J o V E. Ss7
moit, selon qu’on avoit eu soin ou qu’on avoir négligé d’aquérir ses bonnes grâces. Tarmri w,-,me ne demanda des pre.ens avec moins de retenue que lui (C). On trouvera dans Moreri re ompM r. de Thou rapoue, touchant le chagrin de cet Auteur contre Anne de Montmorenci R™tome en parle plus amplement ( D ). On prétend que Paul Jove ne se plaignit d’avoir perduquelques Livres de son H. toire au saccagement de Rome, qu’à cause que des raisons d’imérêt nesouíìroient pas qu il les publiât, il n'étoit pas estimé par raport aux bonnes mœurs ( E ) - & “n§ra í í ghgenC V á íéciter son àvià. bon style est assez brillant, mais nonpas assez historique, m assez pur {F). La mauvaise foi n'est pas l’unique défaut que l’on critique
dans
(ro) Stefa-Do Guazzo,délia civilConversa-tions, Uhr.II > pag. m.
(n) Teis-Addit.nux Eloges,Tom. 1,
MÇ- « 7 .
( T2 ) PaulusJovius.
s r 0 Carda-
nus, in Apo-lo gia Ne-JOnis.
(14' Joseph.Scalíger,
Epist. deVerust.
Gentis Sca-ligeia: , p*«.
). Voila fansdont' L t sonnede Voífius,<i-dejsiis Ci-tation (4).
f T *} ^bfo-Info tandemopéré id inpubhcum ede-re non dttbi-tem } magmJiercle tncor-vuptét veritA -Sis Argumen-ta * quando-quidem plerhque tomm ,qu,i h<ec bellopaceque ges-ferunt-i adhucvivant) a c idrLtVcs f raviexiiìimationisvnett cum pe-ricuio men-tirntem refel-lere pofftnt .Jovius, Pm-/of. Histoiise*d C.fmtimMtd ’.cen.
l'<N C,st.à.,dire d'unh.-nme cjiteSa.lx.nt apt!UJean Jaques.II inttnd te~
(fitt fit
t ’Oraisonfur.ebre deMr. de Pei-resc à Hrmc.
(n) Balzac,Lette. IX àChapelain,Livr. lll.
OT. II4.
qu on lira dans mes histoires. Anzt mi ánen detto , che esten-do biaftmato il Giovio délia infedeltà délia sua historia , egli laconfessò , foggiungendo perb, che fi ricenfortava , [apendo, chedopo lo fpatio dì cento anni, non vt far à più alcuna memeriain contrarie ; onde veranno i pojleri necejjariamente à dare in-dubìtata fede à fuoi ferittì (10). Quelques-uns disent (11)qu’il se vantoit d’avoir une plume d’or, 8c une plume de fer ;celle-là en faveur des Princes dont il recevroit des faveurs,celle-ci contre les Princes dont il n’en recevroit pas. Onveut auffi qu’il ait avoué que la raison, pour laquelle il su-prima les trois Livres où il parloir d’Antoine de Leve, étoitque ce fameux Capitaine ne lut avoit rien donné, Sc qu’ilne vouloir point qu’un ingrat fût inféré dans son Ouvrage.
Quis nescit quanta fuerit virtus Antonti Leve tíifpani ducis,ut solus âici, aut cum paucis Imperator appellari nostrì tempo-rìs pojftt : tamen nequistimus historiais (ix), feu potins fabu-lât or, qmd pétunias non dedijset, maluit totam cotrumperehistoriam, trcsqtie libros qui illi debebantur ìntermtttere, ne{ut ajebat) ingratum infereret historia ( 13 ). On prétendqu’à la Cour de Henri 11 il promenoir une illustre Généalo-gie à quiconque le paieroit, 8c qu’ìl menaçoit de sa médi-sance ceux qui le traverseroient dans son trafic. Paulus Jo-vius, me puero, in aula Henrici fecundi obscuriflimo cuiqueclaritatem generis mercede pollicebatur, maledicentia ulturusqui ejus nundinationi adverfaretur ( 14). Pour moi j’ai biende la peine à croire qu’il ait jamais avoué les choses que jeviens de raporter. Je voi qu’il dit hardiment qu’il fait im-primer son Ouvrage pendant la vie de la plupart des acteurs,parce qu’il n’apréhende pas qu’ils le convainquent de menson-ge, comme il leur seroit facile s’il n’avoit pas été fidelle (15.
