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Tome second. C - I.
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ÌI I P P A R c tí ï a;

à dîner chez Lysimachus, avec l’Athée Théodore, lui fit une objection subtile, à laquelle il ne fit L) w £taucune réponse verbale (fi): il n’eut recours qu’à ses mains ; & quoi qu’il pût faire Lc dire ensuite, ^

il trouva une femme très-résolue, & qui ne s’étonnoit de rien (<*)-. Elle fit des Livres, qui ne font Hipparchia*point parvenus jusques à nous (T). Mr. Moreri a fait quelques fautes dans cetAiticle (Cr). Lo- nítm 96 *

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Pourtoient«Ue cho-yez de ce3 ue i e vientste íaportet.

Chain. Je ne sai si jamais aucun de ces Casuistes, qui onttant abusé de leur loisir, pour examiner des cas de con-science en quelque façon métaphysiques , s'est avisé de re-chercher à quel genre de crime il taudroit réduire l’impu-dencc d’un Crates, & d’un Diogene. Ils ne croioient pointqu il y eût de Loi divine fur cela, ni que l'on fût obligé dele ( conformer aux coutumes municipales. 11s croioientqu en ne s’y conformant pas on encourait tout au plus leblâme de rusticité, & sic peu de complaisance pour un usa-ge reçu ; être incivil, groflier, & mauvais observateur desmodes, n est pas une action criminelle ou mauvaise morale-ment parlant. Que pourroit-on donc dire contre les Cyni-ques, a ne les condamner point par les véritez révélées? Jen ai jamais lu quoi que ce soit sur ce point, & je ne sai íijamais personne a dit que présentement une action Cyniquelcroit seulement criminelle, 1 à cause du scandale donnéau prochain ; z, à cause du mépris des coutumes munici-pales ; 3 , à cause de la négligence qu’on aporteroit à con-servcrles barrières de la chasteté. Je supose un hommepersuade que Faction en elle-même n’a pas été défenduenommément dans l’Ecriture, Lc qu’elle n’est point contraireau droit naturel. Si elle y étoit contraire, les sentences quiordonnent le congrès feraient tout autant de crimes pour lecompte des Juges.

II y a fans doute des Casuistes qui prendraient pour unplus grand crime la masturbation, ou le péché de mollesseque Diogene commettoit en plein marché ( 18) , que lecongres.de Crates & d'Hipparchia. C'est une chose étran-iout-a-fait scandaleuse, que de voir Chrysippe, ce cé-lebre & ngiue Stoïcien, donner des louanges à cette actiondc Diogene (19). Ce Cynique n’auroit pas pu s’en justifier

tenant une Femme entre les bras au milieu des rues, fut in-terrogé que sdltes-VOUS ? & qu’il répondit <pv;tóto úr.?gto-eroy ,je fiante un homme. Aucun ancien, que je sache , n’a faitce Conte; & Mr. dû RondeQque j’ai consultélà-dessus,m’arépondu qu’il n’avoit trouvé cela que dans des Auteurs mo-dernes. Or puis que l’on fait courir fur F effronterie de cetancien Philosophe un Conte si mal fondé , on n’a gardéd ignorer ce qu’en ont dit les Auteurs dont je cite les paro-les. Dequoi serviroit-il donc que je suprimasse ces faits-Ià ?

II faloit du moins, me direz-vous, choisir des Phrases quimissent un voile épais fur Ces infamies. Je répons que c’eûtété le moien d’en diminuer l’horreur; car ces maniérés dé-licates & suspendues, dont on se sert aujourd’hui quand onparle de Fini pureté, n’en donnent pas autant de dégoût»qu’en donnerait un langage plus naïf, plus fort, & par ce-la même plus rempli d'indignation, que l’Auteur ne s’amufcpas à inventer des obliquitez de style, qui à proprementparler ne sont qu’un fard. J’ajoûte qu’il est plus utile , &plus important que l’on ne pense, de représenter naïvementles horreurs, & les abominations que les Philosophes Paiensont aprouvées. Cela peut humilier & mortifier la Raison,& nous convaincre de la corruption infinie du cœur hu-main , & nous aprendre une vérité que nous ne devrionsJamais perdre de vue; c’est que l'hommc a eu besoin d’uneLumière révélée, qui supléât au défaut de la Lumière Phi-losophique ; car vous voiez que les Stoïciens (15) , quis’attachoient plus que les autres Philosophes à la Morale, &qui en avoient des idées fort sublimes , ont aprouvé lesobscénitez effrontées de Diogene. C’est à eux que nouspouvons apliquer en particulier la déclaration générale deSt. Paul contre les Paiens : Se tlisans être sages ilt font devenus

