f9) Cicero,de NaturaDeortim,Libr. 7 ,
Cap. XXVI.IXantres fontle mème re-proche a Epi-cure 5 Voiez.Gassendi, ìnejus Vira,Libr. 7,
Cap. IV, drLìbr. V,
Cap. 7, & II.
( lo) Heracli-tus , apudLaertìumlìb. 9. devitis Phìlofo-phorum . . .putidiufculejaffat nemùncm fe audi -per fequasivisieemnia, & àse dìdicijfe : utqui nibiisciretadolescent ,vir nihiligno -raret : cumt amen Xeno -phanem audi- 'vijjct. Nimi-rum f bi dede-cori non du-Xit , sacramorbo tcneri ;Jïc enim arro-gantiam Ile-vaclitm ipfe•vocìtabat ,sep&V VÓ/TOV.
Eescalopier,Comment,m Cicer.de NaturaDeorum ,pag. 101.
(it) Lac-tantius,Divinar.Institut.
Libr. 777,Cap. XVII ,M. 190.
su) Idem-tLibr. de Irapei, Cap .X f pa& 5 Z?.
100
LEUCIPPE»
Ceux, qui fe font tant moquez de l'invention des atomes, n’ont pas usé du distinguo avec toutle foin qu’il l’auroit falu (D).
Je me fuis souvent étonné de ce que Leucippe & tous ceux qui ont marché fur ses tracesn’ont point dit que chaque atome ' "
leurs embarras (E), Sc n’eíl point
étoit animé. Cette fupoíìtion les eût tirez d’une partie deplus déraisonnable que l’éternité Sc la propriété du mouve-
que leur génie. On a fait ce reproche à Epicure, luiqui n’avoit fait que réformer en certains endroits le Sys-tème de Démocrite, dont Leucippe étoit le premierAuteur. Cicéron nous va témoigner toutes ces choses.Ista enim à vobis quasi diblata redduntu'r : qm Epicurus os-citans hallucinatus est , cum quïdem gloriaretur , ut videmusin scriptis, fe magistrum habuiste nullum : quod & non pru-dicanti , t amen facile crederem • ficut mali adificii dominoglorianti , fe architeâlum non babuiffe. . . . Xenocratem audi-re potuit : quem virum ì dii immortaks ! zsr funt qui patentaudiviste, ipfe non vult. Credo plus nemini. Pamphilumquendam, Platonis auditorem, ait àfe Sami auditum. . . .Se d hune Platonicum mirifice contemnit Epicurus : ita metuit,ne quid unquam didicijfe vìdeatur. In Naufiphane Democri-teo tenetur : quem cìtm à fe non neget auditum, vexât ta-men omnibus contumeliis. Atqui. fi hue Democritea non au-distet, quid auàierat? Squid est in phyficis Epicuri non à De-mocrito! Nam etfi qundam commutavit, ut, quod paulloante de inclinatione atomorum dixi ; t amen pleraque dicit ea-dem; atomes, inane, imagines, infinitatem locorum, innu-merabilitatemque mundorum, eorum ortus za interitus, omniafere, quibus natura ratio continetur (9). Le Pere Lesca-lopier remarque qu’Heraclite aussi s’eít vanté de ne devoir• à personne ce qu’il savoit, 8c que par là il témoigne qu’ilne tenoit point à honte d’être frape de la maladie sacrée,c’est-à-dire de i’arrogance (10). Voilà un étrange nomdonné à l’orgueil. On pardonneroit cela à ceux qui au-roient conu la fierté des Ecclésiastiques fous les Papes deRome. Si quelque forte de vanité méritoit ce nom, ceseroit en quelques rencontres celle des personnes qui feglorifient de ne devoir leurs lumières, ni à leur lecture ,ni aux Leçons des Professeurs. Vous prétendez donc ,leur peut-on dire, avoir été inspirez.
