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Tome second. C - I.
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HONGRIE-

H O N G RI E ( M A r i e , R e i n e D e ) sœur de l’Empereur Charte - .Quint, fat marcs

l’an avec Louis Roi de Hongrie, qui périt malheureuiement a k bataille de Mobacs Un

- Sa veuve sot établie Gouvernante des Païs-Bas Pan is;i, & & paroitte beaucoup deoa veuve rut , . , .a i à l’abdication de Charles-

B^SSSTvi d7 V ‘Religion ( D ). Elle entendoit le Latin ( - , -

glissé entre elle & Henri lï une haine personnelle qui causa bien des ravage. ^ Po^en^our-à-tour le feu jusques dans les maisons de plaisance 1 un de 1 autre. Ma ne ^o.tcommcnce cessortes d’hostiUtcz, pour se venger de quelques chansons qu on avoir faites en fiance com e sonhonneur ( 1) Henri lui sut fendre la pareille (F). IL souhattoit passionnément de 1a fane

(4) VoietSU Rinmr *

S-» í tí U

(D Bian-tome, Da-mes Galan-tes, To m. II,P*í■ SI.

ta) £,à-mé-95 .

(>) Mé-moires,Tome //,dans i’Eiogede Henri U,PH- 13.

(4) Mé-moires desDamesGalantes,Tom. 1I,?«£. SL.

(s) Ma-rron deCoste, Elog.des DamesIllustres,

Il,

P«g. s <Si.

(t) 14 * 2 .

( 1 ) I4Sifi.

s fi' C’tfl-à-drrt Marçui-rite fille naìte-rci t’ deCbdr-‘“-SLaìnt.

I 7 ) Strada,de IìcUq,B elgic.

Tibr.

F a 2* »». ^5,

(*) ïam.s 'rada,

T‘br t

t«&. us.

í?\ famésgalantes,7, »»« II,

3*8.

(xí) Elle fit paraître beaucoup de courage & de prudencedans son Emplois Consultez Brantôme, qui vous dira quecette Reine d’Hongrie aida bien à l'Empereur , 8c qu’elle 1 a íibien servi qu’on ne sait comment il sen fut trouvé fans elle.

Qu ’auffi fe fioit-ìl en elle du tout de fes affaires de fin gou-vernement , fi bien que l'Empereur lui-même estant en Flan-dres, fe remettait du tout en elle de fis affaires de ces Pais-Bas-lk, es- le Conseil fe ternit fous elle (S 1 chez. elle. ll estvrai qu elle qui estait tres-habile lui déférait le tout , e? 1 lui ra-portoit tout ce qui s'estait pasté au Conseil quand il n’y eftott ,en quoi il prenoit un grand plaisir. Elle y fit de belles guerres ,ores par fis Lieutenans , ores en personne, teusjours k cheval ,comme une genereufe Amazone ( i ). Ce qu’il dit (z) de ]aHarangue, qu’elle fit le jour de l’abdication, est fort cu-rieux. Nous avons ici une preuve que les femmes font ca-pables de bien régner.

(£) Elle avoit fort aimé la magnificences Brantôme as-siste ( 3 ) que quand Philippe II alla prendre possession desPaïs-Bas, on lui fit les plus superbes entrées qui se puissentvoir; mais surtout, ajoûte-t-il, la Reine d’Hongrie en de-meura la superieure , or les furpafia toutes en fis maisons deBains isr Marimont. II décrit ensuite la peinte d'une place as-siégée que cette Reine reprefihta, pour regaler l’Empereur cytoute fa Cour en fa belle maison de Marimont. II dit dansun autre Livre (4) „ qu’elle festoya à Bains l’Empereur„ Charles 5 c toute fa Cour, lors que son fils le Roy Philip-„ pes passa d’Espagne en Flandres, pour la venir voir, où„ les magnificences furent veucs 8c faites en telles excellen-„ ces 8c perfections, qu’on n’a jamais parlé de ce temps-là,

„ que dt las fiestas de Bains , ainsi disoient les Espagnols:

„ aussi me souvient-il, qu’au voiage de Bayonne quelque>, grande magnificence qui se soit présentée, quelques cour-„ fes de bague, combats, mascarades, despenses qu’on y a,, veucs, n’estoient rien au prix de las fiestas de Bains , ce„ disoient aucuns vieux Gentilshommes Espagnols qui les„ avoient veus.

(C) ... c? s'était extrêmement plue à la chasses Ellesuivoit par tout son mari, ,, 5 c mesme à la chasse, à quoy„ elle avoit une merveilleuse passion; aussi depuis estant Re-,, gente des Païs-Bas pour son frere l’Empereur Charles V,

„ elle quittoit souvent l’agreable séjour de ses Palais de Ma-,, Unes 8c de Brusselle, pour aller demeurer à la Campagnedans Marimont Sc fes Maisons voisines des forests, où de-puis le matin jusques au soir elle se divertissoit à la chassedes bestes. C’est pourquoy les Flamans l’apelloient la, Chasseresse, Sc la peignoient en Diane : elle fit venir cet-, te inclination à fa niece Marguerite d’Austriche Duchesse„ de Parme , qui a esté aussi Gouvernante des Païs-Bas.

