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Tome troisieme. K - P.
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LEONTIUM. L E O V I T I U S,

9 Î

plier (L); Lc que même elle s’érigea en Auteur (C). Notez que son Metrodore étoit l’undes principaux Disciples d’Epicure. Elle eut une fille qui se gouverna très-mal, & qui péritde mort violente, comme on le verra ci-dessous ( D ).

J’ignore d’où Louis Vives a tiré la raison qu’il donne pourquoi elle fit un Livre contreThéophraste. II prétend qu’elle le fit à cause, que ce Philosophe avoir publié plusieurs bon-nes choses concernant le Mariage (E).

(7) Toffius,de PoëtisGrscis,

S°.

(8) Pauson.Libr.I,yag. 8.

{9) Kinìus,Mb. XXXV,Cap. XI,pag. m. 23 í.

(to) DeNa-tura Deor.Libr. I,O'p.XXXMI.

fil') Plinius,in Pissat.

Ménagé par ces paroles : Hermefianax Colophonius , Poe t aElegiacus de patria Colophane egregmm Carmen condiiìt, utex Pausania cognoscere est ^ 7 ). Pausanias ne donne pointlieu à lui imputer cela. II se contente de dire qu’il necroit pas qu’Hermeíìanax fût en vie, lors que Lystma-chus détruisit la ville de Colophon; car, ajoûte-t-il,Her-mesianax auroit fans doute déploré dans quelque endroitde ses Poésies la ruine de cette ville, sï? Qoívikx ìáiipwotonìTÌjv ItoAoQimiov , flpjfVîîcraíí t>(V HKouno E ’fiMíoiávaï; 6 rà ÈAe-ytix ypxtfuç oby. ’ért (é/taì Soxéív) vepivjV t élira yxp xov xaì avròçctv iitl dtovo-ji KoA oQSivi àSvparo. Phoenix Colophonius iambo-rum scriptor eam excijionem deploravìf, nam HermestanaBaqui elegos scrìpfit , ad illud usque tetnpus superstitem suisse noncrediderim , neque enitn is in al'tqua carminum fuomm parteexcisant Colophonem non destesset (8). Vous voiez qu’il ve-nait de parler du Poète Phénix natif de Colophon, quiavait fait pleurer ses Muses fur ce sujet. Nous pouvonsrecueillir de ce Passage de Pausanias qu’Hermesianax aété contemporain d’Epicure, & qu’ainsi la Chronologiepeut fort bien soufrir qu’íls aient aimé la même Leon-tium. Pausanias ne se ferait pas ei primé comme il a fait,fí ce Poète élégiaque avait précédé de beaucoup d’annéesle teins d’Epicure. Prenez garde que Lysimachus, quiruina la ville de Colophon, est l’un de ceux qui partagè-rent les conquêtes d’Alexandre.

(B) Elle s’aplìqua tout de bon d philosopher .] De là vientque le Peintre Théodore la peignit comme méditante.Leontium Epicuri cogitantem (9).

(C) Elle s érigea en Auteur .] Elle écrivit contre Theo-phrafte, qui étoit le plus ferme apui de la Secte d’Aristo-te, & l’ornement de son fíecle. Cicéron témoigne qu’elleécrivit cet Ouvrage fort poliment. Non modo Epicurus,dit-il (10), zv Metrodorus , ZV Hermachus contra Pythago-ram, Platonem, Empedockmqut dixerunt, fed meretriculaetiam Leontium contra Theophrafium scribere ausa est , scitoqu]dem illa sermone ZV Attico , sed tamen tantum Epicurihortus habuerit lìcenth , zv soletis queri. Ces dernieres pa-roles ont exercé les Critiques; on les arrange en plusieursfaçons, & je doute que l’on sache la véritable; on nelaisse pas de conoître le but de l’Auteur. II veut exagé-rer la licence que l’on se donnait dans l’Ecôle d'Epicure:afin de mieux réussir il allégué la hardiesse de Leontium,femme débauchée qui osa prendre, la plume contre Théo-phraste. Mais quelque habile Rhétoricien que fût Cice-ron, il a beaucoup moins réussi que Pline à donner uneîorte idée de l’indignité qu’il trouvait dans l’entrepriseoe Ceontium. Nous aprenons de Pline que l’audace decette femme fit naître un Proverbe dont le sens étoit,qu’il ne restait plus qu’à s’aller pendre, puis que les ha-biles gens étaient exposez à de tels affronts. Ceu vero ne-sciant adversus Theophrafium, hominem in eloquentia tantumut nomen divinum inde iwvenent , scripfijfe etiam feminam ,C? proverbium inde natum , suspendio arborem eligendi (n).

