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Tome troisieme. K - P.
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L O T- T B R U §.

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soupçons contre un Ministre dont les Prophéties font plus récentes (/j). On s’est prévalu dèquelques paroles qu'on a trouvées à l’écart dans son Ouvrage, & par lesquelles on a prétendu

qu’il

(31) Parexemple lorsque les Titresreprirent Bel-grade Can169 o.

foi) On écritceci diù Moisd J 08 obre1695 , farsque nos Gt t-n&es ont dijàréduit à peude chose laperte que lesImpériaux-ent faite a»oombat de

(33) SsiUti

iìtertia Ceja-ruvi quasiconferíuit at-qùe decoxityrttfì qiiod fubTrajarlí prin-cipe îìtovettacertds , &prêter fpefoffnmiwn , sc-neïïas ÌTrtpc-rii, quasireddita jïf-•ùemute , ré-virefcit. Flo-tus,in Proœ-ext.

béniras fera bénit, & celui que tu maudiras fera maudit, d 1fi toutes vos imprécations Prophétiques ressemblent à celles deDrabicius, û y aura preste déformais à souhaiter vos- malé-dictions , €f on vous enverra- chercher avec- plus d'importum-té pour les recevoir, que le Roi des Moabites n'en employapour tâcher de jetter fur fies- ennemis celles du faux ProphèteBalaam. Depuis Timpreflion de cet Avis la prospéritédes armes de l’Empereur a été interrompue quelquefois( 31 ); mais ce n’a été pour les Turcs qu’un petit répit :leur mauvaise fortune a recommencé bientôt à déplorertoute sa fureur. Elle pensa les accabler Vannée- derniere(32,), elle leur fit sentir par tout son indignation, enDalmatíe, en- Hongrie,, en Pologne, sur l’Archipel; &s’il en faut croire nos Nouvellistes , ils perdirent deuxbatailles navales en très-p eu de tems, l'hiver dernier ,

, quoi que les vainqueurs n’aient pas trouvé à-propos de.poursuivre leur victoire, mais plutôt d’abandonnerl’Ilede Chio. Le nouveau Sultan releve en quelque façonles espérances de la Porte. On lui aplique ce que Florusa dit de Trajan ( 33 ) ; mais jusques ici il ne paroît pointpar les Relations de nôs Nouvellistes qu’il ait eu beau-coup de succès. Et pour ce qui est de Tekeli, que l’on-nous donnoit pendant le fiege de Vienne pour le princi-pal Héros de Drabicius, nous venons d’aprendre par lesGazettes, que les Turcs, las de la malignité opiniâtre deson étoile, l’ont enfermé dans les sept Tours.

Voilà ce q.ue je disois au. mois d’Octobre 1695 , pen-dant qu’on voioit une eípece de suspension de 1a bonne& de la glorieuse fortune des armes Impériales en Hon-grie. Les Gazettes de Paris amplifioient de jour en jourla, victoire que le Sultan avoir remportée depuis peu : lesautres Gazettes ne ceffoient de l’exténuer. On ne savoirpas encore quels seroient les Nouvellistes qui pourroientmettre dans leur parti les suites de ce combat. Les pro-grès des Turcs eussent confirmé les Relations de Paris ,8c réfuté celles de Hollande 8c d'Allemagne. Ils n’en fi-rent point, ils se retirèrent peu après dans leurs Etats fansavoir fait aucune démarche de vainqueur, 8c paria le.procès fut terminé à la confusion des Nouvellistes de Pa-ris. La fortune de fa Majesté Impériale reprit le dessusdans la fuite, Sc principalement en 1697, par une défai-te des Ottomans fi eomplette, fi honteuse , si pernicieu-se, qu’il n-’y en a guere de semblables dans leurs Annales.-Le Sultan qui s’y trouva en personne fut fi atterré de ce-

( 36 ) Votez*Monfr. deMeaiix, Ad-dition àl’Uistoiredes Varia-tions.

(54) Celui déHongrie.

succès d'une Prophétie quì n'étoìt qu un jeu de pajfé-pajje à sonégard ne l’a point humilié. On apuie aussi fur ce qu a.l’exemple de Comenius, il a fait une tentative pour laréunion des Luthériens 8c- des Réformez (36); dansl’efpérance,- dit-on, de grossir le nombre des troupes qui.attaqueroient l’Antéchrist. Encore un coup je consensqu’on- ne -regarde ceci ,, que comme un récit sidelle- dece que plusieurs disent Sc pensent. -Passons plus avant :volons ce que l’un de fes Adversaires a publié (37).

