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Tome troisieme. K - P.
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(SJ.

de l Articledtt PorteLUCRECE,

Ce quipense doitêtre indi-visible.Avantagede l’Hypo-thèse deLeucippesi l’on eûtdonne' uneame h cha-que Atome.

(20) 'Àai-

dent i a nonmigrant desub'ìeffo tnsubjeftum.

(21) LeSPhilosophesde P Ecolenommentexteníìvela propagationd 1 une qualitéen difértntesfartìes dufuiet, &intensivePacquisitionde nouveauxdégrtz, d'unequalité dansla mime p<tr-

?" dtt sujet*

L E U C I P P E. îoí

ïnent qu’ils attribuoìënt à leurs corpuscules indivisibles. Observons qu’il y a eu une Secte de

Philo-

soutenu que tout sentiment cessoit par la désunion, oupar l’analyse des parties de ce composé. Voiez ci-dessous(ip) l’examen d’une Observation critique de Plutarquecontre Epicure. On eût trouvé un autre grand avantagedans l’Hypothese des atomes animez ; car leur indivisibi-lité eût pu fournir quelques réponses à l’Objection insur-montable, à quoi est sujette f opinion de ceux qui sou-tiennent que la matière peut penser, c’est-à-dire, avoirdes sentimens, 8c des conoìffances. Cette Objection estfondée fur Trinité, proprement dite, qui doit conveniraux êtres pensans ; car si une substance qui pense n’étoitune que de la maniéré qu’un globe est un, elle ne ver-roit jamais tout un arbre; elle ne sentirait jamais la dou-leur qu’un coup de bâton excite. Voici un moien de feconvaincre de cela. Considérez la figure des quatre par-ties duMonde fur un globe; vous ne verrez dans ce glo-be quoi que ce soit, qui contienne toute l’Asie, ni mê-me toute une rivière. L’endroit, qui représente la Per-se , n’est point le même que celui qui représente leRoiaume de Siatn; 8c vous distinguez un côté droit 8cun côté gauche dans Tendrait qui représente TEuphrate.II s’ensuit de là que si ce globe étoit capable de conoîtreles figures dont 011 Ta orné > il ne contiendrait rien quipût dire, jfe conois toute VEurope, toute la. France, toute la•ville d’Amsterdam, toute la Viftule : chaque partie du glo-be pourrait seulement conoître la portion de la figurequi lui écherrait; & comme cette portion ferait fi petite,qu’elle ne représenterait aucun lieu en son entier, il se-rait absolument inutile que le globe fût capable de co-noître; il ne résulterait de cette capacité aucun acte deconoissance; 8c pour le moins ce seraient des actes deconoissance fort diférens de ceux que nous expérimen-tons; car ils nous représentent tout un objet, tout unarbre, tout un cheval &c: preuve évidente que le sujetafecté de toute l’image de ces objets n’est point divisibleen plusieurs parties, 8c par conséquent que l’homme en-tant qu’il pense n’est point corporel, ou matériel, ou uncomposé de plusieurs êtres. S’il étoit tel, il serait très-insensible aux coups de bâton, vu que la douleur se divi-serait en autant de particules qu’il y en a dans les orga-nes frapez. Or ces organes contiennent une infinité departicules ; 3c ainsi la portion de la douleur qui convien-drait à chaque partie, serait si petite, qu’on ne la senti-rait pas. Si vous me répondiez que chaque partie delame communique ses pallions aux autres, je vous feroisdeux ou trois répliques qui vous replongeraient dans lebourbier.

Je vous dìrois en I lieu, qu’il ne paraît pas plus possi-ble que les parties d’un globe se communiquent leur dou-leur , qu’il est possible qu’elles se communiquent leurmouvement. Or il est très-certain que chacune d’ellesgarde la portion du mouvement qui lui est échue, 8 cqu’elle n’en communique rien aux autres. Poussez unglobe ; le mouvement que vous lui communiquez fe dis-tribue également à toutes les particules de ce mobile, àchacune selon sa masse, & depuis ce tems-là jusques à ceque le globe cesse de se mouvoir, il ne se fait point unnouveau partage de mouvement entre ses parties. Pour-quoi sup°sen e z-vous d’autres conditions à T égard de la

