HORTENSIUS.
(<t) Vna. UTtftnarq. (B).
(h) Cicero >in B rat o.
(c) Xiphilin.ex Dione,Libr.XXXF,
initia.
fd) Macrob.Saturnal.Lihr. II,
Cap. IX.MoresLxprèsVoffius, citel. 3. c. iz :orle III Li-vre ti a queXII Cha-pitres.
(f) Dion,Lihr.XXXIX.(/) Varro,de ReRusti-ca, Lihr. III,Cap. VI.Plinius ,Lihr. X,
Cap . XX.-Slian.,
Lihr. P* His-tor. Anim.Cap. XXI.Temilli.m.de Pallio,sttb fin,
(L) Varro,deR.eB.usti-ca, Lihr. lll ,Cap. XIII& XVII.
(l) EUejuen-tium jurispe-ritijjimutCrajsus , ju-risperitarumeloqiientiffi-mus ScjtvaUputaretur.Cicero, inliiuto, Cap.XXXIX.
(t) Me ado-
lefcentcm( Horten-íìus) naïf usocfo a nuis mi-norem quamtrtt tpj'e.
Idem, inBruto.
( ì ) Uem-tibid. Cap .LXLV.
(4) DeOrat,Lihr. III ,fttba fit .
(5) Erpa-nnyiKÒçàù? k&ì <pt-
Kir rtibeUicAperitm & per-vieax. Plu-tarchusj* Sylla,
46 r.
( 6 ) Cicero,in Bruto.
(7) Ono-mast pag.404.
(S) Trien-niumftre fuitttrbs fine ar-mis , fed ora-torum a ut in-tenta autdi .•cejsií , ant
s»x*- . . .
Primas incattfis agebatHortensias ,rnagtsqueqitotidìepro'babatHr. Ci-cero, in Bru*to«
(9) Cicero,in Bruto.
Votez, aussiTuícul. I,
^ Acadeai.H » init.
7 H
HORTENSIUS (Qui n t us) contemporain de Cicéron, & presque aussi grand Ora-teur que lui, naquit l’an de Rome 639 (s). Il plaida sa prémiere cause à l’âge de dix-neuf ans,& y réiissit de telle maniéré, qu’il remporta non seulement l’aprobation de la compagnie , maisaulîi celle des deux Consuls, qui étoient les meilleurs conoisseurs de ce tems - là ( A ). Cettecause fut celle qu’il plaida pour l’Afrique devant le Sénat fous ces deux Consuls. Quelque temsaprès il plaida pour le Roi de Bithynie, & réiiffit encore mieux. La guerre Sociale s’étant éle-vée l’an de Rome 66z , les procédures de Justice furent tellement interrompues dans la ville,qu’Hortensius embrassa le parti des armes ( 5 ). Dès fa seconde campagne, il fut Tribun de soldats:mais je croi qu’il en demeura là, & que ceux qui lui donnent la qualité de Lieutenant Généralfous Sylla dans la guerre de Mithridate, le preneur pour un autre {B), II passa successivementpar tous les honneurs de la République, la Questure, l’Edilité, la Préture , jusqu’au Consulatqu’il obtint avec Q^ Cecilius Metellus l’an de Rome 684. Le fort lui échut d’aller en Cretepour y réduire les habitans; mais comme il triomphoit à Rome par son Eloquence (c), il aimamieux faire éclater son talent dans le Barreau, que d’aller faire la guerre. II céda donc cet em-ploi à son Collègue, qui y gagna l’honneur du triomphe, êt le surnom de Cretìcus. Hortensiusavoir la mémoire du monde la plus heureuse (C). II gesticuloit beaucoup en plaidant (D), cequi lui attira une fois devant les Juges une raillerie assez grossière; car L. Torquatus lui donna lenom de Dionysia ì qui étoit une célèbre danseuse. On peut voir dans Aulugelle ce qu’Hortensiuslui répondit. On ne peut nier qu’il n’y eût beaucoup d’asséteries dans ses maniérés, ou du moinsune propreté excessive dans ses habits (E). II confultoit soigneusement son miroir en s’habillant;& l'on dit qu’il intenta un procès à son Collègue, qui en passant par un lieu étroit avoir troublela fymmétrie de fa robe (d). 11 avoir amassé de grans biens, ôc il s’en fervoit largement pour
prendre ses aises, soit à la ville, soit à la campagne. II avoir diverses maisons de plaisance (E)>& comme il étoit fort somptueux, il s’opoíà aux Loix somptuaires (e) que les Consuls vouloientétablir l’an 699 de Rome. 11 les loua si adroitement de la magnisicenee de leur domestique, qu’ils«'osèrent insister fur une chose qui s’accordoit peu avec leur propre conduite. II fut le premierqui sit aprêter des paons (f) ; ce fut pour en faire un mets dans un repas qu’il donna au Collègedes Augures. 11 étoit fort curieux & fort magnifique en parcs ôc en viviers (g) , ôe il «'avoir