„- II faut être stupide pour ne pas découvrir un-artifice si- -r PeI1;íi„ grossier, fur tout quand il semble vous en avertir luy- son, chi- *„ mesme, Sc laisser par cy par là dans fes Ecrits-comme- mer’es de„ des pierres d’attente pour vous découvrir un-jour son- Mr - Drieu,,, secret , 8c se mettre à couvert de vos reproches, il Iv 1>an “>

„ est certain, vouS dit-il en un endroit (*), que souvent„ Jet Prophéties supposées ou véritables ont inspiré à ceux„ pour qui elles ont esté faites les dejjeins- d'entreprendre les„ choses qui leur estoient promises. II n’en faut pas davan-,, tage aux gens de bon esprit, pour leur faire entendre„ son intention, Sc connoiftre ses vues. Et ailleurs ;

,, Peut-eflfe sçaura-t-on quelque jour la principale raison qui,, ma fait parler d’une maniéré fi décisive,, ey d’un air fi„ persuadé sur Vexplication des Prophéties. On le sçaura,, nos très-chers Freres, de la maniéré dont il luy plaira„ alors. S’il s’est mecompté,comme il est aisé de le croi-,, re: je n avois, vous dira-t-il, que des conjectures-, rtiait,, il faloit fiuftenìr la bonne cause ,, comme on lé pouvoit, ey„ animer nos peuples par Un peu d’efperance. Je faVois que„ les Prophéties, mesme supposées, ont accoutumé de produi-„ re un effet semblable. Si au contraire les conjonctures,, présentés, la jalousie des nations, l’indignation des„ Etats Protestans pour leur Religion attaquée, les de-„ m estez des François avec la Cour de Rome, pfodui-,, soient quelque effet important , qui pust vous donner„ de nouvelles, espérances:- Jcfiavois bien, s’écrierOÏt-il,

,, ce que ie disois dés Vannée 1686 .- un Ange m'avoitparlé-;

», mais fi je Vavois dit alors y an nt auroit pris- poUr 'kn-im--», pasteur: VAnge luy-mefme m'avoit défendu cVeA-parler. Il„ me parle encore, cy me dorme la liberté de vous le decla-,, rer. Suivea-moy., nous allons commencer te rogne dé Diett-„ dont vous doutiez. , & que vius ■ luy demandiez, pourtant„ tous les jours dans vos prières. “ S’il étoit vrai que Mr.

Jurieu fût coupable de l’imposture doiit on l’accuse, ipauroit eu peur que le public rie fut pas capable de périé-

M - 1*4,

1.8 5 Edit.d* Amjter-

(*) Dans laseconde Edi-tion de f ^Ac-complissement

des Prophé-ties y a ì{oiter-dam i686jChapitre 15.

coup qu’il ri’aspira qu-à la-paix, Sc qu’il l’accepta l’année trer son secret; aimant donc mieux courir risque poursuivante aux conditions quon- voulut bien lui prescrire , son cœur que pour son esprit, il-auroit glissé quelques8t qui étoient les- plus- glorieuses 8c les plus utiles du paroles (38) qui découvrissent le mystère aux c-lair-irionde à fa Majesté Impériale. Jamais faux Prophètes voians.

n’ont essuie des afronts aussi sanglans que ceux que les Les fourberies, qu’on a découvertes parmi les petits

(38) Les deuxPassages parexemple que

Prophéties publiées par Comenius reçurent par ce^grand- Prophètes de Dauphine, ont-donné lieu à des Commen- fonrapïrfdeTraité de paix. L’Empereur qu’elles- avoient tant mena- taires bien amples fur le Passage de Mr. Pellisson que je l’Accom-

viens de raporter. On n’a qu’à lire un Ouvrage intitu- plissementlé, Histoire du Fanatisme de nôtre tems , cy le dessein que ^ es rio pké«l'on avoit de soulever en France les mécontent dés Calvinistes. U£S ’

(s s) Òn écritceci en Juin17 00, lorsque lés Nofi-vèllistês an-noncéht leTraité dePartage déla Couronned* Espagne ré-gi? par la¥ rance , parP k. Angles erre j& par laHollande.