(C) Jamais homme ne demanda des prífens avec moins deretenue que lui.] „ Sa gueuserie (16) me fait souvenir de„ celle de Paul Jove, qui demandoit encore plus ouverte-„ ment, 8c plus Iaschement que luy. J’ay leu certaines Let-„ tres de fa façon, qui font admirables en ce genre. Dans„ quelques-unes il proteste, que si le Cardinal de Lorraine» ne le fait paier de fa pension, il dira qu’il n’est plus de la„ race de Godefroy, qui donna l’Archevesché de Tyr à un,, Pédant. En d’autres, il demande deux chevaux au Mar-„ quis dePescaire, Se le prie, pour cet effet, de frapper la„ terre un peu plus fort que ne fit Neptune. En d’autres,
„ il voudroit bien qu’une Dame de ses amies, luy envoyast„ des confitures de Naples, parce qu’il commence à s’en-„ nuyer del’ufage des œufs frais, &c (17)
( D ) Mr. de Thou raconte ... le chagrin de Paul Jovecontre Anne de Montmorenci. Brantôme en parle plus ample-ment.] Quoi que le Passage de Brantôme soit un peu long,je n’y retrancherai rien. ,, J’ai ouï dire à un grand perfon-„ nage d’avoir veu dans la premiere impression Latine de„ Paul Jove (je ne fai s’il est vrai) un petit trait, qui dit,„ qu’en mesme temps que le Grand Seigneur Sultan Soli-„ man disgracia 8c fit mourir son grand favory Hibrahim„ Batcha ; qu’en mesme temps le grand Roy François dis-„ gracia son grand favory le Connectable Anne de Montmo-„ rency : mais pourquoy , dìt-il , ne le fit-il pas mourir,„ comme l’autre Hibrahim, ou Hibraun Bascha? Ce ne„ fut, ce dìt-il, qu’il ne l’eust auffi-bien mérité. Et sur ce„ spécifié quelques ravauderies qui ne valent rien à dire,„ lesquelles font fausses: mais que ce fut parce que ce grand„ Roy estoit bon & miséricordieux, 8c l’autre estoit un ty-„ van 8c cruel. Je ne fa y si cette Edition Latine porte ce-» ri » w ai s ce personnage me l’a asseuré. En la Version
jove ne vint que de n’avoir pas obtenu certaines choses qu’ildemandoit effrontément au Connétable. ?
p«rf«í est Annas Mommorantius Cornes Stabult Trancu tra-duílus à venait historiée , non aliam ob rem quant qmd nefctoqutâimpuâenter petens, refaisant Uilijjet {içj- Jpassant que François I n’eut pas lieu de se repentir de lapension qu’il accordoit à Paul Jove; car il fe îwEcrits de son pensionaire sous la forme d un vamq » P 'tôt que sous celle d’un vaincu. On prétend queQuint fit cette plainte (xo). 7
(£) il n'étoit pas estimé par raport aux borneCardan f accuse d’impudicité. Hic noster htftortcus, 1 - ( ) >
admirandus profeíío magis alìis (xx) qut ta metfi J e ^ e ’ f ,rum abfuit , quin pepererit (*). Séd li detej a t tu qcum estet etìam Autistes, gaudebat numerart a
lescentulos. La Note marginale de Cardan contient unbien étrange, c’est que Paul Jove étoit un Hertnaphro 1 •Imperialìs (14) avoue que cet Auteur fut accuse: u avmené une vie licentieuse, 8c d’être fort négligent dans l o-raison 8c dans le récit du Bréviaire. _ .
