H U N N î U S.
(í) Presquetous Ustturs mnr-pteiit l't n
s’aquit une telle réputation, qu’en l’année ifs>i il sut apellc dans îa Saxe pour y réformer TE-lectorat. On le fit premier Professeur en Théologie à Wittemberg, prémier Minière de l’Egli- -
se du Château, & Membre du Sénat Ecclésiastique. 11 s’apliqua avec une vigilance extraordinai-re à découvrir ceux qui n’étoient pas bons Luthériens ( C ) -, à comme il réuíïìíToit fort bienà en purger le pais, on l’apella pour en faire autant dans la Silesie (D). II fut créé Surinten-dant de T Eglise de Wittemberg l’an 159s & la même année il eut un rude combat à soutenir con-tre Samuel Huberus, touchant l’Election & la Prédistination (E). II fut l’un des principaux te-nans contre les jésuites Gretíèr & Tanner, dans la Conférence de Ratisbonne (F) l’an ïóoz ( b ).
II mourut Tannée suivante le 4 d’Avril (c). II fut fécond Sc en Livres , Sc en enfans ( G ).
Quel-
Adara, inVitisThoct-log. ptg.
723 , ir fe-quent* qui «donn
brégó de /’O-raison funè-bre de Hun-niu $prenonscée par Léo-nard Hutte*rus.
(3.) ^dptidtuoid. ibìd.
h) Çonyzen » ri )u-Vùlo ]ubi-lovum, n danmsm 5 J 92 - »ÎS9Ì-
Í4Ì ìânn %ib’d. pag.
304.
(s) HiilosixSacramen-tavsK Pari*«itéra, M7.
‘ 74 & ftq.
(s) Melch.Adam.
Vitis Théo!.PAS- 7*!».
(7) EntreThéodorede Beieir ìeanAndré.
f*) Tirs sis■Micrclius,
2s? ,a gm-
U*st. Eccles.
*71.
(») P.st*Hm f(tpcrÌ8~r ‘ s fteculi
% &*%*st*Htm
^gidiuj
Jst’llar, primasVeí <erte intertrimes pr<ed-Pj* m ìprtscttn& ante
ptstinum inprimitìva Ec-
elefî* rectp-tam fenten-tiam revu a*
> & mEcclefiasSchùtapfuetooftras re~duxii 5 non**7»en sinedìffcultate ,€0> iryad/cfií,tì4& infimuU*
u y P‘Uîu-
Calix-• Confi.
t ; D °st.
Ref otniat.
G°1 Hutt».r } ,s ,
■Meìciiioj
' -Adam. f„Vitis Théo-
lo £ ?- 72s.
(u) Mat-thieu, Hist.dc la Paix,Pivr. ÌV, il '“«n. rcoiP“t- «.13,.
borna pas ses exploits à la guerre Sacramentaire ; il attaquaaussi les Sectateurs du Luthérien Illyricus. In publicum postezfiriptis fuis progreffus fub annum octogesimum quartum,Da-ureum imprimis, Ursinum , Pezelium, Grabium , cy altos op-pugnavït, editis llbellis de perfonâ Christ!, ejusque ad dex-teram DEí sedentis divina majestate: de altarìum abroga-trone. Postez cy Flacianorum cohortì hélium sacrum tndixit ,edito Ubello de sitbstantiâ peccáti originis ( i ).
(C) il s’apliqua à découvrir ceux qui n étoient pas bons Lu-thériens. j Ce fut une espece d’Inquisltion, qui fit perdre àbeaucoup d’honnêtes gens leurs charges & leur patrie; cardes que Ion refusoit de ligner le Formulaire qu’Hunnius Seses Collègues proposoìent, on paffoit pour Calviniste, 8e l’onn eprouvoit aucune miséricorde. Le Jésuite Contxen (3) s’é-gaie à décrire cette Inquisition, 8e remarque qu’Hunnius enécrivit une Apologie. §}uin ct 1 JEgtdìus Saxonicam vìfitatio-nem contra Calvinistas défendit , Refutationem enim fcripfitCalvinistici libelli, quo vifitatio iHa exagitata fuit (4). Lesviolences exercées alors fur les personnes soupçonnées deCalvinisme font horreur, quand on lit ce qu’Hospinien en apublié ( 5 ).
