japon. J A r c H I. JARDINS. 8;z
du Législateur des Japonois.
(id) Poslev.Bibliotli.•Select. Tom./, Libr. X,cap. Vl,f“i- 43 7-
Par la feule invocation de N a m u a m i d a b t; r, ou en criantForenguelio, on expie toutes sortes de péchez, fansavoir besoin de repentance. Les Japonois, continue-t-il , neparlent, ni de peines fatisfactoires, ni de bonnes œuvres, ilsprétendent que ces chofes-là font injurieuses au mérite deX a c a & d A m i d a , qui ié font fufilàmment afligez du cri-me des hommes, & qui font assez expié par leurs foufran-ces. Cette doctrine ouvre la porte au péché ; car n’y aiantrien de plus facile que de pousser une invocation, &: un cri,l’on est ail'ûré d’éviter facilement toutes les peines, qu onauroit à craindre après s’être abandonné aux plus grans cri-mes. Possevin (zó) fait voir clairement l’horreur de cedogme, & les pernicieux effets qui en resultent.
II n’y a point de Lecteur qui puisse craindre de se trom-per , en décidant ici ia question de droit, par une sentencedç condamnation ; mais ii l’on se hazarde de joindre ledroit au fait, sc de prononcer que la doctrine des Bonzesest toute telle que Possevin la représente, on peut craindrejustement daller trop vîte; car enfin il ne faut jamais con-damner les gens fur le témoignage de leurs ennemis : il estbon de s'informer s’ils conviennent que l’on ait représentéfidellement leur doctrine. Ce ne seroit pas la représenterfidellement , que de s’arrêter à la lettre de quelque Loi,fans prendre garde aux interprétations des Docteurs. Onimputerait par une semblable voie bien des absurditez auxReligions les plus raisonnables. 11 y a des durerez dans l’E-crìture, que l’on auroit tort de faire considérer comme des
Loix des Chrétiens : car ils ne les prenent pas selon le sensliterai ; ils les expliquent sc les adoucissent par d’autresPassages, sc selon l’analogie de la foi. II faudrait savoir files Bonzes n’en usent pas de la forte , par raport à quel-qu’une des Ordonnances de leurs Législateurs. Je ne teraipas dificulté de croire ce que l'on conte des friponneries Scdes hypocrisies de ces Prêtres des idoles ; mais je trouveprobable qu’ils couvrent de quelque extérieur de sévéritéleurs dogmes, aussi bien que leur conduite; sc peut-êtrene faudroit-il imputer qu’à quelques-uns d eux ce que Pos-sevin impute à tout le corps de leurs Sectes. II s’est trouvédes Moines qui ont débité que de fort grans scélérats ontété sauvez par la simple invocation de la Sainte Vierge. Lesexcès de ceux qui parlent du thrésor des Indulgences , Scqui disent que les mérites des Saints, sc leurs œuvres deíurerogation tiennent lieu de pénitence à plusieurs mor-tels., fourniraient de bons chapitres aux Relations qu’unVoiageur Japonois voudrait publier. Ne seroit-il pas in-juste , s’il débitoit tout cela comme des articles de la FoiChrétienne ? Encore un coup , je voudrais savoir ce queles Bonzes répondraient à la demande, Enseignez-vous ceque Possevin vous impute? Je ne ferais pas fâché non plusde voir l’Histoire qu’ils auraient faite de rétablissement duChristianisme dans leurs Iles, & de son extirpation. Et s’ilsl’avoient faite après avoir lu l’Hìstoire de François boiter,Lc de Mr. l’Abbé de T., elle vaudrait encore mieux la pei-ne dune confrontation.