par son Sophisme, ll efi j u fie de rendre le devoir conjugal, fols (z6).aonc tl ejt jujtc de le rendre dans U rue ; car son action est {Ë) Hipparchia.... fit une Objebhon...» laquelle! AtheeTheo-

mauvaise & en secret Lc en public. Sextus Empiricus con- dore ne fit aucune réponse verbale. ] C’étoit un Sophisme aisévient qu elle passoit pour détestable, encore que Zenon le à résoudre & à rétorquer. St je fiai sots, lui dit-elle. la m(-fondateur des Stoïciens l’eût aprouvée, & que bien d’autres me aâlion <{ue vous auriez, faite justement , on ne me pourraitY euílcnt eu leur recours , comme à une bonne chose. Tore pas accuser d'avoir fait une aílion injuste ; or st vous vous bat -

«1 e-y.exoyeiv fue?aiùi -» 7 ..•._!>. t iez vous-même vous agiriez, justement ; donc fi je vous batois,

on ne me pourrait pas accuser d'avoir fait une aóìion injuste.

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díjsus Cita-tions (ïp) if(*•)’

(islEpítieaux Ro-mains ,Chap. 1 »Vers it«

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nu-iâa. Sjuum praterea dttefiabile fit apud nos ,

Zeno approbat c V alios quofdam ut bono quodam hoc ufos tnaloaccepimus (ìo). Diogene se servoit d’un autre Sophisme;il prenoit pour une leçon de la nature ce que font certainspoissons (.z:): mais ce Sophisme n’est pas meilleur quecelui qu’on tirerait de la pratique des Lydiens. Au reste,les Cyniques eurent beau chercher des raisons pour colorerleur effroiabîe impudence, ils n'osèrent y continuer ; lm-dignation publique leur servit aparemment d’un irein plusrude que les idées de l’honnête. St. Augustin remarque quela pudeur naturelle reprit le dessus dans ces gens-là. Vicìtlamen pudor naturalìs opinionem hujus erroris > nam etfi ferhì-bent, hoc aliquando gloriabundum fecijfe Diogenem ,ita putan-tem feélam fuam nobiliorem futuram, fi ìn hominum mémo -riant insigníor t j us impudent ia figeretur ,postea tamen « Cynicisfieri cejfatum est: plufque valuit pudor, ut erube/cerent homì-nes homimbus, qukm errer, ut hommes canïbus estesimïlesajfetfarent ( zz). Mais comme il y a toûjours des exceptionsaux réglés les plus générales, nous voions dans Lucien le

TÒ CCÔ'tOiT’OOoV Ór, T0UT6 .

tem m cetenu populì pudeftdâ CQfttTGElûb&ty iftdíjjerefttui

vocans ostentabat 2.ZV .

Ceux qui trouveront étrange que je raporte des obs-cénitez aussi horribles que celles-là , auront besoin qu onles avertisse qu’ils ne considèrent pas assez attentivementni les droits, ni les devoirs d’un Historien. Tout hommequi fait aujourd’hui l’Histoire, ou d’un ancien Philosophe,ou d’un autre personnage qui s’est aquis quelque nom dansles siécles précédens, est en droit de raporter toutes les cho-ses que les Livres nous en aprennent > soit qu’elles méritentd’être louées , soit qu’elles méritent l’horreur & l’exécra-tion des Lecteurs ; & s’il se contèntoit de recueillir ce quiest louable, il remplirait très-mal les devoirs que la naturede son Ouvrage lui impose. Lors qu’on fait la Vie de quel-que Moderne, on a plus de liberté ; car s’il a commis desactions très-sales qui soient inconues au public, on peut lespasser sous silence, selon qu’on juge qu’il faut prévenir cer-tains inconvéniens, qui pourraient naître de la publicationde pareilles choses. Mais quand il s’agit d’un fait raportépar cent Auteurs , on n’est pas le maître d’nn semblable mé-nagement : & si Fon choisit le parti de la supreffion, l'on se

Théodore ne s’amusa point à lui répondre en Logicien; ilse jetta sur elle, & lui défit le manteau. Selon la maniéréde s'habiller & de parler d’aujourd’hui , nous dirions qu'illui leva la jupe. C'est l’explication que Mr. Ménagé (z7)donne à ces paroles de Diogene Laërce , r ---s.s;

