H Y P S I P Y L Ë. HÏRPÌNS.
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HYPSIPYLE, fille de Thoas Roi de l’Ile deLemnos, sauva la vie à sort peré îors cjue lesfemmes de cette Ile firent un massacre général de tous les hommes qui Phabitoient (a). Elle ne '
le sauva pas ouvertement: il salut qu’elle fit acroire qu’elle s’en étoit défaite, Lc fur cette suposi- L,br -tion les autres femmes la choisirent pour leur Reine ( b ). Les Argonautes abordèrent quelquerems après dans l’Ile de Lemnos, Lc y furent reçus avec tous les témoignages de la plus étroite $amitié, car les femmes de Plie n’avoient point tué les hommes par aucune indifférence pour lefexe masculin ( A ), mais plutôt par un esprit de vengeance, qui témoignoit qu’clles étoient fort Tfû fa*)sensibles aux doux plaisirs de l’amour. Les Argonautes fc délassèrent des fatigues de la mer entre ZTsidït/'í-*les bras de ces veuves tout autant qu’ils voulurent; Lc Hypsipyle ne s’oublia pas: elle s’attacha à «■«leur Chef, Lc fut bientôt grosse de deux garçons. Si en cela fa destinée n’est point semblable âcelle de Didon {B), elle lest en ce que Jason ne fut pas moins inconstant qu’Enéc (C). Voiez àumdans le Suplément de Moreri ce que devint Hypsipyle, lors que ses sujetes eurent apris qu’elle n’a- Theb.^Y.voit pas tué son pere. v, versus
ôl Apol-iodorus ,Libr. i,
f*) Idem ,ibidem.
(3) I n itì*fttla Lemno**ulteres Ve-
fêtera
«lìquot annosn °nfecerant »Hygînus,
Cap. XV,Voiez. (tujfìApollodo-
re, Ltbr.
Stace, Theb.Libr. v &if Scholias-ke d.’Euri-pide inHecub.
( 4 ) Lac-tantius inStacìum,
Ltbr . VThebaid.
(s) Myr-titus Les'bius, Ltbr.
1 Lesbia-corum,
*pud Scho-liaftenApolloniiin Libr. IArgotiaur.
(í) lnlliad. Libr.
I.
(?) OrationeXXXIII.
(a) Statius"rhebaid.Libr. v, Vers.70.
(p) DansP article
Garna-C “ 5 ,V•"“rque (Bj.
(^í) Les femmes de Vile de Lemnos n’avoient point tuéles hommes par aucune indifférence pour le sexe masculin. ] El-les ne se portèrent à ce massacre, que parce que les hommesn’avoient plus à faire avec elles, 8c qu’ils se divertissoient uni-quement avec des esclaves qu’ils avoient amenées du paisde Thracé ( 1 ). Ils en usoient ainsi, parce que leurs fem-mes étoient devenues si puantes, qu’ils n’en pou voientaprocher fans un extrême dégoût (z). Cette puanteur étoitun effet de la colere de Venus ; soit que cette Déesse sefâchât de ce qu’elles avoient négligé de lui faire des sacrifi-ces pendant quelques années (z); soit qu’elle eût conçu del’averfion pour file de Lemnos, à cause qu’elle y avoitété surprise en flagrant délit (4) : car ce fut là que les Dieuxla virent couchée avec Mars. D’autres ( ;) disent que Me-dée, jalouse d’Hypsipylc, jetla dans 111 e de Lemnos certai-nes drogues qui causèrent cette puanteur aux femmes. Onajoûte que dans la luire des siécles elles sentoient si mauvaistous les ans à certain jour , que leurs maris, 8c même leurspropres enfans 11e pouvoient durer auprès d’elles. On dis-pute si la puanteur étoit dans leur bouche, 011 fous leurs ais-selles. Eustathius (6) est pour le premier sentiment, & DionChrysostome (7) pour le second. Voici quelques Vers deStace, où Hypsipyle représente le funeste état de l’Ile, sousl'interregne de F Amour:
Protinus à Lemno teneri fugistis amoresMotus Hymen , verftque faces , er frìgida juftiCura tori ; nullst rtdeunt in gaudia nobles,
Nullus in amplexu fipor est : odia aspera ubiqueEt furor, & medio recubat discordia leflo (8).
