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Tome second. C - I.
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(d) Vtux.l'Epitre Dé -dicatoire dttQusstioncsMedicje de pJoubert, fag,

I04 de la IIIPartie de sesOpuscules,& une Lettrede Posthius,la-mème ,

(t*) Votez, fdLettre àMr. de Lorme, de-vant da Livredes ErreursPopulaires.

(rv) Lk-ml-

(21) Ville daPdïs de Eo-rez*

(22) Ceft-k-dìre de Mont-érifen.

(ÏO

sage 139 de laII Parue.

(24) Dans U%emarq.de l y . Article

V I R E T,

856 J O U B E R T. J O V E.

public n’en a vu que la première, & une partie de la seconde. Je raporterai une particularitéqui témoigne que Joubert étoit modeste ( F ), & qu’il conoissoit très-bien les bornes de la Scien-ce humaine.

J ai dit après la Croix du Maine qu’il étoit né le 6 de Décembre 152.9; mais je dois ajou-ter qu’on lit autour de fa taille-douce qu’il couroit fa quarantième année l’an 1570. Ce qui prou-ve qu’il naquit l’an ifjo. Rondelet, dont il fut le Disciple favori, Sc auquel il succéda l’an1567 dans la charge de Professeur Roial en Médecine à Montpellier, lui confia ics Manuscrits enmourant, Sc le pria de les revoir, de les corriger, St de les donner au public {d). Joubert em-porta cette charge de Profeflèur Roial après avoir soutenu une Dispute pendant quatre jours íurplusieurs Thèses qui ont été imprimées avec divers autres de ses Traitez a Lion l’an 1571. 11 ya parmi ces Traitez quelques Remarques qui éclaircissent certains endroits de íès Paradoxes (G).II fut un innovateur de l’Orthographe Françoise {H).

{r) Je raporterai une particularité qui témoigne que Jou-lert étoit modejie.} Gaspar Bachot, dont j’ai parlé dans J aRemarque précédente, fut reçu Docteur en Médecine l’an159a (19). II se glorifioit d’avoir soutenu sa Thèse contretous les attaquans, & il regardoit son Boâlorat comme letrophée de fa victoire. Mais aujfi toft que feus leu vojlre res-ponse , il écrit cela a Monsr. de Dorme Médecin ordinaire deLouis XIII, ôt premier Médecin de la Reine mere (10),par laquelle vous me mandiez, que feu Monsieur Joubert, vos-tre collègue cy vostre amy , fouloit dire de luy, (Ter Doctor,nunquam futurus doctus) qui estant doéle, cy ayant pris celaurier en trois diffèrent es Universttez., admiré neantmoins d'unchacun , ne fouvoit satisfaire à foy-mesme : je commençay des-lors à avoir une telle desfiance de moy-mesrne, que fejtimaytout ce premier labeur inutile ,sans esperance de pouvoir jamaisdevenir dotée, puis qu un tel personnage, comme un autre So~crate, confefsoit son insuffisance, ou la crainte de pouvoir par-venir au but de son désir. Notez qu’il dit que Monsieur Jou-hert avoit fait l’aprentifsage de sa proftljìon dans Montbri-son (21), e?* és maisons circonvoisines , & y faisoit séjourlors que ses Décades furent dédiées au renommé Jurisconsul-te Papon honneur de ce fie ville (22).

(G) ll y a . . . quelques Remarques qui éclaircissent cer-tains endroits de ses Paradoxes. ] II avoit loutenu dans son se-cond Paradoxe, qu’il est possible qu’un homme vive long-tems fans manger ni boire. On murmura de cette Propoli-tion, comme íi elle eût signifié que Moïse, Elie, & Jesus-Christ jeûnèrent pendant quarante jours fans aucun miracle.II répondit comme il faloit à cette Objection; car fa Répon-se fut aprouvée par Jean de la Place Ministre de Montpellier.L’Aprobation de ce Ministre ne paroìt pas dans la Traduc-tion Françoise de cet Ecrit de Joubert; mais on la trouvedans l’Edition Latine de ses Opuscules faite à Lion l an1570 (rz). Ceci confirme ce que l’on a dit ailleurs (24)que Joubert étoit de la Religion.

