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Tome second. C - I.
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JOUBERT,

«euVieme d’Octobre i s8z. 11 publia un très-grand nombre de Livres (B), en Latin 6c en Fran*Çois. Celui q Cil intitula Erreurs populaires fit fort crier contre lui, parce qu’il y parle troD lihrement de plusieurs matières chatouilleuses ( C ). On trouva étrange en particulier qu’il eûí ìfeSfice Livre à la Reine de Navarre femme d’Henri IV. Mais tous ces vacarmes, bien loin d’emn*cher le débit du Livre, contribuèrent notablement au grand cours qu’il eut (D) * >e ~

Cet Ouvrage devoit contenir six Parties (£ ), divisées chacune en cinq Livres, mais le

public

dit, comme il avoit lu dans La Croix du Maine, que ceMédecin mourut à Lombez, 8c il a joint à cela ce qu’ilavoit lu dans Sainte Marthe , que Joubert mourut en re-tournant de Tolofe k Montpellier. La jonction de ces deuxchoses le convainc d’une ignorance Géographique, que l'onne peut pas reprocher à Sainte Marthe qui n’a rien dit deLombez. On s’expose à beaucoup d’erreurs, lors qu'onmêle ensemble les Extraits de différens Ecrivains, fans ycorriger ce qui les rend incompatibles. Je ne parle point. , de la bévue Chronologique qui se trouve dans Moreri: ilBibiiotheV*” est visible, ou que c’est une faute d’impreffion , ou un dé-Fiaiiçoìí'e. ' faut d'attention. Vous trouverez dans Moreri que Joubertest né l'an i6zy, qu’il se rendit célèbre dans le XVI íìecle,te? dain" 1 * 5 stìi'il mourut l’an i68z, 8c que Du Verdier Vau-Privas &ïra'çois' La Croix du Maine parlent de lui dans des Ouvrages (z)

Vaiieiioía, qu’ils publièrent l’an 1584, 8c qui n’ont jamais été xeim-

Eiunon primez.

Seideiius. (ij) ll publia un tr'es-grand nombre de Livres.} Ses Trai-

(4) vtìn. tez Latins font deux Volumes in folio, dans les EditionsLa Croix de Francfort i;8z, 1599, & 1645. L’un des plus con fl-ou Maine, dérables est un Recueil de Paradoxes, contre lequel plu-

- ss - heurs Médecins (3) écrivirent; ausquels il ne manqua pas(s) voimla de répliquer.

Nouvelles J e remarque que son Traité du Ris fut fait en François,de UUepu- enc0 re que quand il le publia il fit mettre au Titre,que JeanLeures Paul Zangmaistre, Gentilhomme natif d’Ausbourg, Disciple

Moisd'oetob. de Mr. Laurent Joubert, l'avoit traduit en François fur lerias, f«3. Latin dudit Joubert (4).

12 tt. iu été (c) ll parla trop librement dans ses Erreurs populaires detraduit m plusieurs matières chatouilleuses.'] Jamais peut-être on n’avoit

VoííTu écrit en François fur les questions du pucelage, & fur cel-

Boekzáal du les de la génération en termes fi naturels. II égaia telle-'Mou u’Moût ment cette matière, qu’il produisit trois Formulaires d’At-1 69s. testations faites par des Matrones jurées, qui par ordre de

(6' Le Jour- L Justice avoient recherché fi des filles qui fe plaignoientnai des s-a- d’avoir été violées, s’en plaignoient à tort. La 1 de cesvans d» u trois Attestations fut rendue dans le Bearn ; la z à Paris;

la 3 à Carcassonne. La 1 porte que la fille complaignante

jln mtnùon ’ ét °it Pucelle; les 2 autres quelle avoit été'déflorée. Jou-dc lui. bett compare curieusement ensemble les termes dont se ser-

vent ces matrones. On imprima en Hollande l’an r686 un

( 7 ) B. Ca- Livre quia pour Titre, Tableau de t Amour considéré dans

ì , e «íów l ’ état du Mar,a ge ( 5 ). L’Auteur s’y donne le nom de 8a-

Md.vtm de locini Médecin Vénitien, mais 011 fait qu’il fe nomme Ni-u 11 Punie colas Venette, 8c qu’il est Médecin à la Rochelle (6). 11des Erreurs raporte de semblables Attestations; 8c c’est de lui que Fu-popul.lires ret j ere a emprunté ce qu’il a dit là-dessus fous le terme Pu-celage. Pour revenir à Joubert, on l’accufa d’avoir inven-J u ’ té lui-même ces Attestations. „ II réfuté bien cela en

