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K O T T E R U S.
(c) Tire der Abrège deses Révéla-tions, sAp-fend. ///,& de /’Hií-toria Reve-làtionum,JW£.2l>22.
( 17 ) Intercep-tas in iilo .regno ( Hun-garisc Dra-bicius) capitemanucjjte am-ptítatis , libraquofiue cuitìtulus: Luxin Tenebris,
infami lococombufto àtg-nam pxnamlait. Idem,ibíd. Votez,a-dejsus IaCitation (r8)de f ^ArticleDRABICIUS.
(ïS)HÌstoíia
Révélât.
p*g. 28 .
( 19 ) C*étoitaìa tems deCromvjc!.Voìfiz. f Ar-ticle de C 0~MENIUS,\cm. ((?),Num. VI.
fi o) Arnol-dus, in Dis-curlu Theo-logico con-tra Corne-nium ,p. 10 .
(*i) Vtftx.tì-dejsus la"pemarcj, (C),'•trs UmilieH.
il arriva que David Wachsnian, Procureur Fiscal de l’Empereur dans la Silesie & dans 1 a Lusiuce, emploia toutes sortes de moiens pour se saisir de Kotterus, qu’il regardoit comme un im-posteur séditieux. Kotterus lui tomba entre les mains le z de Janvier 1627. On l’interrogea,on le mit dans un cachot, on attendoit de Prague la Sentence de la Chambre des Apellations:le Fiscal la reçut le z f d’Avril; mais comme il mourut peu après, on n’a point su ce qu’elleportoit. Kotterus fut tiré du cachot, & eut permission d'être visité de fa femme & de sesamis, Sc enfin on le mit au pilori ( D ), & on le banit des Etats de T Empereur à peine de lavie s’il y rentroit. II s’en alla dans la Lusace, qui apartenoit alors à son Altesse Electorale deSaxe, Sc y vécut tranquillement jusques à fa mort, qui arriva l’an 1647 ( 0 ‘ C’eíl par unefaute d’impression que le Dictionaire de Moreri lui donne quatre-vingt-douïe ans de vie (E).On ne peut disculper Comenius touchant PImpression de ces sortes de Prophéties (F). II enavoit vu une partie rhanifeítement convaincue de fausseté par l’événement. Depuis fa mort el-les ont été de plus en plus réfutées par le cours des affaires de P Europe: les Turcs qui selonlui dévoient ruiner la Maison d’Autriche, Pont remise sur le pinacle par leurs pertes continuel-les (G). II s’est rendu fort suspect: d’avoir eu en vue d’exciter des guerres.. On a les mêmes
soupçons
ment (17), 8 c tout aufìì-tôt il ajoûte qu’il paroît par lapage 1080, du II Tome des Disputes de Voetius, queComenius commit une faute très-honteuse en publiantles Révélations de ces gens-là. J’ai consulté cet endroitde Voetius ; mais ni dans la page 1080, ni dans la sui-vante, il n’y a quoi que ce soit qui se raporte à Comenius.
(D) On le mit au pilori .] Voici les paroles de Come-nius , Pojl alïquot adhuc- menfium deliberatïonem tgnominmpœna afiecerunt tait. Eduêîum carters collocarunt ad c'ippumfori,ferreo adstriílum collarï,ajfixaque supra caput scheda, culinscriptum fuit : Hic est Píeudo-propheta ille, qui prœdi-xit quae non evenerunt. Bord spat'to fie speílaculo relUlus ,per Liílorem urbe fuit eduêlus , exireque patriâ , nec in Cla-ris ditiones redire sub capitis pœna, jujsus (18).
(E) C'est par une faute d’imprejfion que le Diâlìonaire deMoreri lut donne quatre-vingt-douze ans de vie .] On le faitnaître l’an 1585 , & mourir l’an 1647 : il a donc vécu 62ans, 8 c non pas 92; mais les Imprimeurs prennent sou-vent l’un pour l'autre, le chiffre 6 & le chiffre 9.