( F) Son style est astez. brillant; mais non pas ajfez. histori-que , nì ajfez pur.] Scaliger en disoìt ce que Ion va lire.Paulus Jovius mendacijjìmus z? Gtiictiardino inferior, ntmtsajfeéïato zsr luxuriante stylo , potius qaam castigato utens (xz).Roland Des-Marets en parla avec le dernier mépris, jusqu ale trouver plein de barbarismes, Quantum sentie, dit-il (xo),non bonus est historia feriptor (Paulus Jovius) nec judtcto ja-tis valet : qui fi vernacul'e fcripfijfet , nulle in numéro habe-retur. Latinus enim ferme quasi fucus quidam labes illtusMultas contegit : qui prima fpecte elegans videtur , nam bellesonat, zsr quibusdam imponit, tnihi non item. Vtx enim La-tinus est , certe minime parus, totusque idietismis fiatet; m-hil fore proprit effert, fed pleramque 7 rtpi 0 ^urir.â f loquitur ,nec pene ulla vox est fine epitheto. Voila deux juges fortcompétens: qui ne s’étonneroit après cela de voir que Lipseparle fi avantageusement du style de notre Paul Jove. N enfaut-il pas conclure que le goût des plus excellens Critiquesn’est pas uniforme , fur une matière qui ne devroit point par-tager les jugemens ? Quand on fait les réglés de l’Eloquen-ce, 8 c celles de P Art historique, ne devroit-on pas s accor-der, ou a louer, ou à condamner le style d un Ecrivain.Mais votons ce que Lipse dit de Paul Jove (27)- PaulusJovius multorum ìuAìi-;* aerrha auam libéra exberitur.
(i»l Joseph;Scaliger,
Epift. deVetustateGentis Scà-ligerít,pag. 3.
(20) Cum aIì-qaando Césarnojler UgercsviSlùfiamquant de Gaimlis babuerat,dixit f profect»non meant)fed (jallorumHfgis viSt fa-ream hicferipfìt , indi-cans i ex pecu-niis acçiptis à7 {tge quant*mendacia in *feruiffat His-toria. Cat-.d'ATiUs, mApologiaNeroms.
<i8) Bran-tôme , Elo-ge de Fran-çois 1, au ITome de fes
Mémoires,128 .
Françoise cela n’y est point; à quoy ne faut nullementajouster foy, car le dit Paul Jove en parloir, s’il l’a dit,comme passionné 8e mal content dudit Monsieur le Con-nectable , lequel quand il fut rapellé du Roy Henry, 8cqu’il voulut faire le reglement de la maison du Roy ainsiqu’il en avoit toute la charge, il trouva parmy les pen-iìonaìres du feu Roy, cinq-cens escus de pension ordi-naire qu’il donnoìt audit Paul Jove , lesquels il tranchaauffi-tost, faisant entendre au Roy que c’estoit un argentmal employé , pour estre plus Impérial passionné queFrançois, 8c pour estre un grand menteur. Ledit Paul,ayant feeu fa rayeure de pension, se mit ainsi à desba-gouler contre mon dit Sieur le Connectable > 8c en direpis que pendre. Que c’est d’avoir affaire à une langue„ & plume venimeuse , qui quand elle est picquée n’es-ì, pargne rien. Aucuns disent, que ce Monsieur le Con-i; nestable avoir veu du temps de fa disgrâce ce trait de plu-„ tng > q Ue ce galant avoit fait plus pour complaire au Roy„ qu e ’ pour aucun sujet, comme ordinairement tels Escri-» vains sont adulateurs 8c complaisons, pour tirer tousjours,, quelque lippée; 8t pour ce ledit Monsieur le Connesta--> ble, quand il vint avec son Roy Henry , la luy rendit„ bonne, 8c pis luy eust fait s’il eust peu, car il faíche fort„ à un valeureux 8c généreux Chevalier comme celuy-là,„ d’estre ainsi piqué 8c blasonné d’un Ecrivain fans rai-„ son (18) Quelques-uns disent que 1 e dépit de PaulTOME II.