„ Elle avoit hérité dc cette passion aux pénibles exercices„ de la chasse, de son ayeulc paternelle Marie Duchesse de„ Bourgogne , femme de l’Empereur Maximilien I, qui„ estant à la chasse (où elle se divertissoit presque tous les„ jours) tomba de cheval, dont elle mourut au grand re-„ gret des Flamans Sc de í’Empereur son mary, qui perdit„ encore sa seconde femme Blanche Sforce par le mesme», malheur (j) Ceci paroît être la Traduction de cesparoles de Famien Strada ; Capiebatur venandi studio fummt-ptre Gubernatrix, plane ut Venatricem vulgo appellarent , ha-bituque venatricis expìngerent : neptem videlicet Maria Bur-gunda, qm ab infeâlandis feris nunquam destitit, donec intervenandum equo exeuffa yitam amifit (j), fato non tam fuo,quam Maximtkanì mariti , cujus ts uxor altéra, Blanca Sfor-tia, in venamne equo decidit, obiitque (j.). Ejusmodi au-ttm studmm arrtpuit tam avide, in eumque laborem duravitadeo membra deeennis nondum puella (6) , ut amitam perfaltus camposque fiqueretur impavida ( y ).

(D) On dit quelle travailla à faire modérer les peines deceux de la Religion. ] Lors que, pour apaiser les mécontensdu Païs-Bas, la Cour d’Espagne leur fit promettre l’an 1566qu’on feroit cesser F exercice de F Inquisition , on ajoûtaque les Loix Impériales , qui condamnoient à la mort lesHérétiques, feroient mitigées, comme elles l’avoient étél’an 1550, à la requête de la Reine de Hongrie. Immo fi c

C&farem fafiîurum suisse fi yiveret ,quando ipfe ob similes dis.ficultatcs anno millefimo quingentefimo quinquagefimoque, pos-tulante Maria Htmgarú Reginâ ejus forere , easdem paenasquas ante statuerai, emendare ac lenire non inutile aut indeco-rum arbitratus est (8).

(.E) Elle j torta le feu . . . pour fe venger de quelques chan-sons faites en France contre fin honneurs Voici ce qu’ontrouve dans Brantôme fur ce sujet (9): „ J’ai ouï racon-" îpt que l a principale occasion, qui anima plus la Reine” " “Ongne à allumer ses beaux feux vêts la Picardie, 8c” aU xo Jtf£ S dc Francc > cc M à l’appctitde quelques in-

solens bavarts 5c causeurs, qui parloient ordinairementde fes amours, 8c chantoient tout haut 8c par tout, auBarbanson de la Reine d’Hongrie , chanson grossièrepourtant, 8c sentant à pleine gorge son avanwrier ou

villageois

(10) QkìÍI -quid délirantre£es 9 pU 8 un-tut Jicbivi*Horat.

Epist. II

L:briJ.f. I4Ì

(ri) Meze*rai, Hist.de Eiance»’

Tom. 11 ypag. 1090,

99

9 >

On voit par là que les peuples font desti-nez à porter la peine, non seulement des folies de leurs Sou-verains ( 10), mais aussi de celles de bien d’autres gens. Jem’en vais raporter un Passage qui ne semble pas assez rem-pli. ll y avoit une ardente haine entre Henri II vr la Reinede Hongrie, dont je ne fai pas le sujets mais feulement queles soldats François avoient fait des chansons selle , cr deBarbanson le plus beau Seigneur de fa Cour (11). II étoitaisé de fournir ce qui manque à ce discours;il n’y avoit qu’àdire que cette Reine fit mettre le feu en divers endroits dePicardie, fans épargner même la Maison Roiale de Folem-brai. On tient par là dc part 5 c d’autrc la raison de la hai- ( 12 ) Damesne personnelle. Marie crut fans doute qu’Henri aplaudis- Galantes,soit aux chansons : elle F en haït personnellement. Henri Tom -de son côté prit pour Un affront personnel l’incendie de sa FV- S°-Maison de plaisance. Je ne fai ce qu’íl faut croire des Ga-lanteries de cette Princesse ; je me souviens seulement queBrantôme dit (iz), qu’eW« estait tres-belle vr agréable, ef-fort aimable , encore quelle fe monstràt un peu hommaffe-,mais pour Vamour elle rien estait pas pire, ni pour la guerrequ elle prit pour fin principal exercice.

Si l’on veut savoir quand elle fit ces ravages en Picar-die , qu’on jette les yeux fur les paroles suivantes. „ Du-„ rant que l’Empereur son frere mit le fiege devant„ Mets, elle vint pour divertir le Roy de secourir les as-„ siegez avec le Comte de Rœux en Picardie, où elle„ fit de grands degasts, mit tout à feu , brusta Noyon ,

„ Nesle > Chauny , Roye, Folembray, Maison Royale bastic„ par le Roy François I ; ruina plus de sept ou huit cens„ villages: elle mit le fiege devant Hédin, quelle prit(13)”.