(8) Futunts l’Epitrc à ses amis cy bien disitns , nommant celuy qui

t mèn e*»- w a fourni celles de Paris 8c de Bearn. Quant à celle

lusiísTuMn „ de Carcassone, je fçay bien qu’il l’a eue d’un qui estoit«fum’erudi- „ principal Secretaire de Monseigneur le Mareschal Damp-tonm fer- „ ville, qui la recitoit souvent pour plaisir. Et Mr. J o u-moneiMinO' } e e r t est bien ewpefché d’entendre feulement les ter-eomfoneéM,à ^ , desquels usent ces sages-femmes , pour les fça-

CMcìsasp- „ voir accommoder aux diverses parties du membre quinnemuims- „ distingue le sexe. Car il n’est pas en peine d’y trouverset.tíMumm „ autant de pieces, queti mettent les matrones. Nous en

. eninprocon- ' demonstrons és publiques Anatomies seize, ou dix-sept:fÙtauuíë- » q»- je reciteray de l’ordte qu’elles fe prefentent,8cc (7)

W m evoìvem, La Croix du Maine observe que quelques-uns allèguent quetemere fe in Joubert a parlé trop librement, C? allégué quelques passagesplebis imptri- trop lubriques en aucun de sis œuvres, c y principalement ente eensmum j~ es àoíHes Livres des Erreurs populaires-, mais s’il a usé, pour-ël'ecit sími- filit-il, de termes assez chatouilleux pour les délicates oreilles,inanhan. in H lui a esté de besoin de parler ainsi, s’il vouloit ejIre entendu,Elogiis, CT* si on defiroit faire profit de set Livres. Scevole de Saintepas- 76. Marthe 2 raison de dire que cela fit tort à l’Auteur (8). Jou-(s) jE/íu» bert le comprit lui-même, car il discontinua son travail; 8esivoit íìtndu à 1 égard de ce qui en avoit déjà paru, il tâcha de satisfaire àIcnr en ces quelques plaintes. On avoit trouvé mauvais qu’il eût dé-fortes de m»- djé son Livre à la Roine de Navarre, trés-vertueusie (9) t?ënmit'lcs* S enereu s e Princesse , vray miroir cy patron d’honneur , veuSatires de qu il avoit à traiter au commencement de soit œuvre des ma-ú’Aubigné. tiens grasies (comme on dit) cy parties honteuses, escrivant. , de la conception, génération, groisse, cy enfantement (10).

bîôi Epûre I! satisfit à cette plainte dans la seconde Edition ; car outreApoiogvt. les excuses que lui 8c Louis Bertravan alléguèrent, ll ihan-dc-ant de d’adresse , cy prefenta tout leprocez à Monseigneur de Pi-?</Enfuis br ac, Chancelier de ladite Dame,pour choisir cy trier les pro-yopulaites! desquels fa Majesté peut avoir cognciffance, cy en juger

été. ’ fans nul scrupule : ledit Seigneur fe réservant le reste, comme

(tt) U ■- ^unt plus propre à sa condition { u). On faìfoit une autreplainte. Tout cela, disoit-on (iz), eust mieux esté en Latinque en François, veu que ces propos ne sonnent tant mal enO2) Lk-mi- langue efirangiere qu en vulgaire : V que les femmes es? filles,me. qui en font pl Us honteuses, n en eujfmt eu eognoijfance. Ca-

(ti) L'- l iro1 ré P° n d ce qui fuit ( 13 ). 11 a esté suffisamment satisfaitme, “ mt à cela par Je Sieur Joqbçrt, en son ípitre à ses amis gy bien

.. . „ „ ..ujuuim mitujincnt, que ies pius enas-

/ tes femmes du monde le peuvent bien lire j 8c qu elles n yapprendront que choses vertueuses, 8c de leur devoir enmariage ; 8c leurs maris aussi. Quant aux filles, elles n ypeuvent rien entendre de ce qui concerne les œuvres de„ la chair , si elles font bien pucelles de corps 8c dame;,, par maniéré de dire. Mais d'abondant, pour contenter„ chacun, ainsi qu’en tOUfc le teste, il â dèpdìs retrenche„ tout ce qui pouvoit tant soit peu offenser les plus scru-puleuses consciences; sçachant, qu’il ne se faut passeu-,, lement abstenir du mal, ains àuffi de 1 aparence d ìce-„ luy ”. Toutes ces raisons ne font pas bonnes; 8c u y ena qui font pitoiables.

(D) Les vacarmes . . . qu on fit contre tè uvre . ; . con-tribuèrent notablement au grand tours qu U eut.] Servonsnous du vieux Gaulois de VApologiste de Joubert. Le Trai-té des Erreurs populaires, dìt-il (14), a esté imprimé danssix mois en quatre divers l'mx : savoir est, à Bòurdeaux ,Paris , Lyon, es? Avignon ; & en chasque lieu on n est a tirémoins de seize cens. Ce Livre a eu fi grande réputation, quen estant au commencement qu k dix OU douze fols, U s'est de-puis vendu jusques k un escu, voire à quatre francs; toutainsi qu on la cherté (espece de famine) lé fris du blé fehausse tous les jours. Que plus est, chacun demande aux Li-braires es? Imprimeurs la fuite de ccft Oeuvre : es? mesmes finAuteur est journellement importuné de mettre le surplus enlumière, au moins de cinq en cinq livres ( s’il m veut tout kun coup) suivant le département qu'il en a fait, outre ce qu’ilpromet d'avantage. Mais il est si despité , es? fi ressent telle-ment des susdites piqueures , comme il est homme de grandcœur, extremement jaloux de fin honneur, qu'il a souventpensé , je le fiay bien , de brúster tout ce qu il en a fait . Qquel dommage ! (a).

