8;r
JAPON.
(e] Valet,Pofl'evin,Biblioth.Select. Lìbr.X, Cap. III,P*?. 4 ’ 5 .
(f) Voiez, leJournal desSarans,rf» iSJuillet r 68s,
pag- 4>»-(í) Valez./'Histoiredes Ouvra-ges des Sa-vans, Sep-tembre r6-r,pag. 8 irs»iv. dansl’Extrait de/'Histoire del’Eglise duJapon,
Monde, comme une chose qui s’oposeroit à la souveraine tranquillité qui fait selon eux tout sonbonheur. Ils vont même plus avant qu’Epicure} car ils ôtent a Dieu le raisonnement & l’intelli-gence. Us craignent fans doute que ccs qualitez ne troublassent son repos, comme ils éprouventque faction de raisonner est accompagnée de quelque fatigue (s). La Religion Chrétienne queFrançois Xavier, & ensuite plusieurs autres Missionaires, annoncèrent aux Japonois , ne trouvapoint de plus grans obstacles que ceux que les Bonzes lui suscitèrent, non pas tant par leurs dispu-tes, Ôt par leurs raisonnemens, que par les voies ordinaires aux Ecclésiastiques -, je veux dire parle recours au bras séculier, & par le soin d’animer les Rois Lc le Peuple au maintien de l’ancien-ne Religion , & à persécuter les Sectateurs de la nouvelle (/). II faut néanmoins convenirque ces Prêtres Japonois entrèrent en conférence avec les Prêtres Chrétiens, Lc qu’ils leur fi-rent des Objections qui témoignent qu’ils ne manquoient pas d’esprit ( g ). 11s ne purent em-
pêcher que la Religion Chrétienne ne fît de fort grans progrès en peu de tems ; mais enfin ilspoussèrent l’Empereur à des violences qui l’ont extirpée tout-à-fait dans le Japon , & qui ontbien grossi le Martyrologe ( E ). Le. Pere Possevin à censuré fortement les Ordonnances ( F )
du
(14) Figuracaréns , ra-tiocinationisexpert, viteimagens otitye/metis, &tratujuillita-tis plenijfi-mam.T oíïèv.Biblioth.Select. Tarn./, Libr. X ,Cap. I I,pag. 411.
{I s ) T iré deTossevin ,
ibii.
(t«) Poite-vin. Bi-blrath.
Tarn. I,pag.412,4U.
(17) C'est
une Conlra-ditiion gros-fure yue POS-sevin auroitdû leur repro-cher 5 car puiseptfils disentsue le plusgrand bien deVhomme vientde Ucennois-santé parfaitequ 7 il puta<)uérir du i«Trincipe > illui importe derechercher lanature de ce
l. Principe,
Í18) Possev.Biblioth.7om, í, pag*412 .
(19) Ibii,419 »
<2°) Ellefut impriméeic P*ris , en%H>ol: in 4 >fan 1689.
pv.irn.desS^vans,du 25 Juillet16S9, PI-
m. ,o?.
commun quand ils font détruits. II existe de toute éternité,ajoûtent-ils, il est unique, clair 8c lumineux, il est inca-pable de croître 8c de décroître, il n’a point de figure, il neraisonne point, il vit dans l’oisiveté 8c dans un parfait re-pos (14). Ils enseignent que ceux qui dans cette vie onttrès-bien conu ce principe, aquiérent la parfaite gloire deFotoque 8c de ses Successeurs; 8c que ceux qui ne parvien-nent jamais à ce haut degré de conoissance renaistènt plu-sieurs fois, 8c passent de lieu en lieu , mais qu’en l’autremonde ils seront tous absorbez au commun principe detoutes choses. Ils disent aussi que la science ne difere pointde l’ignorance ; que le mal 8c le bien ne sont pas deuxêtres, 8c que l'un n’est point séparé,de Fautre (15). Pos-sevin réduit ce Système à ces quatre points : I. Qu’il n’y aqu’un seul principe de toutes choses, que ce principe est sou-verainement parfait, qu’il est sage , mais qu’il n’entendrien, 8c ne prend point garde aux a faires de ce monde, vuqu’il vit dans un plein repos, 8c qu’à l’exemple d’un hom-me fortement attentif à une chose, il laisse toutes les au-tres. 11 . Que ce principe est dans tous les êtres particu-liers , & qu’il leur communique son essence, desorte qu’ilsfont la même chose que lui, & qu’ils retournent à lui quandils finissent. III. Que le cœur de l’homme ne difere pointde ce principe commun de tous les êtres, 8c que quand leshommes meurent, leurs cœurs périssent, 8c font consu-mez; mais que le prémîer principe, qui leur conféroit lavie auparavant, subsiste toujours en eux , d’où il résultequ’il n'y a ni paradis ni enfer , ni