H O B B E S.
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il s’eneasea à conduire en France un jeune Seigneur Anglois (a)-, Lc il Rattacha à í’étude des Ma-thématiques pendant ce voiage ( D ). L’an i6;t il entra chez la Comtesse de Devonfhire (*),qui avoit un fils âgé de treize ans qu’elle lui donna à instruire, & qui trois ans âpres voiagea fousfa conduite en France & en Italie. Pendant le séjour qu’il fit à Paris il àphqua à l’étude de laPhysique, Sc fur tout à examiner les causes des opérations sensitives des Animaux. II s entretenoitíur cela avec le Pere Mersenne de jour en jour. 11 fut rapelle en Angleterre lan í637: mais niantprévu la guerre civile, dès qu’il eut fait réflexion aux choies qui fe pafleient dans les premieresséances du Parlement de l’an 1640, il alla chercher à Paris une retraite agréable, pour philoso-pher tranquillement avec le Pere Mersenne, avec Gasièndi, Sc avec quelques autres grans hom-mes. II y composa le Traité de Cive (JE), dont il ne publia que peu d’Exemplaires lan 1641.
(a) 21 i*dpeì~toit GervaìiC lift an, LsPere de fanpremier Dis •c-pie éfoitmort Pan1 6z6> &ceDisciple fait1628.
(&) Veitvedu Comte deDevonfhire jPere de sonpremier Dif-clpls %
(7.I TitusTivius, Lihr.x XIV,0>?. XXVI.
(l) Si\.ltalicus,Libr. XIV,f agora, 58 s.
a-t-il tort de remarquer à ce sujet-îà, que le peuplé est in-capable de se tenir dans la médiocrité ; humble jusqu’à labassesse quand il obéît , insolent au dernier point quand ilcommande ? Le massacre de ces cinq Dames ne fut pointfaction de quelques particuliers fans aveu: il fut comman-dé par le Sénat 8c par le Peuple de Syracuse ; 8c cela lorsque la mémoire d’Hieron étoit encore toute fraîche ; Prin-ce qu’ils avoìent aimé si tendrement, & fi justement. L’i-niquité de leur barbare Décret fut si visible, qu’ils la conu-rent bientôt; ils le révoquèrent; mais cela ne servit de rien ;il étoit dejà exécuté. Tandem vulneribus conseils-, cum om-nia repleffent sanguine, exaritmes corruerunt, cttâemque fer femiferabilem ,miferabiliorem casas secit ;quod paulì pofl nuntiusvenit, mutatis repente ad miferìcordiam ammis,ne ìnterficeren-tur. Ira deinde ex mi/erìcordia orta, quod adeo festinatum adfupplicium, neque locus pœnitendi aut regrestus ab ira reliStuseffet. Itaque fremere multitudo ( 7 ). Les factions ne fini-rent point par f extirpation entiere de la Famille Roìale; elless’acrurent de jour en jour, 8c renversèrent en peu de remsla Liberté 8c la Souveraineté de la Patrie. Elles opoférentmal-a-propos Syracuse à l’inimitié des Romains , qui l’as-fiégérent, 8c la subjuguèrent. Sìlius Italiens décrit assez bienle cahos où cette ville tomba, après avoir fait mourir le ty-ran Hierôme, & ses parentes. Ce fut un cahos dont les Ro-mains surent tirer une conquête fameuse. La discorde de laville les encouragea à l’affiéger.
S&vos namque pati fastus , juvenemque cruentoTlagrantem luxa, v mifeentem turpia durit,
Haud ultra faciles, quos ira metusque coquebatJurait obtruncant , nec jam medus enfibus , adduntTœmineam cadem, atque infmtum rapta forerumCorsera prosternant ferro, nova sévit in armisLibertas, jaâíatqae jugum : pars Punica castra,
Pars Italos ey nota volunt : nec turba furentumDéfi t, qu a ncutro fociari faedere malìt (8).
Représentez tout ceci tant que vous voudrez ,ferez point un bon Argument auprès
f s) Ttoìen*dam ttebUcbec ingenmm
taiem ij xa H-
Sca-
ligerum in-forlstnio Ula-ra JT e , quoiXlethtmítiçis
fludìis . . .
serins panìounimum n I.jecit. VitaHobbes.
4°.
cupées contre la Monarchie : on vous répondra que de celamême qu’on ne peut remédier à ses désordres que pardes maux si affreux , vous devez conclure qu’elle est ungrand mal.
