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Tome second. C - I.
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INNOCENT VIII.

(7) Vola-terranus,JJbr. xxtl,

fg. *11.

(s) Coeffe-teau, Ré-ponse auMystèred’iniquité,fg. Ii»9.

b) Rivet,Remarquesfur la Responsc auMystèred’iniquité,II Fart.fg- 6 2Í,627. Ct qu’ilcite de Guïc-ciardin ejlvers le com -mencement du1 Livre.

(10) Vola-terran.

Libr. XXII,pag. 821.

(it) Elle

s’apelloit

Theodtrine.

fT2) Gérard0Vftsntari Ge-nurnji nuptamêpil/HS perquant magniiernavit.Volaterran.Libr. XXII,fl- rar.

<n> vuTlesltsMomai,Mystèred’Iniquité,f*g- 5 59.

f 1 *) C,st cel-le de Spire1595.

(15) Marull.Èpigramm.Libr. IV,pag. m. 84.

(16) Idem,Libr. III,

fl. ío.

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ter avec les grands du Roiaumc contre Ferdinand Roi de Naples : il fit venir à Rome Robertde Sanseverin pour lui donner le commandement des troupes dans l’cxpédition contre ce Monar-que} mais comme il n’eut pas sujet d’être content de la conduite de ce Général,il le caíîa, ôc ilfit un traité de paix avec Ferdinand. Les conditions de ce traité furent que le Roi de Naplespardonnerait aux rebelles, 8c paierait au Saint Siège le tribut qu’il lui devoit : il ne fit ni l’un nil’autre , 6c rendit nulles les entreprises que le Pape fit pour tirer raison de cette infraction ( B ).Après cela Innocent VIII ne songea plus à la guerre, ôc s’apliqua à faire jouir la ville de Romedes fruits de la Paix ( C ). II y maintint l’abondance 6c le vil prix des denrées, 6c il fit punirsévèrement les voleurs. 11 créa de nouvelles charges dont la vente lui valut beaucoup, 6c il futle prémier Pape qui se vanta d’avoir des bâtars, Ôc qui les combla de biens (D). Ce fut un belhomme, civil jusques à l’cxcès, mais avare, ignorant, 6c de peu d’efprit ( E ). II mourut aumois de Juillet 1492 ., à l’âge de soixante ans. 11 avoir reçu du Sultan un présent considérable}

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(S) Ferdinand ..'.... rendit nulles les entreprises quele Pape fit pour tirer raison de cette infraction. j L.'Auteurqui me fournit cet Article ne dit point qu’Innocent VIIIexcommunia le Roi Ferdinand : il se contente de remar-quer que les Députez du Pape s’en retournèrent fans avoirrien fait. Quorum neutrum Ferdinandus quum pofiea minimepr&ftaret, mìffus Petrus Vincentìnus caméra auditor audacifft-mus , una fimul cum Jacobo Volaterrano Secretario Apoftolicoac cubiculario viro prudente ad res repetendas re infefta rever-tit (7). Pour remédier à ce péché d’omiffion, je raporteici les paroles de Coeffeteau. Ferdinand ne gardant pas letraité qu il avoit fait avecques luy, il luy fist demander le tri-but ‘qu il devoit à l’Eglise , sur quoy Ferdinand ayant affez.mal contenté ses Ambassadeurs , il fulmina contre luy , le pri-va du Royaume v eh déclara légitimé heritier Charles Roy deFrance , qui avoit les droits du Roy René de Sicile W de sonsrere le Comte du Maine ( 8 ).

( C ) Il ne songea plus à la guerre , CT s’apliqua à fairejeuïr la ville de Rome des fruits de la paix. j On va voircombien il est dificile d’exercer la Papauté ; car si l'on blâmeles Papes lors qu’ils s’intriguent dans les affaires politiques del’Europe, on les blâme ausiì lors qu'ils ne s’en mêlent point,& l’on affûte qu’ils font inutiles au bien public. Guicciardinnous a donné cette idée d’Innocent VIII. II est vrai qu’ily ajoute une chose qui adoucit la censure; il observe quel’oisiveté où ce Pape se plongea produisoit cet avantagequ’on ne craignoit rien de lui qui pût troubler l’Italie. Onva voir ce tait avec une parenthèse d’un Théologien Pro-testant. Guifchardin deferit Innocent VIII en ces mots , quesa vie en autres choses inutile au bien public ( belle qualitéde Pape) estoit au moins utile en ce , qu’aiant soudaine-ment laissé les armes, malheureusement prises au commen-cement de son Pontificat, contre Ferdinand , à l’instiga-tion de plusieurs Barons du Royaume de Naples, & depuistourné du tout son esprit à PLAISIRS OYSEUX:il n’avoit plus ni pour loi, ni pour tous les siens, aucunepensée tendue à chose qui eust peu troubler le repos d’Ita-lie (9). Ceux qui feront attention à la parenthèse compren-dront que si j’aime mieux donner les paroles de Rivet quel’original de Guicciardin, c’est parce quelles me servent depreuve. Plut à Dieu qu’on ne fit point d’autres fautes quecelles qui contribuent au repos public !

