98 LESTRYGO N S. L E U C A D E.
w Mc ' mo ;. Province. II mourut à Paris le quatrième Décembre i66y, pendant l’Assemblée du Clergé ,ìtpMítoM à laquelle il étoit député, 6c fut enterré aux Augustins dans la sépulture de ses ancêtres. Le-'llmmmûpu! clerc de Lesseville porte d’azur à trois croissans d’or (s).
(*) volez, i» ' LESTRYGONS, en Latin Lœstrygones, étoient un Peuple fort brutal, situé en Italielic^mTe proche de Caiete. Leur'ville capitale étoit celle qui a porté le nom de Formies (a) (A),reporte dms Homere la nomme Lestrygonie, ou la ville de Lamus {b). C’est à cause que Lamus Roi des(xsdi que Lestrygons & fils de Neptune l’avoit bâtie (c): ses Etats étoient assez étendus (d). Anti-lamia phates, qui y régnoit lors qu’Ulysse y aborda, étoit un homme cruel qui auroit mangé tous
Famine ’ les Députez d’Ulysse (L), s’ils ne fe fussent sauvez après avoir veu le triste fort de l’un d’eux
Romaine. II est certain que les Lestrygons ont passé pour des mangeurs d’homme (C). Monfr.
{b) Homer. Moreri, au lieu de dire cela, remarque qu’ils mangeoient de la chair crue. On ne fait point s’ils
9 d y ss - passèrent de Sicile en Italie, ou d’Italie en Sicile; mais on ne peut douter de leur établisse-
£ si. ment en Sicile, puis que les Campagnes de la ville de Leontium s’apelloient Campi Lœfirygonii(D). Ovide fupofe qu’ils étoient Grecs d’origine (/). II est feur qu’Homere les compare àín Homei. h " des géans; mais fous ce prétexte-là Bozius n’a pas du dire que selon les Fables ils firent laibidm.- ' guerre aux Dieux, qu’Hercule les combatit, qu’ils furent ruinez à coups de foudre, que lesv campagnes situées entre le mont Vefuve 6c Pozzuolo furent nommées Phlegrœì Campi à causeHoiacé? de cela, 6c que les feux du mont Vefuve sortent de ceux qui brûlent les Lestrygons dans leslÊh fn l & ^"bers. II prétend qu’Homere, Pindare, Polybe au Livre II, 6c Strabon au Livre V, assu-sáius irai. rent ces choses (g). II fe trompe; les Lestrygons ne cultivoient point la terre, mais ilsavoient des troupeaux ( h). Homere s’est montré fort ignorant de la Sphere, lors qu’il lésa.U) Home- situez dans un climat où les nuits étoient fort courtes (i). II est faux que Thucydide ait crulV ° dyss ’ í î ue l es Lestrygons étoient un Peuple fabuleux (k) : il dit seulement qu’on a raconté que lesj. u 7 , ’ plus anciens habitans de la Sicile étoient les Lestrygons, 6c les Cyclopes; mais qu’il n’a riena marquer de leur origine, 6c qu’il ne fait ni d’où ils étoient venus, ni ce qu’ils etoient deve-nus (/).
(r) sefl-'a-dire longedistanteshabentemJiortas La:s-trygoniam.Ces deux motsGrecs fontd’Homere,Odyss.
Libr. X,
f. *2.
(2) Cicero,ad Attic.Epist. XIIILitre II.
(3) Plinius ,Libr. III ,Cap. V,feeg. m. z 21.
(4) Ovid.Metam.
Libr. XIV,Vers 23 3 : celaeji tiré dti XLivre dePOdy fíee.
