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Tome second. C - I.
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hortensius.

m

pas moins de foin de la santé de ses poissons (G), que de celle de ses valets. 11 faloit qu’il aimâtbien les planes, puis qu’il les arrosoir de vin> de quoi il faisoit si peu de mystère, qu’st pn a unjour Cicéron de changer avec lui l’heure où il devoir plaider; car il faut, lui dit-il, que j’ailleverser moi-même du vin sur un plane quej’ai à l’une de mes maisons de campagne (h). Pour peuqu’on conoislè le cœur de l’homme, on admirera beaucoup plus que ces deux grans Orateurs seíoient donnez l’un à l’autre en plusieurs rencontres bien des marques d’amitié (í/), que de voirqu’ils n’ont pas toûjours été véritablement amis : car après tout Cicéron fut cause qu’Hortensiusne conserva pas la gloire dont il avoir joui assez long-tems, d’être le premier Orateur de Rome;& Hortensius fut cause que Cicéron ne fut pas fans un rival dangereux, qui le talonnoic de près.Hortensius avoir publié, non seulement des Harangues Ôc des Annales, mais auffi des Poésiesla,cives (/). I] ne s ’ e ft r i en conservé de tout cela; 6c il faut avouer que lâ langue étoit bienmeilleure que jla plume ( K ). Quoi qu’il eût gagné la cause de Messala fils de ta sœur, pour

lequel il avoir plaidé de son mieux (L), le voiant embarrassé d’une accusation de brigue, cela ne

laissa

(h) Volez u7 {eynarqHí(F).

(*<0 De ReRustica,

Ltír. 111,

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L,í r. II,

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vm Hia.

ctxxiv.

Cicet.in Biuto,initia.

(r«)

Hercule oltertuus furnìlU-ris Hortensiasqakm pltnamanu , quàmingénue ,quant arn&ttwofiras Uttdcs

in astre, .fustulit ,qmm deTlacci Prs'tura & de illotempore ^Al-labrogttm di-cent, Sic ha-leté nec a~mantius , nechonorifìcen-tins y nee co-piofius pO’tuijj'e dìct.Idem, adAttic. Epist.«ít, Liìbri 11 ,

(G) ll avoit . . . foin de la santé de ses poissons.] Var-ron (zo) raporte Ià-deliùs des choses tout-à-fait singulières.Hortensius faisoit à l’égard de ses poissons ce que les avaresfont àjl’égard de leur argent ; il n’oi'oit s’en servir ; il aimoitmieux faire acheter des poissons dans quelque ville du voi-lage, que d’en prendre de son vivier; il ne se contentoitpas de ne vouloir point que ses poissons lui servissent denourriture, il les faisoit nourrir délicatement 8c largement.Neque fatis erat eum non pasc’t ptscinis, nisi eos ipfi pafeeretultra. . . . Celerius'voluntate Hortenfii ex equili educeres rhe-darias ut tibi haberes tnulas, quàm e pifc'ma barbatum mul-lum. . . . Non mìnor cura ejus erat de œgrotis pifeibus ,quàmde minus valentíbus servis ; itaque minus laborabat ne servusager, quàm aquam frigidam biberent fui pifees. On dit qu’ilaima si passionnément une murene , qu’il en pleura lamort (2.1); ce que Porphyre (22) , Macrobe (zz) , 8cTzetzes (24), ont attribué à l'Orateur Crassus.

( H) On admirera beaucoup . . . que lui es' Cicéron se soient

donnez . des marques d'amitié. ] II n’y a rien peut-

être fur quoi la jalousie soit plus capable d’aliéner les es-prits , que fur l’Eloquence. Je ne lai s’il n’en faut pointexcepter la Beauté 8c la Poésie. Deux fameux Prédica-teurs s’aiment rarement l’un l’autre, 8c se brouilleur aisé-ment jusqu’à la derniere rupture. C’est beaucoup s’ils peu-vent cacher leur jalousie, 8c sauver les aparences. Ainsi cequ’Hortenfius a fait en faveur de Cicéron est digne d’é-tonnement ; mais les mauvais offices, qu’íl peut lui avoirrendus en secret, ne doivent pas nous surprendre. 11 lefit entier au College des Augures (2;); il le loua magnifi-quement dans une occasion où les éloges pouvoient ser-vir (26) : ìl pensa être tué pour l’amour de lui ( 27 ) ; 8cCicéron avoue lui-même qu’il y avoit eu toûjours entreeux un commerce réciproque de bons offices. Cum pri-ser t im non modo nunquam si t aut illius à me cursus impedi-tus, aut ab illo meus, sed contra semper alter ab altéra adju-tns, es communicando, ts monendo, es favendo (28). Lesbons offices de Cicéron envers Hortensius font moins admi-rables que ceux d’Horteniìus envers Cicéron ; parce qu’enco-rc que naturellement parlant Cicéron ait dû avoir plusieursannées le cœur rempli du venin de la jalousie , il dut enj errer plus de la moitié lors qu’il se vit supérieur. II fut untems qu’il n’égaloit point Hortensius ; il en fut un où ilì’égala, 8c puis il le surpassa. Ce troisième période est unexcellent purgatif de l’humeur jalouse. Mais au contrairequel crevecœur pour Hortensius, de voir que celui quine faisoit au commencement que le suivre, rattrapa quel-8c enfin le devança? Hortensia:

tresilatorem laudum mearum, sed socium potins CS confortemgloriosi laboris amiseram (34). Cependant ce n’étoit pointde ce style qu’il écrivoit à son frere Quintus, quand il lui di-soit: Quantum Hortensia credendum fit nescio : me summafimulattone amoris, Jummaque affiduìtate quotidìana scelera-tijpmè infidiofijftm'eque tracíavit, adjunêlo quoque Arrio : quo-rum ego confiliis , promiffis , praceptis deflitutus in banc cala-mitatem incidi (35). Qu’is y a peu de personnes, mêmeparmi ceux qui passent pour honnêtes gens, qui n’aient deuxfortes de langage, l’un pour les Livres publics, l’autre pourles Lettres qu’ils écrivent à leurs amis ! Voiez la Remar-que ( M ) de l’Article G r o t 1 u s. Pendant qu’elles ne fontpoint publiques, la duplicité, ou la nature amphibie du lan-gage, ne paroît pas; mais je les attens à la montre de leursLettres. On feroit bien du chagrin à certains Auteurs, sion les obligeoit à répéter en conversation, ou à ouïr répé-ter , les mêmes éloges qu’ils ont donnez dans un Livre.Préfaces, Citations, nécessité agréable de faire un Eloge fu-nèbre, que vous trompez bien du monde! Quoi qu’il ensoit, on a raison de donner pour une adresse merveilleuse dePomponius Atticus, d’avoir pu se conserver l'amitié intimede Cicéron Sc d’Hortensius, 8c de les avoir empêchez de sebrouiller. Utebatur intimé Hortensia qui iis temporibusprincipatum eloquentu tenebat , ut intelligi non pojset uter eumplus diligeret , Cicero an Hortensias, es id quod erat difficilli-tnum efficiebat ut inter quos tant a laudis effet amulatio, nullaintercederet obtrePlatio, esietque talium virorum copula (36).

(J) ll avoit publié des Poésies lafcives.~\ C’est ce qu'Ovi-de nous aprend au second Livre des Tristes, où il fait unCatalogue de ceux qui ont fait impunément des Livresd’Amour :

(34) Cîces,in B rut o ,initiêm

(35) UeruiEpist. lllLibri ì adQuintumfiaticm.

Votez, oust

Epist- 1 Xad Attic.Lil/r • lll.

( s«) Coineî.Nepos, inVita îom-ponii Attici,

1s quoque Phafiacas Argo qui duxit in undasNon potutt Venerìs farta tacere sua.

Nec minus Hortensi, nec fient minus improba ServiCarmina. 6fieis dubitet nomina tanta sequil

Aulugelle parle fans doute des mêmes Vers d’Hortensius,lors qu’il dit (37) qu’ils étoient fans agrément, invenusta.Je ne sai pas lì le Poème que Varron (38) lui attribue estun autre Ouvrage. Quant aux Annales, elles ont été ci-tées par Velleïus Paterculus. Je croi qu’Hortensius a étésavant; car Cicéron lui a donné cet éloge; mais je ne voipas que son Poème, ses Annales, 8c l’offre de Lucullus,soient d’auffi bonnes preuves de son érudition, que Corra-dus voudroit bien nous le faire accroire. Sa né , dit-il (39),videtur ben'e àoíius fuisse , siquidem Po'èma scrtpfit, ut Autorest Varro libro primo de Analogia, es Annales,

y, sifì +• ws n > . rornt - - - n - ^

que tems après, 6c ennn ìe oevança r noncnjius . . . qutdiu prmeeps Oratorum , aliquando âmulus Ctceroms txistma-

tus est novi/fimé quoad vixìt, secundus. C est Quintilien "si 1 ".: - w ..... oye/j»» 2,,

qui dit cela dans le Chapitre III du XI Livre. Je sai qu’il ne finbendo venït in eam contentionemr.— _.• ì .Fivnir un émule tel oue Cice- cullo refert. Te ne vni n->c nn„ n

...j-, , ut Paterculus

C’est Quintilien affirmât : es certe cum Sìsenna es Lucullo de Grâce Latineque

Te sai qu’il ne scribendo venit in eam contentionem quam Plutarchus in Lu-

-- „ . . ’Li c.ice.- cullo refert. Je ne voi pas que Corradus ait pris le sens de

Plutarque: il ne —.

( 37 ) Librù

XIX,

Cap. IX.

(3 *)

dc Anal.apud Cot-tadum iaCicéron.Erutum,

pag. 418.