(D) Pour en faire autant dans la Silefìe .j C’est ce que té-moigne Melchior Adam. Friderìcus IV Lignicenfium & Bri-genstum in Silefia Dux, Hunnii potiffìtnum opéra ac ftudie ufus,l'.ccleftarum Lignicenfium fer Silefiam reformat'tonem fuscepitatque perfecit ; ejeSlo inde Leonhardo Krentzhemìo, Lignicen-Jtum tanc Superintcndente', cui Calvinismi crimen impingeba-tur (6).
(fi) ll disputa contre Samuel Huberus touchant l’EleBïon cyla Prédestination .] Cet homme avoit été Ministre d’un vil-lage proche de Berne, 8c aiant examiné les Actes de la Con-férence de Mombeliard ( 7 ), il avoit trouvé quatre Articlesdans la doctrine de Beze qu’il crut peu conformes à l’Ecritu-re : I. Que Jesus-Christ n’est pas mort pour tous les hommes.
II. Que la plupart des hommes font exclus des promesses dela Grâce. III. Que la cause de la damnation des réprouvezest le seul bon plaisir de Dieu, qui les a créez afin de mon-trer en eux le pouvoir de fa colere. IV. Que personne nepeut savoir si le Batême régénéré les enfans. II avoit eu lecourage de contredire ces quatre Articles; mais il s’étoit faitchasser à cause de cette hardiesse ; Musculus 8c Gryneus a-voient travaillé heureusement à son expulsion. II s’étoit re-tiré au païs de Wirtemberg, 8cy avoit obtenu une Eglise,après avoir embrassé la Confession d’Augsbourg. QuelquesLivres qu’il publia l’aiant fait conoître à l'Electeur de Saxe,il fut apellé à Wittemberg pour la Profession en Théologie.
A force de réfuter les Protestans Suisses fur les matières de laPrédestination, il se jetta dans une autre extrémité, il en vintiusqu’à enseigner publiquement que Dieu a élu tous les hom-mes à la vie éternelle. Hunnius 8c ses Collègues l’avertirentde son erreur, 8c comme il ne s’en corrigea point, il futchassé. 11 s’en alla à Ratisbonne, il eut des Conférences avecquelques Théologiens, il s opiniatra dans ses erreurs, 8c pu-blia des Li res à Spire pour les soutenir. Ce fut le XIVSchisme de l’Eglise Luthérienne (8). Voilà l’hommc avecqui notre Hunnius eut des affaires. II fut assez heureux pourtriompher de son ennemi; car il le fit destituer: mais il s ex-posa à quelques soupçons d’Hétérodoxie, 8c il fut obligé d é-crire pour fa justification. Lisez en marge les paroles de Ca-lixtc ( 9 ) , 8c ce qui fuit. Forcem se cy fidum purioris doSlri-na hyperasfiften, adverfus inanes Hubeïi ‘pAvupiiít, eo temporepnftitit Hunnius, dum partim monenào, partim feribendo,errantem Huberum in viam revocare ftuduit : quod ipsa resloquitur , cy monumenta hac de controverfia bene multa edita,cum primis verò ille tratlatus Hunnii de providentiâ 8c prae-destinatione filiorum Del, fatis luculenter testatur. Viffidioautem illo Huberi remotione fopito , prodiit anno nonagesimoseptimo epistola : qua variorum errorum , de cœnâ Domini,de baptismo, de liber» arbitrio, de perfonâ Christ!, de aeter-nâ prxdestinatione fuit inftmulatus. Hanc igitur Hunniuseodem anno refntavit : ut <y eos qui in Anlraltinis ecclefiis al-taria, imagines, ergana mustca, hostias, ty alias ceremonìasabrogarant (10). J’ajoûte ces dernieres paroles, afin qu’onsache qu’Hunnius ne condamnoit pas les Autels, 8c les Ima-ges, 8c plusieurs Cérémonies Romaines, que d’autres Lu-thériens avoient en horreur.