Cet interrègne parut si insuportable, qu’on se porta au mas-sacre dont j'ai parlé.
( 5 ) En cela fa destinée n est point semblable à celle de Di-don. ] Car les amours de la pauvre Didon avec Enée furentstériles, 8c c’est ce qui la désoloit. J’ai marqué ailleurs ( 9 )la différence qui se trouve entre son goût, 8c le goût desfemmes de ces derniers siécles. Celles-ci , abandonnéespar leurs galans à F ouverture de la campagne ,• sont ra-vies que les plaisirs du quartier d’hiver se soient passez sansaucune génération. Je me fers de cet exemple fans ex-clure ceux qui concernent les personnes d’un autre état ;je m’en fers, dis-je, parce qu’il me semble que le séjourdes Argonautes dans l’Ile de Lemnos, peut fort bien êtrecomparé à un long quartier d’hiver. Au reste, Hypsipylea protesté dans l’Ouvrage d’un Poète Latin, qu’elle ne semaria avec l’aimable Jason qu’à son corps défendant;
Cinerem furiasque meorumTestor , ut externas non fponte aut crimine tndasAttïgerìm ( feit cura Deum ) etst blandus lafon
Virginìbm dare vincla novis ( 10 ). (ro) Staline
Theb. Libr .
Mais un Poète Grec l’en représente si amoureuse dès la pré 1 v > Vtr f- 454=miere vue, qu’elle lui offre son Roiaume.
E l $é teev abB’t
Nccieráeiv èS-êLotc, xcel 701 osCÍ , ’ «y ’é-zrsncc
narglí i ftoTo OáuïToç £^;oíç ytptíc,.
Sin vero hic
Sedem figere velis, ìdque allubescat tibi, causa nihil eritìquìn
Augearis pramio Thoantis genìtoris mei ( 1 1 ).
Valerius Flaccus tout de même la représente atteinte au vifdes charmes de ce Héros, 5 c toute prête à F épouser la pré-miere fois qu’elle le voit:
Unius haret
Alloquio, & blandos paullaftm colligit ignés,
Jam non dura thoris, Venert nec iniqua reversa (iz).
(C) Jason ne fut pas moins inconstant quEnéef] II l’a-bandonna elle 8c ses deux enfans, 8c continua son voiage;desorte que c’est une des Héroïnes dont Ovide a raportéles tristes plaintes, 8c les tendres gémiffemens fur le mal-heur de se voir abandonnées, par des galans à qui elles n’a-voient rien refusé. Ariadne l’aieule d’Hypfipyle (13) avoitéprouvé le même destin. Voiez dans Ovide ses plaintescontre Thesée. Je fais une réfléxion fur cette matière.Les Auteurs Mythologiques, 8c les Ecrivains des Romansmodernes , ont tenu des routes bien différentes: ceux-làs’aprochent trop de F Histoire ; ceux-ci s’en éloignent trop :je ne considéré que la description des mœurs , ou que leportrait qu’ils nous donnent d’un Héros. Dans la Mytho-logie les Héroïnes sont non seulement trop amoureuses,mais auffi trop prodigues de leurs faveurs : les Héros ne fontpas constans ; ils engrossent les Héroïnes, ou font ce qu’ilfaut pour cela, 8c puis ils se moquent d’elles. Cela ressenttrop l’Histoire, 8c n’est point de bon'exemple ni pour l’Uiíni pour l’autrescxe (14). II vaut mieux prendre Fextrémi-té opofée comme on fait dans nos Romans; il vaut mieux,dis-je, en dépit du vraisemblable, forger des Héros 8c desHéroïnes qui ne fassent aucune faute.
(n) Apol*lonius,Libr. /,Vers. Sis.
(ri) Vaì.Flaedus,Libr. II,Vers. 3 j 3 ,
(13) Tlitâì
Pere ePHyp-fpyle était filide Bacchtts ô 3
d' ^Ariadnt.
(ta) On /nus
dire de ces
Narratiens^Historiaspeccare do»centtsd’ Horace,Ode VIILibrilll.