(D) Elle eut une fille , qui • . . périt de mort violentecomme on le verra . . .] Cette fille s’apelloit D a n a e. Enfait de Galanterie elle suivit le train de sa mere : je nesai point st elle se mêla tôt ou tard de philosopher. A-tbenée n’en dit rien, & il est l’unique Auteur qui m’aitapris quelque chose touchant cette femme. II dit (12.)qu’elle se jetta dans la profession de Courtisane, Lc qu’el-le devint concubine de Sophron Gouverneur d’Epheiè.Elle s’insinua auísi dans les bonnes grâces de Laodioe,jusques à être fa conseillère & la confidente de tous léssecrets. . Aiant su que Laodice voulait laite mourir So-phron , elle lui fit figue de se retirer. 11 comprit le périldont elle T avertissait, & il fit semblant d’avoir oubliéquelque chose, sans quoi il ne pouvoit pas répondre sel-la matière qu’on donnoit à examiner. II obtint du teinspour rapeler ses idées, mais il ne comparut plus, il sesauva de nuit à Corinthe. Laodice n’eut pas plutôt dé-couvert que Danaé avait été cause de cette évasion,qu’elle la condamna à être précipitée. Danaé , sachantle péril qu’este courait, fut assez fiere pour ne vouloirrien répondre aux questions de Laodice ; mais elle nefut pas muette en allant an lieu.du suplice, il lui échapaun murmure très-insolent contre la Divinité. Ç'eft avecraison, dit—elle, que plufieurs personnes méprisent le> Dieux',car toute la récompense quils m accordent pour avoir sauvé lavie de mon mari , c est que je vais être précipitée , pendantque Laodice qui a fait mourir le Jìen jouit d'une grande di-gnité (13).

(E) Vives prétend quelle fit son Livre contre Theophrafte,d cause que ce Philosophe avoit publié plufieurs bonnes chosesconcernant le Mariage.] II est vraisemblable que de telsEcrits dévoient déplaire à une femme qui ne se mariaitpoint, & qui avoit des galans ; mais cette probabilitén’excuseroit point Louis Vives, íì fans avoir lu le faitdans quelque Auteur digne de foi il le donnoit pour cons-tant , comme il le donne par ces paroles : Novym mailsnon est, odijfie bene monentes: fed in hoc ipso materia genereTheophrafius, quum de conjugio gravijftmc multa scripfisiht,meretrtces in se concitavit : ZV prosûiit Leontium > Metrodorìconcubina, qua adversus tantum ZV facundia ZV sapientia vi-rum, librum sine mente, sine fronte evomeret ( 14). Voilàune chose que Cicéron n’a point remarquée , ni Plinenon plus, quand ils ont parlé du Livre que Leontiumpublia contre Theophrafte (.15). C'est pourquoi on n’eutpas dû la débiter, fans une bonne Citation. Cela est in-finiment moins nécessaire à T égard des faits qu’on trouvepar tout. J’obferverai en passant que la Traduction Fran-çoise de cet Ouvrage de Vives, faite par Antoine Ti-ron, & par Tordre de Plantin l’an 1579, ne contient pasce Passage, ni plusieurs autres. Cela m’étonne; car jem’imagine que la cause de ces omissions est que Plantinne se servit pas des Editions que Vives avoit reveues &augmentées.

(12) Arhen.

L’br. Xltl,

pog. 593.

( 13 ) Ai n ct-yciùv íì» Sìk tri r by.py;jicbv sí—

XEIV, OJÇ

ûí y. a Lee otîroAAoi y.u-Tctcppcvtâcritov bçÍQU; areèyà ròv ye-vc;cscó’> y.01avfya cùi'ïx-

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Nslm <]v.oà yinqtùt yvirummív.mj'trvAviybanc fiy.bigratiam DUrepenclun: :cj'Ao.d autanLaodice mari *tnm suumzntersecerip ,in me-.xìmohonore e!ì.Arhen. Lìbu

XIIIy pag.593 í*Phy-larcho.

(14) Ludov*Vives, inPrtíat. Trac-tatpa de F Dé-mina Chris-tian a, pag %w. 172.

(15) Voiez. U

la it (Cyprien) fameux Astronome, étoit né dans la Boheme. II íe m s-

Cénvnn r~«nianr Twí 0glt î ue ? ’ ^ n> 7 réussit nullement. Bodiii l’a fort censuré (xf). LouisCrliyon, copiant Bodin en vrai 1 lagiarre , n’a su se servir de ce qu’il lui déroboit (B) j œaiS

il

fi) Bodin,«ìe la Ré-publique ,LÀ-jr. IVyfag. m, 55p.Voiez. la pag.Hz8 de P Edi-tion Latine deï6ol in 8.{z) C\st k-dire Sigeth.Voiez. P Edi-tion Latine deBodin, là-

(3) CyprianLeouitc affeurepar ses eferîts ,que la fin dece mondeviendra fanmil cin<p censç St ante &c/mtre .Tiocul du-bio > dit-il ,alterum ad-ventum filii

Dei & ho-minis insnajestateglorise suâtprsnuntiat.Bodin y ibìd.

