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Tome troisieme. K - P.
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L E O N.

(á) â,st à

dire le soirdu jour quetioits nomme-rions U I H.

(7)Schottus,Biblioth.Hiípan. pag.266,

On a quelques autres Livres de fa façon (D), qui ont fait souhaiter que le reste de íèsOuvrages fut mis en lumière (/)•

(f) Schottus, Biblioth. Hifpan. pag. rSL.

(D) On a quelques autres Livres de fa façon.'] Un Traité tre de divinis Nominibus (8). Un Commentaire fur îeimprimé à Salamanque fan 1590, de utrìufque agni pypic't Pseaume XXVI (9). Notez que cet Ecrivain est un deac vert immolationis légitime tempore , ou il soutient que ceux qui appliquent à Mahomet les Prédictions des Apo-f Agneau Pascal étoit égorgé au commencement du 14 tres touchant f Antéchrist (iv).jour de la Lune (6), & que Jesus-Christ qui se conforma , . , , ^ , ,, ,

a cet usage célébrant la Paque fut cruerite ce jour-la me- Al f g _ ^ ^ \ Io) Heidegger in Myster. Babyl.

me (7 ). Un Traite de frobs, matrtsfamuias Officio , un au- Magnas pag. 70 Tomi /.

(K) lâem^ibidem*

(<*) Cieça,*»

Procmio.

ques-unes, quand ce ne feroit que pour faire voir l’injustice de ceux qui prétendent que lesChrétiens ont apris aux peuples de P Amérique à être méchans (A). Cela n,

(t) PietroCieça,Historiadel Peru,Cap. XII,folio m. 23.

(r) Idem.ibid. folio 23

(A) J’en raporterai quelques-unes, quand ce ne feroit quepour faire voir l’injustice de ceux qui prétendent que les Chré-tiens ont apris aux peuples de ï Amérique à être méchant.] IIdit que les grans Seigneurs dans la valée de Nore tâ-choient de prendre chez leurs ennemis autant de femmesqu’ils pouvoient, & qu’ils couchoient avec elles,& qu’ilsnourrissoient délicatement les enfans qu’ils en a voient;mais que les aiant nourris jusqu’à sage de douze outreize ans, & les volant bien engraissez, ils les tuoient,& les mangeoient : c’étoit pour eux une viande délicieu-se (1). Parlons du traitement que les habitans de ce païs-là faisoient à leurs prisonniers de guerre. Ils les rédui-soient à la condition d’esclave, & les marioient, & man-geoient tous les enfans qui venoient de ces mariages, &puis ils mangeoient les esclaves mêmes quand ils les voioienthors d’état de procréer des enfans. Mangiavarto i figlivolide queì fchiavt , er pot mangiavano gli istejjì fchiavi quandoerano tanto vecchi , che non potevano generare (z). La pré-miere fois que les Espagnols entrèrent dans cette vallée,un Seigneur nommé Nabonuco les vint trouver aimable-ment, accompagné de quelques femmes: la nuit étantvenue, deux d’entre elles se couchèrent tout de leur longsur un tapis, une autre se mit de travers afin de servird'oreiller à Nabonuco pendant que les deux autres luiser-viroient de matelas. II se mit sur ces deux-là, & pritpar la main une quatrième femme qui étOit très-belle, &quand on lui demanda ce qu’il en prétendoit faire, il ré-pondit qu’il avoit dessein de la manger, & de fe repaîtreencore d’un enfant qu elle avoit eu (z). L’Auteur ob-serve qu’au pais de Quito les femmes labouroieut la ter-re, & avoient foin des moissons; & que les hommes nes’occupoient qu’à filer, & à prendre garde au ménage(4). On adoroit le Soleil dans le Perou, & l’un des prin-cipaux actes de l’adoration étoit de lui ofrir six dens quefolio 7i verso. p on 5'ctoit arrachées ( 5 ). 11 y avoit dans ce pais-là biendes Provinces où l’on avoit perdu entièrement les idées del’honneur par raport à la chasteté. Un de leurs divertis-semens étoit de chanter les belles actions de leurs ancê-tres ; ils faisoient Cela en dansant au son d’un tambour,& en buvant jusqu’à s’enivrer, & puis ils prenoient tellefemme que bon leur sembloit, & jouïssoient d’elle sansque personne y trouvât nul sujet de blâme. Alcuni pì-gliano quelle donne , che gli piacciono , V" condottele in certecase , sfuocano con quelle la lor lujfuria, non fe lo recando àbiafmo , perche non conofcono quai dona fi conserva con la ve-recondia, ne tengono conto di honore , e manco riguardano almondo (6). Voilà ce qu’il faut bien faire sentir à ceuxqui nous viennent tant parler des bonnes mœurs des A-méricains, & qui prétendent que nous avons apris à cesnations-là à être méchantes depuis que nous leur avonsaporté la lumière Evangélique. Les Espagnols les plusdébauchez n’avoient jamais vu en leur pais ce qu’ils vi-rent dans le nouveau Monde, je veux dire que les fem-mes courussent après eux avec des transports enragez d’a-mour, Sc munies de certains secrets destinez à augmen-ter le plaisir. Voici fur cela quelques lignes Italiennes :Lïell' Ijlorie del l Indie narra Amerigo Vefpucci d’effer capitatoad una certa cofta , dove trovò femmine di tanta libidine ,che corne fpiritate correvano dietro d fuoi marìnari , percheufafsero con esse loro ; e dice, che havevano un sugo dt non soche erba , col quale bagnando le parti genitali de gli huomini,non solo cagionano , ut citius, ac ssepius erigerent, sed e-tiam quod eorum pénis in infolitam excresceret magnitu-(7) Aleísan- dinem : il che piaceva loro mirabilmente ( 7 ).