cé y mortifia, y humilia, y foula aux pieds la fierté desOttomans à qui estes avoient promis tant de conquêtesfur la Maison d’Autriche. II joignit l’éclat d’une paixutile à la gloire qui avoit accompagné ses armes, Sc quìíavoit fait triompher tant par la réduction des plus fortesplaces, que par le gain de plusieurs batailles. II fait toutce qu’il lui plaît en Transilvanìe ; il a rendu héréditaireun Roiaume qui avoit été toûjours électif ( -24) , il n’enpofiedoit qu une petite partie, il le possede tout entierQue dirons-nous des avantages, 8c de la gloire qu’iiremporta dans le Traité de Ryswick, par le recouvre-ment de tant de païs que Ton avoit ôtez à TEmpire, ouà fes Alliez,- Sc par la réunion de Fribourg 8c de Brisacaux Etats Héréditaires de la Maison d’Autriche ? Si cePrince est heureux au dehors, il ne Test pas moins audedans; la fécondité, les mariages, 8cc. font prospérersa famille : son second fils est destiné à recueillir presquetoute la. succession du Roi d’Espagne par des Transactionsque la France même a consenti- de conclure (35 ). Profi-tez de ces confusions des faux Prophètes de Comenius ,vous tous qui avez -Taudace de menacer de l’Apocalypseceux qui ne vous plaisent pas.

( H j On a les mêmes soupçons contre un Ministre dont lesProphéties font plus récentes .j Ce que j’ai dit de Come-nius, je le dis ^ussi d’un .fameux Théologien de Rotter-dam' , qui a expliqué les Prophéties de TEcriture avecune très-hardie prétention d’avoir été inspiré. Je ne pré-tens point juger de son intérieur, Sc je consens que Toncroie qu’il n’a point agi contre fa conscience ; mais pe»sonne ne doit trouver mauvais que je dise qu’on Tasoupçonné de n’avoir eu autre dessein que de souleverles peuples, 8c de mettre l’Europe en feu. On se fondesur ce qu’il n’a paru en lui aucun signe de confusion ,après que T événement a démenti fes Prophéties de lamaniéré du monde la plus incontestable, il avoit, dit-on , une fi haute opinion de fies lumières C V de son esprit, qu ilseroit tombé dans un chagrin cy dans un abatement mortel ,par une épreuve d'illufion cy d?ignorante aujfi. terrible que leseroit celle-ci ; mais étant convaincu intérieurement qu il n apoint été trompé, d a conservé pour son esprit toute la mêmebonne opinion qu il en avoit auparavant, ains le mauvais

II fut imprimé à Paris Tan 169Z. Mr. Brueys, qui én estT Auteur, aiant ramassé divers endroits du Livre de Mr.Jurieu, pour prouver que ce Ministre s’est érigé en Pro-phète, ajoûte tout aussi-tôt: On ne doit pourtant pas s’ima-giner que ce- Ministre fût véritablement persuadé luy-mefme dece qu il vouloit persuader aux autres: cestoit avec desseinqu il ajfectoit de prendre ces airs de Prophète ; il fçavoit bienqu il ne l’estait point ; mais il vouloit imposer aux peuples ,pour les soulever, <y allumer me guerre civile dans le cœurde cet Estât, afin défavoriser les complots de nos Ennemis.Il estait fi plein de ce détestable projet lors qu il composa finLivre de Prophéties, qu il ne peut s’empefcher de découvrirluy-mefme fin dessein à un Lecteur qui a tant fiit peu de pé-nétration. Le tems auquel il Vécrivit , les motifs qui l'y porlterent, ey les traits qui échappent à fa plume, ou il a laissérépandre sans y penser quelques goûtes du venin dont fin coeurestait remply , tout decouvre le dessein de ce Faux-Prophete( 39)- Je ne raporterai point les preuves qu’il a donnéesde chacune de ces Remarques, je dirai seulement cequ’il observe à l’égard de la derniere. Voici, dit-il (40) ,ce qui lui a échappé en quelques endroits de son livre, eydecouvre manifestement qu il ríavoit autre but que de souleverles peuples.

,, Les Prophéties, qui font dans cet Ecrit, avoient„ d’abord scandalisé les plus éclairez de son party: il„ nous le dit luy-mefme dans la seconde Edition de son„ Livre : il y a des gens, dit-il (f), qui croyent que l’efpe-,, rance que je donne de rétablissement dans peu d'années peut,, beaucoup nuire. II s’attache d’abord à faire voir que,, cela n’est pas à craindre, 8c voicy ce qu’il ajotite: Il,, est certain , dit-il, que souvent les Prophéties supposées ou„ véritables ont inspiré à ceux pour qui elles avoient esté fai-„ tes les destins d'entreprendre les choses qui leur estoient pro-„ mises. Pouvoit-il déclarer plus expressément le but„ qu’il avoit de risquer de fausses Prophéties pour soule-„ ver les mecontens de France : 8c leur inspirer les des*„ seins d’entreprendre de se procurer eux-mesmes par la„ force cette prompte délivrance qu’il leur promettoit ?

C 3 „ Non

(39) Biueyr,Histoire quF anatisme,?«- 44-

(40) Lk-

(t) Tm. I t

^-Addition A/'Avis , puEdit .