(U) Il fut le prémier Pape, qui se vanta d’avoir des bâtars,W qui les combla de biens.] Volaterran en a parlé de cettefaçon ; Pontificum etiam primits qui novum er ipse exemplumintroduceret palam liberos nothos jaâlandi , ac soluta omni an-tiqua disciplina divitiis eos omnibus cumulande (ío). II neparle que d’un fils & d’une fille de ce Pape, & il dit que l’unobtint de son pere quelques villes au voisinage de Rome, &l’avantage d’être le gendre de Laurent de Medicis; & que lafille ( 11 ) fut donnée en mariage avec de grandes richesses àun Génois (12). Mr. Moreria bronché ici: il avance qu’In-nocent VIII laissa riches deux fils qu il avoit tus avant sonpontificat. C’est là une erreur, & quant au sexe, & quantau nombre de ces bâtars. Ils furent seize; huit fils & huitfilles ; de là vint cette Epigramme :

Quid qu&ris testes, fit mas an foemina Cibo,

Respice natorum , pignora certa, gregem :

OBo nocens pueros genuit, totidemque puellas.

Hune merito poterie dicere Roma patrem.

Selon Mr. Du Pleíîìs (13) ces quatre Vers font une Epitaphed’Innocent VIII, composée par Marulle;maisje ne les trou-ve point dans mon Edition (14) des Ouvrages de ce Poète,& je ne croi pas qu’on les en ait retranchez par dévotionpour la Cour de Rome, car on y a bien laissé ceci :

Epìtaph. Innocentii Oílavi.

Spurcities , gula, avaritia , atque ignavia défisHoc Oélave jacent quo tegerìs tumulo ( 15 ).

J’y trouve encore ce que l’on va lire:

De Xyfto er herede.

Exhausit Xystus bellis & cadibus urbem ;

Fer cent ena h are s restituit sobole (i 6).

Mr. Du Pleflìs assûre que le prémier de ces deux Distiquesest la conclusion de l’Epitaphe, ou des quatre Vers que j’aira portez en prémier lieu. Je ne lai pas s'il se servoit d’u-ne Edition de Marullc diférente de la mienne , ou s’il asuivi quelque Copiste peu exact ; mais je ne doute point

que l’Auteur des Préjugez contre le Papisme n'ait avancé . wo,fans nul examen (17) que l’éloge d’Innocent VIII fut r en-fermé après fa mort dans stx vers Latins qu’il raporte. C’est iégitiw £S ’une Epigramme dont le dernier Distique est l’Epitaphe qui se / Port.trouve effectivement dans les Poésies de Manille: les deux fl- u1 ’premiers Distiques font ceux qu’on ne trouve point dansmon Edition, ni au devant de l’Epitaphe, ni en aucun autreendroit. Mr. Zuinger (18) Professeur à Baie supose que ces (i«) I®'six Vers font deux Epigrammes de Manille; il a été en tout zm t%’cas plus judicieux que l’Auteur des Préjugez ; il n’a pas joint çJmúsce qui devoit être désuni. Pour cette Epigramme de San- christ*’nazar, fS" t,s ‘