(D.) ll s'attacha à T étude des Mathématiques ‘pendant cevoiage.'] C’est dommage qu’il ait attendu si long tems à s’yaplìquer (9): ìl avoit plus de quarante ans, lors qu’il com-mença cette étude; & c’est ce qui a été cause qu’il n’a pus’y perfectionner autant qu’il eût été nécessaire , pour nedonner pas de prise à ses Critiques. Sa destinée a été sem-blable à celle de Scaliger. Au reste, il conut parfaitementpourquoi il faut étudier les Mathématiques : ce n’est pas afinde conoître les propriétez des angles, ou des nombres, oudes lignes, ou des superficies; mais afin d’accoutumer sonesprit à une solide méthode de raisonner, 8c de prouver.Eucliâi operam dare cœpit, non tam demonfirationum materiâalleHus , quam perfpicuitate , certitudine, c? 1 indivifa ratio-num strie deleilatus. Non eritm Mathemathas artes admira-tus est vir perfpicaciffimus, ob laterum ey angulorum affetrtio-nes, aut numerorum , linearum , fuperficierum, corporutnvcmutuas inter fe proportiones (de homogeneis intelligo quantita-tibus) subtiliser indicatas-, quippe istiuimodi omnia à commurit
devoit dépendre de leur volonté. 11 y a dés gens qui croientqu’à ne considérer que la théorie, son Système est très-bìenlié, & très-conforme aux idées qu’on fe peut former d’unEtat bien affermi contre les troubles. Mais, parce que lesplus justes idées font sujettes à mille inconvéniens, quand oïlles veut réduire en pratique, c’est-à-dire, quand on les veutcommettre avec une horrible cohue de passions qui régnéparmi les hommes* il n’a pas été mal aisé d’apercevoir biendes défauts dans le Système Politique de cet Auteur. 11 pou-voit répondre que le Système opofé enferme, même dans lathéorie, un principe nécessaire de confusion 8c de rébellion*
Quoi qu’il en soit, on prétend que l’amour de la patrie luiinspira le dessein de cet Ouvrage, Le qu’il eut en vue de dés-abuser fa Nation des faux principes, qui y produifoient unmépris horrible de l’Autorité Roiale. Grajfante intérim perAngliam civili bello , Hobbius pro fummo in patrtam amore *quod bonum ey fidelcm fubditum maxime decuit ; popularesfuos fanioribus quam qus hatïenus obtinuerant principiis im-buere, exacerbâtes hominum animos ad pacis & concordia ra-tiones revocare , ey in fumma potestatis obfequìum additïioresprastare annifus est. Quart reliquis pofthabitis studiis, quan-tum ipfi fuppetiit temporis Politica feientiét impendens, Librunide Cive (cujus pauca duntaxat Exemplaria Parisis 1641 evul-gaverat) revis t , cy notis utilibus adauxït , in quo fubditorumcontra summum imperatorem conjuratienes rebellionesque, eyimmanes Mas de principe regrits vitaque exuenào opiniones pe-nitus iamnavit: potestati Civili Jura ab Ecclesiasticis caligi-noforum temporum beneficìo prarepta restituìt, ey diram feâïa-riorum hydram , effrœnem nempe confcienth libertatem, heroi-co aufu perdomuit (13). On ne fera pas fâché, je m’assûre,de trouver ici le jugement de Mr. Des Cartes fur cet Ouvra-ge de Hobbes. Je juge , dit-il ( 14) , que ïAuteur du LivreDe Cive est le mime que celui qui a fait les troisièmes Objec- Baillett'tons contre mes Méditations (15). Je le trouve beaucoup plus Vie Deâhabile en Morale , qu en Métaphysique, ni en Physique : quoi-que je ne fuisse nullement approuver ses principes ni ses maxi-mes , qui font trés-mauvaifes cy trés-dangereufes, en ce qu ilvoudrez, VOUS n’en fitpofe tous les hommes méchans, ou qu il leur donne sujet dédes personnes préoc- Vitre, Tout son but est d’écrire en faveur de la Monarchie :
(íil VîtáTlobbesii ;
pag. 4S.
{14} TomeIII des Let-tres , pag.
104, cité pat
Cartes,
Tom. n,t*i- 174.
(15) U ntfe trompoitpoint,
(16) Volez,l* T(emarqué
(£) de l*
ticle G u t o
c ï A R £> 1 N4 '
(10) Ibid.
S S.
