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Tome second. C - I.
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74 f

HERACLEOTES. HERACLIUS,

f'o) viog.ï-aertiusLibr. V ì* Hm » sr, -z.

f 11 ) Ultsfd-*oditi un peu.Voiez, Ca-íâuboa futÀthence,733.

l/r> Odyss.^'•Zïí,---. «47.

Une réglé pour discerner la vérité & la fausseté. II composa divers Ouvrages de Philosophie» &quelques Poèmes aussi (</). II fit donner dans le panneau Heraclide par l’un de ses Poèmes (D).11 parvint jusqu’à l’âge de quatre-vingts ans, après quoi ne voulant plus vivre, il se donna la morten ne mangeant rien (s). Ses désirs lascifs raccompagnèrent jusques à l’âge où la nature ne lespouvoir point satisfaire (L). Mr. Moreri s’est trompé assez lourdement ( F).

’vellct , nihil ita fignari in animis nostris à vero poffe, qitod nontodem modo poffit à fais», is curavit ,quod argumentum ex Dio-nyfio ipse sumpfiffet, ex to c/tterï fumèrent. Cette Objectionpeut embarasser ceux des Protestans modernes, qui soutien-nent que les véritez de T Evangile n’entrent point dans notreesprit par la voie de l’évidence, mais par celle de sentiment ;car que diront-ils si on leur montre des Chrétiens qui chan-gent de Religion, 8c qui à l’exemple de notre Denys d’Hera-clee embrassent pendant long-tems avec une ardeur incroia-ble les mêmes dogmes, qu’ils rejettent dans la fuite avec uneardeur pareille? Le sentiment de la fausseté, demandera-t-on, ne s’imprime-t-il point dans lame avec tous les mêmescaractères que le sentiment de la vérité ?

(D) II fit donner dans le panneau Heraclide par l’un de fiesPoèmes.] Aiant composé un Poème intituléParthenopmm , il l’attribua à Sophocle en le publiant. Hera-clide prit bonnement cet Ouvrage pour une production deSophocle, 8c le cita comme tel dans l'un de ses Livres. AlorsDenys lui découvrit la supercherie,- 8c Heraclide n en voulutnen croire: il soutint que l’Ouvrage étoit de Sophocle; 8clors même que Denys lui eut envoie son Manuscrit, il per-sista dans son opinion, 8c prétendit que le hazard avoit pufaire que deux Poètes se rencontrassent (ro). Tant il estfâcheux à un Auteur d’avouër qu’il se soit lai st é surprendrede cette maniéré. Scaliger trompé de la même forte par Mu-ret ne fit pas tant Vopiniâtre, mais il en fut très-fâché.

( H ) Ses defirs lascifs l’accompagnèrent jusqu'à l’Âge ou lanature ne les pouvoit point satisfaire. J Le jour d une grandefête qu'ìl célébra le plus agréablement qu’il lui fut possible, ilse fit amener une courtisane, afin qu’il ne manquât rien auxplaisirs de la journée, mais la vieillesse l’avoit tellement aba-tu, qu’il ne put rien exploiter. II confessa son infirmité, ense servant des paroles ( r i ) qu’Homere met à la bouche del’un des galans de Penelope, lequel ne pouvant tendre Tared’Ulysse, s’écria, qu’un antre le prenne, je n'en puis venirà bout ( ia ). Denys pareillement déclara que puis que lesforces lui manquoient, un autre devoit s’emparer de la cour-tisane. <I>tíci rìv A mvótruni toT( oix.sra.is crmsoorá^otra , h rçíTaív Xoojv soçrri, iut) t/f S'mxy.evos è'iá’yrtçu.s xgnir^ui p ocupsixi-peo-uv sraíça, vzrosçs^ana sim~s îrgòç cvtìlimQmas, Oïcf.uirxi ravirai, Xafisro cìì xa) Tradit Dionyfium cum

domesticìs , diebus fejlis congiorum, sérias Mas agentem, cumob fenettutem meretrice quam adduxerant uti non pojfet ,

a cl convivas facie versa , dixifie. Arngere nequeo, futnatalius (13). Antígonus Carystius racontoit cela dans la Viede notre Heracleotes.

