L E S B O S.
(a) kilo.Libr. XIV,Cap. VII,t?" XV, Votez.Ea Cerdasur Virgile,Georg.
Libr. II,'Vers. 90.
(b) Pli—nius, Libr.XXXVI,Cap. VI.
( c ) Voiez. laisradrq. (B).
(d) Strabo,Libr. XIII,iniî.pag. 400.
(e) Strabo,Libr. XIII,I a g- 41S.
fl) Tiré deStrabon,Libr. XIII,pag. 424,425.
(2) Eufeb.m Giron.
(3) Bochart.Geogr.
Sacr. Libr. I,Cap. IX,pag,m > 415 ,416.
( 4 ) tyc°-‘
phron,Vers. 219,pag. 3 o Edit.Oxon. 1697.
f;) Tzetz.in Lycophr.Vers. 223.
f§) Idem,ibidem,
Vers. 2I§.
95
L E S B O S, Ile de la Mer Egée proche de l’Hellespont & du Continent de T Asie, étoit fa-meuse par'ses bons vins (s), par son marbre ( b ), par la fertilité de son terroir, par les Hom- (/) àlao.mes illustres qu’elle avoit produits (^), & par beaucoup d’autres choses. Cadmus ou Cad- capl'ií^milus l’un des Cabires y habita, & y devint pere de Prylis qui fut un très-grand Devin, 6c M-fort contraire aux Troiens (c). Elle tenoit le septième rang entre les plus grandes Iles de la , pl;nMer Méditerranée (B). Les Grecs, sous la conduite de Graus arriere-petit-fils d’Oreste fils lìL. k"'d’Agamemnon y établirent une Colonie (c/), qui devint si florissante qu’elle 6c la ville de Cu-me passèrent pour la Métropole de toutes les Colonies Greques qui composoient PASolide, 6cqui étoient environ au nombre de trente (<?). Paufanias prétend que Penthilus fils d’Orestefut celui qui s’empara de Pile de Lesbos (f ). Elle avoit eu plusieurs noms : Pline en raporte -pagjqfisix (F); 6c néanmoins il ne parle pas de celui d’Issa, que Strabon (/-), ni Hefychius, n’ont ...pas oublié. Elle eut jufqu’à neuf villes considérables ; mais au tems de Strabon 6c de Pline à ul.peine en restoit-il quatre, savoir Methymne, Erese, Pyrrha, 6c Mitylene (i). Les Lesbiens cap.xxxi,abandonnèrent le parti des Athéniens pendant la guerre du Peloponnese, 6c en furent châtiez m ‘ 2Urigoureusement, 6c peu s’en salut que la sentence qui condamnoit à la mort tous les mâles de f O vbu-Mitylene au-dessus de l’âge de puberté ne fût mise en exécution; mais par bonheur lp^iille contrordre des Athéniens arriva lors que l’on se préparoit au massacre. Thucydidedonne là-dessus un fort grand détail (k). On attribue aux Lesbiens une invention quiest si abo min able que la Langue Françoise ne peut servir à l’exprimer (C). Peu degens ont fait mention de l’Oracle de cette Ile-là (D). Elle fe nomme aujourd’hui Mete-
lin :
{A) Elle étoit fameuse par les Hommes illustres quelleavoit produits.'] Pittacus l’un des sept Sages, le Poëte Al-cée , la fameuse Sappho, le Rhétoricien Diophanes, l’His-torien Theoplianes, étoient natifs de la ville de Mityle-ne, comme aussi Potamon, Lesbocles, & Crinagoras.La ville d’Erefe fut la patrie de Theophraste, & de Pha-nias, Disciples d’Aristote. Le Musicien Arion dont l’A-vanture est fi célèbre, étoit de Methymne. On conteaussi parmi les illustres Lesbiens l’Historien Hellanicus ,Terpandre le Musicien, & Callias qui interpréta lesVers d’Alcée & les Vers de Sappho (1). Voilà le Ca-talogue que Strabon nous a laissé. On n’y trouve pointle Poëte Lefches qui avoit composé une petite Iliade, &qui étoit de l’Ile de Lesbos (z ).