(D) Ceux qui fie font tant moquez, de ï invention des ato-mes , n’ont pas usé du distinguo avec tout le foin qu il l’au-roit falu.] Lactance emploie toutes ses forces à réfuterl’Hypothefe de Leucippe, tant fur l’origine & la direc-tion des atomes, que fur leurs qualitez. II a très-bienréussi fur le premier point, mais il est pitoiable fur le se-cond. Les épithetes de fou, de rêveur, de visionnaire ,font dues à quiconque veut que la rencontre fortuite d’u-ne infinité de corpuscules ait produit le Monde, 8c soit lacause continuelle des générations : mais si l’on donne lesmêmes titres à ceux qui prétendent que la diverse com-binaison des arômes forme tous les corps que nous volons,on fait voir manifestement que l’on n a nul goût ni au-cune idée de la véritable Physique. Avouons donc quedans les paroles de Lactance que l’on va lire, il y a &de bonnes Sc de mauvaises Objections: ce qui procedede ce qu’il confond des choses qu’il auroit falu distinguer.Non est, inquit, providentiel opus, funt enim femina per ina-ne volitantia , quibus inter fe temeré conglobatis univerfa gig-nuntur , atque concrefcunt. Cur igitur illa non fentimusaut cernimus ! Quia nec colorem habent ( inquit ) nec caloremullum, nec odorem : faporis quoque ZA bumoris expertia funt,ZA tam minuta, ut fecari, ac dividi nequeant. Sic eum ,quia m principio falfum fufeeperat , confequentium rerum né-cessitas ad deíiramenta perduxit. Vbi enim funt, aut undeifta corpufcula ; Cur illa nemo pruterunum Leucippum fomnia-vit ? A quo Democritus eruditus hareditatem stultitia reliquìtEpicuro. Quœ fi fint corpufcula , cr quïdem folida, ut dicunt,fub oculos certe venire pofjunt (n ). II dilate ces Objec-tions dans un autre Livre. Primum minuta illa femina ,quorum comurfu fortuito totum coh&fijfe mundum loquuntur,ubi, aut unde fint quaro. Qu 'ts illa vidât unquam ? quis fen-fit? quis audivitì An folus Leucippus oculos habuit, folusmentem ? qui profeffo folus omnium ucus, & excors fuit, quiea loqueretur, qu& nec ager quifquam delirare, nec dormionspojfit fomniare. Quatuor elementis confiare omnia Philofophiveteres dijferebant. lll e noluit, ne alienis vefiigïts videreturinfifiere ; fed ipforum elementorum alia voluit este primordia,qua nec videri pojfint , nec tangi, nec ulla corporis parte fen-tirì. Tam minuta funt {]mquìt ) ut nulla fit acies ferri tamfubtilis, qua fecari, ac dividi pojfint : unie illis nomen im-pofuit atomorum. Sed occurrebat ei, quod fi una ejfet omni-bus , eademque natura, non postent res ejjicere divers as, tantavarietate, quantam videmus ineffe mundo. Dixit ergo leviaeste, O 1 afpera, rotunda, & angulata,t& hamata. Quan-ta melius fuerat tacere, quam in ufus tam miserabiles, taminanes, habere linguam. Et quidem vereor, ne non minusdelirare videatur, qui bac putet refellenda. Refpondeamust amen veiut aliquid dicenti. Si levia funt, z? rotunda, uti-que non postant invicem fe apprehendere , ut aliquod corpus ef-ficiant ; ut fi quis milium velit in unam coagmentationemconjirìngere, levitudo ipfa granorum in mastam coire non fi-xât. si afpera, er angulata funt, c 7 hamata, ut pojfint co-harere, dìvidua ergo, zy fecabilia funt; hamis enim necesteest, CT* angulis eminere, ut postint amputari. Itaque quodamputan, ac divelli potest , z? videri poterit, & tenert (iz).
ment
On fe moqueroit aujourd’hui d’un homme qui seroitde semblables Objections; car depnis qu’on a banni lesqualitez chimériques que les Scholastiques avoient inven-tées, le seul parti que l’on prend est d’admettre des par-ties insensibles dans la matière, dont la figure , les an-gles , les crochets, le mouvement, la situation , fassentl’essence particulière des corps qui frapent nos sens. Ci-céron a introduit un personnage qui a montré à Lactan-ce la fausse méthode de n user pas du distinguo; car il faittomber la même qualification fur la figure des atomes ,
& fur leur rencontre fortuite ( iz ). Les Modernes ontmieux distingué: ils rejettent l’éternité des atomes, Scleur mouvement fortuit; mais en retenant à cela prèsl’Hypothese de Leucippe, ils en font un très-beau Sys-tème. C’est ce qu’a fait Gassendi, qui ne difere de DesCartes quant aux principes des corps, qu’en ce qu’il a re-tenu le vuide. Les Objections de Lactance contre l’in-diviiibilité des arômes font les plus foibles qu’on puissefaire aux atomistes : les Sectateurs d’Aristote Sc ceux deMr. Des Cartes en proposent de bien plus nerveuses ;mais après tout ils ne peuvent parvenir qu’à la divisionpossible de toute sorte d’étendue, car pour la divisionactuelle, toutes les Sectes font obligées de la fixer quel-que part. II est trop visible qu’il y a nécessairement uneinfinité de corpuscules qui ne font jamais divisez, Sc celasuffit à rendre nulles les Objections de Lactance par lavoie de la rétorsion. Pour juger bien sainement du Sys-tème de Leucippe, il en faut juger comme le DocteurThomas Burnet. Voici ce qu’il en a dit ( 14) : Ad bancfettamEleaticam aggregari soient Leucippus z? Democritusviri célébrés zs? eximii, qui hypothefin Atomorum invexe-rmt; qua licet, mea fententia, f alfa fit zsr maie fundata ,dédit tamen occafiionem philofophandi striâlius zy accuratius.
