JUNON.
(*o) K*ì 9i
ÌUX 7 lT<tÛ,
Et te verb*~riens c 4 <Um,Homcr.Iliad. Ltbr »XV, Vers.iy.
(jt) Ibidem 9Vers. Iï.
(32) Hygin.Cap, CL,
(33) C'étaitfin Sdtardde Jupiter,Hjginuf,ibidem, ,
{34} Dans la-* 7 \emarij, (F)de C -ArticleJ u p i t a a.
Í 3 S) Hygin.Ctf. CLXVI.
(}6) Poursavoir s*ilfaut lire so-2ia » ou fo-leas : fi Conpeut dire Lu-ttas ex ada-martei tr
s'it ne vau*droit pasmieux direíolia aureaaexa ada-manre, ousoiia ex*uro 6c exadamante»Voter, Hygiislde C Edit tond* Amster-dam 1 63 r,
(3 7 ) Confé-rez. ce qui estdit de Thefée«t m VI Livrede l'Emïde,Sedft rerer-Dumque fe-debit Infe-lix Theseus ;dr ce que di-sent les Inter-prètes fur lestege où il futmis. Consul -*tz. Menfr,
Du Rondefui le Che-«ix de py-thagore,f "S- »r irfmv,
(}$) Serriiis,in Eclog.
I V Virg.Vers. 6z.
f39) Paufan.Libr. 1,
P*£. -S-
(40) Hem ,ibidtm .
f 4 T) Idem,
ibidem .
8§r
pendant quelque tems (G). Si d’un côté elle eut l’intendance des mariages, & la préfecturedes noces, elle eut de l'autre celle de leurs suites naturelles, jc veux dire qu’elle présida auxaccouchemens, & à plusieurs choses qui en dépendent (//). Michel de Montagne n’a pas biensu l’origine d’une Avanture qu’il tire de Platon, & qu’il exprime un peu trop gaillardement (/).
On
demone lin ouvrage de Sculpture, qui représentoit le mêmeVulcain déliant la mere (42).
{H) Elie présida aux accouchemens , C à plusieurs chosesqui en dépendent .] Lors que Terence soposc que la Cour-tisane Glycerium , étant en travail d’enfant, se ici t de cettepriere, jttno Lucina fer opem, serva me ohsecro (43)) il té-moigne manifestement que junon étoit la Divinité qui prési-doit à cette afaire. Elle se nommoit (44) Opigena à Lu-ciae sous cette fonction, five te Luánam quod lucem nascen-pibus tribuns ac Lucetiam convenit nuncupari (45). On luidonnoit d’autres noms particuliers selon les divers servicesqu’on attendoit d’elle dans ces conjonctures; car on l’apel-loit Fluonia entant qu’elle pouvoit empêcher les trop gran-des pertes de sang. Fluoniam Junonem midieres colebant,quod eam sanguinis fltiorem in conceptu retinere putabant (46).On l’apelloit Februa entant qu’elle préiìdoit à la cérémoniede la purification des accouchées. Ce font les limitationsque Martianus Capella donne aux surnoms Fluonia , fk Fe-brua ; car il introduit la Philologie qui déclare qu étant vier-ge, elle n’a pas besoin d’invoquer sous ces deux égards laDéesse Junon, Nqm Fluvonìam Februalemque ac Februammihi poscere non necejse est , cum nihil contagionis corporea fi-xu intemerata pertulerim (47 ). Elle auroit pu en avoir be-soin fous un autre égard, puis que St. Augustin allure queVarron avoir raporté que Junon étoit préposée aux écoule-nt ens du sang menltrual. lbi pst zv Dea Mena , qua menflruisfluoribus prétest , quanvis Jovis filia , tamen ignobilis. Ethanc provinciam fluorum menstruorum , in libro feleílorumdeorum ipfi funoni idem autor assignat, quet in diis filekiisetìam regina est : t? hic tanquam funo Lucina cum eademMena privìgna sua eidem cruori prafidet (48). Je n’ignorepoint que selon beaucoup d’Auteurs la Déesse des accouche-mens étoit distincte de Junon ; car les uns disoient que Lu-cine étoit fa fille ( 49 ), & les autres assuraient que Dianeétoit préposée à la fonction d’affister les femmes qui accou-choient (50). Mais fans m’arrêter à l’Hypothese que Luci-ne, Ilithye, Diane, la Lune, ëe Junon fussent la mêmeDivinité ( 51 ) , je dis qu’il est fort probable que Junon étoitconíidérée comme le chef de cette fonction, 8 c comme aiant
des vicaires, & des substituts en divers départemens (52).
