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Tome second. C - I.
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H O N G R I Ë.

(*) Le j de

Sept. 154t.

« C’ejf ains.W Pon apel-hit GeorgeMartirtHsias .

(c) Jean Bap-1f jh CnfìaídgMarquis de'■'«fíanoy qx,i

avoit éténourri chez.Françoisd - dvalosMarquis dePescairc.Hilarion dcc °ste, Elo-ges des Da-

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teté (C) Mais il fît éclater bientôt ses mauvais desseins ; il sc rendit Maître de Bude, & contrai-gnit Isabelle de se retirer à Lippa («). Ce fut un cruel chagrin pour cette Princesse, qui aunoitassez à régner L’espérance de voir rendre le Roiaume de Hongrie à son fils des qu’il íeroit parvenuà l’âge de majorité; cette espérance, dis-je, fondée sur les promesses de Sohman, n’étoit qu’uncfoible consolation Elle témoigna beaucoup de confiance dans cette fâcheuse épreuve, & se consolale mieux qu’elle put par la qualité de Régente de Transfivame, que Sohman lui avoit laissée ;mais comme il lui donna George Martinusias pour Coadjuteur, elle trouva mille causes de cha-grin dans fa Régence. Ce n’étoit qu'un nom; l'autorité étoit toute entie les mains du MoineGeorge [b). 11 en salut venir à une rupture ouverte, dont les fuites acheveient de ruiner

l’autorité d’Isabelle ; car son Adversaire soutenu de Ferdinand , fit venir une belle armée com-mandée par un Italien fort rusé (r), qui mania les choses avec tant d’adrefie, qu’il engagea cetteReine à céder la Transilvanie au Roi Ferdinand en l'année iffi , après quoi elle sc reura dansCassovie. Ce fut en y allant qu’elle écrivit fur un arbre quelques mots Latins, dont les Histo-riens ont parlé (D) Ce n’étoit pas une femme qui sc pût tenir en repos; elle ne s’arreta guere•à Cassovie, elle s’en alla en Silésie, & puis en Pologne, auprès de Bonne Sforce fa mere, & deSigismond Auguste son frere. Elle entretint des intelligences avec les Grans.de Tranulvanie,pour tâcher de regagner ce païs-là. Elle recourut encore à la protection de Soliman, Sc emploiatant de machines qu’elle rentra en Transilvanie l’an 1 f f <5 • Elle s’y maintint jusques a fa moi t ;& retint par devers elle l’autorité autant qu’elle put (E), fans cn faire part à Jean Sigilmond son

tnr.,Tm, î$f**. 644.Delttttts ejtJoan.BaptifêCafialdttsPiaáen* Ce-rnes, & obres reeentef•gregie gtfttts( nain in bclloGermanìcocafirorumpr/tfefii fttm-r»a cum landemtinus obi-verat 1 cas-sant MarchieÀ Cœsatg crea-thj. ThuaiuLibr. IX}

M» l8o <

(t) Dis-cours His-torique Scïolitiq &.c,t“g- 242.

(3) Elogesd«s DamesIllustres,Tan. /,

K?- « 3 i& smv.

U) Hilar.de Coste,Eloges desDamesHlustres,

« 32 .

(?) Cejl i-etire lei En-ueiez. de St-liman quiavoient pt*téles trésens aajeune II»,.

<«) Hilar.de Coste,Eloges desDames,

t a g- «32.

j> dit qu’elle ne le pouvoit pas refuser. Vaincue donc de» la nécessité, elle le mit dans un berc au digne d'un tel>> enfant; Sc ayant commandé à la nourrice, à quelques-> autres matrones , & à plusieurs Seigneurs Hongrois dej> Raccompagner, elle l’envoia au Camp. Soliman le vou-» lant honorer, le fit recevoir par une troupe de Cavalc-» rie, le vit, le caressa,Sc le fit caresser par ses enfans (i)Hilarion de Coste, dans l’Eloge de notre Reine Isabelle (3),particularise fort au long toutes ces choses. Soliman, dit-il, envoya au jeune Roi trois chevaux d’une extraordinairebeauté y avecque leurs harnois garnis d or y de perles y cy depierreries, cy aussi de tres-riches pennachts cy des vefiemensde drap d'or. H envoya aussi pour les principaux Seigneurs cyBarons des chaisnes d’or, cy des robes pretieufis tt la Turque.

. La Reine fit mettre son fils dans un carojse doré,

sort riche avec sa nourrice, CT quelques Dames qui avoient

paré ce petit Prince pour luy efire plus agréable . Le

Trtnce Ottoman envoya quelques troupes de chevaux en fortbel Equipage , cy des bandes de Janissaires au devant, pourluy faire un accueil cy une réception honorable. Auffi tofi queces troupes eurent salué le Roy de Hongrie, ils le mirent aumilieu d'eux pour le mener en cette pompe à leur Empereur,lequel d.'abord qu il vit ce petit Prince, luy témoigna beau-coup d affeGlion, csr le receut fort amiablement, tant commevassal de la Maison Ottomane, qu en qualité de fils de JeanRoy de Pannonìe, qu il avoit grandement chery cy honoré ;íayant protégé contre les efforts de Ferdinand Roy de Bohê-me , C? de l'Empereur Charles V. Il commanda à ses enfansBajazet cy Selìtn, qui eftoìent lors en son camp, de faire lesemblable. Ceux-cy ejloient fils de la belle Rose ou Roxelane.Cet Auteur prétend (4) que Soliman voulut découvrir fi cetenfant estoit fils ou fille, car on faifoit courre le bruit dansïarmée Turquesque que c efioit une fille,(y que cela efioit cau-se qu Isabelle Jagellon le faifoit nourrir secrètement.