( F) On ne peut disculper Comenius touchant ïImprejfiondeces fortes de Prophéties.'] Dieu me garde de prononcer ju-gement sur ce qui se passe dans le cœur de mon prochain.-e’est de Dieu seul que ces mystères relevent; mais il y ades occasions où l’on peut dire ce que l’on pense sur lesaparences. A plus forte raison m’est-il permis de repor-ter historiquement ce que d’autres ont pensé sur la con-duite de Comenius. Pendant qu’il demeuroit én Prusse,on délibéra fur son chapitre dans la Cour de quelquesPrinces, & l’on mit en cas de conscience à examiner,s'il ne méritoit point la peine que la Loi de Dieu ordon-ne contre les faux Prophètes. On l’a soupçonné d’avoirservi de conseil 8t de Sécrétaire a ceux qui machinoientune irruption dans la Boheme, & qui l’auroient exécu-tée, si les Anglois (19) leur avoient fourni les secoursqui leur avoient été demandez. Lui 8 c ses semblablespassèrent pour les instigateurs de la guerre que Ragotski& les Princes Radzivil entreprirent contre la Pologne.L’Eglise de Dieu à délivrer de la tyrannie Papale, étoitl’objet qu’on leur mit devant les yeux pour leur faireprendre les armes. Je ne dis rien là dont je n’aie un bongarant; car voici ce qu’Arnoldus écrit à Comenius. Pra-varicatio illa, quam dicis , tan H tamen non fuit, ut super eain aulis Principum deliberaretur , castes confcienth formativiris doíîis deádendi mitterentur , an Jim falfus Propheta , &confequenter, an in me pœna divinìtus m falfos Prophetas fta-tuta antmadvertendum non effet , quod de te in Borujfia cumadhuc morarer perfcr'tptum memini , cv forte autographum il-larum liter arum adhuc poffideo. Tanti, inquam, non fuitilla pravaricatio , ut proptèr eam orob.vrtp»y feue audirem , acdefertâ flatione mea Profefforia, Magnatibus pro fiabello inconcitandis motibus bellicis effem , uti de te rumor est , qui àmanu o- confilïts intimis suisse, illls diceris, qui inBohemiamtrruptionem ante annos moliebantur , fi modo annuifient illo-rum votis Anglì sollicitâti. Ego id non dico , quanquam fty-lus literarum tuo non fit abfimilis. Jam per rumores in Bo-rnjfia. (utinifi me omnino fallat memor 'ta Mine ad te perfcripfif)audiveram , Principes Radzivilios c? 1 Rakocium à vobis fuissetndtíéïos , qui arma contra Polonos capefierent , fpe liberandaÎLCcleftA à tyranntde Pontificta, cujus ret haud exigua paffìmtn volumtne tlh triuno extant argumenta. Ego tamen nondefinio (20). Je ne fuis pas étonné que Comenius aitété suspect de machinations politiques,, 8 c d’intrigues deguerre; car un Théologien voiageur autant que lui, &qui a fi souvent des affaires à la Cour des Princes, est unhomme en qui l’on ne doit pas trop se fier. L’Electricemere du Roi Frideric demande fi l’on peut trouver unRecueil des Prophéties de Kotterus : celui à qui elle s’a-dresse en fait faire une copie, & ne pouvant la donnerstú-même, il en charge Comenius. Celui-ci qui est àBerlin, 8 c qui n’a que deux pas à faire pour la donner àPElecttice,aime mieux venir à la Haie, afin de la don-ner en main propre au Roi Frideric, & de le haranguerlùr le. contenu du Livre, dont le pis aller, disoit-il, étoitde faire faire attention aux occurrences (2r). Cela sentfort le manege d’une Prophétie de faction. On préditce que l’on souhaitte de faire entreprendre; & puis on re-mue ciel & terre, pour engager à l’entreprise ceux qu’on
y croit propres. II y a beaucoup d’aparence que la for-te aplication, avec laquelle Comenius travailla à la réii- . ,nion des Protestans (22), venoit de l'envie de former un dmuÇmTimepuissant Parti, qui par les armes charnelles accomplît les de Vu» nc-Prophéties. Une autre chose a fait tort à Comenius. II «ssaïio, 7 ,«étoit docte & habile, il raisonnoit de bon sens dans d’au- fi*tres matières, il paioit d’esprit dans celles-ci, on ne oîvoioit rien en fa personne qui sentît l’Ënthousiaste.. Ce- eoéarrajsJla portoit à croire qu’il n’étoit point persuadé de ce qu’il l‘ pseu-disoit. II peut y avoir, & il y a quelquefois de l’impos- £ture dans les grimaces extatiques ; mais ceux qui se van- vaste, noxïetent d’inspiration, sans marqher d’ailleurs, ou fur leur proisiísquevisage, ou dans leurs paroles, que leur cerveau est dé- cxstiose tir-:traqué, & fans sortir jamais de leur état naturel, font in- jíJ'í 1 ' 111comparablement plus suspects de fourberie , que ceux-qui de tems en tems souffrent quelques convulsions, reconcìUín-comme la Sibylle plus ou moins.
lotus ecce, Titus: cm talia fiants,
Ante forts subito non vultus, non color unus ,
Non comta manftre coma : fed peftus anhelum ,
Et rabiefiera corda fument: Majorque videri ,
Nec mort ale fimans, adjkta est mmine quandeJam prophre Del (23 ). . . . .
