HIPPONAX.
{d) ïii-nius, Lìhr.XX XVI,Cap. V.
( e ) AfudTanaq. Fa-brum , Viedes FoëtesGrecs.
(9) Vie desToécesGrecs.
(10) Re-marques furHorace,
Tom . V,p«g. 15 1.
( ï 1 ) Veiez, la’kpmarcjne{A) dcí'Ar-' ticle B u F A-x. u s.
(12) Epist.XXIVLibri Vilad Farnil.
(13) ln maltsafpt trimasParata iol-lo tamisa,.Çluúcs Ly-
caniba fprettssinfida gener ,Aìíí acerhoftis Bayais.
Horat. VIEpod.
Va te z. axjfiCicéron, deNatur. Deo-rum, Libr.lll.
( 14 ) Libr.lll, Cap.XXV.
( 1 5 ) ìbidtm,num. 24,pag, m. s 66 .(r S) Ovid,in lbin,
Vers. S 2J.
(17I Ad-versar. Libr,L X , Cap.XXV.
(18) Com-ment. inlbin, pig.loo, roi.
(19) Libr.de Interpr.
(20) Srro-mat. Libr. I.
(21I DeMetris Co-micis.
(22) Ses^Vers ent étécitez, dans URtmarq. (B).
(2;) Plin.Libr.
XXXVI*Cap. V .
(24) Spize-lius, in Fel.Literat.pag. 718.
E t- F R I Smortels dela Médisan-ce ou de laCensure.
{25) Voiez
C Article
Ar.chii.o-chus , 1 {e-maryue f r ).
(26) Llìan.Var. Hist.Libr. V.Cap.
VI11
(27) Flu-tarcli. depiscrim.Adulât. &Awici, pag.70 , F.
(28} D) 07 .Laert. Libr.J f, nitrn. T 12 »Vêtez, aufjìPline, Libr.VU, Cap,
L VU.
7?Z
fait la figure la plus ridicule qu’il leur avoit été possible (d). II lança fur eux une légion fulmi-nante de Vers ïambiques, qui les désola de telle sorte, que le bruit a couru qu’ils s’étoient pen-dus de dépit. Pline soutient que cela est faux, & il le prouve par un grand nombre de statuesqu’ils firent depuis ce tems-là dans les Iles circonvoisines. Quelques Auteurs ont écrit, qu’ils riefirent que quitter Ephese oà demeuroit Hipponax ( e). Quoi qu’il en soit , l’humeur & la veine sa-tirique de ce Poëtc le distinguèrent (/)) , 8c le distinguent encore aujourd’hui fort particulière-ment. Sa médisance n’épargna pas même ceux à qui il devoit la vie (f). II y en a qui préten-dent qu’il mourut de faim (£). On remarque qu’encore qu’il fût petit 8c menu, il avoit beau-coup de force, 8c qu’il jettoit plus loin un vase vuide que ne faisoient les autres hommes (g). Hneseroit, ni le prérnier, ni le seul qui auroit fait mourir des gens par des Invectives (A 1 ).
H Y P S I-
Mrs. le Fevre (9) 8t Dacier ( 10), & par presque tous lesDictionaires (11). Suidas attribue à ces deux freres la pro-fession. de Sculpteur ; & parce qu’il a donné au dernier lenom d’Athenis, il a été cause que le Pere Hardouïn a tenupour falsifié le Passage de Pline, où ce Sculpteur est nomméAnthermus. 11 a donc substitué à ce mct-là celui d’Athenis.Voiez la Remarque (E), & l’Article Bopalus.
(D) L'humeur cy la veine satirique le distinguèrent .] II enest sorti des Proverbes que nous trouvons emploiez dansCicéron (12.): F.ttm addiélum jam tum puto este Calvi LiciniiHipponaStco priconio. Horace a joint Hipponax à Archilo-chus, pour avoir les deux plus grands modelés de la médi-sance (13Ì. Voici les paroles de Pline: Hipponaéli notabilisvttUús fceiitas erat : quamobrem ìmaginem ejus lafcivia joco-rum ii propofuere ridentium circuits. Quod Hipponax indigna-nts amaritudinem carmìnum distrixit in tantum ut credaturaliquibus ad laqueum eos impuliste : quod falsum est. II y adans l’Anthologie (14) trois ou quatre Epigrammes, qui re-présentent Hipponax encore terrible après fa mort. On yexhorte les passans à s’éloigner de son tombeau , veu quec’est un lieu d’où il sort une grêle épouvantable: ç£yë ?-«
r áepov , nu çgtxrh , sugt grandinantem tumulumhorrendum (15).
(E) Il y en a qui prétendent qu il mourut de faim.~\ Je necroì pas qu’on ait d’autre fondement pour dire cela que cesdeux Vers:
Utque parum stabili qui carmine lifit AthenasInvifus pereas, déficiente cibo (ió).
