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Tome troisieme. K - P.
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LEO N X. «5

mais l’Apologie de Paul Jove me paroît très-fbible (P) : elle a fait mettre en question s’il doit (-) voêtn»,paíîèr pour Athée (e). Les autres Apologistes n’ont guere mieux réussi (E)- On n’a besoin

pour fag. 204.

(ío) Guicc.

Lihr. XI,folio 316,

í<i) Votez*li-dessus lesfaroles dePaul Jove,

(.0),

Citation (ir).

(52) Ita sta-tus íír faÏÏus,ita altus at-que éducatifs ,ita denìquetruditus tttqueìnjíitutus hictft , m nemì~7 ii fecundusingénia , ne cacjualibus in-duflria , necpraceptoribusliteratura ,■necjue çravi-tate ienihusconce(ferit .Nativa in eoprobitas ,penuina : di-iigentia cftio -que parentisita impensecuit a est , «fex illius arenon modo non

■ verbum diftufadius , fedne levius qnî-dem tinquam**** etiam li-tent i as exd-derit. Non .tíftto , nonpejlus , nonincejsus, in il •io notât m :non aliudpos -îmwo quodindeteriorempartem confpi-ceretur. Sicin viridi

■ atette canamaxuritas ,

«f locjutn-tem sénés étu-diant , proa-vitam in eo ,«0í paternamcerte indolemainoscamus.Cultum pieta-îis & religio *w/í perte etiam

‘ latte nu-tvicis exjitxit:etiam tum abincunabultssacra médita ••ojjìcia.Politian,Epist. VLà' K// 7 .

(63) Jovius,»» VitaXeonis X,192.

<« 4 ) n,d.

í*i- 193.

<«;) Mi.

t * g - 192 »

29 j.

henignità, stimato casto e di perfetù cofiumi , e fperandost chea estenpio del padre havejfe a ejfere amatore de letterati, e ditutti gli ingegni illustri : laquale efpettatione accresceva l'ejferestata fatta l'elettione candidamente sema fimonta , 0 sospettodi macula alcuna (60). Voiez dans la Remarque (L)'lacontradiction où Varillas est tombé. .

(P) L’Apologie de Paul Jove me parait tr'es-foiíle.~\ Lesmoiens de cet Auteur pour justifier Léon dixieme se peu-vent réduire à quatre. I. II prétend que ce ne fut pointpar un mauvais naturel, mais par une humeur douce ,facile, magnifique, que ce Pape obsédé de personnes vo-luptueuses s’engagea un peu trop avant dans les plaisirs .(61 ). C’est une pauvre excuse; il y a beaucoup de fil-les de joie qu’on pourroit justifier par ce principe. Ellesne íont point naturellement méchantes, brutales, cruel-les; un grand fond de facilité, de douceur, & de com-plaisance, les.sait tomber, dans le piege du tentateur. Jeremarquerai en passant que Politien a dit des merveillesde Léon dix. C’est dans une Lettre qu'il écrivit au Pa-pe Innocent huitième, lors que ce jeune garçon fut faitCardinal. Voiez la marge (62). Paul Jove dit en IIlieu, que si l’on compare Léon dix avec ses prédéces-seurs , on le trouvera fort sage. Si aliqua ex parte eo no-mme fugillarï inclyta virtus potuit , Léo certe cum fuperiorumprincipum fama comparatus istmatione retliffìma continentis.laudem fer et (63). Cette excuse ne vaut guere mieuxque l’autre. III. II dit que ce Pape aiant eu une bellerenommée par raport à la continence, se précautionnaenfin contre les attaques de l'impureté, en renonçant àla bonne chere, & par des j ûnes réglez. Constat t ameneum, quod à prima adolefcentìa opinione omnium fummamcontinentii laudem fuijfet adeptus, non importuna quidampudicitu castitatique pri/idia quijìvistet quando nequaquampristim vïti more tam multis deltcatisque obfonïis uteretur -Itemque anima ver'e pudico die mercurii carnes non edere, dieautem Veneris nihil gustare priser legumen ejr olera, ac diedemum Saturni cœna penitus abstinere, incorrupta lege instt-tuijfet (64). Ceci vaut mieux que tout le reste. Enfinil dit qu’on doit faire une grande différence, entre les vi-ces qui conviennent à un Souverain entant que tel, &les vices qui lui conviennent entant qu’homme. Et ilnous allégué l’Empereur Trajan si aimé du peuple Ro-main , que le comble des souhaits qu’on faisoit pour lesEmpereurs étoit qu’ils régnassent aussi bien que lui; &néanmoins on n’ignoroit pas la pédérastie 8t l’ivrogneriede Trajan. Cela veut dire que les vices de Léon dixn’étoient pas contraires aux qualitez d’un bon Souverain,mais seulement à celles d’un bon Chrétien, & qu’ainsion doit pardonner les déréglemens de fa jeunesse, puisqu ils ne 1 ont pas empêché d’être un bon Prince. Alìaprmcipts , alia hominis este vïtia quis nescit ! hic uni privataconditione qmm noceant, etiam aliquibus fortaste profetnt :illa vero ab dira potestate, ev luítum ey calamitatem univer-sts mortalibus apportant : idque ■veriffimum este constat pncla-ro quondam populi Romani testimonio, qui neminem fibi prin-cipem Trajano meliorem exoptavit , quanquam eum illiciti li-btdinis ac ebrietatis censura notaffet. Sed demus aliqutd hu-manitatì Leonis, uti in summa licentia fervidi isatis ac pros-peri •yaUtudinis iftum igerrime sustinenti , postquam in mag-nts Jalutaribusque -vìrtutibus cptimi atque benefici cognomen-tum facile meruent ( 6 g).