nnun-ÎA par excm P le à T égard de la douleur que vouspouruez exoter dans ce globe-là par un coup de pied >Ne devez-VOUS pas dire que cette douleur fe répand partout le globe, & que chaque partie du globe en prend àproportion de fa masse, 8c retient ce qui lui échet ? EnII lieu, je vous fais cette petite question. La partie Ade T aine comment communique-t-elle fa douleur auxparties B & C, Lee.? La leur donne-t-elle en s’en défai-sant de telle forte que la même douleur en nombre quiétoit dans la partie A se trouve ensuite dans la partie B ?Si cela est, voici le renversement d’une maxime très-cer-taine & très-véritable, que les accidens ne passent pasd un sujet à Tautre (10). Voici encore le renversementde vos propres prétentions. Vous avez dessein de fairecomprendre que la douleur d’un coup de pied doit êtrefort vive encore qu elle soit partagée en une infinité deportions, 8c vous fuposez que la portion qui échet à unepartie del’ame quitte cette partie, & s’en va placer furd’autres. Mais cette maniéré de communication n’aug-mentera point le sentiment; car si à mesure qu’une par-tie del’ame communique sa douleur, elle la perd, c’estun moien assûré de prévenir T augmentation que Tonapelle intensive (21), 8c ainsi la dificulté subsiste en sonentier; on ne voit pas d’où peut venir qu’une douleurdivisée en une infinité de parties soit un sentiment insu-portable. Vous direz donc qu une partie de l’ame com-munique fa douleur aux autres, Lc la retient néanmoins,c’est-à-dire qu’elle produit dans les parties voisines unesensation semblable à la sienne. Mais mon Objection re-vient. Cette sensation semblable produite tout de nou-veau n’est-elle pas reçue dans un sujet divisible à T infini ?elle se divisera par conséquent en une infinité de partiestout comme la prémiere, 8c par cette division chaquesujet, ou chaque morceau de la substance n’aura qu’undégré de douleur si petit, st mince, qu’on ne lc sentira