J A R C H I, ou JARHI (Salomon) Rabin célèbre, vivoic au XII siecle (.A). Son (Qsîmon;véritable nom est Isaaki (a). " Cependant à cause de ce prétendu nom Jarhí, quelques-uns ont difvkux’
„ crû qu’il étoit de Lunel en Languedoc j mais il étoit de Troyes en Champagne, comme l’as- Testament,
„ sûre R. Ghedalia, Lc la plus-part des autres Chronologistes Juifs. ... Ses Livres sont fort esti- m ' Hî '„ mez des Juifs (L), Lc l’on peut dire que c’est leur grand Auteur Ils joignent quelquefoisaux Livres qu’ils nomment les cinq Volumes, les Commentaires de Rafcì , qui est leur grand Au- s u, «C*.teur fur la Bible , par ce qu'il est fç avant dans leur Théologie , & dans leurs Traditions sb). Mr. Si- (<07<<wmon, qui dit tout cela, eût bien fait de remarquer que le Rabin Rafci est le même que le Rabin P c fl T„f e deJarchi ou Isaaki. On l’apelle aussi Lfaacites. Votez la marge {c). “insZluMot
1 SAACITES,
(il Simon,Hist. Ciit.du VieuxTestament,p*g. 545-
(z) Voter.X.oníg,BibliotH.f<*J. 4M*
{A) Il vivoit au XII siecle.'] Mr. Simon lui donne cetâge (i). Quelques-uns mettent fa mon à l’an 1105 (z).D’autres le font vivre au XIII siecle, & contemporain deMaimonides (3). D’autres fuposent qu’il a vécu dans leXIV siecle (4) ; car ils disent qu’il fut chassé de Franceavec les autres Juifs par le Roi Philippe le Bel : or l’Edit dece Monarque contre les Juifs est du zz de Juillet 1307 (5 ).Mr. Hoornbeeck supose que ce Rabin fut chassé de Franceen ce tems-là. , II le fait natif de Lunel en Languedoc, &il observe que c’est une ville où il y a eu toûjours beaucoupde Juifs. Voici comment il le prouve; XJnde ïn epistolis Gre-goriï , libr. 3. epifttl. zi. Venantio Efiscofo Lunenfi inscrìftaita incifit : multorum ad nos relatione pervertit, à Judasis inLunenfi civitate de gentibus ad servitium Christiana detinerimancipia (6). C’est une grosse faute; car Lunel en Lan-guedoc n’a jamais été une ville Episcopale. Le Pape Grc-
( 3 ) Ibidem ;vnaìs notez,yae Kouig fla-mcmc ,
P*g. 496 ,yui après
Hottinger
*»*t Maimonides au IZ Siecle, n'eft point conforme au sentiment ordinatre cjuì le met au I u( 4 ) Hoornbeek ,-Contrs Judios, pag. 7. _ (s) Mezerai, Abrégé Chion. Tom. 11,
|>4g. m . 799. (6) Hoornbeek, contra Judso.s, pag. 7 .
goire en cet endroit entend Luna ville d’italie dans la Tos-cane. On en voit les ruines à l’embouchure delaMagra.Son siégé Episcopal fut transféré à Sarzana par le Pape Ni-colas V ( 7 ).
( B ) Ses Livres font fort estimez des Juifs.] „ Nous,, avons ses Commentaires fur l’Ecriture dans les Bibles de„ Venise Lc de Basse. On a aussi imprimé avec lc corps du„ Thalmud , ses Glosses ou Commentaires fur ce grand„ Livre (8) ”. Mr. Brun (9) raconte qu’il a vu des Juifsà Lourde aux ,, qui étoiem encor st idolâtres de la mémoire deSalomon Jarchi, le f lus célébré de tous leurs Rabìns , far lesdoéïes Commentaires , qu il a faits , tant fur l'Ecriture S. quefur le Talmud, qu ils m assuraient, dit-il, d'avoir résolu defaire bien-tôt un voyage à Lunelle (10) frez. de Nîmes, fourvoir le lieu , ou ce grand homme avoit fris naìstance , C3* dontil a porté le nom (*), er qu ils tâcheraient d'y demeurer, cequ ils croyaient obtenir aisément.
(10) il stloir dire Lunel. (*) Jarcha signifie U Lune en Heírtu
Rappellent Jarchi. pour de Lunelle.
(7) VotezM ir.tus,Geogt. EC*clef. pag.
236.
(s) Simon,Hist Ciit.du VieuxTestament,pag.m. sas-
( 9 ) Brun,véritableReligion desHolìan-dois, pag,224.
, si bien qu'il.