( A~) Leur •ville capitale étoit celle qui a porté le nom deFormies.] Cicéron ne nous permet pas d’en douter; caril aplique à la -ville de Formies l’épitliete qui a été don-née par Homere à la ville où Lamus & Antiphatës ontrégné. Si in hanc •venerìs Acacpvyovívjo ( i ) (For-
mìas àìcò) qui fremitus homitmm ? quam irati ammt ( z ) ?Voiez aussi. Horace à l’Ode XVII du III Livre, & joi-gnez y ces paroles de l’Ode précédente : Nec LajìrygoniaBacchus in amphora Languefcit mihi ; par où il veut signi-fier le vin de Formies. Pline est bien positif, oppidumFormia , Hormis, prius olim diílum : ut exifiimavere , antiquaL&strygonum fedes ( 3 ).
(B) Antiphatës ..... auroit mangé tous les Députezd'ulyffe.] C’est ainsi que je demande permission de qua-lifier les trois hommes qu’il envola reconoitre le pais.Vous allez voir qu’Antiphatës en mangea un,* 8c qu’ildéchargea fa rage fur les navires d’Ulyffe, de forte qu’sin’y en eut qu’un qui en échapât.'
Inde l.arni •veterem Letslrygonìs , inquìt , in urhemVenimus : Antiphatës terra regnabat in illa.
Mijfus ad hune ego sum , numéro comttante duorum ;Vixque fuga qu&fita salus, comìtique , mihique.
Tertius e nobis L&firygonìs impia tinxitOr a cruore fuo : fugientibus infiat , e? agmenConcitat Antiphatës , coeunt , es* faxa trabesque, Conjiciunt : merguntque viros , merguntque cannas\
XJna tamen , qust nos ipfumque vehebat Ulyjfen ,
Ejfugit (4).
De là vient que ce barbare Lestrygon a servi d’exemplequand on a voulu parler de la cruauté 8c de l’inhofpita-
lité. Qui s non Antiphaten L&firygona devovet? dit Ovidedans la IX Elégie du 11 Livre de Ponto. Ailleurs il s’estexprimé ainsi :
Nec tu contuleris urbem L&strygonis unquamGentibus , obliqua quas obit Ijler aqua ( 5 )•
Je laisse plusieurs autres Passages, 8c me contente de cesVers de Sidonius Apollinaris
Bijìonii flabulum régis , Bujtridis arasAntiphata menfas, cr Taurica régna ThoantisAtque Ithaci ingenio frauàatum luce Cyclopem (6).’
(C) Les L&strygons ont passé pour des mangeurs d’homme.]Ajoutez aux preuves raportées dans la Remarque précé-dente ces paroles de Pline ; EJfe Scytharum généra , v qui-dem plura , qus corporibus humants •vescerentur , indicavimus.Idipsum incredibile fortasfe , ni cogitemus in medio orbe terra-rum , ac Sicilia o“ Italia fuisse gentes hujus monstri, Cy do-pas c y L&strygonas (7).
(D) Les campagnes de la •ville de Leontium s’apelloientCampi Laestrygonii.] Voiez Pline (8), 8c son Commen-tateur le Pere Hardouïn, qui raporte un Passage de Po-lybe où il est dit que ceux qui avoient possédé le terri-toire de Leontium s’apelloient Lestrygons. II cite auffices paroles de Silius Italiens:
Prima Leontinos vastarunt pralia camposRégnâtam duro quondam Lefirygone terram (9).
Voiez les Notes de Daufqueius fur ces paroles du mêmePoète post dirum Antiphate sceptrum cr Cyclopea régna (10).
(*) strabon, LEUCADE, en Latin Leucas , étoit au commencement une péninsule attachée à la terre4 o?’ër ’ubr. Eerme de l’ Acarnanie («); mais elle devint une Ile par le travail des Corinthiens ( b)^ Us cou-xlpag. zii. pérestt l’Isthme, 6c bâtirent auprès du canal une ville qu’ils appellérent Leucade, où ils trans-portèrent les habitans de la ville de Neritus. Ce travail ne facilita pas beaucoup la NavigationiJ2Ioít “L- (c) ; 6c si nous en croions Pline, les sables que les vents accumulèrent refirent un Isthme (A).finctJTs Nous dirons dans l’Article de Sainte Maure (d) ce qui concerne son état présent.colonies fm Quant à son état ancien, il me semble que si quelque chose mérite d’en être raportée, c’est laeme à cérémo-
(t) Plinius,Libr. IV,Cep. I.