II y a des Critiques qui prétendent qu’Ovide n’a point ditAthenas, mais Athenim , d’où il s’enfuivroit qu’il s’agiroitici d’Hipponax : Ar» primus jambum claudicare fecit, cy sca-zonta in Bupalum cy Athenin compostait , ut est apud Suidam ,ut relie Ovidius , parum stabile , id est claudum Carmen ei tri-buat. C’est ainíì qu’Alciat a parlé dans le Chapitre XVIIIdu V Livre de ses Parergues. Turnebene s’éloigne pointde cette pensée : Videtur, dit-il (17), de Hipponacte hoc in-telligi qui claudìcante cy parum stabili versu , id est scazontein Bupalum cy Athenim inveâlus est Athenienstes : quo in car-mine ne Athenis quidem pepercerat. Quid tamen fi pro Athe-nas , Athenin steribamus , quem ab eo probrìs oneratum accepi-mus ? ne hanc quidem leéhonem improbarem , etfi alteram de-lere non aufim. Mr. de Boiffieu (18) qui raporte ces deuxPassages, remarque que Sanctius & Valerius les aprouveçt.Pour lui il embrasse de tout son cœur cette conjecture, &trouve fort vraisemblable qu’Ovide a mis l’un auprès de l’au-tre les deux Inventeurs du Vers ïambique. Or il venoit deparler d’Archilochus, Sc l’on fait par Denys d’Halicarnas-se (19), par Clement d’Alexandrie (20) , par Rufin (21 )& par la Poétesse Sulpitia ( 22 ), qu’Hipponax a inventéles scazons. Mr. de Boiffieu pouvoir reprendre Turnebe,de ce qu’il a dit que les deux ennemis d’Hipponax étoientd’Athenes; car Pline dit expressément qu’ils étoient de Pliede Chio , & qu’ils le marquoient fur leurs Ouvrages : Quibusstubjecerttnt Carmen non vìtibus tantum censteri Chium , stedcy operibus Anthermt filiorum (23). Ce que dit Turnebe,qu’Hipponax n’épargna point la ville d’Athenes dans lesVers qu’il fit contre ces deux Sculpteurs, n’a nul fonde-ment; c’est un coup en Pair. Un Ministre Allemand (24)aiant apliqué à Hipponax les deux Vers d’Ovide poursuitainsi : Ex Plinto nimìrum compertum est Athenim vel Athe-nam stculptorem in Hipponaâlis steripta incurriste , carmina ejussufiuliste maledica , authorem ver'o lethali inedia fuiste constet-tum. Pline ne dit rien de semblable.
(F) ll ne fierait, ni le premier, ni lesteul qui auroit faitmourir des gens par des Inveílives.’] Avant lui Archilochus a-voit écrit des Satires, qui avoient contraint deux ou troispersonnes à se pendre (25). Poliagrus maltraité dans une Co-médie se pendit (26). II ne se faut pas étonner qu’une Satirejette dans ce désespoir, puis qu’une simple Censure a produitquelquefois cet événement funeste. Pythagore, aiant reprisun peu rudement P un de ses Disciples en présence de plu-sieurs personnes, lui causa un si noir chagrin, qu’il l’obligeaà s'étrangler , & depuis ce tems-là ce grand Philosophe necensura plus personne qu’en particulier. nvB-a.'ybçn St rpa.-
rrtços h 7 toaÁ'aç yvaçst.ùj rr^oo-svt^B-tvTo ^, er.Trúy^cítrbai to fiti-çúxtov T.í'yUTts, ìx tísth Ss urSë7roTë 7ov IT vhayóociv c/Xèiç■srccçívTcç íx'kov vnS-ëTr.trai. Ferunt, adolefcentulum quendam àPythagora , cui operam dabat, multis prasentibus compellatuma fperìus, stustpendio vìtam finiste, atque ab eo tempore Pytha-ÍVFtfnj numquam alto prisent e quenquam corripuiste ( 27 ).Diodorus Cronus mourut de chagrin , pour avoir été iniul-Un d’Egypte, fur ce qu’il n’avoit pu foudre lesdimcuitez de Logiaue que Stilpon lui avoit proposées à latable de ce Roi ( 28 ). II y a eu des Censures , qui, fansfaire mourir la personne censurée, ont causé une douleur
si perçante , qu’elle a fait attenter à la vie du Censeur-L’Architecte Apollodòre perdit la vie, pour avoir marquéà l’Empereur Hadrien les défauts d’un Temple que ce Prin-ce avoit fait construire (29). Les derniers siécles nousfournissent des exemples de tous ces divers effets de la Cen-sure. Muret avoit conu un homme qui étoit tombé dansune si profonde tristesse , à cause de quelques Vers qu’onavoit faits contre lui , qu’il en mourut. Et à propos decela cet Ecrivain allégué Platon, qui conseilloit à tous ceuxqui aiment leur renommée de se garder bien de l’inimitiédes Poètes. Lacestìtì (poëtœ) ita se ulciscuntur, ut inter-dum eos à quibus offenfì erant, ad mortem adegiste narrentur.Kam prater id quod de Archilocho accepimus, novi ego qui hacatate tantum verfibus fuis inimico dolorem inusterit, ut ex eo