(F) ll su* un dfs principaux tenans . . . dans la Conféren-ce de Ratisbonne.] Je fuis assuré que la plupart de mes Lec-teurs seront bien aises de n’avoir pas la peine de recourir àun autre Livre, pour savoir en gros ce que c’est que cetteConférence ; c est pourquoi je mers ici ce qu’en a dit PierreMatthieu ( n ). „ Maximilian Comte Palatin du Rhin Duc» dc Bavière , 8c Philippe Louys aussi Palatin du Rhin Com-» * e de Veldents, 8c Sponhem cousins 8c conjoints par le» ssng, mais séparez & fort cotitraires cn I’union des esprits« st 111 est la Religion, résolurent pour se réunir en une mê-" mc etéance, & ramener avec eux leurs subjects à une mê-
me confession 8c profession de foy, d’assembler à Ratis-bonne les plus grands & célébrés Théologiens d’Allemagnede l’une 8c de l’autre Religion, afin que par un amiablecolloque ils fussent éclaircis des difficultez qui caufoient ce1 misérable Schisme. La dispute ne fut que ceste Thèse,
, Si VEcriture Saincle est suffisante pour régler les choses neces -, faires au salut. Les Disputeurs Catholiques étoient qua-, tre Professeurs en Théologie de l’Université de Paris (11),
, entre lesquels y avoit un Jésuite. Pour les Protestans é-, toyent quinze Théologiens tant du Palatinat du Rhin,que> des Duchez de Saxe, Brandebourg, ík Wittemberg. . . .
„ Les Présidents, les deux Princes, les Parleurs G’retzerus„ Jésuite, 8c Heilbrun Ministre .... (13). Le Colloque„ employa quatorze sessions,ausquelles on paria longuement„ 8c opiniastrement du pouvoir du Juge, mais non íì claire-„ ment ni véritablement, que de ceste Dispute en paroles„ on n’ait fait de grandes Apologies par écrit ”. J’inscre icicette Note marginale de Pierre Matthieu. Sur cette Disputede Ratisbonne, dit-il, on volt, outre les Actes 8c Registresdes séances jour par jour, un Livre fous ce titre: AnalystsDialeStica Colloquii Iiatisbonenfis anno 1601 de norma cy in-dice omnium controverfiarum fidei Chrìstiana habitì.
La peniée de cet Historien est plaisante sur ces Disputesverbales. Quand je considéré , dit-il (14) , le peu de fru'tÉí qúeces disputes ont apporté en divers endroiáls de l'Europe , cy quel Ecriture SainEle est l'arene fur laquelle chacun estime qu il luisoit permis de combattre , il me prend'envie de destrer quelquesevere defenje de la traìEler fi vulgairement, cy seroit bon quel-le sufl enseignée à la façon dts Atomes d'Epicure, des Nom-bres de Pythagoras, des Idées de Platon, de l’Entelechie d’A-ristote , cy des Chiffres des Cabalìstes. Afin que personnerien. eust l'intelligence que par ceux qui font capables de l'en
tendre. De ce que chacun y veut faire l entendu, il advientque dune même fleur le fidelle comme l abeille y trouve dumiel, le rebelle comme l'aragnée en tire du poison, cy plusieursse sont abeftts fur la b este de l’Apocalypse.