(0 A lamarge daTexte , aacommence-ment.
(j) Meta-niorph.Libr. X V.
(A) Si nous en croions Pline, les sables refirent
un.ifihme.] 11 ne semble pas être exemt ici de contra-diction; car dans le Chapitre XC du II Livre il metLeucade entre les païs qui ont été détachez de la terreferme par un coup de mer; ailleurs (i) il attribue celaau travail des habitans. Leucadia ipfa peninfula quondamNeritis appellata , opéré accolarum abscijsa a continenti , acreddita •ventorum flatu congeriem. arena accumulantium.Strabon aux deux endroits que j ai cotez (z) le favoriseà F égard du dernier Passage, mais non pas quant au pre-mier. Ovide (3) semble lui être plus favorable à l’é-gard de l’àutre, quand on songe qu’il fait parler Pytha-gore fur les changemens de la nature.
Leucada continuum veteres habuere coloni ,
N une fréta circumeunt. Zancle quoque junéla fuifftDtcitur Italia , donec confinia pontusAbstulit , o* média tellurem reppulit tendu.
Mais après tout on ne fauroít entièrement disculper Pli-;.
ne, non pas même par l’expédient officieux du Pere Har-douïn , qui veut que l’on reconnoisse que Leucade a étérejointe deux fois à la terre ferme; ce qu’il prouve par-ce qu’au teins de la guerre des Romains contre PhilippeRoi de Macédoine, Leucade étoit une prefqu’isle (4) ,& que du tems de Tite Live & de Strabon, c’étoit uneIle. Selon cela ce païs avoit été isolé, dans le tems quis’écoula depuis cette guerre des Romains jusques à l’Em-pire d’Auguste, & si étoit redevenu péninsule dans letems qui s’écoula depuis Auguste jusques à Pline. S’ilavoit été isolé par l’effort d’une tempête, il ne faloit pasmarquer une oposition entre le travail des habitans, &celui des vents ( j ). II faut donc dire que les habitansisolèrent leur païs. Mais en ce cas-là où trouverons-nousla vérité de ce que Pline avoit dit daiis le Chapitre X Cdu II Livre perrupìt mare Leucada? Cet événement auroitprécédé fans doute la guerre contre Philippe ; mais dansces tems antérieurs nous trouvons que ce furent les Co-rinthiens, 8 í non pas la mer, qui coupèrent flsthme deLeucade,
(f) Ovid.
F astor.
Libr. IV,f. 69.
(g) Voiez.le Livre deThomasBozius deItalix Statuantiqúo 8cuovo ad-versus Ma-chiavellum,
m. 64.
(h) Hoiner.OdyíULibr . X.
i - 85.
(i) Homer.ibid. f. 86.
(k) F ri-tannieusia Jiiven.Sat. XIV,Vers, 20, 1*as-sure pourtant*
(/) Thucyd.Lib, VI, im'u
( S ) Ovid.Eieg. X.Libr. I Vde Ponto,
( 6 ) Sidon,Apollin.Carm.XXII,í<g. w. 170. .
(7I Plinius,'Libr. VII,Cap. II,pag. m. 6,
( 8 ) Idem,Libr. III,Cap. VIII ;pag. 344 -
(») SiliusItaliens,
Libr. Xiv;Vers. 127,pag. m. sjn.
(10) Idem ,Vers. 33 ,pag. S 81.
(c) Votez ;Casauboníur Strabon,ai pag, 311.
(i) C'est leNom que CIle -de Leucadeporte aujour-d'hui.
( 4 ) ExLivio,
Libr. XLIIl ,
( S ) OptraAccolarumabscijsa. conti *menti ac rtd-°dîta ventorumflatu. Plin.Libr. IV 9Cas. L