( n ) iAAmsterdam ,
1 ) Tum
t”’ 0 silo in 7?tf-& ,>a officie st-obfiqsiio ,,Mm pro dtus-’pono cfuofemper ì n O--tooeraticos*dio tahorum, Hbtlhcm
feripsit juris
rt <Vi a ffcrethii&ràtia, o tuPoste* in li-h rum de Cive ,^ tandem in2 -tviatha.tiex crevit,
J'ha Hob-
■ 4 S. *
vita remotiora facile animadvertit ; licet ad praxin relata ufus regarde l’homme en général.ïion adeo contemnpndi * s»/t /*«>>✓/ *y,e>+L n si~ ^■ . ,, . rx _r._--X-.-_
ce qu on pourroit faire plus avantageusement qu il ria fait, enprenant des maximes plus vertueuses cy plus solides. Il écritaujp fort au désavantagé de V Eglise, cy de la Religion Romai-ne; de forte que s’il ri est particulièrement appuyé de quelquefaveur fort puisante, je ne vois pas comment il peut exemterson Livre d'être censuré. Mr. Des Cartes a raison de desa-prouver qu’on fupofe tous les hommes méchans ; & cela me Ct j aifait souvenir que Montagne, tout éclairé qu’il étoit sur les silmTroZn,défauts du genre humain, ne trouve pas bon que Guicciar-din attribue à de méchans motifs toutes les actions qu’il ra-porte dans son Histoire (16). II est sûr qu’il y a des gensqui fe conduisent par les idées de l’honnêreté, 8c par le désirde la belle gloire, 8c que la plupart des hommes ne font quemédiocrement méchans. Cette médiocrité suffit, je l’avoue ;à faire que le train des choses humaines soit rempli d’iniqui-tez, 8c imprimé presque par tout des traces de la corruptiondu cœur; mais ce seroit bien pis (17), si le plus grand nom-bre des hommes n’étoit capable de réprimer en plusieurs ren-contres ses mauvaises inclinations, par la crainte du déshon-neur, qu par l’espérance des louanges. Or c’est une preuveque la corruption n’est point montée au plus haut degré. Jene considéré point ici les bons effets de 1a vraie Religion ; jè
tres cjue l*In+licence n*estpas oprtméâ£.2 la. médio*C'tts dont jiparle ici.Visiez, ci -dessus laHem. {^4)de l* KAtticleE.douar©IV, vert làstn*
non adeo contemnendf, fed quod methodo ipfis propriâ intellec-tus ad rerum cognitionem optime dmeretur , atque difficilia in-vcmendt, vera afferendi ffalfa redarguendi certiífima rationetmbueretur (10).
(R) ll composa à Paris le Traité de Cive.] 11 en fit uneEdition de peu d’Exemplaires à Paris l’an 1642. II la revitpeu après, 8c il l’augmenta de la maniéré que cet Ouvragea paru dans l’Edition d'Amsterdam 1647. Ce fut Sorbìerequi procura cette seconde Edition. II fit plus ; car il tra-duisit ce Livre en François , 8c le publia en cette Lan-gue (n). Hobbes se fit beaucoup d’ennemis par cet Ou-vrage; mais il fit avouer aux plus clairvoians qu’on n’avoitjamais si bien pénétré_ les fondemens de la Politique. Jene doute point qu’il n’ait outré plusieurs choses ; cela estordinaire à ceux qui écrivent pour combatre un Parti con-tre lequ e i ils ont conçu beaucoup d’aversion. Hobbes étoitmdìgné contre les principes des Parlementaires (1 z) rieur con-nuite étoit cause qu’il vivoit hors de fa patrie, 8c il aprenoit
Quant aux inconvéniens qui pourroient naître des supo-sitions de Hobbes mises en pratique , je le dis encore uncoup , ce n’est pas l’endroit par où il les faut combatre ;car le Système opofé n’a-t-il pas dans la pratique plusieursgrans inconvéniens ? Qu’on fasse ce qu’on voudra * qu’onbâtisse des Systèmes meilleurs que la République de Platon,que l’Utopie de Motus, que la République du Soleil dèCampanella , 8cc : toutes ces belles idées fe trouveroìentcourtes 8c défectueuses, dès qu’on les voudroit réduire enpratique. Les passions des hommes, qui naissent les un-zdes autres dans une variété prodigieuse, ruïneroient bien-tôt les espérances qu’on auroit conçues de ces beaux Systè-mes. Votez ce qui arrive quand les Mathématiciens veu"lent apliquer à la matière leurs spéculations , touchant lespoints & les lignes. Ils font tout ce qu’ils veulent de len«lignes 8c de leurs superficies; c’est une pure idée deesprit; elle se laisse dépouiller autant qu’il nous plaît des^
Lvs îdh'síP olitiquesfe trouventcourtesdans la píatjtique.
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nomï JOll í s à le lieu de son exil ' que leur rébellion belles choses du monde fur la We^ du ^ pUlS
réZé u de í>torité Roiale. ll passa dans une autre ex- divifibilité infinie du continu) M a s tout “ K 8 * laavosi de ho? seÌgna que l’Autorité des Rois ne devoit point court, quand on l’anlicme à cela „ se .
avoir de homes; 8c qu ’ en particulier l’extérieur de la Reli-
quand on l’aplique à la matière" m,i ^ v/V rouv , e
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