Innecuo priscos aquum est debere (Quintes,

Progenie exhauftam restituit patriam ,

il a raison de la raporter ; elle se trouve actuellement par-mi les Vers de ce Poète ( 19 ). Coeffeteau s’est vu bien em-barrassé dans cet endroit de fa Réponse à Du PleíDs. Voussaliez voir. „ Du Pleíîìs ne pouvant attaquer Innocent fur„ son légitime mariage ( car il avoit esté marié devant que„ d’estre Pape ) produit un Autheur sans nom qui dit, qu’il„ fut le premier qui se vanta d'avoir des baftards. Et pour„ confirmer cela produit un Epitaphe de Mande, auquel„ toutesfois il ne parle que des enfans qu’Innocent avoit„ eus en légitime mariage. Or tous ces Autheurs ne font„ dignes d’aucune foy, & l’incontinence de leur plume„ meritoit bien un severe chastiment s’estans dispensés de,, diffamer ainsi calomnieusement la personne du Chef de„ l’Eglise. Certes les bons Historiens n’accusent Innocent„ huictiesme d’aucune de ces ordures , que le sale Poète„ Mande luy impute. Toutesfois nous voulons bien au’il„ joùyssc des privilèges de ceux de fa profession (20) ”. ‘LaRépliqué de Rivet nous montrera clairement l’absurdité decette Réponse de Coeffeteau. Les plaisirs de ce Pape n'a-voient pas toufiours esté oiseux , car il avoit eu grand nombred’enfant. Si c estait en légitimé mariage devant qu’il fuft Ec-clésiastique , personne ne pouvoit blasmer cela : Et fi Coeffeteauen eust produits de bons tesmoins, il eust fait quelque chose pourfa mémoire. Mais je rien trouve point qui dient qu’il ait estémarié. Quant à l'Auteur qui afjeure que ce fut le prémierPape qui introduit ce nouvel exemple de se venter publique-ment de ses baftards: Ce ri est point un Auteur obscur, com-me voudroit l’Adversaire, mais le mesme Velaterran qu il ap-pelloit ria guere grand personnage & Escrivain Orthodoxe..... Coeffeteau ne pouvoit ignorer cet Auteur , mais U lavoulu dissimuler , pour se prendre au pauvre Poète Marullc,comme s'il avoit éventé cette nouvelle , l'appellant sale Poète.Qu il voye son Poffevin, er il lui enseignera, que ce (*) Ma-rullc est en l’Eglise Romaine en réputation de pieté , cr ses Oeu-vres souvent imprimées à Anvers, Colongne , er ailleurs (2.1)*Je trouve dans ces paroles de Rivet un péché de commis-sion & un péché d’omiffion. Celui-ci consiste à n’avoir pasrelevé l’audace de Coeffeteau touchant les Vers de Marul-le (22) ; il affirme que ce Poète ne parle que des enfantqu Innocent avoit eus en légitimé mariage. Que veut doncdire le mot nocens du troisième Vers? Ne fignifie-t-il pas un , cpaternité criminelle ? Le péché de commission consiste à pré-tendre que Mande de Çpalato loué par Poffevin, est le Ma-nille dont Ics Vers font si conus. Ce font deux personnesfort diférentes.

(E) Ce fut un bel homme, civil jusques à l’excès, ms 1 *avare, ignorant, v de peu d‘esprit.] Citons un Ecrivain Latholique ; car un Protestant seroit suspect. Fuit Innocentscorpore excelso , ac candido, decoroque : ingeriio tardo, ac íte ..procul (23). Un peu auparavant il avoit dit (24) : Paufer 0 tpuer, forma tamen prsftanti inter Alfonfi régis Sicillf m>tros (25) inde Romam veniens in contubernio Philipp* C*.

nalis liononienfis fuit . Quum Xysto plurimum a> ^

tus effet ob dulces mores & humanitatem qua omnes s s< l ul r.pivitium superavit. Nam v infima condittonis é ,s ' m s r ‘ eSexofculabatur, ampleéíebaturque. Vertim quum omnibusdus effet, nemini tamen benignus , innatamque avarittamlatque dikeriis tranfigebat. Mr. D11 Pleífis Mornai a . cr ^ e steVolaterran exprime là soubs. honnestes paroles la en

la vie privée d’Innocent VIII (26). Coeffeteau secolère là-dessus, cr est chose estrange, dit-il ( 27 ). Apute à vice sa beauté naturelle, d de là le veutren rej ~du péché foudroyé du Ciel , ce que contre toute c ante,mes contre toute honnesteté civile il veut con y rmer, pce Prélat estoit fi affable qu’il embraffoit jusques aux ?de baffe condition. Le filer ne faut-i pas avoir 1pravée par l’herefie, pour faire ces odteux jugement d un f rrecommandé dune insigne innocence t

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