(C) Soliman refusa de la voir cy en allégua des excusesremplies d’honnêteté . J j'ai déjà dit qu’il fit assurer celte Prin-celle que s’il ne la voioit pas c étoit de peur que fa visite nefit tort à fa réputation. Voilà un ménagement tout-a-faithonnête, & il est fur qu’il auroit couru bien des médisancesdans le monde, s’il y avoit eu une entrevue entre Soliman& cette Reine. Hilarion de Coste fait alléguer d'autres ex-cuses qui ne font point?vraisemblables. ,, Ils ( 5 ) dirent aussi„ à cette Princesse qnc Solyman ne luy portoit pas moins de„ respect & d’honneur qu’au Roy son fils, tant pour ses me-„ rites, que pour estre la fille de Sigismond Roi de Polo-„ gne qu'il apelloit son pere, & que s’il luy eust esté per-„ mis par fa loy de la venir visiter, il n’y eust pas manqué;,, c’est pourquoy il ne pouvoit point permettre qu’elle vinst„ en ses tentes , & la prioit d’envoyer seulement son fils„ avec sa nourrice (6) ”, Si la Religion de Soliman luieût défendu de recevoir Isabelle dans ses tentes, lui auroit-elle '

{?) Lè-mt-

mc.fag. «j3. elle permis d’y recevoir la Nourrice du jeune Prince & lesDames qui raccompagnèrent {7 ) ?

\P) écrivit fur un arbre quelques mots Latins dont lesHistoriens ont parlé, j Monsr. de Thou observe, quand il ra-porte cela, qu elle étoit savante (8). Ssua (Regina) Jìa-ttm, ne prtvata in eo regno, cui fummo cum imperio prtfuis-fet, àiuttus viveret, convafatis rébus fuis per monteis aspe-ros Caffovìam versus iter direxit. Cum propter angustias via-rum inter filvas de curru dtfcendere cogeretur, cum aurigacurrum • traduceret, ìpfa rétro in Daciam respiciens, pristmiculmìnis, e quo deciierat, memor altum corde fuspirmm du-xijse dicitur, cy cum alìud non posfet lìtterata femina , inscrip-to arbori nomine , hac addidiffe, Sic fa t a volïsi, co-que reliâío jufii doloris monumento, rurfus currum confcendit,mstitutum iter perfequitur (9). ^ Hilarion de Coste méritedette copié, à cause du détail où il descend ( 10). „ Com-» me cette vertueuse mais infortunée Princesse . . . alloit à

fa) Elle en-tendait C lita-lien. Hilar.de Coste,Eloges desDames,

Tarn. 1,

644, 4 ,tH'Palíe b.raft-an cetteLfiigui, p,„ rJette renoncerfan Fils a HHaieunle.

(9) Tbua n .Libr. IX,

F*S- "r,eaì. 2, aiann. IJ s I,

Co) ElogesDaims

Hlustres,

Tarn. i,t»!., 64S,

„ Transylvanie qu’elle quîttoit, & se souvenant des hon-„ neurs quelle y avoit receus » tk de fa condition qu elle,, avoit changée, ne put s’abstenir de j ester un profond fous-,, pir, & de laisser fur l’escorce d’un arbre ces trois mots,

,, pour marque de là juste douleur, & de la connoissance,, qu’elle avoit de la Langue Latine , Sic Fata vo-,, mm, Ainsi veulent Us Destins : c’est ainsi que Monsieur„ le Président de Thou, & plusieurs autres Historiens ( 11 )

„ le raportent. Martin Fumée Sieur de Genille l'a décrit en,, cette façon, dilant que la Reyne Isabelle passant la mon-„ tagne qui séparé la Transylvanie de la Hongrie, & descen-„ dant par une coste fort rude & fascheuse, par laquelle son„ carosse ne pouvoit pas passer, pour la grande difficulté du„ chemin , de forte qu’elle fut contrainte de marcher à„ pied pour descendre cette coste avec ses Dames, non,, fans endurer bien de la peine 8c de l’incommodité ; tant,, pour la rudesse des chemins, qu’à cause d’une grotle„ pluye qui survint comme elle passoit la montagne, dont„ elle fut toute trempée (11). La pauvre Reyne de Hon-„ grie faifoit durant ce chemin des plaintes contre fa mau-„ vaise fortune, laquelle ne se contentant pas de luy estre„ contraire és grandes choses, vouloir encor l'affiiger dans,, les petites ; & attribuant cette disgrâce , qui lui advint„ durant qu elle passoit cette haute & difficile montagne,„ a lopiniastre malice de son destin, prit un Cousteau, 8c„ avec la pointe, pour soulager un peu son affliction Sc sa,, douleur extreme , écrivit en l’escorce d’un grand arbre„ sous lequel elle s’estoit retirée pour un peu se reposer &

