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Tome second. C - I.
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H O S P I T A L.

Eoq

ïêîc pour maintenir Lc pour afermir la Majesté Sc l’Autorité Roiale, & il fut bien faire sentiraux Parlemens par la gravité de ses censures le tort qu’ils avoient de désobéir à leur Monarque (K) ;mais d’autre côté il taisoit ensorte que le Prince obéit à la justice & à la raison. 11 s’opofoit

autant

(n) Vaitt.ltRecueil dedivers Mémoites, rm-Fnmé i )>,.

r ’h chtx, fi„-re Chevalier,"r,, i n

tendre plus agréables au nouvel époux. Elles supléeroientpar leurs libérassiez ce que l’áge auroit ôté à leurs charmes :

& d’ailleurs la liberté de disposer de leurs biens les exposeroìtà des soûpirans, qui fans cela n'íroient point troubler Ja réso-lution quelles pourroient avoir prise, d’édifier leur prochainpar un honnête veuvage.

{K) ll j ut faire sentir aux Parlemens le tort qu ils avoientde désobéir à leur Monarques] Un Procureur ne lave pasmieux la tête à un Clerc qui a lourdement bronché, que leChancelier de l’Hospital lava la tête au Parlement de Bour-deaux , quand Charles IX y tint son lit de justice le rz d'A-vril 1564 avant Pâques. Le Roi, dit-ìl (79), a trouvé beau-coup de fautes en ce Parlement, lequel comme efiant plus der-merement institué, car il y a cent est deux ans, vous avez moin-dre excuse de vous départir est avoir oublié fi toft les anciennesordonnances, ce qui seroit excusable aux autres Parlementsqui font en vieillesse , e- toutesfois vous estes auffì desbauchez ,4 ’ ou plus , que les vieux , paraventure pis. . . . f ay receu beau-coup depla'mclts de vos distensions. . . . Voicy une maison malreglêe , c efi vous autres qui faut que vous en rendiez compte.La premiere faute c efi la desobeyffance que vous portez à vostfeRoy. Car encores que fes ordonnances vous soient présentées ,vous les gardez, s'il vous plaift, est fi vous avez des remons-trances à luy faire , faicîes les y au pluflost,est il les oyra. Vousluy oftez fa puissance Royale quand vous ne voulez obéir à sesordonnances Royales, qui efi pis, que de luy efler son Domaine.Je fuis adverty que l’ordonnanee faidle à la requefte des Fs-tats,n efi point encores publiée céans. F.t adressant fa parole auxPrefiiens ct gens du Roy , a dibí, Je parleray à ccste heure àvous , Prefidens cy gens du Roy, qui devez requérir <st soliciterles publications des Fdiéts ct ordonnances du Roy , ct vous Pre-fidens qui les devez proposer,car vous efies Prefidens du Roy enla Cour. Je fuis auffì adverty ,a-il diCí ,que Vordonnance de lajufiice n efi pas auffì publiée. J'en ay aufiì mémoire de quelquesautres desquelles je ne parleray pour n’ejlre fi long. Je pense

comparée au coup par lequel Eole fit pancher la montagnequi i'ervoit de prison aux vens.

Cavum conversa cuspide mor.temImpulit in latus : ac ventì, velut agmine fafio,

Quâ data porta, ruunt , c r terras turbine perfiant.lncubuêre mari, totumque à fedtbus ìmtsVnà Eurusque Notusque ruunt, creberque procellisAfricus ; ct vaftos volvunt ad lìttora fiuílus.

Infequitur clamorque virúm, Jlridorque rudentum (86).

On embellit cela de plusieurs Maximes qui ont un grandair de solidité: mais on ne passe pas plus avant; on ne tour-ne point la médaille ; on ne coníulte point l’expérience ;on n’examine point si quelcun pourroit répondre , j’enapelle à k pratique. Or voilà le côté foible ; car il est aiséde prouver que la France n’a jamais été fi désolée , & stmalheureuse, que lors que les Parlemens jouïssoient le plusde l’autorité de rejetter les Edits 8e les Ordonnances du Prin-ce fous Charles IX, St fous Henri III. II est aisé de prou-ver aussi que l’exercice de cette autorité fut la principalesource des miseres du Roiaume depuis l’an 156z jusqu’à l’an1594. Le Chancelier de l’Hospital avoit jetté les fonde-mens du repos public par l’Edit du mois de Janvier. L’E-glise Romaine n’avoit plus à craindre le péril dont j'ai par-lé ci-dessus (87) : le Roi de Navarre setoit détaché desHuguenots ; Catherine de Medicis ne pensoit plus à leverle masque. Ils sc contentoient d’avoir tout leur saoul deprêches ; & ainsi le Roiaume eût pu demeurer paisible ,pourvu qu’on eût observé l’Edit de Janvier. Mais les Ca-tholiques l’enfrâignirent, & de là sortit la prémiere guerrede Religion , tige 8c souche de tous les maux qui affligè-rent l'Etat jusqu’à l’extinction de la Ligue ; car tous cesmaux-là furent enter, les uns fur les autres, ou naquirentles uns des autres, par une fuite bien liée des causes & des

mande quiles farle-mens yaient beau-coup plus

d’Autoritéqu’ils n’enont.