Généralement parlant, il faut convenir de la Ma-xìmede cet Auteur: il est très-poffible qu’un Prince soit hom-me de bien, & en même tems un pauvre Roi, c’est-à-dire un Roi qui ne sache point maintenir la vigueur desLoix, ni remédier aux maux de l’Etat. D’ailleurs, il est,très-poslìble qu’un Prince observe très-mal les réglés desmoeurs, qui prescrivent aux particuliers ce qu’ils doiventfaire; & que néanmoins il soit un bon Roi, c’est-à-direun Roi qui maintient l’ordre dans son Etat, & qui distri-bue sagement les peines & les récompenses, fans être àcharge à son peuple par des impôts, & par des Editsburfaux. Mais il est très-rare qu’un Prince voluptueux &prodigue, comme l'étoit Léon X, soit un bon Prince :il faut qu’afin de fournir à ses dépenses il surcharge sessujets, & pour l’ordinaire il distribue ses grâces selon lecaprice des ministres de ses plaisirs, & par conséquent àdes personnes indignes, dont il n’a pas le tems de punirles malversations, trop occupé de ses voluptez, pourpouvoir donner aux fonctions de la Roiauté l’aplicationqu’elles demandent. II seroit facile de prouver que les sujetsde Léon Xavoient sur le dos beaucoup de charges. De plus,ne songe-t-on pas que la principale dignité de Léon étoitune dignité sacrée, une dignité ecclésiastique? Ainsi, pour co-noître s’il a rempli ses devoirs,il ne faut pas examiner prin-cipalement s’il a fait ce que demandoit fa dignité tempo-relle; on ne le sautoir justifier à moins qu on ne montrequ’il s’est aquité soigneusement de ce qu’exige l’autredignité, c’est-à-dire à moins qu on ne montre qu’il a ob-servé les préceptes de l’Evangile, & qu il n a rien oubliépour les faire pratiquer aux autres. Voilà ses principalesfonctions, & là-dessus son Apologiste est contraint del’abandonner. I» hit vira qui rtm dmnam rtfpìcmnt nt -

num Phœlìi x ,que facerdoVirgil.

Libr. III ,

Vers. So.

( 68 ) Marinaquinctìamjungebat cor-porel vivh ,Companemmanibusquemanus , ntqueoribus ora ,

( Tormentigenus) & fa'

Complexu imifero , long»sic morte ne-cabat. Idem,Libr. VIII,Vers. 485 .

quaquam secunda fama pngravart est visus. Nam indul-gentias vetera Pontificum ad parandam pecuntam instrumen-ta adeo plene atque affluenter provinciis dédit , ut fidem sacro-saníli poteftatis elevare wderetur (66). (66) Jovius,

Je dirai par occasion que ce mélange d’Autorité teni- r» vit. Léon.porelle, & d’Autorité ecclésiastique, dans une même b a g- w-personne, est ordinairement la ruine de l’esprit évangéli- , ,

que. Cette combinaison avoitlieu parmi les Paiens(67), xiot9 liîr& n’étoit pas inutile au bien temporel de la Religion : le mélangeelle a servi notablement aux mêmes fins dans le Christia- de l’Auto-nisme; mais elle y a produit une extrême corruption des “jj emœurs. Le caractère ecclésiastique devroit prévaloir, & rituelle.tenir-lieu de principal, puis que l’autre dignité n’est qu’unaccessoire: cependant, il est presque toujours absorbé (67) %cxpar son compagnon. Joindre ces deux choses ensemble, -Anius tpxc’est joindre un cadavre à uu corps vivant; jonction fu- ld,mneste, où le cadavre communique fa pourriture au corpsvivant, & ne reçoit de lui aucune influence vitale ( 68 ).

Le monde, la chair, la partie foibk, attire à foi les ré-solutions & les conclusions, tout de même que dans lesyllogisme la plus foible des prémisses est la réglé de laconséquence (69). L’Auteur de la Critique générale(70) en parlant de la distinction qu’on a forgée entre unPape qui prononcera: Cathedra, & le même Pape quiprononce d’une autre maniéré, a raporté le bon mot d’unpaïsan de l’Electorat de Cologne. J’ai cru pendant fortlong-tems que ce bon mot ne se conservoit que par tra-dition, mais je me trompois: il est imprimé depuis plusd un siecle dans des Livres graves. Duaren l’a insérédans l’un de ses Livres (71), & l’a copié de Fulgose (7z).