(ï) Mr. Moreri s’est trompé affez lourdement.'] I. II ditque Denis d’Heraclée . . . ayant quitté l’Ecole de Zenon sui-vit les Cyniques. II faloit dire les Cyrenaiques , dont la Secteétoit extrêmement différente de la Secte des Cyniques. Onen peut juger par Imposition de caractères qui se trouvoit en-tre Aristippe 8c Diogene. II n’y a pas dans le fond une gran-de différence entre Diogene Laërce qui fait passer notre De-nys dans le camp des Cyrénaïques, 8c Athenée qui le faitpasser dans la Secte d’Epicure; car encore qu’Epicure expli-quât plus honnêtement le terme de volupté , il convenoitavec les Cyrenaiques que la fin derniere de l’homme, le sou-verain bien, le bonheur de l’homme, est la volupté. II. Cesparoles, il ne saisit point de difficulté ... de faire publique-ment ce qui lui pouvoit donner du plaifir , font une fuite de laprémiere faute, 8c une nouvelle faute. Si Denys avoit em-braflé le Cynisme, il n’aitroit point eu de honte de fe souil-ler avec une femme au milieu des rues: mais comme il nefit que passer dans l’Ecole d’Aristippe, agréable débauché, li-bertin poli, 8c qui savoit admirablement le monde ; 8c queles Cyrénaïques, qui donnoient à la nature tout ce quellesouhaitoit, n’avoient pas pourtant adopté l’impudence desCyniques, on a grand tort de prétendre qu’il n’avoit pas plusde respect que Diogene pour les yeux de son prochain. J’a-voue qu’il vouloir bien qu’on le vit entrer dans les lieux pu-blics,8c qu’on fût qu’il avoit couché avec des prostituées(i4);mais chacun fait que cela ne signifie point conoître publique-ment une femme, 8c fous les yeux des passans, commefaisoient les Cyniques. III. On ne pouvoit pas repré-senter plus confusément la désertion du Stoïcisme , queMoreri l’a représentée. Denys, dit-il, étant tourmentéd’une excestìve douleur dans les yeux, ne voulut jamais direue la douleur fût indifférente. Voit-on là une descriptiondelle du changement de ce Philosophe ? N’est-on pas tentéde sc figurer un homme que l’on met à la question, pour luifaire dire que la douleur est indifférente, 8c qui s’obstine àne le pas avouer? Volez dans les Passages de Cicéron citezci-dessus (151 l’état naïf de cette Avanture. IV. 11 ne faloitpas ôter à Denys dix ans de vie : ce fut à l’âge de quatre-vingts ans, 8c non pas à Page de soixante 8c dix, qu’il felaiffa mourir de faim .

(d) DiogíiiiLaertius,Libr. Vlîinum. 167.

(í) Hem ,ibidem*

(n) AthenáLibr» X,

437 , exAntigonoCaiystie»

(14) Èfc

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p±KX\vtìr]a>Sj iéu nrctS'ê/.Lustra ingr 4diebaturycat. Srisque volup-tatibus aperte

opérant dabat%

Laërtius »Libr. Vil t

num. 167.

La Verstonordinaire esttrop forte y &à trompé apa.■*-.remmentMoreri :Palam lus-tra ingre-diebatur,eïteraquesub omnianigerebat Octt*lis quL advoluptaicntpemnerenu

(151 (ita-lien (3) df

(4).

HERACLIUS, Patriarche de Jérusalem au XII siecle, fut l’artifan de sa fortune. Il étoit néen Auvergne, sans bien, niapui, & il ne laissit pas de parvenir à l’Archevêché de Cesarée, & puisau Patriarchat de Jérusalem. Sa bonne mine & son adresse le firent entrer dans la plus étroite con-fidence de la mere du Roi j déserté que les opositions de l'Archevêque de Tyr furent nulles, quoiqu’il les fondât fur des Prophéties (A). II eut beau protester contre sélection d’Heraclius, & enapeller au Pape, & aller même à Home, afin de la faire casser j il n’eut pas le tems de terminercette affaire. Heraclius le fit empoisonner (A), & allant ensuite à Rome il se fit confirmer par lePape. II succéda au Patriarche Almeric qui mourut fan 1180 . II mena une vie fort scandaleuseavec la femme d’un Marchand de Napoli de Syrie, laquelle il fit venir à Jérusalem après la mortde son mari ( a'). On en verra ci - dessous des circonstances envieux Gaulois (C). II ne le faut

b), Histoirede la Con-7«te de

» Cí ufatemk" Saladin.^ ‘o-

(Cj.

(A) Sjuoi qu'il les fondât fur des Prophéties.] II dit queles Prophéties menaçoient que comme la Croix fut conqui-se par un Erade, elle seroit perdue sous un autre ( i). Jecrois qu’il auroit parlé plus conformément à l’Histoire, s’ilavoit dit que comme les Infidelles avoient pris la Croixfous un Erade, c’est-à-dire, fous l’Empire d’Heraclius,ils la reprendroient fous un autre Erade. Je faì bien quel’Empereur Heraclius recouvra par un Traité de paix laCroix que les Perses avoient enlevée; mais peut-on dire quece fût conquérir la Croix ?