554 .Ì 4 ) Ibid^

(A) Bodin l’a fort censuré .] Voici ses paroles (1) : Leòuce avoit prédit pour chose ajfeurée, que Maximilian Empere;seroit Monarque de l'Europe , pour chafiier lá tyrannie d

autres Princes . ce qui nefi point encores advenu, ,

ny a pas grande apparence qu il puisse advenir : mais il nvíit pas prédit ce qui advint un an âpres fa prophétie, qSultan Suleyman devoit assiéger, z? forcer la plus forte pLde l’Empire, voire de l'Europe (z), à la veué de l’Empereu,ZV de l armee de l Empire, fans aucun empeschement, .Mais cefi merveille, que Leouice ri avoit rien veu au chantment estrange de trois Royaumes doses proches voisins ■ cot.ment pourroit-il avoir cognu la fin du monde, qui ne fut 0ques revelée aux Anges? Car p 0 ur toute raison, il ne dit atre chose, sinon qu il faut que la Religion de Jésus Christle monde prenne fin fous la triplkìté aquatique, puis que jfus Chrisi nasquit sous la triplicité aquatique : voulant in,rer un autre déluge: en quoy U n y a pas moins d’impiété c.d' ignorance : soit qu on tienne la maxime des Astrologues, cdisent que jamais planette ne ruina fa maison. Or il est itain que Jupiter est aux poissons, en la grande conjonâlionl’an m. d. txxxm. ZV txxxi v., zsr que la conjonttde ces deux planettes est toufiours amiable: soit qu’on prêtVautorité de Platon au Timée, b des Hébreux , qui disque la corruption du monde se saìbl successivement par et

•huie 4 >/T f Eau Tniírrif a ’7 à CP Paílafffi celui d 5» lt» _

fort, qu on rien doit aucunement douter, pourquoi a il tdes Ephemerides four trente ans âpres la fin du monde ? ice que Bodin (4) demande avec beaucoup de ra

Mais cela supofe que les Ephémérides de Leovice s’éten-doient jusques à Tannée 1614. Cependant TEpitome deGesner, Monsr. de Thon ( 5 ), & plusieurs autres témoi-gnent quelles n’alloient que jusqu’à Tan 1606. Elles fu-rent imprimées à Angsbourgl’an 1557. Quant à son Pro-gnosticon in io annos, il fut imprimé Tan r 564, & traduiten François Tannée suivante. C’est à celui-là que Bodinraporte l’ignorance de Leovicius fur la prise de Sigeth.

(B) Louis Guy on, copiant Bodin en vrai Plagiaire, n a suse servir de ce qu il lui dérobait.] Le Chapitre XXIII duIII Livre de Guyon (6) ne contient presque rien qui nesoit tiré de Bodin, tant pour les faits que pour les paroles;& cependant Bodin n’y est pas cité une feule fois. D'ail-leurs Louis Guyon se sert très-mal d es Remarques deBodin; je n’en donnerai qu’une preuve. Leomce (7 ) avoitprédit, dit-il (8), pour chose asieurée que Maximilian Em-pereur seroit Monarque de l'Europe pour chaftier la tyrannie

des autres Princes . ce qui fi e st P°mt encor advenu c?

n y a sas grande apparence qu il puisse advenir. Ce font lespropres termes de Bodin: ils étoient de fort bon sensdans l’Original, mais ils s° nt . absurdes dans le Copiste;car lors que Guyon les emploia, u y avoit fort Iong-temsque VEmpereur Maximilien étoit mort ( 9 ). N'ayoit-ondonc pas bonne grâce de dire, qu'tin y avoit pas grandeapparence qu’il devînt le Monarque de l’Europe ? Bodin,qui s''étoit servi de ces termes dans son Edition Françoi-se, parce que Maximilien vivoit encore, n’eut garde deles laisser dans son Edition Latine, à laquelle il travaillait(10) après la mort de cet Empereur.

M z

( 5 ) Thuan,Libr. L IX yP“g- loz>.

(6) Guyon,

zî/í 11 Volumedc ses Diver-sis Leçons,t“g. J 77 ó*

(7) Cefi

ainsi qiEiile nommetoujours .

(8) Guyon,Leçonsdiverses,Volum. II*

pag. 583.

(9) LoiiïsGuyon dateEEpiíre Dé-dtçAtûìre duII Volume)le 1 JuinI6iz.

Maximilienmourut Pan1576.

(10) Van1583. Voiez*fa Républi-que en Latin »Lìbr. IV , pag-m. 61 s Edìu 1I6oi - in 8-