Voici en vieux Gaulois toute l’Histoire : il est vrai qu’on H ‘” Usn’y parle pas nommément d’un Electeur de Cologne. Leconte est fort plaisant d'un villageois Allemand , qui travail-lant en son Champ, vtd pasterson Evefque, accompagné detrain plus digne d’un Satrape, que de celui qui fe dit fucceffeurou Lieutenant d’un Apoftre: dont estant scandalisé, fut con-trains de rire, s’efcrier fi haut que le révérend fut emeu (69) Conclu-lui en demander la raison. Il refpond en son naturel , comme fi* stiuìturvillageois, c est à dire comme personne véritable cr stmple ; dtkhnamfe ri quand je pense en S. Pierre csr S. Paul, cr que je te Ì’ artem ‘voi en tel équipage. Comment cela, dit r Evefque t Et deman- < 70 \ Tom.dés vous comment, dit lePitaut: ils estaient fort mal-advi- 11/pags'fés d'aller ainsi seuls par tout le monde , O* à pied, veu qu’ils ISI . st la »estoient les chefs de l’Eglise Chrestienne, V Lieutenant'de fe- Ei,Um -fus Christ-Pet des Rois. Et toi qui n’es que noftre Evefque,tu vas fi bien monté , cr as si grande fuite de spadassins, quetu restembles plustost à un Satrape , qu un Pasteur d’-Eglife. Acela répliqué le révérend : Mais mon ami , tu ne considérés pasque je fuis aussi bien Comte & Baron, que ton Evefque. Aquoi le rustique rit plus qu auparavant ; & lui demandant , . _íEvefque, pourquoi 1 II refpond, deà Monsieur, quand ce Mgosius!"Comte Baron , que vous dites eftre , fera en enfer , ott fera Factor. 8elors Monsieur l’Evefque ? Ainfi confus, le révérend fans mot Dictor -refpondre poursuit son chemin (73).

(§0 - - - Les autres Apologistes ri ont guere mieux réussi.'] cap.' u, ’Disons un mot fur la maniéré dont quelques Auteurs ont folio m.\st.voulu justifier Léon X, par raport à l’impiété. Coeffe-teau (74) n’allegue point d’autre Apologie que ces paro- M pierreles d’Onuphre Panvinius (75) : Erat rerum divinarum di- dssor-

ligens obfervator. Rivet (76) lui répliqué: Ilyaastez. de „„Profanes ax Athées qui observent exaSlement les cérémonies , Traité depour cacher leur impiété fous ces feuilles, qui entre amis disent Simonie t

quelles font ad morem, non ad rem, legibus justse, non chA ^ V1 ‘Diis gratae. Sannazarius , qui le fait mourir fans prendre lesSacremens , pource qu’il les avoit vendus auparavant, ne nous iotife^aule donne pas tel qu’Onuphre le veut peindre. Remarquez Mystèrebien que Sannazar ne prétend pas que Léon ait refusé les dTniquité,Sacremens. Si ce Pape ne communia pas, &c, au lit I22? *de la mort, ce fut à cause de son délire. Jaques Gretser,outre les paroles de Panvinius, allégué la Bulle de LéonX contre Luther. Bulla qua Léo Lutheri errores damnat,immanem hancpfeudologiamperfpicue redarguit (77). Celaest pitoiable; car quand ce Pape n’auroit eu nulle Reli-gion, il auroit pourtant suivi le style ordinaire dans faBulle, & fait éclater beaucoup de zèle contre un Héréti-que , qui lui disputoit une autorité d’où dépendoit toutson bonheur temporel. Palavicin (78), voulant répon-dre au. reproche que le Pere Paul a fait à ce Pape, d’a-voir eu très-peu de foin de la piété (79) > àit trois cho- ln

ses: il allégué, 1, le témoignage de Politien (80); 2, Examinales jûnes du Pape; 3, la majesté & la bonne grâce avec Mysteriîquoi Léon célébroit la Messe. La seconde de ces trois Messtan.choses, st elle est telle que Paul Jove l’a raportée (81 ),est, ce me semble,une bonne preuve de Religion,quastd . .

on en pese bien les circonstances. La prémiere ne figni- ^ Con °*ffie rien; car les enfans jusques à un certain âge font tofi- jì 0 , ubr. r,jours persuadez des Leçons de leur Catéchiste; ils n’y Cap. 11.oposent aucune objection. S’ils deviennent impies, c’est sanbbe

« quand fiato un per-

fitto Pontifier,

fe con qutstc havestc congiunto qualifie cognitame delle cose délia religione, ir atquanto pi ted’inclinatione alla pteia: deW una & stll' altra délit quali non moflrava baver gran cu-ra. Fra-Taolo, lftor. del Concilio, Libr. I, pag. y. (g 0 ) Voiez la démarque(P), Citation (62). (81) Votez la Ppm&r que (f), citât. (64),

(71) De ík-cris Eccles.Minister.Libr . /»

Cap. IV»

(7l) biVita Leo-nis X.

( 76 ) Re-marques fûtla Réponseau Mystèred’Iniquité,II Partie,pag. 640 »

(77) !n