HIRPINS, peuple d’Italie dans le pais des Samnites. Ils furent ainfi nommez à cause qu’un («) Ddmuloup (a) fut leur conducteur, lors qu’ils allèrent établir une colonie. Quelques-uns disent que le £*»&*f<ieîjour d’une grande solennité ils marchoient fur le feu fans fe brûler {A): mais il y a quelque apa- IZÛfZfi-rence que c’est leur attribuer ce qui ne convient qu’aux Hirpcs ( B ) , qui demeuroient dans un 1°* hiï P us -
Strab. L’bn
autre
( 1 ) SîtviusAíneid.Libr. XI,Vers. 7,,.
(Xj ffjuelqttes-uns disent tpìïls marchoient fur le feu fansfe brûler.] Varron, qui detruifoit autant qu’il pouvoit lessuperstitions, aiant parlé d’un onguent, ajoûte tout auffi-tôtcette Remarque : les Hirpins s’en frottent la plante despieds lors qu’ils doivent marcher fur le feu. Varro ubiqueexpugnator religìonis , ait, chm quoddam medicamentum des-criberet : eo uti soient Hìrpini ambulaturi per ignem , medica-mento plantas ungunt ( 1 ). Ces paroles ne fournissent aucu-ne ouverture fur la situation de ces Hirpins ; desorte que l’onne sautoir décider si Varron parle d’un peuple qui fit partiede la nation des Samnites, ou si , comme Servius, il donnele nom d’Hirpins à des gens qui habitoient près du mont So-racte dans FEtrurie, 8c qui s’apelloient proprement Hirpes.Beaucoup de gens s’imaginent que Varron a voulu parlerdu Peuple Samnite qu’on nommoit Hirpins ; si ç’a été fapensée, il y a beaucoup d’aparence que la conformité desnorns l’a trompé. Ceux qui marchoient fur le feu étoientdistincts des Samnites, 8c demeuroient assez loin d’eux. Ilss’apelloient Hirpes, 8c non pas Hirpins : le CommentateurServius s'est trompé à l'égard du nom ; 8c cette prémierelyéprise en a attiré quelques autres , concernant la situa-tion de ceux qui cheminoient fur le feu, le jour de la fê-te solemnelle du mont Soiacte : c’est ce que nous allons
(B) . . - Ce qui ne convient qu aux Hirpes . ] . Virgile neamme point ceux qui marchoient fut le feu; il fait scule-
szj Virg:jEneidLLibr. Xi,Vers. 7 $J*
ment entendre qu’ils étoient voisins du mont Soracte,
Summe Deûm fanSti custos Soraâlis Apollo,
€}uem primt colimus , cui pineus ardor acerviPafcitur , c? médium frets pietate per ignemCultores multa premimus vestigia pruna.
Ha , pater, hoc noftris aboleri dedecus armis ( ï f
Mais Servius leur donne le nom d’Hirpins: Soraílis, dit-ilen commentant ce Passage de Virgile, mons est Hirpinorumìn Flammia collocatus. II ajoûte que cette montagne estconsacrée aux Dieux infernaux , 8c qu’un jour, pendantque l’on y offroit à Pluton un sacrifice, il survint des loupsqui enlevèrent du feu les entrailles de la victime: les ber-gers les poursuivirent, 8c s’engagérent dans un antre d’oùil sortoit une mortelle vapeur. Cela fut cause d’une grandepeste, dont il y eut un oracle qui leur promit la cessationpourvu qu’ils imitassent les loups, c’est-à-dire qu’ils vêcus^sent de rapine. Ils le firent, 8c de là vint que ces penniesfurent nommez Hirptnì Sorani, c’est-à-dire les Lonps de Pluton; car Hirpus est le nom des Loups en la Langue eTbins, 8c Soranus est le nom de Pluton OusnVl FL > ,
Strabon 8ï Pline , f. „e peut àer^ê 8°," lu àbronche la assez lourdement. 11 a confondu u ! fFHistoire de deux peuples différens. Strahon (3) rastorm (D ^que parce qu un loup en la Langue des Samnites se nomme W- tyî 'Eeeee 3 Hirpus*