(3 p) Ibidem,

l’ardente 8c l'infatigable aplication avec laquelle il avoitcultivé son esprit dès fa jeunesse, que l’on s’apercevoit dejour en jour qu’il ne se soutenoit pas (29). 11 se ranimaquand il vit les grans progrès de la gloire de Cicéron ; maisen vérité on se passeroit bien d’un tel secours, ou d’un telreveille-matin, quand il en doit coûter la prémiere place.II n’y avoit gueres de grandes causes où ces deux célèbresOrateurs n'eussent de l’cmploi, quelquefois pour les mê-mes parties, quelquefois apointez contraires (30). Le fa-meux voleur Verres devoir avoir Hortensius pour sonAvocat ; ce fut l’une des plus fortes raisons que Cicéronallégua, pour faire exclure Cœcìlius de la fonction d’Accu-sateur. On peut voir dans ce Plaidoié (31) combien Hor-tensius étoit capable de faire valoir les causes qu’il soute-noit. Cicéron eut là toutes sortes d’avantages ; il fut l’Ac-cusateur ; 8c l'on dit qu’il ôta bientôt à Hortensius la pen-sée de plaider pour l’accusé (32); tant on avoit de charges8c de preuves contre Verres. Multis dïebus prima aólìo cele-Irata est, àum testes Verris producuntur criminum divesisorum ,dum recitantur pubìiu privauque litera. Çluibus rébus adeòsiupefaélus Hortensius dicitur , ut raûonem defenfìonis omitte-r « ( 73 ). Nous avons vu comment Cicéron a déclaré quejamais Hortensius ne lui avoit voulu rendre de mauvais of-às; & nous pouvons voir au même lieu qu’il réfute ceuxqui croioient qu’Hortensius ne lui étoit pas favorable. Do-, . lebam quod, nm ut phrique putabant , adverfarium aut ob-

Clc fí? ’ r)l 's.' nat - m Cœcil (31) Divînatio in Q. Cscilium. (32.) 7 Q-^ kââ--k Verres que Qpimù. Lier. X, Chav. j,

Vcrrem. f P Qur Vertes. ( 3} ) Aston, Fectan. in Froœmio Ast, in

TOME 11.

(27) Viisivi-

di hune ipfum* 5 ^ tiorten -Jìum lumen•rtitmen-*um l^fìpub,penè interficifirvorumlïAHH cumtnìhi adejfet,

, n £0Clones

Zdem t in

Bruto.

(29) Cìcer.in Bruto,/»& jin,

(30) Sxpty viijdem , ftepe*n contrariiscaufls versât

riuiarque ; ïl ne s'agit point ’là d’un. défi entre Hortenfius,Sisenna, & Lucullus ; mais d’une petite présomption de cedernier , qui se fit fort devant les deux autres d’écrire laGuerre Sociale, ou en Latin ou en Grec, en prose ou envers, à la décision du fort. Plutarque conjecture que lefort lui donna la prose Greque, puis qu’on voioit l’Histoirede cette guerre écrite en prose Greque par Lucullus : maisencore un coup, cela ne signifie nullement qu’Hortensius 8cSisenna se fussent engagez au même travail, si le sort yéchéoit. Catanée qui le débite ainsi (40) se trompe.

(K) Sa langue étoit bien meilleure que sa plume."] C’estce que nous aprenons de Quintilien au Chapitre III du LivreXI, où il remarque que faction a une force très-partìcu-liere dans l’Orateur; & que comme c’étoit le grand talentd’Hortensius , on ne trouvoit pas en lisant ses Plaidoiers,qu’ils fussent dignes de la réputation que leur Auteur avoitaquifc. M. Cicero, dit-il ,unam in dicendo acliomm dominariputat, bac . . . Antonium CS Craffum multum valuiffe, plu-rimìtm vero sfi Hortenfium , cujus rei fides est quod eius fcrìp-ta tantum infra famam sunt . . . ut appareat placuijse aliquideo crante quoi legentes non invenìmus. Combien avons-nousde Prédicateurs de qui on peut dire la même chose? Mr.Motus en est un exemple.

{L) Il avoit plaidé de son mieux.] Certe Cause fut plai-dée l’an de Rome 702. Hortensius avoit alors foixante-troisCet âge ne l’empêcha pas de faire —

ans.

doié,

Brutus , qui l’avoitteur, ne l’avoit jamais autant

un excellent Plai-

—- riai-

toûjours trouvé uti grand Ora-

... — «vivant aprotïvé que ce jour-là; les

autres en firent le même jugement, 8c Cicéron aiant lu laPiece publiée mot pour mot telle qu’elle avoit été pronon-cée , jugea comme les autres (41 ì. Quç ft néanmoins Hor-' H Elût h 2 rendus

(40) Irr PINmi Epist.Libr. V,l’ a T ». 2*3,

(41) Hsrtís 4 *

Jitom magnumOratoremsemper putavèMAximcatteprebavt proMessala di -

centem ytuji*

tu abfuijH»SU ferttnt ,

déclarât

totidtm

dixìt » utAj»nt y scriptt*verbìs oratie xCicero , ***LlUro,