( B ) L’Archevêque de Tyr n’eut pas le tems de terminer cet-te afaire. Heraclius le fit empoisonner. ] J’ai trouvé ceci dansla Préface que Jaques Bongars a mise au devant du GestaDei per Trancos. II raconte que Guillaume Archevêque deTyr, celui-là même qui a fait l’Histoire de ces tems-là ,fit entendre vainement aux Chanoines du Saint Sépulchre,qu’il ne faloit point qu’ils nommassent Heraclius au Patriar-chat de Jérusalem. II leur allégua la Prophétie raportée ci-dessus; & afin qu’ils ne crussent point qu’il aspiroit à la di-gnité vacante, il les conjura de ne nommer, ni Heraclius,ni lui. Ce furent néanmoins les deux qu’ils nommèrent.Le Roi, selon la promesse qu’il avoit faite à fa mere, choi-sit Heraclius. Celui-ci puhlia tout aussi-tôt son mande-ment pour se faire prêter l'obéissance par les Archevêques,& par les Evêques, qui dépendoient du Patriarchat de Jé-rusalem. II n’y eut que l’Archevêque de Tyr qui refusade comparoitre. II en apella au Pape, 8c sc fit fort de mon-lrer qu’Heraclius nëtoit point digne d’être Patriarche. 11partit incessamment pour Rome, 8c y fut très-bien reçu,« mit les choses fur un pied que la déposition d’Heradius•paroissoit certaine ; mais ce nouveau Patriarche prévint lecoup en corrompant un Médecin qui empoisonna Guillau-me. 11 fit ensuite le volage de Rom«, & obtint du Pape

TOME II, " —

ce qu’il voulut. Bongars n’a trouvé cela-que dans des Au-teurs François.

(C) On verra c't-deffous des circonstances en vieux Gaulois.]L’Histoire de la Conquête de Jérusalem, que j’ai citée, pa-rut à Paris l’an 1679. Celui qui la publia l’avoit traduite d’unvieux Manuscrit, que Mr. Cabart de Villermont lui avoitdonné. II raporte selon les termes de l’Oríginal ce que l’onva lire: Et celle (z) ternit li Patriarche tout en apiert, c?fans celée de gens, ainsi comme un homme fait fa femme, sontant quelle ne manoìt pas avec li, O 1 quant li Patriarche al-loit au Monstier, elle estoit auffi bien aornée de riches draps ,comme fe cou fut une Emperées ou une Reine, ejr ses ferians de-vant lifCT quant aucunes gens la veoìent qui ne la connoiffoienipoint, st demandaient qui cette Dame estoit, ainsi qu’on faiides gens qu’on ne connoit ; a 1 ceux qui la connoiffoient dìfoiemque cou estoit la Patriarcheffe, la femme le Patriarche, csr fa-uchez quelle avoit nom Pafque de Riveri,erfi avoit affez d’enfans du Patriarche. On conte que ce Prélat assistant à un Conseil d’importance, un fol s’estant fourré dans la chambre courut droit à lui, ífi lui dit, Sire Patriarche pretarez moi unriche récompensé, car je vous aparté de joyeuses nouvelles ,voftrfemme Pafque de Riveri est heureusement accouchée d’une belìfille ( 3 ).

Bongars raporte en Latin la même Histoire & a ,,„plus détendue (4); car il dit que l’Auteur François nu 1raconte observe que cette conduite du Patriarche scrvn,v apatron aux autres, 8c que les Prêtres, ses Clercs *7?Moines etoient tellement adonnez à la luxure ' vdultere , qu’il n’y avoit presque ‘aucune a J

chaste dans Jérusalem, 8c que Jesus-Chrift ^ nie st ui fpuretez dans la ville ôù il avoit énaà s^^nt ces ir

rédemption de son peuple, ne es voulm^ sa ,Pë pour

- c * s * ^4*$ ssa* M-

(à) Vdìeit,/’HistoirCde 1 a Coiï«quête duKoiaumedc Jérusa-lem par Sa*ladin, impri-mée k Paris $Van 1L7-.

(Í) cV-á-

dire la venvéda Marchanddc, Napoli déSyrie*

(?) je raportedei selon UCopte qutstetist s il y a. long-tems. Jecrains de n*a*voir pas tou-jours observél Orthographedu Livre im-primé , & jine Cai pluspour rrfyconformerenticrement*

{4) íongarCPrxf.it. Ges-torum Dcípei f ta»-,CVS,