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Tome second. C - I.
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JUNON.

3 §r

Cette Déesse présidoit sur les mariages (d ), & ne devoir pas avoir cet emploi. Cela étoit demauvais augure : car elle faisoit un mauvais ménage avec son mari > & malgré les fortes raisonsqui l’engageoient à la suporter, après tant de juites sujets de jalousie qu'il lui donnoit, leursquerelles furent poussées jusqu’au divorce (F ) j & je croi qu’avant que d’en venir là , il avoireíîàié fi en la batant il la pourroit mettre à la raison. 11 la tint une fois pendue entre ciel & terre

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(zl) Voi'et,

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(13) Costai,Suite de laDéfense,3 *i-

(t 4 ) K P ar!e

à Monsr .-Ménagé.

(m) Costar,Suite de laDéfense,pag, 3 *«.

(t«) Répli-qué à Cos-tal , SiO.LXlV,t*l- 544 -

(17) DansU Remar-que (D).

cornes, & s’exprime de cette façon (13): Monsieur de Gi-rac a-t-il quelque vieux manuscrit, qui prouve bien clairementque dés ce temps-là les cornes estaient des marques de Cocuage ìEt vous, Monsieur (14), qui savez tout, pourriez-vousbien me monjlrer que ces façons de parler, porter des cornes,tsr planter des cornes, au siens que nous mus en Jervons, fus-sent beaucoup plus anciennes qti Artemidore qui florijjoìt JimsAdrien ? Les cornes de Jupiter Hammon rí estaient point cellesd"un Cornard , c estaient celles d’un beau Belier prophétisant surles arènes de Libye, comme parle nofire Ronsard. II examineen détail les cornes de certaines Divinisez que Girac avoitalléguées, 8t il fait voir avec évidence qu’elles n’avoient nulraport à la condition des maris que nous apellons cornards,

8c qu'elles ne furent point prises par complaisance pour Jupi-ter ; 8c voici ses conclusions (r;): Si de tout cela Monsieurde Girac pe it faire quelque chose qui serve à son dessein, jene suis pas résolu de m y opposer: Mais je fuis bien trompés’il y reuffit , es* s’il nous conftraint de reconnoistre que Jupiterlors qu il fifi l’estât de fa Maison, n oublia pas le Cocuage quiTavoit toujours servi fi utilement. C’est bien conclure ; carc’est ramener les choses à l’état de la question, 8c c’est lecentre auquel doivent aboutir toutes les lignes.

Considérons la Répliqué. Girac trouve fort étfange queCofiar traite cette matière à la rigueur de l’Eschole, & dansle ferieux (16). Il veut que je luy prouve par démonflra-tion c? par authorité , que ce fût Famour du Cocuage qui fitJupiter Cocu. Il n est point satisfait fi je ne luy montre desmanuscrits qui prouvent bien clairement que dès ce temps-là , les Cornes estoient des marques du Cocuage. Cet hommen efi-il pas injuste} il ne fait, dans tous ses écrits, que badi-ner ; 11 avoue luy-mtsmt qu il ne scauroit dire un mot sans lesecours de la chère Ironie. Cependant, il ne peut souffrir queje raille une seule fois. . . . Encore que ma raillerie naiffede mon sujet, or quelle soit appuyée sur de trh-belles anti-quitez; Car n est-ilpas vray que Jupiter étoit un insigne Co-cu, puis que le Géant Eurymedon avoit obtenu les prémieresfaveurs de fa femme Junon? Vous trouverez ci-dessus (17)la fuite de ce Passage : il feroit inutile de la raporter ici ; lepapier qu’elle rempliroit fera destiné plus utilement à ces

(î8) Confirezce que dejf 4 Jdans la Re-marque (C)de f XrlicUCOLOMIk'ï.

{19) Girac,Réponse ìla Défensede Voiture,Ssci. XXVI,pag. r 90.Volez Cor-tar, Suitetíe la Dé-fense,?. 3 8 r.