(A) ll remporta l’aprobation . des deux Consuls,
qui étoient les meilleurs conoijjeurs de ce tems-là. ] C’étoientLucius Crassus 8c Quintus Scœvola, dont le prémier étoitun des plus grans Orateurs, 8c le dernier un des plus gransJurisconsultes, qui eussent paru à Rome ( 1 ). Ce Consulattombe sur l'an 658, desorte qu’Hortensius n’aiant alors quedix-neuf ans, c’est une conséquence nécessaire qu’il soit nél’an 639. Ce que l’on recueille encore de ce que Cicéronétoit moins âgé que lui de huit ans (z); Cicéron, dis-je,qui eit né l’an 647. Voici la preuve de ce que j’ai dit con-cernant le prémier Plaidoié d’Hortensius (3): A, Hortensiiadmodum adolescentes ingenium, ut Phidis. fignum stmul as-pefhim ex probatum efl. Is L. Crajfo, Sc&vola Cojs. pri-mttm in soro dixit, ex apud hos ipjos quidem Consules , excum eorum qui affuerunt,tum ipsorum Consulum qui omnes in-telligentia anteibant , judicio discejfit probatus ; undevigintiannos natus erat eo tempore. Cicéron (4) fait parler ainsice L. Crassus : Ego esse jam judico (omnibus istis laudibusquas oratione complexus lum, excellentem Hortensium ) extum judicavi cum me Consule in Senatu causam défenditAsrica, nuperque etiam magis cum pro Bithynia rege dixit.
(B) Ceux qui lui donnent la qualité de Lieutenant Géné-ral fous Sylla dans la guerre de Mithridate , le prenent pourun autre. ] Ce qui me fait croire, que notre Orateur n’estpas l’Hortensius qui a eu cet emploi dans les armées de Syl-la , est d’un côté le silence de Cicéron, 8c de l’autre le ca-ractère que Plutarque donne à ce Lieutenant. Plutarquenous en donne l’idée d’un homme qui entendoit parfaite-ment la guerre, 8c qui ne cédoit jamais ( 5 ) ; & il en rapor-tc des actions qui sentent le vieux routier, 8c qui regardentl’an 667 de Rome. Où est-ce que l’Orateur Hortensius a ti-roir aquis cette expérience, lui qui n’avoit commencé à por-ter les armes qu’en Tannée 663? Et s’il l’avoit aquise, s’ils’étoit signalé fous Sylla, comment est-ce que Ton auroit ou-blié d’en parler dans les endroits où Ton setend fur ses élo-ges, 8c où Ton remarque qu’il fut Tribun de soldats dès faseconde campagne? Judicia intermijja bello. . . . Erat Hor-tensius in bello primo anno miles, altéra Tribunus milìtum (6).Ne doutons point que Glandorp ( 7 ) ne se soit trompé ,en le prenant pour le Lieutenant Général de Sylla. Maisqu’est-il besoin de se prévaloir du silence de Cicéron ? Cequ’il dit m’est beaucoup plus favorable. Les trois annéesoù Hortensius tint le haut bout dans le barreau, à cause oude la mort, ou de l’absence des plus célèbres Orateurs (8),ne répondent-elles pas au tems que Sylla avoir l’autre Hor-tensius dans son armée ?
(C) ll avoit la mémoire du monde la plus heureuses IIrécitoit un Plaidoier tout comme il le méditoit, sans qu’il enécrivît un seul mot, 8c il n’oublioit rien de ce qui avoir étéavancé par ses Adversaires. Primum memoria tanta quan-tum in viro cognovijse me arbitror, ut qua secum commenta-tus effet, ea fine scripto verlis iisdem redderet quibus cogitavis-set. Hoc adjumento illo tanto sic utebatur, ut sua ex com-mentata ex scripta, ex nullo reserente omnìa adversariorumdiiïa meminijfet ( 9 ). Ce que nous en dit Seneque est toutautrement remarquable. Sut un défi qu’on avoit fait à Hor-tensius, il se tint tout un jour à une vente publique, 8cnomma par ordre tout ce qui avoit été vendu, à qui, 8c àquel prix. On confronta son récit avec le Regître des Con-trôleurs, 8c Ton trouva que fa mémoire lavoir toujours ser-vi très-fidellement. Hortensius à Sìsenna provocatus m auííio-nt persedit diem totum, ex omnes r es, ex pretia, ex emptores
or dine suo argent ariis recognoscentibus, ita ut in nullo sallere-tur, recensât (10).