(**«) Virgîl.ZEneicsoLibr. l,Vers. 8 j.

( 87 ) Dam la,(F).

que vous cuidez estre plus sages que le Roy,mais vofire prudence effets (88 ). Or à quoi faut-il attribuer principalement l’in-

- fl 11 r . - a. ..... . . - „ — !.. ana mneit afíimnár b/lr *\ì 1 / r sn rrnr fV^/ì-JAn rl f» fnY Vd'rlit- rí A Tr\ *«l xtx ov } TVl’^A- y.,-. —, - Tï _ ..1

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(ïi) Lk mi’

eai, pag. 421

(ti) Meze-sai, AbrégéChronol.

Tom. V,t*g. 80 , kt*nn. 1 s 6j.

est limitée pour juger les procez , ne vous estimés pas plus sagesque le Roy , la Roy ne,ct son Conseil, ll a acquis la paix, ct àprésent il a la guerre entre luy ct fa Cour de Parlement. . . .(80) vous mesprifez la Royne ct le Conseil du Roy. Je vois quevous estimez tant vos Arrefls , que vous les mettez par dessusles Ordonnances , lesquelles âpres que vous les avez receues vousles interprétez comme il vous plaifice n efi pas à vous d'inter-préter VOrdonnance , c efi au Roy seul ,mesmes les Ordonnancesqui concernent le bien public. Je laisse la fuite de son Discoursqui est encore plus foudroiante que cc que l’on vient devoir. Notez que ceci est le Commentaire de ce que le Roiavoit dit en peu de mots à ce Parlement, qu il vouloit estred'oresnavant mieux obey qu il n avoit esté,qu’il ne vouloit pointqu aucun de fes fujeíîs prit les armes fans son congé , qu dvouloit aujfi que fes F.ditls fujfent gardez (81). II est indu-bitable que Monsr. de l’Hospital lui suggéra ce Discours,comme aussi la Déclaration vigoureuse qui avoit été faite parle même Prince quelque tems auparavant aux Députez duParlement de Paris. Ils lui avoient fait des Remontrancestouchant l’Edit de fa majorité, qu’ils n’avoient point véri-fié. „ Le Rov, à qui on avoit composé la voix 8c le visa-„ ge à une sévérité estudiée, leur respondit, qu’ils eussent„ à obéir , qu’ils ne se méfiassent plus des affaires publi-„ ques, 8c qu’ils se défissent de cette vieille erreur, §je’ils„ estoìent les tuteurs du Roy, les défenseurs du Royaume, ct„ les gardiens de la ville de Paris. Les Députez aiant fait„ leur raport à la Cour , elle se trouva partagée ( 8z ) ”,8c députa de nouveau au Roi, qui ordonna que l'Edit fust pu

D 81 Corsent-avec ceci 1&

fraction de cet Edit de Janvier ? N’est-ce pas au Parlement .

de Paris? N’encouragea-t-il pas tout le monde à ne le pas rqmobserver? 11 ne le vérifia qu’en le flétrissant (89), c’est-à- >

dire qu’après trois juffions, & qu’avec des restrictions, & “'jf n 7

des clauses qui rassoient entendre qu’il le vérìfioit par for-ce , & comme un Règlement passager 8c très-mauvais. Quiauroit craint après cela de violer un tel Edit ? Ne pouvoit-on pas bien s’assùrer qu’un Parlement, qui en jugeoit de laforte , ne se mettroit guere en peine de punir les infrac-teurs ? Or en ce tems-là prêter la main à l’infraction del’Edit , 6c corner la guerre civile , c’étoit toute la mêmechose. Notez bien les paroles dont s’est servi Monsr. Va-sistas , en commençant de raconter les mesures que l’on pritcontre ceux de la Religion un peu avant le massacre deValfi. La Maison de Guise, dit-il (90), jugea par Vopofitìonque l'Edit de Janvier avoit trouvé dans le Parlement, qu il neJubfifteroit pas long-temps, Ct ne douta plus que les guerres ci-viles ne commenpajfent lìen-tòt. Disons en général que lesParlemens de France, en refusant de vérifier les Edits de pa-cification, ou en les vérifiant de mauvaise grâce, 8c puispar une fuite naturelle > en ne les faisant pas observer, ontété l’un des plus grans mobiles des longues calamitez quiont désolé l’Etat , & qui ont perde renverser de fond encomble la Monarchie. Si Charles - Quint eût régné en cetems-là , elle seroit infailliblement devenue une Provincede ses Etats , ou bien elle auroit été partagée en millepieces.

Vous n’alléguez , me dira quelcun , que l’abus que les

C _- .1 - i-- ' -

ct» Chap. 1 fdu Livre Vdu III Tomtde son His-toîte t pag. m*6zZ,

(89) Votez. A*%em. (Cí)*

(90Ï Vatïll.Histoire deCharlesTom. l ypaz. m. izt »à l y ann.\% 63U

{ 83 ) Là me-me %

<84^ Bran-tôme» Elo-ge de Char-les lX,P4g.