multorum judicia mugis acerba qmm P
Acriter valde in virum eunt. Ego de eo fie ce f , stnum gravemque este œ plane ad historiam : judtcto . ./ ,,biguum. Vbì affedus non distrahunt, reâlum, ubt t 1 I. - 'obnoximn , Ad gratiam sctlicet se dat C3" aurdfti- aunum nec caujjam s&fe habet - nec modtim. Genti » a J 1 9Medicùs nìmìs ex professa addiêíus. íììs quìdetn tt& ut unrentíum Medicen parrïctâu reum 'velut apud judices agat*Oratìonibus queque aut frìgidus interdum , aut tneptUS. Latt~dandus îamtn legendusque ob mnlûplïcetn O* vartam reruritserïem , quas redegìt composte c? dilucïde in unutn hîflerucorpus (iH). L’observation de Lipse, touchait les Haran-gues froides Ôc impertinentes que Paul Jove a inférées danSion Histoire, me fait souvenir de Bodin qui se moque d’yvoir parler des soldats en Ecoliers de Rhétorique : Prxsertimin cmáonibus , epïflolh , fotieribus , decretis , qu& pro
arbìtratu fingit , in qu» tamen décorum ita confudtt f ut im-periti milites ipjius Alciatï fui laudatorts judìcio , declamato-res jcholaflïcì effe 'vìdeantut (iqV Je m allure que motlLecteur fera bien aise de trouver ici les propres termes d’Al-sur quoi Bodin s’est fondé, id à te pr&cipue âefidera-
vacant* non absurde
(21) Idemìibidem .
(22) CV/í-4-dire qtie lesHi/ìoriens qti§Cardan ve- .noit de nom-mer , br d 1 ac-cuser de pln-jìexrS' vices .
(*) Qitipptfíermapbro-
dltttSo
(23) C''st
ainsi qtfiL ya dans monEdttion : jecroi qtden * 1oublié U mo*inter.
cíat,
barn, ut ad illud quod Gr&ct tp,
responderes. Sicuti in ta oratione ammaàvertcbam , qua àMarconio gregarìo milite, ad legiones jam plane tonfternatascr ad ftdhionem fpefìantes habebantur , quum Solymano Pan-nonhe finibus excedente , Carolus C afar Vìtnna profefíus inItaliam rediret. In ea pquiâem concione omnes artis nervos
^ -xprestifti , ut ille Marcontus nequaqttam ab
aratro Volaterrani agrì ad signa vocatus r ’ "
ri ts err xr— -'
numerosque i ta expresttst ...
aratro Volaterrani agrì ad signa vocatus : fed ex fcola Cicero-nis esr Hermogenis ad fuggestum rapttts este viitaiur, quum
pastim exaâhi eloquentis. fchemata inurníteant, qua peroranttturbam parère edègerint (30).
Notez que ces paroles de Lipse, Laurentium Medicen par-rìcidiì reum velut apud judices aga t, ont été ainsi traduitespar Mr. Teiffier (31s, ll défend Laurent de Medicis du crimede parricide comme s'il plaidoit pour lui devant fes Juges- PaulJove fait tout le contraire, il agit comme seroit 1 Avocat deì’accuíateur de ce Laurent (zx). On a cru fans doute qu Us’agissoit là du grand Laurent de Medicis le fauteur des gensde Lettres dans le XV fiecle, mais il s agit d un autre Lau-rent qui assassina Alexandre de Medicis lan 1S 57 -
( 14Ì ln Mll-sïo Histoii*co, pag. 7.
(i;) Scali-geiana pri-ma, pag.
9 S-
(z6) Rolan-dus Mare-si us, Epist.XLl Lérí t,pag. im. 184-
I27) Zip-si us, Not.ad1 Libr. Bo-lide. Cap. ir,pag. m. 2ì
( 2 ?)La Po-
peîinierc,Hist. desHistoires,Livr. Vil,fAg. 403, fansparlff deLipse, n*Afait que tra-duire ceci y emdonnant sonJustement surPuul love.
U n’a pas mê- kme entenditlaudatio-nurn neccauflam fr-pe habet,nec mo-dum : paro-les qu*il tra-duit parctl-
n*obferv - e lescauses ninioyens enfes îoùangcí*
^291 Bodin. in Methodo Hîstonar.Jovînm, in limìne Histotiacutti Jovti-de Thou, Tom, i, pag, 6$.
Jotç,
72 .
Alciatus, EpiKols ad PauînnjMdít. aux Eloges tirez de Monfr.(32) Voùz, le XXXVIU Livre de ^Histoire dePauj
Qqqss'j