( D ) Il gesticuloit beaucoup en plaidant. ] Quoi que sesgestes fussent assez beaux, pour donner envie aux deuxmeilleurs Acteurs de ce tems-là de les imiter fur le Théâ-tre (11) , il est certain qu’ils passoient les justes bornes deT Art Oratoire : Fox canota ex suavis , dit Cicéron dans fouBrutus, motus ex gestus etiam plus artis habebat quàm eratQratori satis. Mr. Moreri raporte mal la raillerie de Tor-quatus. ll se remuait fi sort en haranguant, qu on lui donnale nom de sauterelle, Dionysia Saltatricula. Qui ne croiroiten vertu de ces paroles, qu’Hortensius fut persécuté de cesobriquet par toute la ville ? Et néanmoins il n’y eut qu’unhomme qui en une feule rencontre lui donna, non pas lonom de làuterelle, mais le nom de Dionyfia, qui étoit unedanseuse de réputation. C’est tout-à-fait mal traduire lemot saltatricula , que le rendre par celui de sauterelle. Voi-ci le Passage d’Aulugeîle au Chapitre V du I Livre : Cum LTorquatus , subagrefli homo ingenio ex infestivo , gravius acesbiusque apud confilium judicum, chm de causa SulU quarts*"tur, non jam histrionem cum este diceret, sed gesticulartam^Dionyfiamque eum notijstma Saltatricula nomine appellaret,tum voce molli atque demijsa Hortenfius, Dionysia, inquttiDionysia malo equidem esse quam quod tu Torquate,
o-oç , áyçoiïtccnoç , xoei ù'zrçómoç, . ' -t
(E) ll y avoit . . . une propreté excejfive dans ses habits-i
Le Passage d Aulugelle que je vais citer, 8c qui précédé leparoles qu’on vient de lire, nous servira à deux mains»prouver les gesticulations d’Hortensius, 8c fa trop g ran -r fpropreté. Hortenfius omnibus ferme Oratoribus atatis fisM. Tullio clarior, quod multa mundicia ex circumsp*^ e CBpofiteque indutus ex amiélus ejfet, manusque eius inter 4 ?dum forent arguta admodum ex gestuosa, malediélis ceins tftionibusque probrofis jafiatus eft , multaque in eum q ua y ^histrionem in ipfis caufis atque judiûis àitta sunt. Q uant i .Procès qu’il intenta pour le dérangement des plis de fa ro 'en voici la preuve > ou le témoin : Hortenfius vir a /w?»"*profejfo mollis ex in prttcinfìu ponens omnem decorem henim vestitu ad munditiem curioso, ex ut bene amiUs. Tfaciem in speculo ponebat : ubi se intuens togam ccrpori J 1 i usplicabat , ut rugas non forte fed industria locatas artifo x . .
constringeret, ex sinus ex compofito defluens nodum [ ater>S 0 n e gs,biret. Is quondam cum inceileret elaboratus àd fpeciem c ^de injuriis diem dixit ; quod stbi in angustiis obvias ^sortuito struclttram toga destruxerat, ex capitale putavt q
in humero suo locitm ruga mutajset (iz). . f a jt
(F) Il avoit diverses maisons de plaisances Pline (. T r „ 0 .mention du Tusculanum d’Hortensius, où il plaça
uautes du Peintre Cydias, qui lui coûtèrent st uat f r uta tionquatre-cens francs de notre Monnoie, selon la m? , un£du Pere Hardouïn. II avoit une maison à Bauli p]u-auprès de Laurentium (iy), 8e une auprès de la ? ^mbrementane ( 16). Jugez de fa dépense par L N a (T en ] a issade muids de vin qu’il laissa à son héritier ;■fi hare-plus de dix-mille. Hortensius super decem mafia t 0 u-
di reliquit (17). Voici la preuve de ce que J ai v j n furchant le foin qu’il prenoit Jui-même de yerlt. .. n sévit,ses planes. Is Hortenfius platanos suas yino trrtgar J r^feep-adeo ut in atlione quadam quam habutt cum Ctce uta rettam, pr,carie à Tullio postulait ut beum duend p'- /r
- r ■■ ■ ■ villam necestano se velle,ut vinum
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