(ro) Girac,Répliqué,545 -

deux Remarques. L’une est qu’encore qu'il íç>it permis deplaisanter dans une Critique, il n’est pourtant point permisd’y mal raisonner. Raillez fl vous le voulez, emploiez se-lon l’occasion ou le sérieux ou le ridicule; mais gardez vousbien de vous servir d’une fausseté, & ne prétendez jamaisqu’en plaisantant sur une fausse suposition, ou en apuiantdes railleries sur une ignorance, vous ferez ou de bonnes Ob-jections , ou des Réponses solides à une Objection ( 18).Ma seconde Remarque est que l’Avanture du Géant, 8c lesinfidélitez de Junon viennent après coup. L’Auteur n’enavoit rien dit dans fa Réponse, ainsi elles ne peuvent rienfaire contre Costat, qui n’étoit pas obligé de se régler surce que son Antagoniste diroit un jour. Elles ne peuventpoint tirer d’affaire Mr. de Girac; car non seulement il nes’en étoit pas servi pour soutenir sa Critique, mais elles fontmême très-incapables de prouver ce dont il étoit question.Que Junon ait eu cent galanteries, cela prouve-t-il que Ju-piter se souvint du cocuage, lors qu’il fit l’état de fa maison?Chacun voit que ma prémiere Remarque ruine la cause deGirac, puis que tout ce qu’il allègue est fondé fur une faussesuposition. On le pourroit mettre dans cette fâcheuse alter-native. Si vous avez ignoré qu’au rems que Jupiter se trans-forma en coucou , les maris déshonorez par l’infidélité deleurs femmes n’étoient point nommez cocus 8c cornards,vous avez très-mal plaisanté; car selon vos propres réglés lesrailleries font mauvaises, quand elles font fondées fur l'igno-rance des choses qu on est obligé de savoir ( 19). Si vous avezsu qu’en ce tems-là on n’attachoit point à ces mots les idéesqu’on y attache aujourd’hui, vous êtes extrêmement blâma-ble d’avoir emploie des preuves dont vous conoiffiez lafausseté. Volons la fuite de fa Répliqué.

Nonobstant tout cela , dit-ìl ( 20 ) , nostre Sophiste me pressede luy faire voir, que lors que le Pere des Dieux se revefítt du

moquais de luy. On voit manifestement paf ce Passage, queMonsr. de Girac a perdu sa cause : il ne se sent pas en état deprouver ce qu’on lui conteste, 8c fans quoi là Critique estnulle; 8c il se vante de s’être voulu moquer de son Ad-versaire. II n’y a point d’Ecrivain qui ne puisse recourirà ce subterfuge , quand il ne sait plus óù il en est. Nousallons voir Monsr. Costat à son tour dans quelque embarras.

Ses lumières l’abandonnérent lors qu’il se servit de l’autoritéd’Erasme , pour une chose où Erasme n’avoit aucune rai-son (22). Que lui ìmportoit-il que Jupiter ne se soit pasmétamorphosé en coucou ? Comment n’a'-t-il point vu quecette métamorphose n’est en rien moins redevable, que tantd’autres que nous lisons dans Ovide? Ne témoigne-»il pasen se chagrinant contre ceux qui l’ont débitée, qu’il la re-garde comme un fait avantageux à son adverse partie, 8cn’est-ce point s’abuser fort lourdement à l'avantage de sonennemi? On ne manqua point de s’en prévaloir. Pesezbien tout ce qui suit. C’est un Passage de Girac (2.3).

„ Ne pouvant nier, que je n’eusse allégué tres-à-propos la"