Si vous ne voulez donc pas la reconoitre directement & im-médiatement pour la Déesse Levana, qui faifcit que les en-
( G ) ll la tint une fois pendue entre ciel V terre pendantquelque tems. J Ce fut à cause qu’elle avoit excité une tem-pête contre Hercule. Jupiter la fit souvenir dc cetems-U,lors qu il eut su le tour qu’elle lui avoit joué pendant lesiégé de Troie. Elle sut si bien le charmer , 8 c s endormirentre ses bras, que Neptune eut tout le loisir nécessairepour mettre en mauvais état les asiaìres des Troiens. Jeparle amplement de cette ruse de Junon dans la Remarquesuivante. Jupiter qui lui avoit dit , Sc qui lui avoit taitsentir tant de douceurs, n’eut pas plutôt su le préjudiceque les Troiens avoient souffert, pendant qu’il avoit étécouché avec elle, qu’il lui parla des grosses dens. II la me-naça du fouet ( 30), 8c lui demanda si elle avoit oublié letems où il lui avoit attaché une enclume à chaque pied,8 c savoir laissé pendre entre le ciel 8c la terre à la vuede tous les Dieux, qui s’efforcérent en vain de la délier;car il en faifoit sauter du ciel en terre tout autant qu il cnprenoit.
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An non metnimftì quandopependisti ab alto,*ptdibus autemInondes demiji duas , cìrcum manus autem vinculum mistAureum , infrangibilem ? tu autem in ithere cr nubibusPependisti , indignabantur autem dii per excelsum Olympum :Sdvtre autem non poterant úrcumfiantes : qmmeumque au-tem apprehenderem ;
Projiciebam correptum de limint- divino, donec perveniretIn terram vix spirans (31).
Ce fut à Junon à faire la canne: elle se disculpa par de fauxsermons, & promit de se conformer ayx désirs de son mari.La querelle n’alla pas plus loin cette fois-là. Je ne dois pasoublier que Junon fut cause de la guerre des Titans. Llleles poufla a dethrôner son mari (32), 6c à rétablir Saturnequ c Jupiter avoit déthrôné. L*a jalousie fut alors plus forteque l’ambition : car le dépit de voir Epaphe (33) gratifié d’un
Roiaume, fit que Junon aimait mieux être une Déesse dé- fans nouveaux nez étoient reconus par leurs pores (53); ni
... - r. -; tt,r AirUrtcr.* — a- -im» pour la Déesse Rumina , qui préiìdoit à faction de ies alai-
ter ; ni pour la Déesse Cunina , qui préiìdoit à leur berceau ;ni pour le Déesse Nundina , qui présidoit à l’impoíìtion deleur nom ; ni pour la Déesse Vaùcana qui préiìdoit à leurscris ( 54) ; ni pour la Déesse Fabulina qui présidoit aux pre-miers dénouemens de leur langue, c'est-à-dire aux premiersmots qu’ils prononçoient ; croiez du moins que c’étoienttoutes Déesses subdéléguées de Junon l’Intendante générale.Disons la même chose à f égard de la Déesse Prosa , & de laDéesse Postverta, que l’on vénérait afin d'obtenir que lesenfans ne prissent pas une mauvaise posture en se préparantà naître. Quando contra naturam sorte converfi (pueri) inpedes ; brachiis plerumque diduElis retinerì filent : tigriusquetune mulieres enituntur. Attjus perìculi deprecandi gratia arastatuta sunt Roma duabus Carmentibus : quarum una Postvtr-ta nommât a est , Profit altéra ; a redit perverstque partutpotestate i? nomine ( 55 ).
(/) Montagne . . . s exprime un peu trop gaillardement.]„ C est de quelque Poète diseteux 8 c affamé de ce déduit„ que Platon emprunta cette narration; Que Jupiter fit à sa„ femme une si chaleureuse charge un jour, que ne pou-„ vant avoir patience quelle eult gagné son lit, il la versa„ sur un plancher, 8c par la vehemence du plaisir oublia„ les résolutions grandes 8c importantes qu’il venoit de„ prendre avec les autres Dieux en fa Cour celeste, se van-„ tant qu’il avoit trouvé aussi bon ce coup-là, que lors que„ premierement il la depucella à cachette de leurs pa-„ rens (36) ”. Voilà ce que dit Montagne. 11 a eu tortd’attribuer cette idée à quelque Poète affamé d’embrasse-mens, puis qu’Homere l’Auteur de ce Conte a clairementtémoigné qu’il ne trouvoit pas vraisemblable , qu’un mariconçut de pareils transports pour fa femme. C’est dans cet-te vue qu’il supose (57 ) que Junon ne se contenta pas deprendre ses plus beaux atours, mais qu’outre cela elle eutl’adresse de se faire prêter le c este de Venus, charme inévita-ble , philtre d’un effet certain. C’est à ce secours d’empruntqu’il attribue la force qu’eut Junon d’inspirer à son mari uníi violent accès de tendresse. II y auroit bien d’autres chosesà critiquer dans ce récit de Montagne (38), s’il n’avoit paseu la prudence de citer Platon. Dès là on ne doit point seprendre à partie fur les fautes de ce Philosophe: c’est à Pla-ton qu’il faut s’adreQer.