Hi enim non quarunt corporum principia, aut agendi vires in-ter numéros , proportiones , harmonias , ideas , quartâ-tes, aut formas elementares, ut ab aliis faílum est: fedipfa adeunt corpora, eorumque conditiones Phyficas zy Me-chanicas examinant, motum , figuram , partium fitum, te-nuitatem aut magnitudinem, zsr fimilia ; z? ex bis cujufquevirtutes astìmant , aííiones definiunt, effeâla explicant, idquereóîe folideque, ut mibi videtur, hucufque. Quod vero basmìnutias indivifibiles este vellent, aut innatum impetum ha-bere, aut inclìnationes ad certa loca, aut , denique inanibusfpatiis disjungi, bac z? hujusmodi, non tantum gratis diâìafunt, fed etiam clara rationi refragantur. Utcunque, cumvìam aperuerint ad faniorem disterendi methodum circa resphyficas , pr in bac parte de republica literaria non maie me-ruerint, illos laude sua ne fraudemus.
{E] Cette fupofition les eût tirez, d’une partie de leurs embar-ras] Ils eussent pu répondre à une Objection qu’ils n’ontjamais pu resoudre: c’est celle que Plutarque propose àl’Epicurien Colotes (15)-^ fi lle Galien a étalée très-for-tement, comme on 1 a vu ci-dessus (16). Elle consiste enceci; que chaque atome étant destitué d’ame, 8c de fa-culté sensitive, on volt manifestement qu’aucun afièm-blage d’atômes ne peut devenir un être animé 8c sensible.
Mais û chaque atome avoit une ame, 8c du sentiment j d’Âtômeson comprendroit que les assemblages d’atômes pourroient lle íent rien -être un composé susceptible de certaines modificationsparticulières, tant à l’égard des sensations, 8c des conois-sances, qu’à l’égard du mouvement. La diversité, q ue
(13) Isa
m, m flaghìaDemocrìti ,Jìve etiam anttLeucippi t estcorpufculaquadam ie-vìa , aìia as-pera, rotundaaha , partimangulata, cur -vata auadam& quasiadunca : exhis ejfeliumejse cœlum ai-que terram 9nulla cogenttnatura , sedconcursu quo-dam jortuito 0Cicero, deNat. Deor.Lìbr. 7 ,
Cap. XXIV.
( 14 ) Ar-chœolog.Philofoph.Libr. I,
Cap. XII,pag. m. 37 s.
( 15 ) Plutar-chus , adv.Coloren ,pag. mi.
(uS) Citation
( «* ) deR-Article
Epicure.
De Ceque chaqueAtome u’estpoint animéil s’ensuitqu’un as-semblage
( 17 ) Ci-deffUsjemanj. (P)de P .AnnieDEMO-C R 1 T E.
('«) O'bi
A ypLÓKptTOÇ•.7T0LVTX (JÍSTS-
%eiv <ptf<rì
HCtì TCi VSKpèttuv env(z<z-
TUVi SíÓTí
àeì ètcecpctvcSç
TfVOÇ ôspizov
XCÙ UÌvèyTt-kov (Ásrs%stT OÚ TTAsìovOÇBiCiTTveoptévov,
Democrausporrb omniaait quandamhabere anì -7nam , etiam
» quelque chaleur, 8c de quelque sentiment, la plus part c suistÌre m -„ en estant ja efventée ". C’est ainsi qu’Amiot a traduit perftimèle Grec que je mets en marge (18). Mais comme nous aliquid obtì--n’avons plus les Ecrits de Democrite, il n’eít pas aisé de paiorisdonner sur ce point-là un précis juste 8c exact de ièspen- fjpfjf e m e st.fées; 8c quoi qu’il en soit, nous favoris qu’on n’a pas fp tr ata. Plu-’suivi cette notion dans la Secte des Atomistes. Epicure catch, deni ses Successeurs n’ont point dit que les atomes fussent ^ h ‘ loí *douez ou de vie, ou de sentiment, 8c ils ont considéré cap!ivil’ame comme un composé de plusieurs parties. Ils ont pststoz) f.
soutenu
l’on remarque entre les passions des animaux raisonna-bles , 8c irrailonnables, s’expliqueroit en général par lescombinaisons diférentes des arômes. II e ss donc biensurprenant, que si Leucippe n’a point conu à cet égard-là les intérêts de son Système, ceux qui sont venus aprèslui, n’aient pas été plus éclairez, 8c n’y aient pas ajoûtécette piece nécessaire; car le choc de la dispute, 8c la fa-cilité de corriger ce qui manque aux inventions d’autrui,pouvoient les mettre en état de porter leur vue plus loinque n’avoit fait notre Leucippe. On a quelque lieu decroire que Democrite avoit remédié en quelque façon àce grand besoin de l’Hypothese. Les Passages quej’airaportez en un autre endroit (17) semblent nous apren-dre qu’il donnoit une ame à tous les atomes, 8c l’on peutconfirmer cela par le témoignage de Plutarque: „ De-,, mocritus met que toutes choses sont participantes de„ quelque forte dame, jusques aux corps morts, d’au-tant que manifestement ils font encore participans de