„ éviter la pluye qui tomboit en grande abondance , 'ces„ mots Latins: Sic fata volunt, puis dessous, Isabella Re-,, gmax Ainsi veulent les destinées , Isabelle Reyne IIy a lieu de croire qu’elle ne fit pas cette Inscription sans unesprit de murmure & de reproche contre la divine Provi-dence ; car dans la Harangue qu’elle fit en se dépouillant dela Roiauté, elle débuta par des plaintes violentes contre leDestin. Encore que l'inconstante Tortura, dit-elle (13 J, sui-vant ses cruelles mutations retranchant'cy brouillant*à sonplaisir Lee choses de ce monde,ait tourné tellement les miennesque maintenant mon fils cy moi soyons contraints de quitter ceRoyaume, cyc. Cetoit dire des injures à la Providence deDieu, & 1 accuser de cruauté, comme Lassât ks Paìensdans leurs infortunes.

Cum complexa fui corpus miferabile gnati,

Atque Deos atque astra vocal crudeha mater (14).

Vraisemblablement notre Princesse eut envie de laisser surl’écorce de cet arbre un monument de l’injustice qu’elle crutavoir reçue du ciel, & d’aprendre à tous les passans le cou-rage qu’elle avoit eu de s’en plaindre.

( E ) Elle retint .... l'autorité autant quelle put , fansen faire part à son fils. ] On peut prouver cela par la Re-montrance que Henri II fit faire à cette Princesse. Jean Ja-ques de Cambrai Doien de Bourges, Ambassadeur de cePrince , Ravoir assistée en allant à Constantinople, qu’elle re-cevrait de la France tous les secours qu’elle pourrait delì-rer (15)* Oe qui l obligea d envoyer en France en AmbassadeChriflofie Bathori (16) . . . pour remercier le Roy Tres-Chres-tien de fa faveur cy de fa bonne affection. Bathori fut bienreçu par Henri II, cy renvoyé avec Pierre François Martinez,en Transylvanie, oh Us donnerent affeurance à la Reyne Isa-belle de la part de fa Maiesié Tres-Chreflienne, de falliancequ’il vouloit faire avec elle par le mariage de l’une de Us fdlavec son fils unique le Roy Jean-Sigismond , qui efioit aagé d

17 ans, à condition quelle le fist nourrir cy élever

avec éclat ,

Caffi,

vie par

les faschcux ôe difficiles chemins de ces con-

cy ne fist point approcher de fa personne tant de femmes „des hommes de baffe naissance, qui ne font pas trobrl \ ^estre nourris prés des jeunes Princes, cy qu elle d doZIfí.Tconnoissance de ses affaires. Petrouvitz o» l a { onna PSeigneurs du Conseil de la Reyne IsahM. _ P l *spart des

(til ÍTataUâCornes, ?»Mathieu,

Anus

Thomas.

(12) Onra-porte cettepertode durit

le m » érableétat t. u le Moi-ne Hilarion.de Coitet*ti Idìjsee .

(t 3) Hilar.de Cofìe,Eloges desDames il-lustr Tom,/>645

Dans Monprt,De Thou,Libr. V ,

12 2 elle

parle ain fi ètson fils :

Qiiando tuaru t mea po-tius sommanon iulit u£regno pa-teiuo iegi-bus juregentium ti-bi delatouti frui pos*ses, fato-ÎUtn 1ML-

QLITATEJVt

qux rmlíavi nostraaut Huma-na ìndus-tria corri-rgi potest,«quo ani-ma fera-MUS nc-

ceíle est.

(14 Virsç'l’

Eclog. v.Vers. 23,’

f 1 S ì Hilar.de Coste,Elogesdes DamesIllustres.

Tarn. J,

M- «J7.

(>*) Pere inbrave H- , a -fart mi Sigis-mani B itharíPrince deTranjyivA-n:e t U-mê-me.

" * ré r es la > elle fut contrainte dans un mauvais passage de Seigneurs du Conseil de la Reyne Isabelle s J t ' l ‘ ti P ar t'' fendre de son carosse, & de mettre pied a terre. Tan- fins du Roy Tres-Chrefiien en Jeïnr! fM rmvere ™ les rat-" clls T‘ e le cocher estoit empesché de retirer le carosse de rem hautement a V Ambassadeur do v J “ V di-

" ce Pavais pas voisin d’une forest , cette Heroïne non remonstré cela À la Reyne leur mmT* qU>ls avi> ' !ent de fi a" i^ ante M- magnanime tourna les yeux devers la à avoir cent Ambassade pour susteaif-!' qut comme »f a lors

1 u ME if ' " e J crut que ces Seigneurs

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