II est fur qui! raporte infidèlement le récit d Homere :voici comme il parle, h" Ai« KaihvSctian ****'' ■s“' >
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thrônée, pourveu que son mari fût déthrôné, que de régneravec lui. Mais peut-être sc propoioit-elle une vengeance oùson ambition ne perdrait rien. Elle pouvoit espérer qu’enpréférant les intérêts de son pere injustement déthrôné, auxintérêts d’un mari usurpateur, elle auroit part au Gouverne-ment sous son pere rétabli, & romprait pour toujours avecJupiter. On verra ci-dessous (34) un autre complot où elleentra contre son mari.
Je ne puis penser à Junon pendue entre le ciel 8 c la terre,fans proposer à mes Lecteurs un Passage que je, n’entenspas. Hygin (35) raporte que Vulcain aiant forgé des sou-liers d’or à Jupiter 8 c aux autres Dieux, Junon ne se futpas plutôt assise, qu’elle sc trouva pendue au milieu de l'aìr.Vulcain en fut. averti , afin qu’il vint délier íà mere qu'siavoit liée , mais il répondit , je n’ai point de mere. Onsavoir précipité du ciel, & il étoit encore indigné de cetraitement. Raportons le texte Latin. Vulcanus jovi ce-terisque Diis fileas aureas ex adamante cùm fecififet , funocìim fidijset subito in aère pendere cœpit. Quod cùm ad Vul-canum mijsum effet ut matrem quam ligaverat solveret , iratutquod de cœlo pracipitatus erat , negat fi matrem ullam habe-re. Je loue les Critiques qui ont fait dc ii doctes Observa-tions fur les prémieres paroles d’Hygin (36); mais je vou-drais bien qu’ils m’eussent apris comment des souliers peu-vent faire qu’une femme, dès qu’elle est assise, se trouvependue en l'air. Je ne voi pas même comment une chaiseou un thrône peuvent produire cela, 8 c fur tout à l’égardd’une personne liée. II me semble qu’on pouvoit se plaindredu peu de jugement de l’Historien. A-t-il bien pu croirequ’un Lecteur sc contenterait d’une narration si tronquée,si falsifiée ? Que ne disoit-il qu’ausiitot que Junon se fut assi-se le plancher des cieux se fendit, & que sa chaise n’aiantplus d’apui tomba vers les nues, & s’arrêta dans ses espacesqui sont entre le ciel & 3 a terre ? Cela eut donné aux Lec-teurs une image conoissablc. Servius conte mieux la cho-se: il dit que Vulcain fit une chaise sur laquelle Junon s’é-tant assise, ne se put jamais lever (37), jusques à ce quelleeût accordé ce que Vulcain lui demanooit. II vouloir qu’onlui montrât ceux à qui il devoir la vie. Alii dicunt quod cumVulcanus parentes suos dia qmreret , nec inveniret ; fidile fe-cit taie , ut cum eo qui fidiffet surgere non postes ; in quo cumadsediffet Juno, nec poffet exsurgere ; Vulcanus negavit fi fi-iuturum omnino , nip prius parentes suos fibi monstraffet, at-qae ii a fat-tum est ut in Deorum numerum reciperetur (38).Consultez Pausanias qui vous aprendra que Vulcain, se vou-lant venger dc Junon, lui envoia un thrône d’or où elle setrouva liée dès qu’elle s’y fut assise (39). II n’y eut queBacchus qui pût résoudre Vulcain à retourner dans leciel ( 4 °) > encore falut-il qu’il l’enivrât ponr l’cngager à cevolage. Les Athéniens avoient un tableau qui représentoitBacchus remenant au ciel Vulcain (41) ; 8t l'on voioit à Lace-
(41 )Pausi».Lilr. Uí-tK-»-
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