(B) Elle tenoit le septieme rang entre les plus grandes Ilesde la Mer Méditerranée] Consultez Mr. Bochart (3) quiallègue sur ce sujet le témoignage d un grand nombred’Ecrivains. Cela lui sert de fondement pour donnerune étymologie Phénicienne du mot Lesbos ; car il trou-ve que ce mot-là signifie ad feptimam, sousentendez infu-lam : & il supose que d’abord les Phéniciens nommèrentainsi la ville qui étoit dans Vile, & puis 1 Ile même. IIprouve par 1 autorité d’Etienne de Byzance que Lesbosl’une des cinq villes de l’Ile fut cause que l’Ile s’apellaLesbos. Ses Conjectures font doctes & spirituelles : maisil me semble que les Phéniciens auroient eu besoin debeaucoup de tems pour savoir que cette Ile-là étoit laseptieme des grandes Iles de la Mer Méditerranée. Unetelle conoissance suposé plusieurs navigations, & plu-sieurs comparaisons entre la Sicile, la Sardaigne, & lesautres Iles qui composoient cette pleiade , ou ce nombresepténaire; & l’on.ne volt pas que ceux qui cherchentde nouveaux pais, & qui découvrent des habitations, &qui s’y établissent, attendent long-tems à les nommer.Mr. Bochart ne fe prévaut pas des paroles de Lycophronqui nous aprenent que Cadmus séjourna dans l’Ile de&aue S 'cVft M OUe qu v ^ànus n’elì pas le Phénicien,
te'íiï! 1 "" â°- °à°-. F,S-
Slj ftíj ce 1{ áiï/zo; ìítpeK 1 h TtcpipfvTijiïccí{i (puTsScai SocizevSv srcìrçyrrtjv ,TérafTov A rAavTflç «ÔA/uw czópov,
Tùv seb&ouxíiimv cvyxctTacxúimfi ITfi/AiviTójiovpe Ttpò; tu AiS ça vijfispT éqxTe.Xltmam te, Pryli, Cadmus in infalítIsta non genuìffet, hoftium dttcem,Quartum ex Atlantis miferìfemme ,Cognatorum tuorum eversorem ,
Vatem ad optima veristimum ( 4 ).
ches. Ajunt > dit-il ( 7 ) , turpitud'mem qu/t per os peragi-tur, fellationis opinor, aut irrumationis, primum d Lesbhsauthoribus fuisse proseâlam , cy apud illos primum omniumfœminam taie quiddam pajfam esté. Interpres bujus rei tes-tem citât Theopompum in Ulysse . . . gy Stratìdem m Troilo.
II entend par Interpres le Scholiaste d’Aristophane fur cesparoles de la Comédie intitulée Vespa, izéMovcur Aeç-/2 /£;i/ tovç %vpi7!ÓTUi > qm combibones jam fuos contamines. Jene pense pas qu’il ait atrapé la pensée d’Aristophane àP égard de ces paroles ; A oxdt Sé ptot xcù A«M« xurà rovç Aeç-fitovç, mihi at videre labda juxta Lesbios (8). Le sensqu’il y donne paroît bien froid & forcé. II ne faut pastrouver étrange qu’il n’ait guere réussi fur ce Passage,puis*que Mr. le Fevre de Saumur P a expliqué en denx manié-rés; & cela plutôt par conjecture, que par aucun traitd’Erudition propre à prouver , ou à éclaircir. Alludit ,dit-il (9), ad fœdìtatem Lesbiam. [Tanta mihi prurìginevideris compta ut vel médium vìrum glubere, tenta viri vo~rare poffis ] fortajfe id etiam eo diâlum est quod eam divari-catis cruribus decumbentem videret. Galien a fait mentionde la turpitude Lesbienne, mais fans expliquer ce quec’étoit. ^ 11 ne jugeoit pas que cela fût nécessaire dans untems où tout le monde entendoit cette expression, maisâpres plusieurs siécles une infinité de mots Grecs font de-venus extrêmement dificiles à entendre, & il a falu queles Critiques aient bien sué pour deviner ce que les An-ciens ont voulu dire. Le docte Mercurial tâcha de trou-ver le sens de ce Passage de Galien. Galenus , dit - il ( 10 ) ,10 de Simp. meâ. cap. 1 . Xenocratem damnans , quod fier-cora agris voranda daret ,probrum aitgravius este ,xo?rpo(pú'yov,id est, ftercorivorum audtre , quàm fellatorem, aut cinstâum.Subjungìt deinceps : kuì tuv ùíC%povpySî\i szSíAAov (35eAVTT<fytsâ«tovç QatvixíÇovTuç > tSv I.ec^iu^óvrm. Qui verò fint phœmcis-fantes, & lesbiaffantes apud ipjum, nullibi explicatum ha-betur. Ego itaque reperìo , spurcijftmam quandam apudPhxnices libidìnìs fpectem extitisté, qua viri * * * lingebant ,quave interdum impuristìmos hommes Romanes ufos este me-
moriét mandatum est. ' Nam Seneca . Hos can s
nilingos frequentiffimè dtjfamatos , apud Martìalem. est reperd-re : qui fortasfe phœnicijfare dicebantur , quod labia sanguine
rubea ftpistìmé gererent : unde Martialis . jam ve-
ro tecpuxÇeai, quid estes, ab aliquibus explicatur, obsccenumfuijje turpitudinis genus , quo viri inguïna puerorum , vel vi-rorum , ere zy labiis traélabant , irrumationem aliàs voca-tam, vr ficuti phœniciffantes labra rubicunda fibi reddebant,fie lesbiajfantes alba. Ob quod Catullus ad Gellium
Nefcio quid ....