_ t, r ist c /Marie Catherine des) fameuse par ses Romans ( A) , a fleuri auvVlfssicle Elle ’’ naquit à Alençon, petite Ville, dont son Pere étoit Prévôt. Dés qu’el-x V 1L ìiecic. z-. T ,, ommença de jettes les yeux lur son peu de bien ; Lc se votant
» te eût dK-neuf a V np “ d . J^non, elle vint » Paris, àL 1= desseh, de ,'y faire
,, pauvre, Lc avec a fortune. Elle ne se trompa point tout-à-fait là-dessus. A la fa-
„ connottre , Lc de c ta g hien-tôt parler d’elle-, Lc l’on chercha à en avoir la connoissance." de v!ìle 8 -DÌe C u, Gentilhomme bien fait, Lc -à accommodé fut l’un des premiers qui" ^ut Mademoiselle des Jardins. II l’csthna, st 1 aima, quoi qu elle ne fut pas belle, & 1 c-" “Jft. Mais par malheur, quelque tems âpres il mourut. La pauvre femme ft rerrra de regret" S Religions mais lors qu’eUe y eut un peu foulaK fa douleur elle eu fomt: elle rentra dans’’ íe monde, & épouse en secondes noces M. de la Chate, qu ehe enterra aussi. Touchée de ce
fi) 11 mesemble qifìl**mtìtuloitAlcidiane•» Alcida-n\ic. Je nensten souvientf as bien t
( A ) Elle est fameuse far ses Romans .] Le premier, ouïundes premiers quelle fit (i), devoìt contenir plusieursvolumes in 8 , selon la coutume de ce tems-là. Mais elle nele poussa point aussi loin que son projet; Lc j’ai ouï direque ce fut à cause que l’on avoit su quelle avoit desseinde représenter sous de faux noms, sc avec quelques dégui-semens, les Avantures dune grande Dame qui s’étoit més-alliée. On la menaça du ressentiment des intéressez, fi elleménóit l’intrigue jusques à la queue du Roman ; c’est pour-quoi elle s’arrêta à moitié chemin. Mais elle n’enfouïtpas son talent ; car au contraire s’étant fait un nouveaugoût de Narrations Romanesques, elle en publia un fortgrand nombre, & Y réussit très-heureufement. Elle mitala mode ces petites Historiettes Galantes, qui font voirbientôt le mauvais ou le bon succès de la tendresse, Lc fittomber ces longs 8r vastes récits d’Avantures héroïques,guerrières. & amoureuses , qui avoient fait gagner tantd’argent aux Imprimeurs de Cassandre, de Cleopatre, deCyrus, 3 c de C.lelie, &c. Le nouveau goût qu’elle créasubsiste encore: Lc qùoi que cette espece d’Ouvrages perde
me de Se
promptement la grâce tle la nouveauté, on lit encore avecplaisir les premiers Romans qu’elle composa .selon sa nou-velle idée; son Journal Amoureux, ses Annales Galantes, gm ' V "“ses Galanteries Grenadines, 8c plusieurs autres. Elle publiaen i 6 jí les Exilez de la Cour d’Auguste; c’est un Romanqu’une illustre Dame (z) trouva tres-jolì. Celui qui a pourTitre Les Désordres de U Amour (3), Lc celui qui s’intitulcPortrait des Eoiblejfes humaines (4), ne cedent point auxpréccdens. II est fâcheux que Mademoiselle des Jardins aitouvert la porte à une licence, dont on abuse tous les joursde plus eu plus ; c’est celle de prêter ses Inventions, & f es
Intrigues Galantes, aux plus grans hommes des derniers ífoclés ( c y . & de les melev -ívbp a** —- - -
iwnmics aes aerniers sie-MT? A 8t de les mêler avec des faits qui ont quelque fon-dement dans l’Hiftoire. Ce mélange de la venté Lc de la fa-ble se répand dans une infinité de Livres nouveaux, perdle eoút des jeunes gens, 8c fait que Von n’ofe croire ce qui
an fond est Whle. ..
Letties dComte <Buffi- Itatin , 11 .Part. LeCC,p. m.
(î J Voi,les N OU'les de 1Républ.Lettres,Sept. 161an Catagué desvies Hc
— a — — j--- > — ***>■ h uc 1 on n oie croire ce oui
au fond est croiable. Voiez la Remarque (C) de l’ArticleNidhard. 1
Nou
Novembre x6SS , -Art I,st le Journal desSavans, du 19 Novembre(s) Vote*. Iíí Nouvelles de la Rep.des Letties, OHobre iita,auC*tal. nam. VNnnnn
(4) VoUs mtnNouve