1 ddsidô-liiim.- V>iet,.Spìzelius, ininfeUceLi-terato , f»g.102J.
(«j Virgil,Mn. Z>ibr.
Yl, Vêts. 4 s»
(24} IMd .rets. 77 .
At Phcebi nondum patient ìmmartis in antrelacchatur vates , magnum fi peíiore pofiitExcufiifie deum : tanto magis ille fatigatOs rabidum, fera corda domaris , fingitquepremendo (24).
Je consens qu on ne soupçonne de Comenius rien desinistre. Mais que dira-t-on contre ceux qui trouventmauvais qu’il ait débité pour divines les Révélations deKotterus, lors même que l’événement en avoit montréla fausseté (2j) ? J'avoue que cela me paroît inexcusable.Et quant à Drabicius, se pouvoit-on imaginer, que céfût Dieu qui l’inspirât? Si Dieu l’avoit inspiré, il auroitfortement voulu que Ragotski détruisît la Maison d’Au-triche, Sc sut que le Ciel le destinoit à ce grand ouvra-ge. Mais si Dieu avoit voulu cela fortement, n’eût-ilpas inspiré à ce Prince l’envie de faire la guerre à l’Em-pereur , ou du moins un peu de crédulité pour Drabi-cius ? Voici un fait qui témoigne l’entêtement de Come-nius. Son gendre (26) pria Arnoldus Professeur en Théo-logie à Franeker, d’assister de ses bons avis son beau-perequi sembloit hésiter sur l’impreffion des trois Prophètes.Arnoldus conseilla qu’on ne les imprimât point (27), lebeau-fils conseilloit la même chose (28), & se fondoitsur de très-fortes raisons. Mais Comenius n'avoit gar-de de déférer à l'avis de deux personnes, puis qu’il:n’avoit nul égard au Décret des Eglises Polonoises, qui.après avoir examiné les Révélations prétendues- de Kotte-rus & de Christine Poniáfovia, lès condamnèrent pourjamais à la fupreffion (29).
( G ) Les Turcs , qui selon lut dévoient ruiner la Maisond 1 Autriche , l ont remise fur le pinacle par leurs pertes conti-nuelles.] Volez sur cela les insultes malhonnêtes del’Auteur de l’Avis aux Réfugiez. Il est certain , dit-il( 3 °) > 1 ul glotte 13 “ le bonheur de Sa Majesté Impérialedans cette guerre contre les Turcs font admirables , c y qu àl éternelle confusion des Prophéties de votre Drabicius ,
Tf ieu a fait obtenir à ce Prince plus de grands fuccez qu'à.I Empereur Charles-^uint. Ce faux Prophète plus empressé àMaudire que Balaam , qui même lors qu'un Roi voisin l'enJollicitott avec de grandes promesses , ne voulut rien précipiter ,a lancé pendant plusieurs années fur la Maison d'Autriche lesplus effroyables maledifíhns qui lui mont oient dans l'esprit ,CY il l avoit pour ainst dire, dévouée aux Furies, es 1 auxDieux infernaux, Diris & numinibus inférais, à causequelle avoit persécuté vôtre Religion. Mais l'évenement afait voir qu il n entendait pas ce metier-là, v qu’il n’avoitpas fort bonne main à maudire. Jamais homfne ne méritamoins que lui l’éloge qui fut donné à Balaam, celui que tu
béniras
fies propresP a rolei qu’ilcroioit fituffií
quelques- uncedes Prédic-tions de Dra-bicius' , cellepar exemple
qui portoitque Come-nius affi/le-roit à Prés-bourg <M Cou-ron'Tìement duRoi de Hon-grie. Arn'ol-dus, in Dif-cursu Thco-logico con-tra Corne»nium y f42 .
(-S- If d A-
Pettoìtïì.gu-
lus.
( 27 ) /«Dis-
cursu Theo-logico , p. j.
( 28 ) Ibid.pag. s S.
(29) CottearîAna &'Po-niatovtAiìAvijtones utvana ad ji-lentium <fcrtenebras fm-runt ab illh
ibîd.
(}o)iS 7 .
Pag.
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