Voici bien pis. L’Auteur raconte que dans la Provincede 'Carthagene les hommes regardent comme un défautla virginité de la fille qu’ils doivent épouser; & c est pourcela qu’ils ne consomment le mariage qu après qu’elle aété bien purgée de cette tache par ses parens ou par sesamis. On emploie en quelques endroits se bon office dela mere, mais de peur de tromperie, on veut que celafe fasse en présence de témoins. In certe parti délia pro-vincia Cartagena, quando mantano le figlivole, & che lafpofa deve andare a marito, la madre délia giovane tn pre-jentta d alcuni fuoi parenti le toglte la virgtnità con le dita,fi che riputavano, che fujfe pin honoro mandarla à marito

(ì) Idem,ibid. folio 24

{4) Idem,ibtd, Cap.XL,

(s) Idem,Cap. XLIX,folio 99.

( S) Idem ,Cap. XLI,folio 82 verso.

(8) Cieça,Cap. XLIX ,folio 99.

(9) Leur an-cien Nom ejb

Baléares.

(10) Diodor,'Sicul. Lìbr.VyCap. XVIU.

(u) LesBaléaresétoient si las-cifs > quequand unCorsaire leuramenoit desfemmes àvendre , ilsdonnoient zou 4 mâlespour une fe-melle. Dio-dor. Sicul.Libr. F,

c*.

dro Taffoni,Pensieridiverst,

Lib. V.

Cap. XXX,pag. MS-

ne peut etre vraiqu’avec

cofi corrotta , che con la sua virgtnità. Ma tra quefti coflu-mi ufati da loro, èfa miglior di alcune terre, che i parenti,b amici, toglievano la virginità alla giovane, 13“ con queflaconditione la maritavano , c ? il marito la riceveva (8 ).

Diodore de Sicile attribue le même goût aux habitans desIles que nous nommons aujourd’hui Majorque & Minor-que (9). II assure que dans la célébration de leurs ma-riages l’époux ne jouïssóit de l’épouse qu’après que tousles parens & tous les amis qui avoient été priez âu festinnuptial avoient joui d'este chacun selon le rang que sonâge lui dormait (10). II étoit bien surprenant qu’une na-tion auffi lubrique que celle-là (11) fût si peu jalouse;car pour l'ordinaire plus on est enclin à cette brutalité,plus est-on sujet à la jalousie. Témoin les Turcs, & lesMores. Ceux-ci font bien éloignez de l’humeur des A-méricains de la Province de Carthagene : ils demandentfur toutes choses une épouse qui ait bien conservé sonpucelage; & s’ils n’en font point convaincus le lendemainde leurs noces, ils la renvoient à ses parens. Voiez laRelation de Maroc publiée par Mr. de Saint Oion l’an1695. On a trouvé des peuples proche la Mer rouge,qui font jaloux de cela jusqu’à la fureur; ils ne scroientpoint sûrs de leur fait, si l’on n’eût pris dès le berceaucertaines mesures qui engagent 1e nouveau marié à com-mencer par une espece d’opération de Chirurgie. LeLatin du Cardinal Bembus fera entendre ce que c’est.