■%/fíá-ricí. Voilà une maniéré bien gaillarde & bien cava-lière de répondre aux Sophisme® d’une femme. Hipparchiane se décontenança point, & lors que Théodore lui eut ci-té le Vers d’une Tragédie , où Fon représentoit une fem-me qui avoir quitté fa quenouille & ses fuseaux, elle lui ré-pondit , je me reconois là , je fuis cette femme , maiscroiez-vous que j’aie pris le mauvais parti, en aimant mieuxcmploier mon tems à philosopher, qu a filer? Voions main-tenant ce que Théodore aurait pu répondre, s’il avoir voulus en donner la peine. Répondant directement, st aurait nudire que laction de lui Théodore se batant soi-même &

3 action d Hipparchia batant Théodore sont deux actions differentes, Sc non pas une action de la même espece II vavort donc quatre termes dans le Syllogisme d'Hipparc JAsm que deux actions soient semblables, il faut queh rda'

dHiDDarcîfiâ ÍW íî ra? íe , trouvo " : . P as à l’Hypotheseretorfinn tC- 0 j .' 0!c av0!t voulu répondre par

ra ? fi V f r en ; ibarasler la femme de Crates, il eût pu luidire, u je faisois la meme action que votre mari auroit faitejustement, on ne me pourroit pas accuser dune action in-juste. Or votre mari agit justement quand il vous baisee ? 1 c ester a : donc fi je vous baisois, rsf c&tera, on ne me pour-roit pas accuser Aune action injuste. On auroit vu si Hip-parchia, qui étoit fort dévergondée, eût osé répondre enprésence de témoins concéda totutn.

(P) Elle fit des Livres qui ne font point parvenus jusques knous. j Suidas dit qu elle composa Hypothèses Philofophìcas •Epicheremata quedam,ejr%uestionesad Theodorum cognomentoatheum. La Conjecture de Mr. Ménagé est fort vraisem-blable, qu i! faut lire dans Diogene Laërce (z 8), non pas<S>£fsTííi et ri S-ÇfíTijTíç / 3 i/Uiop fVís -oÀcts, mais (bsçrcou êt % Po'çTÒV ptjìMcv EV/í-íAa/. II faudroit dire selon cette

conjecture qu Hipparchia publia des Lettres qu’elle avoitécrites à son mari, ou elle philosopha noblement, & d’unstyle qui ressembloit a celui de Platon. II faudroit dire deplus qu’elle composa des Tragédies, où elle emploia le hautstyle de la Philosophie. 11 seroit fort étrange que DiogeneT.sërrf»- nui a rait la ViV frifoe «a*. —-IX 1 & UiA c

(tj) Notiíad Lacrt.Libr. Ví tnujft. 97 »

Com me n#Théodoreauroit purépondre»

(") i*Hipparchia ,

L#br. V 2 ,

K,.

chargé'd’un scrupule fort inutile; car les Lecteurs trouve- Laërce, qui a fait la Vie de Crates,' eût'patìé'des Frril'Tront facilement P ar û’autres voies ce que vous voulez leur cp Philnsonhe dans la V,> , us

cacher L’impudence de Diogene le Cynique est si contrede tout lc monde, qu’il en court même des quolibets qui

ce Philosophe dans la Vie d’Hipparchia. C’est pour soiH?ver cette tache & cette incongruité, que Mr. Ménagé con'

jecture ce que 1 on a vu ci-deflus. ° e Con *

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ne sont fondez fur le témoignage d aucun ancien Ecrivain.

X>« Moufiier me fit souvenir du Ltvre du mtsme Orléans inti-tulé la Plante humaine a la Reyne , ce titre eft ridicule, cela

me faim souvenir de Diogene Planto hominem (z.4). Ces pa- ___ r - -- —auuoir X,

rôles sont du Cardinal du Perron. Une infinité de personnes l’amour de lui qu’elle se mit à philosopher ' Ti fut P ourdébitent la mente chose dans leurs entretiens familiers, elle l’avoit charmée par ses beaux &■ dnct-, rac. U elt ^mr qu'ilsc trouve dans plusieurs Livres; on y soutient que DiogeneTO M E II.

(G) Mr. Moreri a fait quelques sautes, j H ne -,dire que Famour d’Hipparchia pour les “Sciences lanortf*préférer Crates a tous les partis qui se présentoir? 1la personne de Crates qu’elle aìntoit & '

qu elle se mit à philosopher.’ H elt

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11’on nuiss. , discours; mais cela

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