée à la vérité dit cela d’un Denys Herad e 'tes; mais combien de gens dc même nom allegue-t-il fa nSdistinguer par aucune marque ? .. :

(C) On lut fit une Objection embarraffante. J Celui q ul ^faisoit cette Objection s’apelloit Antiochus : il avoit embr 21 ,la Secte de ceux qui n’admettoient aucune Science, q - tdire » aucune Proposition certainement vraie : 8c puis il V L-abandonné ce parti-là, après avoir soutenu long-tems D 'compréhensibilité, & avoir écrit subtilement pour cette eau •Scripstt de his rébus acutistìme , cr idem hoc acrius accusait ^seneííute quàm antea defenfitaverat. Quamvis igitur Jst 1acutus, ut fuit, tamen inconstantia elevatur autorisas. P~ ’inquam , etiam iste dies illuxerit , quero, qui illi ostenderit t ■qnam multos annos este negaviffet vert er falfi notam v.

Or pendant qu’il combatoit la Science, il harceloit• -'jfsoít-fnent notre Denys : vous avez cru fort long-tems, jm 0 ^

il > qu’il n’y avoir point d’autre bien que l’honnêtete; est ^vous avez soutenu que l’honnêteté n’eíì: qu’un vain n0I jj’ veIque le souverain bien consiste dans la volupté. Vous - ^donc croire que le mensonge se présente à notrequ’il s’y imprime fous le même caractère fous lequel la ra cté-y prend place, 8c par conséquent que cette marque c fon( j eîristique du vrai 8c du faux, sur laquelle vous vous ^ oUtcpour affirmer ou pour nier, est trompeuse 8c illuwire. ^jrla force de cette Objection consistoit en ce quesoutenu successivement deux Propositions contra ^ cUtAntiochus éprouva la force dc son Objection, lors . mcSchangé de sentiment ; car on le batoit des memequ’il avoit emploiées contre Denys. Voici le La m u p at ,ron (9) : Quoque folebat uti argumente tum, cum et p . ^ fn'thìl poste percipi, cìim qmrertt, Dionystus u; r itis opor-

utrùm comprehendiffet certa illa nota qu* a ^tm dmtu 0 Vtere , illudne, quod multos annos tenuiffet, eno q . j

credidiffet, honestum quod effet, id bonum folum e ff,

posta defensitaviffet, honesti tnane nomen effe, ioCl re

summum bonum : qui ex illius commutâta Jtn ^«1-

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