„ métamorphose de Jupiter en c ocu; H s’êst avise de trai-,, ter cette fable de petit conte de vieille , ex de ridicule ìn-„ venûon ; Comme fi le changement du mesme Dieu en,, cygne, en taureau, 8c en aigle, avoit quelque chose de„ plus ingénieux, 8c de meilleur; Comme si généralement„ toutes les fables nettoient point également frivoles , Lc„ que celle-ci n’eût pas, auffi-bien que les autres, son allé-„ gorie, 8c son explication mythologique. Mais lors que,, Mr. Costat soutient, que c'est l invention d’un Grammat-,, rien abusant de son loisir; quelle ejl tirée d’un Stholiafle de„ Théocrite ; 8t qu’il prouve par l’authorité d’Erasme, qu’el-„ le ne se trouve dans aucun Auteur qui soit tant soit peu„ ancien ; Que fait-il autre-chose que montrer qu’il est igno-„ rant en compagnie, 8t qu’il ne lit les Autheurs que pour„ apprendre leurs fautes ? En effet, je ne trouve point de fa-„ ble ,dont un plus grand nombre d’Escrivains célébrés ayent„ fait mention, que de celle-cy. Et mesme le Scholìaste„ qu’allégue Mr. Costar (tant la stupidité de cet homme„ est grande!) afleure, qu’ill’a frise d’un traité (j.|) qu’A-„ ristotc avoit fait du Temple d’H.ermione. Plutarque en„ faisoit mention pareillement dans son livre des rivières;„ Paufanias en parle en divers lieux dans les Corinthiaques,„ 8c Didymus fur le quatorzième de l’IIiade le raporte,, d’Euphorion Autheur fort ancien, pour ne point citer„ le Scholiaste des Epigrammes Gréques , ni une infinité„ d’autres, dont la liste feroit trop ennuyeuse ”. Je laisseles autres choses fur quoi Girac le critique doctement 8craisonnablement, dans la matière des cornes, 8c du cocu.Le grand nombre de bons Auteurs, qui ont parlé de cettemétamorphose de Jupiter, me fait de la peine pour l’amourd’Erasme. II feroit à souhaiter pour les intérêts de fa gloi-re . qu’il eût laissé en repos le vieux Scholiaste. 11 auroitìx valu dormir qu’avoir la n!-- 1

(zz) Le P.rs-sage d.' Eras-me cit e parCostar estdans r Expli-cation de

l* ^Adage ScitquomodoJupiter du-xeric uxo-rcm. C estle XX 1 Ude la IV Cen*turie de la IVChiliaie ,pag -m 914.

//s serve cju 4

le Scholi-tstede Tneociittì

r'.porte cela, >fur U foid y un certain^Aristote ;AdjungiefabulantquamtetuîeiítAristotelesuelcio quis.

Li* où paroisqu* t L n*a pointécru , commea fait Gi-rac, qu? A-ristote UPrícettettrd cd exandriait r apartécette Historie*te, H y a, enplusieursAristotesqui ent faitdes Livres mVotez. Jon-íius.de Hift.fhilosopK,pag. 61.

re

mieux valu dormir qu’avoir la plume à la main , puis qu’onavoit à écrire une telle chose. N’avoit-il point lu ce quedit Paufanias (24) touchant le mont Thornax (25) , quifut nommé Coccygius ou Coccyx, depuis que Jupiter, méta-morphosé en coucou, y eut baisé Junon? C’est une mon-tagne de la Laconie. Le même Auteur dit que la raisonpour laquelle la Junon d’Argos (26) portoit un sceptre furlequel il y avoit un coucou, étoit que l’amoureux Jupiteravoit pris la forme de cet oiseau pour jouir de Junon. Jene croi pas cela, ajoute Paufanias ; mais néanmoins, dit-il, je n’ai pas cru le devoir omettre. K ó*kv-/» Sì fVi 7 si

xa&ïirHoeí Çtxo'i, Myfsvrfç 7-0r A ìet, are K-LsHArFtí-ç H '’gccç , lç rêsTûv ThsopiUcc ikhàa'yryxt, avy Si lire oraíyyie,HsgeíTcti. tktov tÒv ÀÓ'yoy, x.cti ovsi tDijcóroe e'ionrai erssit Bssev ,

il* cerroSsyseq-s,ec> yçalp:, Si iìé'sv Cuculum ve-

ro avem tdcirco scebtro ajunî ìmpofitum, quod virginie Juno-nis atnore captus Jupiter, in sam se avem verterit , quampuella tanquam ludicrum captarit. Hac ego , ítr qu& his suntfimilia de dis vulgata, etfi vera »»»«-*«"— ...--n-tavi t amen negligenda (27 ).