ille fit mortuus . quocirca Plato in Minoe pracipit Us
qui boni fami studiofi sunt, ut diligenter caveant, ne cumpo'ètis ìnimicitiassuscipiant (30). On prétend que George deTrebizonde mourut de chagrin, après avoir vu les fautes defa Traduction de Ptolomée censurées par Regiomontanus,& que les fils du défunt empoisonnèrent le Censeur (31 )-J’ai dit ailleurs (32) qu’on a cru que Jason Denores scroitmort de déplaisir par la lecture de la Répliqué du Guarini,s’il avoit assez vécu pour voir sortir cet Ouvrage de dessous
la presse. Les zêlez Calvinistes . publièrent un Libelle
fi sanglant contre Quint in .. que ce Dofteur plus fi n ~
fible qu’tl ne devoit être se mit au lit âpres avoir lu ce Libelle,cy n en releva plus (33). II avoit harangué pour le Ciergedans l’Assemblée des Etats du Roiaume l’an 1560: ce fut LCritique de fa Harangue qui le fit mourir. Grégoire de Va-lence , aiant lu un Passage de Saint Augustin autrement qu’ilne faloit en présence de Clement VIII (34), fut convain-cu de la falsification; après quoi le Pape lui dit ( 35) , Est-ceainfi que vous prétendez tromper l’Eglise de Dieu ? „ Ces pa-„ rôles furent comme un coup de foudre qui abatit Valen-,, cia, & le fit tomber évanoui en présence du Pape , H„ mourut deux jours après ”. Voiez dans l’Arride Ct-R a si un autre coup du même Pape. Mr. de l’Etoiï®,, reprenoit hardiment, & brusquement, & avec une févé-„ rite étrange , ce qui ne luy plaisoit pas dans les choses,, qu’on exposoit à son jugement. On l'accuse a avoir f al f„ mourir de regret & de douleur un jeune homme qui-, estoit venu de Languedoc, avec une Comédie, q u !-, croyoitun chef-d’œuvre, & où il luy fit remarquer clai--> rement mille défauts ”. C’est de Mr. Pelisson ( 36 ) q uej'emprunte ces paroles. Philippe II Roi d’Espagne ne cen-suroit pas d’une façon moins meurtrière que le Roi d’EgyP'te dont j’ai parlé. ,, Le Cardinal Espinosa mourut, P° ur„ avoir ouï proférer à Philippe second ces seules paroles-> de disgrâce , Cardenal yo joy el Prefidente. Et le weih^„ Roy disant à un Sociétaire qui avoit versé de l’encre s ur„ quelque expédition , au lieu d’y mettre de la poudre»,, Este es el tintera , y estotra (37) la falvadera, le perça f„ avant avec ces deux ou trois mots, qu’il ne se retira de-, présence que pour aller au lict de la mort (38) ”• Ondes exemples qui prouvent que quelques Auteurs ont ai!ct 'né leurs Critiques. LeMurtola, enrageant de voir qu e J .Cavalier Marin l’avoit ruiné de réputation par une Satire, n*tira un coup de pistolet au rhilieu des rues de Turin: nmanqua, quoi qu’il eût mis cinq baies dans son pistolet,qu’il eût tiré de bien près; mais il avoua que son dessein nvoìt pas été de blesser, mais de tuer le Marin (39). VolC1 E, tqu’on lit dans Mr. Bailler (40). „ François Robortd,
-> censuré quelques Ouvrages de Baptiste Egnace Vemtie t„ pensa être tué d’un coup de bayonnete que cet ^ë I }, zce Q Jl-> donna dans le ventre, pour répondre à la Critique • ,
cite Joh. Impérial. Musii histor. pag. 61 , & Theoph. s 1defelic. literat. comment. 4. p. 485. Voici les paroles .
rialis: Cum Alc'tato pariter , aliisqueclarijfimisejus&vt
nibus , internecinas prope fimultates exerçait (RobortelluSj Jfaílum ut femel Venetìis Baptista Egnatius optimus ac do ^mus vir crebris ab eo lacestìtus injuriis, eduâlo fienili glaa>°
petum sacere non dubitarit.
tvois disperse ceci en divers endroits de mon Oustrnrois évité la Censure de ceux qui apelleront ceque un fatras de petits recueils. Mais comme je cncommodité de mes Lecteurs plutôt que la menn »t bien, aux dépens de cette Censure, leur épargnele rassembler ce que j’aurois dispersé. ..
ûte un nouvel exemple aux précedens. Un Pofé presenter au Pape Urbain VIII un Ouvrage,
, la conduite , cy les vers étoient indignes d un' lui reprocha avec tant de chaleur son impudence »srrable en mourut de douleur çy de conftsfion. Vces paroles à la 3 page d’un Livre que le Pere ■imprimer à Paris l’an i6§r , & qui sintitu.e Etesations en Musique anciennes cy modernes.
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