II faut remarquer, qu’en éclaircissant ce qui donnoit lieu

à des murmures, il n’eut égard qu’aux bonnes âmes quipar délicatesse de conscience , & par trop peu d habitudeavec la Philosophie , s’allarmoient facilement. Mais pourceux qui par malice trouvoient du venin dans ses Ouvra-ges, il les abandonna à la dureté de leur cœur. Hujus enar-radonis, dit-il (25) , velsolo argumenta vel demonfirationibuscommoveri poffie hominum duo généra, facile prisentio. Unutnejt naturalis Philosophie, cy Médian*, imperitum, jìmplicitatiscy pietads nomme venerandum - qualis plebecula cy quicunquein efiìmandis rerum caufis studium non adhibent. Alterutné'ixioAixm , quod etiam que bene dicta esse novit, impudenttffi -mis calumnìis mseCíatur. Hoc , quia explicationem non expec-tat, cy quicunque impur a sua mente excipiuntur dépravai,suoque veneno inficìt, me nihil moratur. Alttri vero bénignecy candide sattsfaciendum puto. II avoit été bien sensible auxAccusations de ces gens-là, puis qu’il souhaite que Dieu luidonne la patience & la débonnaircté qui sont nécessaires lorsque l’on est exposé à la fureur de leurs médisances. Ses pa-roles marquent un cœur pénétré de ressentiment, & fou-droient ses Censeurs. Voici comment il conclut. Hìc haj 3 í-Axs Kay.oà'cií hí.vxç ab istius enarratìonis prophanatione avertant ,quibus est peculiare etiam facram paginam corrumpere, cy inalienum pejjimumque sensum detorquere, impudendjsime men-tìri, cy maledicere, animorum concordiam diffiolvere, inimi-ctttas colere, invidiam crepare, cy nunquam non quibus noce-re queant modos excogitare , p'tisque omnibus este ïnfestiffimos.D e u s mtsericors parcat hominibus quicunque ab ejufmodi fu-riis agitait, earumque veneno affiati <y infeCît, fimilem natu -ram induunt cy referunt ; quosque ab istis nequiffime traClarlpatïtur, patienda ( que omnia vincit j ty mansuetudint benemuniat. Amen ( 26 ).

(H) Il sut un innovateur de V Orthographe Françoise; caril écrivoit jantil, accion, parfet, emer, au lieu de gentil tattion, parfait , aimer. Il mit aussi de la diférence entre V*consonne & 1 u voielle, & voulut que celui qui est conson-ne (27)/« écrit autrement que l’autre (28).

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156,

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' re ! 1 Ii de*

Répabl,Lettres,jfmtta irai,

Art. mi.

(H) Tiré àSorel, i/kpari 114 ét

taPerfec-tion deP Homme,

le) Le PapeClcment VII

le íì*i ienna.

(0 Bodin

s'exprimemal ; Go-horri n’a e'téque le Tra-duttrnr íi’A-madis.

(2) Bodi-nus, ìn Mé-thode> Hi«-tociaium,Cap. 1 V,pag. m. 71.

(5) Thnan.Libr. Xl.fubfin. pag. m.235 .

(4) Voflìus,de AireHist. Cap,

IX , pag. 4 1 .

ss) Osorius,de RébusEmmanuë-lis, Libr. VI,felie m, 17s.

ses Ouvrages un fort grand nom 5&ns’véché de^IJocere'ríl ^ ' + í * ’/ lquit P ar le moien *ler déferré n'ajà pas b«nenux de fil L pâ xluwe vàa-

pas trop de cette mauvaise qualité (£),& qu’il avoiinir nfírr fr h ° dlt *? U 1 ne se défendoit

H f ;, qu u avouoit assez franchement qu’il loiioit ou qu’il blâ-

multa C nonht Ìmede est très-bien fondée.

TïíTf V T e & nb eo scrìpta; s,d hune men-

bcàJr hTcI “‘“t” 1 C ì m V,sa firibitísuspetlus ha-beatur. Hoc tamen acerbius est ac indionius auodeum histo-

«uTm™ aLe r ’ uberioris Lit mendacii fruBut,

quam quis alms verascribendo (6). Cet homme n’a nas été

“reE a véme nrC ilne e | b0nn ? ^oire; car lors qu’il pouvoirlu7a dire né 1 fouloit paS dlre ’ & Iors M’il eût vou-pour le r of« P n T' P *J 11 n av ? it de bous Mémoires queï 1 ,® , ses qm se passoient en Italie. C’est la prétentionde Bodin (j ) : I[ r apuie sur ce qne p au] y voia -

Cour n derpaDe a e ÍIÌsté H llX événeraens . mais s’est attaché à j»í r pendant trente-sept années. II me semble