S ju) On a de ce Livre une traduction Latine, de lTm-primerie de Chr. Plantin sous ce titre ; Laur. Jouberti de vul+gi errorìbm Meàums. csP Medicorum àignitqtem deformanù-bus, cum notis Jean. Bourgefi'i in 8. 1600 *. ìí semble aureste que Mr. Bayle auroit dû dire un mot de l’orthographeque Joubert affecta dans cet Ouvrage. C’est à peu près lamême que Louis Maigret & Jaques Pelletier avoient vouluintroduire ; mais on la goûta íî peu, que dans sédition deRouen, 1601. elle a été entièrement abandonnée. Rehí.Cr.it. _ .

( E ) Cet Ouvrage devoit contenir six parties. ] Lors qu’ilpublia la prémìere, il y joignit une Table qui contenost ladivision de tout l’Ouvrage, Sc le Titre des Chapitres dontchaque Livre seroit composé. Mais comme ce ne fut pointlui qui fit mettre sous la presse la II Partie, elle n’a pointété conforme au plan qu’il en avoit publié. Elle n’est pointdivisée en cinq Livres, 8c les vingt-cinq Chapitres quellecontient ne répondent pas à ceux du plan, ni quant au nom-bre, ni quant au sujet. Vous en verrez bientôt la raisondans ces paroles de Cabrol. On ne l'a peu encor fiefihir eéfaire condescendre k la publication des autres parties: qu’iltient fi ficrettes isr serrées, qu’il n y a moyen de les voir, ouavoir en simple communication . Or voyant ceste sien-

ne résolution (pour ne dire obstination) je me suis advifé defaire imprimer quelques chapitres, que pavois autresfois eu déluy , m ayant fait ceste faveur que de m'expliquer certainespropositions, desquelles je desirots Vintelligence e? fin advis.ll ri y en a pas grand nombre, mais la pluspart des chapitresfont fort longs, es? contiennent beaucoup de chefs : tellementque qui les voudroit départir par le menu, il n’y en auroitgueres moins de trente. M. Joubert les avoit trajfez ,long temps avant qu’il publiast la prtmiere Partie des Erreurspopulaires : a? font de certaines matières, qui ont esté depuisrangées par leur auteur, en la division de toute ïoeuvre, &generale es? particulière, pour tenir tien , l’un au fiptieme li-vre, Vautre k Vonzième, dix fiptieme, vingtième, vingt troi-sième , vingteinquiéme, vingtsixiéme , es? ceux qui s'ensuiventjusques au trentième. Je ne me fuis pas autrement soucié dtleur ordre, fuis qu on ne peut avoir autre chose pour le pré-sent de leur auteur, atnfi qu’il avoit promis (15). Le mê-me Cabrol assure (16) que pendant qu’il faìfoit imprimercela comme k la desrobée , il fut surpris chez Tlmprimeurpar M. Joubert fort indigné de mon entreprise, ajoûte-t-*il. Toutesfois quand il a entendu que je vous en vouleis fai-re un présent, il a ... , permis . . . au Libraire de passeroutre : luy donnant encor deux beaux discours , traduits dtfis Paradoxes Latins par Isaac Jeubert fin fils aisné. No-tons que Gaspard Bachot Conseiller 8c Médecin du Roi pmblia en i6z6 un Livre qu’il avoit fait depuis long-tems pouiexécuter le dessein de Laurent Joubert à l'égard de la 1T1Partie des Erreuls populaires (17). H soivit les Chapitre,des Livres selon la disposition qu’il en trouva dans h Tble ajoûtée â la prémìere Partie; mais il les bastit k fa jW filon fin fins fans jurer aux paroles du mai/iri ft »nC e Livre de Gaspard Bachot est intitulé Erreur < * . V -touchant la Medectne cy Regime de Santé. Cet Aparoìt point dans Lindenius rénovants, r "

(14J Là-Thè-me,

* Bibliot.’Diaudii ;Tcm, l. pégi939,

(1 f) Ca-brol, EpítriMpeloptíqUéoti divtnt d*la U Parti»ies Eïreui»Fopulaues,ire.

(l«J Ll 0->me, dans l y £~pitre Dédie**,totre d Mr*

de Villes**»

(17) M tisHchez Bartht-Umi Vint*™*

{vïì Vcùt.14

préface dt

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