( F ) . . . .Henri lui fut rendre la pareille. ] Après avoirprisMariembourg 8c Dînant, 8c avoir rasé Bouvines, dontles habitans avoient été ou pendus, ou passez au fil de l’é-pée, il passa 1 a Sambre, il ruina tout le Hainaut, e j* brûlaMariemont Maison de plaisance bâtie par la Reine de Hongrie ;ey la jolie ville de Bains (14) avec ce magnifique Palais qu el-le y avoit bâti, orné d'une infinité de peintures, de statuesantiques, cy d’ouvrages de gravure C r cizelure. L'ancienneville de Bavets , de Vantiquité & grandeur de laquelle lesvieux Chroniqueurs ont fait mille contes, souffrit une pareilledésolation. Ges incendies zsr ces destruâlions étaient fort éloi-gnées de l'humeur de Henri Second ; mais il fi croyait obligéd’honneur k prendre ainsi revanche de la ruine de son châteaude Folembrai, e? de ce quau même endroit Us Flamansavoient deux jours durant exposé k l’infilence des goujats untableau du grand Roi François fin pere (15). Joignons àce témoignage de Mezcrai celui de Brantôme, (qui contientplus de circonstances. „ Ce fut elle qui la premiere com-„ mença les grands feux à nôtre France, 8c en fit dc grands„ fur de belles maisons 8c chasteaux, comme fur celuy de„ Follembray , belle 8c agréable maison , que nos Roys.

„ avoient fait bastir pour le desduit Sc plaisir de la chasse ;

>, dont-le Roy en prit si grand despit 8c déplaisir, qu’au bout„ de quelque temps il luy rendit son change, 8c s’en reven-„ gea fur la belle maison de Bains, qu’on tenoit pour un„ miracle du monde , faisant honte (s’il faut dire ainsi à„ ce que j’ay ouy dire à ceux qui l’ont veue en fa perfec-„ tion) aux sept miracles du monde , tant renommez de„ l’antiquité (16) ”. II y avoit dans la chambre de cetteReine une tapijjerie de haute liffe toute d'or, d’argent, es dtfoye, ou estaient figurées or reprefentées au naturel toutes lesconquêtes, 8c toutes les expéditions dc Charles-Quint ( 17 ).

„ (18) Bref il n’y avoit rien là dedans qui ne fust tres-ex-„ quis : mais la pauvre maison perdit bien le lustre puis„ aptes ; car elle fut totalement pillée , ruinée, 8c rasée„ J’ay ouy dire que sa Maìstrcsse, quand elle en feeut la rm-„ ne, tomba en telle destresse, despit, 8c rage, qu’elle ne„ s’en put de long-temps rapaiser; 8c en passant un jour au„ prés, en voulut voir la ruine, 8c k regardant fort piteuse"

„ ment, la larme à l’œil, jura que toute la France s’en re"

„ pentiroit, 8c quelle fe ressentirait de ces feux & nu Vu„ ne feroit jamais à son aise, que ce beau Fontstn» w CUe„ dont on faisoìt tant dc cas‘, ne fust mis par terre ' *

„ demeurerait pierre fur pierre. Et de fair elv c ’ K n Y„ fort bien fa rage fur la pauvre Picardie ( roï V r 0mit„ bien, 8c fes flammes: 8c croy que si k t?2’ |. a f enl:it

fa vengeance eust esté grandes car este"

„ avoit

•n ne trame teint de Treve fat,, 1. n . .. ■ j..

it vlu, _ . \ ou f’ e Gouvernement de Mnrte de?,

„ trevenue

fi'dilltVYS

Elle n'íith ftis Comemume l,rs me U Treve fm eme'.uGgggg

U 5 dt Fm*

(rz) Hilar.;de Coste,

Eloges desDames Il-lustres, Tom mU, M?» 567 îil met àla marge ,

,, De la est,, vente le,, commun„ dire* Elle,, a fait la,, folle en„ Bray, el-„ le a esté,» Marie en„ Eourg,

,, lors que les,» François» brt'jlerent,» cette ville -,, là. ,, MaisU est dificilede rien com~prendre dans,celte Mote

marginale ,on ri y trouvóni rime niraison : ilsaudroit peut*être marrie

au lieu.deMarie.

(14) H f aytoit direBinclie.

(n) Meze-'kai , Hist. 'de France,

Tome II,pog. Icjo, àTann. 155^Votez, aujjiLouis Guìc-ciardia,Descript. daBais Bas ,

pag. m .

(i6) Bran-tôme, Da-mes Galan-tes, Tome 111P a g- »z.

( ' 7 ) U-mt*me >pag 9 ì. ‘

(t*) Là-mty

me,?e.g. ,4. ‘

(1 9) II sembltqueBrànto-mt fasse iciun inachrô ■*nismt : les ra*vages (fuicette *l(einefiten Picardieavoient pre~cédé la deí-truElion de sofibeau Pa ! aìsde Binçbe.

•tirs Can z