récompenses ni peinesaprès cette vie. IV. Que l’homme peut en ce monde s’é-lever jusques à la condition & à la suprême majesté du pre-mier principe, attendu qu’à force de méditer il peut le co-noître parfaitement, Sc parvenir ainsi à la souveraine tran-quillité dont ce principe jouît en lui-même : que c’est làtout le bien que l’homme puisse aquérir ; 8c que jusques àce qu’il l’ait aquis par une méditation, 8c par une conois-sance parfaite, il est agité dune inquiétude perpétuelle, ilpasse souvent d’un enfer à un autre enfer, 8c ne rencontrenulle part la quiétude. II est bien certain qu’il y a là plu-sieurs choses que Spinoza n’a point enseignées: mais d’ail-leurs il est très-certain qu’il a enseigné avec ces Prêtres Ja-ponois , que le prémier principe de toutes choses, 8c tous lesêtres qui composent l’Univers, ne font qu’une feule 8c mê-me substance, que toutes choses font Dieu, 8c que Dieu esttoutes choses, de telle maniéré que Dieu 8c toutes les chosesqui existent ne font qu’un seul 8c même être. On ne peutassez admirer qu’une idée si extravagante, 8c si remplie decontradictions absurdes, ait pu se fourrer dans l’ame de tantde gens si éloignez les uns des autres, 8c si diférens entreeux en humeur, en éducation, en coutumes, 8c en génie.Possevin ( 16) aporte plusieurs Argumens contre l’Hypothe-se de ces Bonzes, 8c la réfute principalement par les con-trariétez quelle renferme > 8c d’abord il remarque qu’ilsn’ont que fort peu de dogmes touchant la nature du pré-mier principe, qu’ils ne disent là-dessus rien qui ait de laclarté , qu’ils ne peuvent satisfaire aux Questions ou auxObjections qu’on leur propose, ni confirmer leurs scnti-mens, 8c que toute leur ressource est d’alléguer qu’il réim-porte point aux hommes de s’enquérir de la nature 8c dela force du prémier principe (17). Omnia unico ver ho fu-sant fe dijfolvere, dicentes hominum non intéresse hujus prin-cipii vim, 8c naturam perscrutari inquirendo aut disputan-do : quod totum manifeste constat, ex ignoratione proseélum crnatum ( 18). Notez qu’une partie de ses Objections (19)courbaient auffi le Système de Spinoza.
( E ) Les violences des Japonois ont bien grojst le Martyrolo-ge . ] Lisez l'Histoire Ecclésiastique du Japon composée parle Jésuite François Solier, 8c l’Histoire de l’Eglise du Japonpar Mr. F Abbé de T (20). Cet Abbé „ admire la profon-„ deur des Jugemens de Dieu , 8c s’étonne qu’il ait per-,, mis que le sang de tant de Martyrs ait esté répandu, fans„ qu’il ait servi, comme dans les premiers siécles áe l'Egli-,, fe, dune semence seconde pour produire de nouveaux» Chrétiens ( z r ) ”. Sans prendre la liberté de rechercherles raisons que la Sagesse de Dieu peut avoir de permettredans un tems ce qu’elle ne permet pas dans un autre, l’onpeut dire que le Christianisme du XVI siecie n’a pas eudroit d espérer la même faveur, 8c la même protection deDieu, que le Christianisme des trois premiers siécles. Ce-lui-ci etoit une Religion benigne , douce , patiente , quirecommandoit aux sujets de se soumettre à leurs Souve-
rains, 8c n’aspiroit pas à s’élever fur les thrônes parla voiedes rebellions; mais le Christianisme qui fut annoncé auxInfidelles au XVI siecie n’ctoit plus cela: c’étoit une Re-ligion sanguinaire , meurtrière , accoutumée au carnagedepuis cinq ou fix-cens ans. Elle avoir contracté une tres-longue habitude de fe maintenir 8c de s’agrandir, en fai-sant passer au fil de F épée tout ce qui lui résistoit. Les Bû-chers , les Bourreaux , le Tribunal effroiable de l’Inquifi-tion, les Croisades, les Bulles qui excitoient les sujets à serebeller , les Prédicateurs séditieux , les Conspirations, lesAssassinats des Princes étoient les moiens ordinaires qu’elleemploioit contre ceux qui ne se soumettoient pas à ses or-dres. Se devoir-elle promettre la bénédiction que le Cielavoir accordée à l’Eglise primitive, à l’Evangile de paix,de