point. Or T expérience ne nous aprend que trop le con-traire. Ma III Répliqué fera que vous introduisez dans lemonde une infinité d’inutilitez. Vous ne pouvez trouvervotre compte qu’en suposant une chose inconcevable ,c’est que l’ìmage d’un cheval, 8c T idée d’un quarré, étantreçues dans une aine composée d’une infinité de parties ,fe conservent toutes entieres dans chaque partie. C’estTabsurdité des especes intentionelles que les Scholastiquesn’osent presque plus mettre en avant. C’est une absurdi-té beaucoup plus grande que celle de ces Docteurs qui di-sent que lame est toute dans tout le corps, 8c toute danschaque partie (22). Mais je vous passe cela, 8c je mecontente de vous demander si votre suposition n’enfermepas manifestement ce monstre: c’est que dans un chienaffamé il y a une infinité de substances qui sentent la faim,8c que dans un homme qui lit il y a une infinité de chosesqui lisent , 8c qui savent chacune qu’elles lisent ? Cepen-dant chacun de nous conoît par expérience qu’il n’y a enlui qu’une chose qui sait qu’elle lit, qu’elle a faim, qu’el-le sent de la douleur,ou de la joie, 8ec. A quoi serventdonc cette infinité de substances qui lisent dans chaqueLecteur, qui ont faim 8c soif dans chaque animal, 8cc ?Vous ne pouvez nier cette conséquence, puis que pourvous délivrer des inconvéniens à quoi vous expose la di-vision des pensées en autant de parties qu’il y en a dansla substance d’une ame matérielle, vous êtes contraint derépondre que par la communication réciproque que lesparties de l’ame se donnent de leurs modifications , lesentiment se conserve tout entier en chaque-partie de Ta-me. Ceci me fait souvenir d’une très-bonne raison qu’u-ne Secte de Philosophes dont je parlerai dans la Remar-que suivante emploioit pour soutenir la spiritualité deDieu. Si Dieu est un corps, difoient-ils, îa perfectionde son être se trouve ou dans toutes les substances indivi-duelles de son corps, ou dans une seulement. ^ Si elle setrouve dans toutes il y a donc plusieurs Dieux? si elle nese trouve que dans une, les autres font superflues. SiDeus est corpus, tbm Divinisas c ? Veritas ejus perficìetur velin univerfalitate esc cotnplexu Subftantiarum individuarumcorporis illius , epuod habet, vel in una tantìsm. Si perficia-tur in una , tbm nulla est Militas rehquarum, Jed J'unt Ju-perflua, nullaque est ratio estentia illius corporis, (quia unasubstantia individua non potest corpus constituere). si inomnibus zv fingults perficiatur , tbm erttnt Divinisâtes multa,non vero Deus unus. Atqui verb jam demonfirârunt , Deumeste unum. Ergo (23 j. Vous me direz peut-être que la-me ne voit pas tout à la fois toutes les parties d’un che-val, mais les unes après les autres, que cette successionest fi prompte,qu’elle en est imperceptible, 8c que Im-pression reçue au premier instant, peut durer assez pourse trouver réunie avec T impression des instans íuivans ,d’où il arrive que T ame croit voir les parties de l’objetqui n’agissent plus fur elle. C’est ainsi qu’elle croit voirun cercle de feu lors qu'on tourne en rond un morceaude bois allumé. Elle voit successivement les parties de cecercle, 8c néanmoins il lui semble qu’elle les voit toutesà la fois. Cela vient de ce que l’impression qu’elle a re-çue dure plus long-tems que T action même de T objet. Jevous répons que ce subterfuge ne vous tirera point d’a fai-re. II ne sert de rien contre ma derniere dificulté, nicontre quelques unes des autres, il peut seulement jetterde la poudre aux yeux à T égard de la disproportion en-tre la grandeur de r objet, & la petitesse de la substancepensante. Mais après tout que pourriez-vous me répli-quer, fi je vous disois que lors qu’un homme regardebien fixement un corps immobile, une muraille parexemple, la même partie de l’objet qui Ta frapé au pré-mier de ces instans imperceptibles dont vous parlez, ledoit frapér dans tous les instans fuivans, car on ne sau-rait imaginer de raison pourquoi elle cesserait d’agir surTame. Elle agit donc en même teins que toutes les au-tres parties ; mais dites-moi, fi vous pouvez, commentTimage d’une muraille peut fe loger toute entiers dans lemême instant fur un sujet divisible à l’infini. Ceci 8cplu-sieurs autres raisons qu’on peut voir dans 1 es Ecrits dequelques Modernes prouvent invinciblement incompati-bilité de la pensée avec un être composé (24).

Je me suis étendu fur cette matière, a à de confirmerce que j’avois déja mis en fait, que Leucippe, Epicure ,8c les autres Atomistes auraient pu se garantir de diversesObjections insurmontables, s’ils fe fussent avisez de don-ner une ame à chaque atome. Ij S eussent par là uni lapensée avec un sujet indivisible, 8c ils n avoient pas moinsde droit de suposer des atomes animez, que d’en supo-ser d’incréez, 8c de leur donner la vertu motrice. ^ II estaussi malaisé de concevoir cette vertu dans un atome ,que d’y concevoir le sentiment. L étendue 8c la duretéremplissent dans nos idées toute la nature d’un atôme.La force de fe mouvoir n’y est pas comprise; c’est unobjet que nos idées trouvent étranger 8c extrinsèque a l’é-gard du corps 8c de T étendue, tout de même que la co-noissance. Puis donc que les Atomistes suposoient dansleurs corpuscules la force de fe mouvoir, pourquoi leurôtoient-ils la pensée?Je sai bien qu’en la leur donnant ,N 3 ils

(U) Totain toto &tota in sin-gulis pat-tibus.

(23) MôlesMaientoni-des,!»Doc-tore per-plexorum,Parte I, Cap.LXXVI,pag. m. 17 6 .

Si IAperceptiond’un Corpsse formedans P Amesuccessive<ment.

(24) Voîenci-dejsusC ArticleD 1 CEA R-OJ-jE, Ci-tation (58).J'avertis q Uepersonne , ceme semble, n*atraité plus no-blement &plus fortementcette impor-tante Questionde Pimmaté-rialité & deP indivisibilitédc tout ce quipense,que DomFrançoisL ami, %eh-gicux Béni -diftiíi de laCongrégationde St. Maur,dans son ex-cellent Ou-vrage de laConoissancede soi-même.