Joignons à ce Passage ces paroles de Monfr. Bailles. „ 11,, en fut de ce Colloque comme des combats oh la victoire„ ne se réglé pas fur le nombre des morts. Chacun préten-„ dit en être sorti avec avantage, on en fit des Relations de„ part 8c d’autre, 8c des Traitez tant en Latin qu’en Alle-„ mand jusqu’au nombre de plus de vingt. Parmi ces Ecrits„ j’en ai remarqué un en Langue vulgaire concernant Je„ triomphe des Jésuites, imprimé à Tubinge ville Luthe-„ tienne l’an 1603 in 4 , 8c un est Latin composé par Hun-„ nius, Sc publié à Wittemberg en Saxe la même année en„ la même forme, fous le titre d 'Epistola consolâtoria cum„ not. . . . Hunnius tâcha de vanger son parti par un Anti-„ Tanner ... 8c par l’ Anti-Gretser (15) ”. 11 avoit lu laRelation Historique é|ue le Pete Tanner avoit faite ; Mais iln'avoit pas été satisfait d’un récit trop peu favorable à sonparti. Pour prevenir les effets qu il craignait de fa letdure, ilfit une contre-Relatton, t est-à-dire, une Histoire ìt fa mode duColloque de Ratisbonne, qui parut en ïóoz à. Wittemberg enSaxe. Le Pere Tanner ne crut pas devoir laisser cet écrit fansRepense : cy non content d’avoir fait réimprimer sa Relation enLatin cy en Allemand à Munich en Bavière, il publia encoredes réflexions fur celle de Hunnius fous le titre d’Êxamen Nar-ratìonis quam hiftoricx Relationis nomine infignìtam de Col-loquio Ratisboneusi edidit iEgidius Hunnius Praadicans, àMunich ïóoz in 4. C’est contre ce dernier Ouvrage que Hun-nius écrivit son Ànti-Taimer , qu il fit imprimer dès la mêmeannée à Wittemberg. Le Pere Tanner publia une Répliqué,dans laquelle il donna une defenfe de fa premiere Réfutation... cy des Remarques fur la mort de son Auteur (16). Elleparut à Munich l’an 1603 in 4 intitulée Apologeticus pro com-pendiaria relatione de Coloquio Ratisbonenfi 1601 adverfus An-ù-Tannerum,cum Appendice de morte JEgiâ'n Hunnii. Monfr.Bailler remarque que le Pere Gretser ne put s’empêcher defaire des réflexions fur l’Anti-Gretser de Hunnius. Elles fu-rent imprimées à Ingolftad quelque tems après, cy mferées de-puis parmi quelques autres de ses Oeuvres, fous le titre d’Ad-monitio de Anti-Gretsero (17). Ce Jésuite publia quelque au-tre chose contre le même Antagoniste. Labyrinthus Cretico-Hunnianus, hoc est , Disputa fto de Hunnio Pradìcante ,genioqueLutherano femetipfum contradtìlionibus implicante cy jugulan-te in alìquot articulis fidei ïóoz , cy Responfum ad ThefesHunnianas, de Colloquio Ponttficûs jucundo (18), una cumsex digrefftonibus contra ejusdem Hunnii calummas, i6oz (jotNotez que les deux Bibliothécaires des Jésuites attribuent auPere Tanner un Livre qui a pour Titre Labirinthus Crìtï-co- (zo) Hunnianus, imprimé à Munich l’an i6iz. Ne pour"roit-on pas s’imaginer qu’il y a ici quelque abus ( ii ) > DeuxJésuites auroient-ils voulu se servir du même Titre > en écri-vant contre le même Adversaire ? ’
{G) Il fut fécond cy en Livres cy en enfans .1 On a faitmie Edition de ses Oeuvres en cinq Volumes. Primas va-
rìos
(12) Mat- ;thieu setrompe.
Cayet > Hïíf.de la Paix,pag. z6o, ftipis pí«J der oison quandil dit , queles Théolo-giens duDuc de Ba-vieres fu-rent Mais-tres Hun.-guer 8 cTannerDocteurs eala Facultéde Taris, 8 cGretserJetuiste.
Tanner /toitJtfuite depuisl'áge de 1 %
Ans , & parconséquent iln'étoit pointDofteur enla Faculté dé
( r 5 ^ Mat'thieu, Híst.de ia Paix »Livr. iV+P*g- 1 5 S*
(14Ì Lk-mè-
pag.lì*.
(i5)Bai]lcí ais4rt. 21 . desAntì.
(iL) Ls-Nrê-mt , <Art, 37 $tmm. i*
( 17 ) Lk-mi-
mtysArtoti.
(lí) C* est unefaute d? Im-pression pourineuodo. />Pere Sotuel4 retenu temot jucuu-
do.
('»> Ale-
gambe ,Bibliotb.Sctìptor.Socìet. Jestf »
fag% 20».(l«) Fstu fe
d'Impreffor.
fsnl doute
pour Cre-tico.
(il) VoieX.jdr. Bailler a^irt. z w 4 mA ntì.