Mémoires tnn/b Un . e r C10se qui em P êche de recueillir de bonstouchant les autres pais. Outre que Paul Jove seH?n tC i d D V ° lr Vu des íie S es > & des batailles? &c ( 8 ). Votezdans la Remarque ( R ) un autre Passage de Bodin, & se J u "f™êmeílSrf Lipfcs '“ E-à-or. qull accuse

snl L a) r D , anS leS r X ’ XI à XIII, livres d’Amadis, siselont les seuls que Jaques Gohory ait traduits, * il est autantAuteur que Traducteur, tant on y trouve de choses qui s ° n *.p cment de son cru, C’est à quoi visent ces paroles de Bo-

(B) On dit qu il ne se défendait pas trop de cette mauvnistrt'-l ? odln assû re que Paul Jove interrogé, pourquoiil débitoit des mensonges, Lc pourquoi il suprimoit ses v . é ‘ritables evenemens? répondit qu’il faisoit cela en faveur deamis: qu il savoít bien que ceux qui vívoient alors lljouteroient point de foi à ses Histoires, mais qu’il sevoiaiilh que les siécles à venir ne douteraient point des choiequil avoit dites. Cum autem rogarttur cur fimularet falffirvera diffimularet, amicorum gratta id À se faCium respondlt:ac tamitp superstites intelligent fuis fcripds fidem derogaturos,attamen intelligebat infinis& posteritati credìbilia fore qui P fsuisque popularibus laudem estent allatura ( 9 ). II y a desgens qui íuposent qu’il répondit : Bans cent ans il ne restes naucune preuve qui puisse me convaincre de fausteté. Il faudrndonc necestairement qu on prenne pour des choses véritables, cí

( A ) On n 7 ajoûte pas beaucoup de foi à ses Histoires. ] Ja-ques Gohorri n’a pas fait difficulté de dire, que les Avantu-res d’Amadis paraîtraient aussi véritables que les Histoires dePaul Jove. Illud certe ad sempiternam memorìam teftatum re-liquat Gomus Paristenfis, qui quas finxit ( r ) Amadisi fabu-las non minus veras ac probabiles quam Jovii scrìpta fore con-fidit (2 ) (<*). Mr. de Thou n’a pas usé de cette hyperbole,mais il en a dit assez pour nous aprendre l’estime qu’on a decet Ecrivain. Cum alioqui homo gradosus se pastlm obnoxiumprodat, eoque nomìne ipfì in plerisque rébus fides derogetur,quod ad gratiam cy in odium scripjiffie, cy venalem calamumhabuiffie fere omnibus persuasum Jtt ( 3 ). Ajoutez ce Passagede Vossius qui témoigne que Paul Jove avoit en quelque fa-çon dressé une banque ; il promettoit une ancienne Généa-logie & une gloire immortelle à tous les faquins qui paie-raient bien son travail ; & il déchirait tous ceux qui tâ-cheraient pas ses mensonges. Syuam fiuxa etiam fidei pa-trum avo fuit Paullus Jovius ? quem constat in aula Henricisecundi quìbusque terra filiis bene de se merentibus gtneris cla-ritatem ac perpetuum nomen pollicitum: contraque maledìceeos traduxiste qui venait historico morem non gererent ( 4 ).Nous verrons dans la Remarque suivante d’où l’on a tiré ce-la. 11 avoit offert sa plume à Don Juan III Roi de Portu-gal ; & parce qu’on n'accepta point ses offres, il passa foussilence une victoire que les Portugais remportèrent. S'ilavoit eu de bons gages pour écrire l’Histoire de Portugal,il auroit forgé des victoires imaginaires, tant s’en faut qu’ileût suprimé les véritables. C’est donc avec justice qu’onl’a décrié. Voici le coup que lui porte l’Historien d’Ema-nuel. Viâiorìa fuit pr&clara : quam tamen Paullus Joviuscum de Sultani classe hac in Indiam contra Lufitanos dilatanarrant, filentio supprestìt, iratus vìâelicit, quod cum Lust-tann hiflorii Jcribendi munus Joanni, hujus nominis tertio,Lufitanic. re ^ t vena l e proponeret, rex optimus non illum mune-in S In , d,cis res Lusttanorum virtute gest r s monimends il-lustrandas mvuavit ( 5 ). II a eu le fort de tous les menteurs,c est qu on a st e la peine à le croire lors meme qu’il ra portela vente. Le ma est que ses mensonges lui ont été plus uti-les , que ne 1 elt I amour de la vérité a ux Historiens sincc-

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