Aliis pofl hos relìclis populìs, mare rubrum ingrefft , complu-res nigrorum item ey bonorum hominum , ac bello fortiumcivitates adierunt : qui natìs statim fœminis naturam con -fuunt, quoad urina exitus ne impediatur .- eafque cum adole- ■verìnt, fie confinas in matrimonium collocant; ut fponfi pri-rna cura fit, conglutinatas atque coalìtas puella oras ferrointerscinder e : tanto in honore apud homines barbaros est nonambigua ducendis uxoribus virgtnitas ( 12 ). Faut-il que (12) PetrusThomme soit sujet à des folies si diamétralement oposées! Bembus,Revenons aux Américains. La plupart guérissent eux-mêmes le mal qu’il y auroit dans leurs mariages si lesfiancées astoient filles au lit nuptial. On diroit qu’ils nese fient qu’à eux-mêmes : ils ne laissent rien à faire auxparens ni aux amis, je veux dire qu’avant que de parlerni de fiançailles, ni de contrat, ils font tout ce qu’íl leurplaît avec celles qu’ils épousent dans la fuite : Si marita-vano alla figgia de i lor vicini: L? odo dire, che alcuni, bla maggior parte , prima che fi maritìno, togliono la virgi-nità à quelle , che s'haveano da matitare, mes :olandofi conquelle lujfuriofamente (13). Au reste, ce n’est pas le goûtgénéral de l’Amérique de mépriser ainsi la virginité. II ya plusieurs nations Ameriquaines, où tous les maris lademandent: mais la plupart ne la trouvent point; ilsviennent trop tard : La maggior parte de gli Indiani fi ma-ntano con le figlivole c? sorelle- d'altri, senza ordine, er po-chi trovano le mogl't vergtni (14). Ce que l’Auteur obser-ve à l’égard de la Sodomie est afreux : on la pratiquoit ..hautement & publiquement: Non estante c havejjino moite îToafi,donne bellijfime , tuttavia (fi corne da loro intefi) usavanopublicamente il trifto vicio délia sodomia , L? anco fie ne van-tavano alla scoperta (15). Et st y avoit même des tem-ples où elle étoit exercée comme une action de piété(16); abomination qui ne s’est point vue dans le Paga-nisme de l’ancienne Grece, quoi que la prostitution desfemmes en l’honneur des Dieux y fût très-commune. Jen’ai point remarqué dans Cieça qu’il y eût des peuplesdans ce Monde-là qui ne couvrissent point les partiesqu’on apelle honteuses; mais d’autrcs Relations l’assûrentpositivement, & avec cette circonstance fort étrange queles personnes de l’autre sexe qui avoient encore leur vir-ginité ne cachoient rien, & que celles qui ne l’avoientplus cachoient seulement les parties naturelles: Hispanisulteriora tentantibus, terra est objeêla , continent paulo minusdecies centena mtllia pajfuum ab Hifpaniola protenfa meridiemversus. atque in eapopulifub rege hélium cum finitimis gerenteoccurrerunt : quorum fœmintt virum pajfa nullam partem cor-porìs ,prs.ter muliebria, virgines ne illam quidem tegebant{if).

Cela est fort surprenant, puis que par tout les loix de la ...

bienséance sont plus relâchées pour ses femmes que pour ’ilbr. vi,‘fiu tses filles, rry verso,

, Notez

Hist. Venet,Libr. VI,folio m, 130,,

C r 3> Cieca»

oy. xux,

folio 99.

(14) Idem,Cap. XIX,

(ts) Idem,Cap. XLIX,folio 99 versosVolez, aujjiCap. LII,folio 104verso.

(t S) Idem ,Cap. LXIV,folio 128 ,

( 17 ) PetrusBembus,Hist. Venet,