( 7 ) Erasme
fur le Pro-verbe
EIV,
<rV ic lxx
de la VIICenturie deU III Chil.pag. m. 7ss.
( 8 ) Arïs-toph. inE’xkA xctx-,Çjéffíiíç.
(9} Taiiít-quillus F Li-ber in hacverb'a Arifto-phanis ,
A âfibu xotTcctoìiç Asc-fiíouç,
Epiít. Libr.II,fag. 267,268.
(10)
Cap.
22Ï
II est clair que le Poëte parle d’un Cadmus diférent dufrere d’Europe, & que c’est Mercure qu’il désigne parce nom-là ; car il le fait petit-fils d’Atlas, 8c pere dePrylis. Le Commentaire. d’Haac Tzetzes nous aprend( j ) que Lycophron fe sert ici du mot Cadmus par abré-viation , au lieu de celui de Cadmilus dont il s’étoit servidans le Vers xóz, & qui est le nom que dorinoient lesBœotiens au Dieu Mercure (6). 11 nous aprend aussique Mercure eut de la Nymphe Issa un fils nommé Pry-lis, qni gagné par les présens de Palamede prédit aûxGrecs quand ils abordèrent à 1 Ile de Lesbos, qu’un" che-val de bois feroit la machine avec laquelle ils subjugue-roient la ville de Troie.
(C) On attribue aux Lesbiens 'une invention qui est si abo-minable. que la Langue Eranpoife ne peut servir a l’exprimer.]Non seulement je ne désignerai pas en François cette vi-lainie, mais je m’abstiendrai même de raporter en Latinune partie des choses que des Ecrivains sort graves ontemploiées dans leurs Livres pour 1 expliquer. Mais puisque le grand Erasme n’a pas cru qu’il dut exclure du Re-cueil de ses Proverbes celui qui étoit venu de là, il medoit être permis de copier quelque chose de ses Recher-
Hefychius t amen aliter videturfenfistì, sed qua autoritate autratione duíìus, ignoro. J’ai suprimé quelques mots, &quelques Passages dans cet endroit de Mercurial ce n’eltpas que je prétende que ce savant Médecin n’ait pas eudroit de raporter tout ce qu’il a raporté. Un Commen-tateur ou un Interprète, qui ne fait que se servir de l’au-torité d’un Ecrivain tel que Martial, conu de toute laRépublique des Lettres, ne peut pas être blâmé. Ou 11faut exterminer les anciens Auteurs, ou il faut soufrirque pour débrouiller le sens d’un mot dificile, on alléguéleurs paroles. Cependant, je n’ai point voulu emploiertous les témoignages de Mercurial ; si faut s’assujettirquelquefois aux scrupules de la mode.
(D) Peu de gens ont fait mention de l Oracle de l’ll e si e PhilosLesbos.] Philostrate, si je ne me trompe, est le seul qui tratus , '
nous en aprenne des nouvelles. 11 dit ( x 1 ) que Phsioc- Heioicis,tete partit volontairement de 1 Ile de Lemnos, après que inDiomede & Neoptoleme fils d Achille , len eurent requis á/L”*'»au nom de toute l armee Greque, •& déclaré l’oracle qu ils TraduSion dtavoient eu touchant ses flefehes venu ... de Lesbos: car a- Vigenere,joûte Philostrate, „ Les Grecs usent de leurs oracles do- /oí /° T 253 fi*„ meítiques, comme de cesoy de Dodone, & du Py- d itionZX
„ thien;