S 3 & 34 duJV Tome desMémoires.

^85) Sunsdoute Bran-tôme parlede la inêffieHarangue deCharles t X ,dr la.sjv.tlleMezcrai afatt mentionfous Can

> a UfaZ e 239 duJ l I Tomede f* grandeHistoire.

x í ou íurce que tantde gens di-*éru, quele bien duRoiaume del’iducc de-

* Ítv /’í Tíl - ** y i MOUJ UUt, ÌV.O

bhe ct enregistre fans retardement , ct que tous les Prefidents Parlemens firent alors du droit qu’ils avoient de reietter les

Clan Cst.lTi.pr C P1l(TomF zì r’m +*‘n»ín i.v 4\á1Vt o d’ivt+ovd iFftntì I Q^\ RílitP Xn Dv<h»a 1,7 . ' t - r .

Ct Conseillers eussent à s’y trouver fur peine d interdi(lion{fi’y).II est facile de comprendre, vû Y âge du Roi, qui! ne fai-soìt en ce cas-là que répéter la leçon de Mr. de l’Hospital.,, II fit une fois une Harangue à Messieurs du Parlement,, à huis ouverts , qui ne vouloient passer quelques Edits„ qu’ìl avoit arrestez . . ., & se plaignant de fa justice &,, de la corruption qui y estoit > & des refus de fes Edits,,, C’est à vous autres , dit-il d’une audace brave & quasi„ menaçante , d’obéir à mes ordonnances , fans disputer& contester quelles elles sont , car je sçay

Edits du Prince. Mais , lui répòndrai-je, la tyrannie, 8cla plupart des autres déréglemens, font-íls aùtre chose qu’unmauvais usage du bien ? 11 sufit pour réfuter vos réflexionsqu’on vous puisse dire, que cette digue ou cette barrièredont vous parlez, & qui à proprement parler renferme lacontradiction qu’un Etat est Monarchique, 8c ne lest pas,ne peut point passer pour un bon remede, puis qu’elle afait beaucoup plus de mal que de bien. Quelle comparai-son y a-t-il entre l’avantage qui revenoit de la rejection de

,, 1*. luiiiciici queues eues jont, car je fçay mieux que quelques Edits bursaux (91), Sc les ruines déplorables que„ vous ce qui est propre Sc convenable pour le bien & pro- le Roiaume soufrit pendant plus de trente années ? Cest„ fit de mon Royaume. N’ayant point encore de barbe beaucoup moins à la Cour qu’il faut imputer ces calamitez„ au menton il tint ces propos devant ces vieux & sages t'"™ 1 ''" n--'»— r - r '— 3

„ personnages, qui tous s’esmerveìllerent d’un si brave &

(s>r) Le p i t

àeptembre1578,/- Par-lement ne vé-rifia que deux

par les lumières d’un Chancelier très-habile 8c très-vertueux.

Mr. de l’Hospital l’avoit portee a prevemr par Edit du dlmois de Janvier tous les malheurs, Sc a. couper la racine lui furentdes guerres civiles. Les Parleinens au lieu de le seconder prefentez.*le traversèrent, 8c rendirent infructueux le remede qu’ilavoit trouvé; remede qui ne pouvoir pas manquer d’être ^stes àubon, puis qu’il n'y en avoit point d’autre (91). La Coureût marché dans la route nìi le ri,—..

„ grave langage , qui sentoit plus son généreux courage„ que les lèçons de Monsieur Amiot son Précepteur (84)

Brantôme devoir ajoûter que ces propos étaient les leçonsde Michel de l’Hospital. Le Prince , qui Vavoit déjà disgra-cié ( 8< ) se souvenoit bien des instructions qu’il avoit re-çues de son Chancelier, qu’il importoìt de rabatre la har- ------ c^our :~Vr

dieffe du Parlement de Pans, li pernicieuse en ce tems-la eût marche dans la route ou le Chancelier l’avoìt mise- Lonàc1 ’» tout l e Roiaume. , elle n’en sortit qu a cause des confusions oss l e Roianmê M ' **'

Cest ici que je dois examiner en peu de mots un dis- tomba par la faute de ceux qui désobéirent à l’Edit • &>•cours que Von entend à toute heure, 8c qui fait considérer furent les Parlemens qui ouvrirent la voie laree K CCcomme un principe de misere, la supreffion du droit qu’ont désobéissance. Ils font donc responsables de tant Amt®en autrefois les Parlemens, de rejetter les Edits qui leur profanées, pillées, renversées, dont on se niait .tu 8 ,paroistoient injustes. C’étoit une digue, dit-on, qui em- des Catalogues pour rendre odieux le Huguenot riM^ntpechoit que l e peuple ne fût submergé sous le pouvoirs- point à eux que les miseres de l’Etat ne fussent nernétuel-bitraire du Monarque. La rupture de cette digue doit etre les, âpres meme qu’on eut dompté l a Ligue 11s s’opoférent

P“g. 8*.(92) Oftí-

mum remt-

dium qui»unúam.