C?)

neuttquam exïflìmo, non pu-

Xieux se revefítt du ( - - - Leurs querelles furent pouffées jusqu’au divorces

plumage & de la figure â'ûn Cocu, le nom de cet oyseau signì- Paufanias (28) conte qu’il y avoit trois Temples de Junonfiait un Mari k qui sa femme faisoit des infidchtez. Je luy Stymphale ville d Arcadie. Le premier '

. , . . .. . fie luy

promets, ex luy engage ma parole de le satisfaire, quand ilni aura vérifié , par de bonnes authoritez , qu’on reprocha au-trefois à Jupiter que dans l’estat de fa maison, il n’avoit pointpensé an Cocuage. Pour te qui est des Cornes, ce terme, enla signification que je luy ay donnée, est plus ancien qu on nepense. Nous apprenons de Nicétas, que l'Empereur Andronic,

-X -- 1 -r— — JUHUU

u Stymphale ville d’Arcadie. Le premier étoit apellé leTemple de Junon fille; le second, le Temple de Junon ma-riée; 8c le troisième, le Temple de Junon veuve. Ces tmse

Tomr.1». t- C. -- ' "

(ïG Girac,Répliqué,çag. 54S.

( i O ’AeiV-

}ra°ú kv 7»7 IÍÇÌ ‘Zg-fx m»çUxcírs^pvn-îtzê -ta Afògìtyjf

Vi e ‘\Aç yf~fxv > Scc.Schol,Theocc. í*illfim VersEìd. XV,n*vT* yv~

vfuîs ìíntírtg>*a' tiç ZíhçityáyzfrH\hv.

( Paufan*

Ldr. 11 1

par, 78.

Temples lui furent bâtis par Temenusavoir été élevée. Le dernier fut fait ; '

(ft) Livr.

1, Cb.ll.

(21 ) 11 fauttvnfulttr Mr.Ménagétir. n s [es Ori-gines Fran-yoìses infol:o , rit mot

Cornes &Cecu,

euve. Ces troisauprès de qui elle

.— ....au tems qu’elle demeura

à Stymphale, où elle s’étoit retirée après son divorce. Voustrouverez dans le Dictionaire de Charles Etienne augmenté

, „ ri, i eur ret>r0 '. , par Lloyd (29J, la maniéré dont Jupiter fit revenir Junon

W fe moquer des habitant de Constats nop . ^ P qui l’avoit quitté. II fit courir le bruit mfli' " "

{her l impndìciíi de leurs femmes, avott accouflume At faire H .

dresser dans les lieux publics de cette grande ville, les plusbeaux ey Us plus grans bois de Cerf qu on pouvoit rencontrer-,C Artémidcre, qui vivoit il y a plus de quinze cens ans, fesert (jj-) da mot, planter des cornes, comme d’un proverbequi est communs qui n’avoit pas commencé de son temps (21'),Ce feroit lì en a y u j tr de son loisir que d’en rechercher l’origine,C? de se mettre en peine, s’il estait en usage du temps de Jupi-ter Hammon, ëju 0 y qti il en soit, mon Adversaire, qui fait

^TOME*!! Ke ^ aS ít ìi erm, ** c * tte f 0>i > î e me

Libr. 1 /,

fatum.

Cap,

(z s) Cest

ainsi

faut U nom**

pas Ôçtvsff,

Thionax,

comme il y adatu l e Sch® 5 *.Hafte dcTheocrîte.

C*est Meur-sius qaiafaiícetit tourte*

tioti, Mis-ccll flacon,prg 510.Costat <*

( 16 ) C’étoit m Ouv/rct del iS) Idem, Libr. VIII,. -“7-> -ivr. xiXj mais Natafls Cornes, Mythot,IV, m, 13}, cite Dototheus in. Libr. II Naitauoinim fabul®-

- bruit qu’il alloit se marieravec la fille d Asopus. Cette nouvelle fit plus d’impreffionfur le cœur de la Déesse irritée, que toutes les prières de T °

piter. Voira la Remarque (gj, a Pendroic où i e rauni^la génération de Typhon. J i uc

suivi de point en point Erasme, qui avoit dit ThionaxPoìycletc. Pausim Libr. II,pag %9 (íj) Idem, ibidem

pat 25Z. ( 29 )//cífí Phylarchus. Líbr.XlXi

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