patience , 8c de douceur ? Le meilleur parti, que lesJaponois eussent à prendre , étoit de sc convertir au vraiDieu; mais n’aiant pas assez de lumières pour renoncer aleur fausse Religion, il ne leur r estait que de choisir entrela persécution active, 8c la persécution passive. Ils ne pou-voient conserver leur ancien Gouvernement , ni leur an-cien Culte, qu’en se défaisant des Chrétiens. Ceux-ci tôtou tard eussent ruiné l’un auffi bien que Fautre, ils auroientarmé tous leurs néophytes : ils auroient introduit dans le paisle secours, 8c les maximes cruelles des Espagnols ; 8c à for-ce de tuer, 8c de faire pendre comme en Amérique , il*auroient mis fous leur joug tout le Japon. Ainsi , quandon ne considéré les choses que selon les vues de la Politi-que , l’on doit convenir que la persécution, que les Chré-tiens ont souferte en ce païs-là , a été dans l’ordre desmoiens que la prudence fait prendre pour prévenir le ren-versement de la Monarchie, 8c le saccagement d’un Etat.L’ingénuité d’un Espagnol justifie les précautions de ces In-fidèles. Elle „ donna un prétexté spécieux aux Bonzes„ d’exercer leur haine , 8c de solliciter l’extirpation des„ Chrétiens. Interrogé pat le Roi de Tossa, comment le„ Roi d’Espagne étoit devenu le maître d’une si grande„ étendue de pais dans F un 8c Fautre hémisphère, il repon-„ dit trop naïvement, qu’il envoyoit des Religieux prê-„ cher FEvangile aux nations étrangères, 8c qu’après avoir„ converti bon nombre de Payens, il envoyoit ses troupes,„ qui, se joignant aux nouveaux Chrétiens, fubjuguoient„ le pais. Cette indiscrétion coûta cher aux Chre-„ tiens (2.1) ”.
{F) Le Pere Postevin a censuré . . . les Ordonnances At*Légtstateur des Japonois. ] Le prémier défaut qu’il y trouveest quelles commandent l’Idolatrie , 8c nommément I eculte 8c Fadoration de Camus 8c de Fotoque. II représen-te très-bien l’énormité de FIdolatrie ; 8c la pose au plus hautdégré où les injures faites à Dieu puissent monter. II prou-ve cela par l’exemple des rebellions ; car il dit que le pl usgrand crime, qu’on puisse commettre contre un Souverain»est de lui ôter se puissance, 8c de la conférer à un autre. s, ~cut nullum crimen in Regem ac Principem potefl gravites ad-mit t i , quam eum é fuo regno pellere , e regiét dignitatis grttAt*dejtcere , v alium in summum regiet amplìtudinis fastig‘ unfevehere, tta fumma est in Deum injuria, summum in . eU fyscelus admittitur , cum divinus honor, cr cultus, qaiij'yj.debetur, in alium transfertur , ipst detrahitur, alii tribu*'tur ( 2Z ). Le second déseut de ces Loix est qu’en défend* 11très-sévérement aux Bonzes F usage des femmes, elles leupermettent la Pédérastie. Elles leur interdisent cet usage' 1comme un chose vilaine 8c abominable, 8c aprouvent 1 autiusege comme une chose honnête 8c sainte. In Eonziis opinecum sœminis concubitum , ut rem fœdam , turpem , Cy de>tabiìem damnant : at usum puerorúm permittunt , it»*> tn e ^dem Eonziis coitum cum pueris approbant , ut rem howfafsanêlam (24). Possevin montre par plusieurs raisons 1 fcité de la Sodomie. Le troisième défaut est, qu’en oe
dant de tuer certaines bêtes consacrées à Camus 8c a
Foto-
que, elles permettent que les hommes s’entretuent, &me qu’ils soient leurs propres meurtriers. Elles suposent ,seulement que c’est une action agréable à ces Divinités- >mais aussi le vrai chem.n de la déification; 8c de la v
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( 24 ) r0ÍsCV ‘ibid.
qu’un très-grand nombre de Japonois se font mourir, 0fe jettant dans l’eau, ou en fe brûlant, on en senterr »ou en se précipitant du haut d’un rocher. Plusieurs afendent le ventre pour de legeres raisons ; 8c il arrive Psieurs mères de tuer leurs propres enfans Possevin moWle désordre de toute cette conduite (25). Le dermfaut qu’il censure est que les Loix du Japon porten ,
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