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Tome troisieme. K - P.
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LYCORÏS. L Y C U R GUE.

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(45) Voustnmjtrez cesVers Latinsdans Mar-tial, Libr.

X 1, Lpigr.X~XI. Con-sultez. aufjiV ■-Article deUa prémiere ]GlAPHÏ-KA , 1lemar-9 «* (C).

( 4 S) C'est#ìtijì que cettuteur nom -*** Chhtride,

(47) Votez,

P^Article

Fulvie,

\em A rq. (L) iCitât. (si).

(fOCicero,ïuilrjjp. uCap. XXXI.

(49) A la

sage ILIEdition deHollande .

(jo) Horat.Sat II, f. 98.Ltbrî I.

( 51 ) Votez,cì-dessus jCitation ( 48 ) ," qui manque

ici.

le nom de Lycoris est conu depuis l'Orient jusqu’à l'Occident (V), je ne doute point qu’iln’ait en vue les Vers de Gallus concernant cette Courtisane. Cicéron raporte une raillerieoù Fulvie avoit peut-être moins de part que Lycoris (G).

(c) Vesper ir Eoa novere Lycorìda terra. Ovidius, Libr. 111 if. 537- de Arte amandi.

Je vous dirai même , ji vous voulez, des Vers ( 45 ) qu'il fitfur ce sujet, z? qui ne font sas t r os à mon honneur. Les voici.

Parce qu’Antoine est charmé de Glaphire (46)Fulvie à ses beaux yeux me veut assujettir.

Antoine est infidèle. Hé bien donc? est-ce à direQue des fautes d’Antoine on me fera pâtir ?

Qui? moi? que je serve Fulvie?

Suffit-il qu’elle en ait envie ?

A ce compte on verroit se retirer vers moiMille épouses mal satisfaites.

Aime-moi, me dit-elle, ou combatons. Mais quoi ?Elle est bien laide ! Allons, sonnez trompettes.,

Prenez garde que ces Vers concernent Vannée d’après labataille de Philippes, où Brutus & Cassius périrent. Au-guste étoit alors en Italie, & Marc Antoine en Asie. Nousavons vu dans VArticle de Glaphyra qu’elle passoit pourune Dame galante, qui avoit gagné les bonnes grâces deMarc Antoine, & l’on ne voit point qu’en ce tems-làCytheris fût avec lui. Je croi donc qu’il n’y a nul dégui-sement de noms dans l’Epigïamme d’Auguste. Ce n’étoitpoint au sujet de Cytheris', mais au sujet de Glaphyra,que Fulvie le prioit de la venger. De plus ses menacesn’étoient point qu’en cas de refus elle exciteroit MarcAntoine à faire la guerre à Auguste: elle menaçoit deprendre les armes : & nous avons vu dans son Articlequ elle les prit en effet, & que fans l’intervention de sonman, elle mit en combustion toute VItalie; de quoi MarcAntoine la querella rudement lors qu’il la revit.

(G) Cicéron rasorte une raillerie ou Fulvie avoit seut-êtremoins de part que Lycoris. ] On reproche dans la II Phi-lippique à Marc Antoine le tour qu’il avoit joué àsafem-• n ? e> E étoit entré de nuit dans la ville comme un Cou-rier-dépêché par Marc Antoine, & il avoit donné à Ful-vie une Lettre où son mari lui parloir le plus amoureu-du monde (47). II s’étoit couvert le visage, afinde n’être pas recònu en donnant la Lettre à Fulvie; maispendant qu’elle la lisoit il se fit conoître, & lui sauta aucou. On voulut savoir pourquoi il avoit tenu cette con-duite qui avoit allarmé toute la ville; il répondit qu’ilétoit venu pour son afaire. Cela fit courir une railleriecontre lui. Citons les paroles de Cicéron (48). O ho-mmem nequam ! ... . Ergo ut te catamitum nec osinatocum oftendifses , sr&ter fsem mulier adfsiceret, iccirco urbemsf ro s e noclurno , Italiam multorum dierum metu serturbasti ?

t U ‘ T . e , m cau Js a m- amoris habuit , foris etiam turpio-r . ’ e , L .. anc st s f rades fuos venderet. Produêlus in con-

cionem u Tnb. Pleb. cum refsondijfes, te rei'tua caujfa venis-se, sosulum etiam dicacem in te reddidisti. Manuce a faitune Note là-dessus, qui est plus vague que celle de Mr.de Valois le jeune. Ex ambiguo sensu, dit Manuce, illo-rum verborum , rei tua caujfa ; quod referri etiam ad con-

cubitum sotest. Mais voici Vautre Note : elle est dans levalejiana ( 49 ),

C A^°f e t ’ a ? k î’ Cinl fl ones , Parasita,talos jtola demtjfa , W- circumdata. palla

Plurima, qu& invideant sure assarere tibi rem (50),

id efl cunnum. Quod noto frimus , ut asud Cìceronem Phi -

lissica 2.o hominem nequam ! ergo ut te catamitum

ftc ( ji ), cum ïespondijses te rei tuae causa venijfe sosulumm te dicacem etiam reddidisti. Scil. fosulus lufit in nommerei, c? quod Antonius dixerat fe rei su L, id est rerum sua-

rum causa in urbem venijfe■, fosulus, ut est dicáx , eumcunni uxoris causa venijfe dìxtt , zv dicacitatis materìa>m ìn-venit in eo verbo. Dans la page 71 du même Livre voustrouverez ceci. Probavi alibi ex Citerons in Philisf ica 2. dcMarco Antonio, qui rei fuse causâ fe venijfe dicebat , sosu-lumque his vtrbis dicacem reddidit', O* ex Horatio, Plurimaqu& imsedimt assarere tibi rem, ZV ex aliis , rein aliquandocunnum fignificare. Sic Martialis:

Parce luis igitur dare mafcula nomma rébus.

id est, podici tuo & cunno, ô uxor. Monfr. de Valois (52)censure indirectement Scaliger, qui in Priaseia ex Arno-bii nefcio quibus locis z? ex verfione carmmum Orsheì aitmentulam rem vocari. Je ne croi -point que Scaliger sesoit trompé : le mot res avoit fans doute une significationaussi étendue parmi les Latins, que le mot afaire parmiles François: or st est sûr que le mot afaire se prendquelquefois pour les parties naturelles de l un & de Vau-tre sexe. Cela est si vrai, que des gens mêmes, qui nesavent que peu de François, font instruits de cette signi-fication. J’ai ouï faire cent plaisanteries à des jeunesHollandois, qui avoient ouï prêcher un Moine à Spa. LePrédicateur avoit pour thême l’importance du salut. IIfaisoit voir que c’étoit la grande affaire de Vhomme,l’af-faire par excellence; Sc en parcourant toutes les occu-pations criminelles,il réprésentoit qu’elles ruinoient notreaffaire. Mejfìeurs Z? Dames, difoit-il, srenez garde à vous, fivous faites ceci ou cela vous gâterez votre affaire. La répé-tition trop fréquente de cette expression arnéna plusieursauditeurs au sens grossier & burlesque du mot affaire : de-sorte qu’il y en eut qui en plaisantèrent long-tems. On apu lire dans le Chevraana (53), ,, Qu’un Gentilhomme„ étant venu voir un Prince, pour le remercier de la„ bonté qu’il avoit eue de recommander ses interests à„ une Dame de grande vertu, lui témoigna qu il fe trou-„ voit bien d'avoir fait saffer son affaire far le canal de Ma-„ dame **, Lc il fut tourné en ridicule par ceux qui„ avoient écouté son remerciment ". J’ai une autrechose à remarquer contre Mr. de Valois. Dans les vensd’Horace qu’il raporte, le mot res doit signifier en géné-ral marchandise: le Poète ne fe borne pas à la partie queMr. de Valois nomme en Latin; il se répand fur tout lereste que l’habit couvre. Les paroles qui précédent Lccelles qui suivent manifestent ce sens-là. Voici celles quisuivent :

Altéra nìl obstat : Cois tibi sene vìdere eflUtnudam: necruremalo, ne fit sedetursitMetiri sojfis oculo latus : an tibi mavisInfidias fierì fretìumque avellier, anteQuam MEiiCEM ostendi?

Je croi donc que ceux qui tournèrent malignement lesparoles de Marc Antoine, avoient pour le moins autantd’égard au sens qui a été adopté par Scaliger, qu’à celuique Mr. de Valois explique: & comme d’ailleurs c’estl’elprit de la médisance de s’attaclier à ce qui est le pluscriminel, je ne doute pas que l’on n’en voulut à MarcAntoine par raport à fa maîtresse la Comédienne Cythe-ris , plutôt que par raport à fa femme légitime : car puisqu’il proteste dans fa Lettre qu’il renonceront déformais àla Comédienne, c’est un signe que le Peuple Romainétoit encore persuadé qu’il la voioit. Et voilà enfin leCommentaire du Texte de cette Remarque.

LYCURGUE, Législateur de Lacedemone, vivoit je ne sai quand. La diversité desopinions esl- trop grande 8c trop embrouillée là-deslùs (s), pour en tirer quelque chose debien certain. II donna des preuves extraordinaires de fa générosité par le foin qu’il prit deconserver la couronne à celui à qui elle apartenoit, lors qu’il eût pû s’en emparer très-facile-ment, s’il avoit voulu fe prévaloir des occasions qui lui en étoient offertes (h). Vous trou-verez cela dans le Diftionaire de Moreri, avec plusieurs autres faits que je ne répéterai point.Je m arrêterai a une chose que cet Auteur n’a point touchée. Les Réglemens de Lycurguecontre le luxe font très-beaux. II avoit fort bien compris, que pour empêcher que le coura-ge des Lacedemoniens ne s’amolît, il faloit les éloigner de la volupté; & que pour les enéloigner, il faloit leur faire perdre la pensée de s’enrichir, 8c leur en ôter les moiens. Lamaniéré, dont il voulut que les enfans fussent élevez, étoit fort propre ales rendre de bonssoldats; mais il étendit trop loin la méthode de les rendre forts 8c courageux, puis qu’il vou-lut que les jeunes filles fissent les mêmes exercices que faifoient les jeunes garçons ; 8c qu’ellesdansassent toutes nues devant eux, 8c fe moquassent d’eux, ou les louassent,selon qu’ils s’aqui-toient mal ou bien de ce qu’ils avoient à faire ( A). Notez qu’ils étoient tout nuds devant el-les.

'Sgo* ) st voulut que les jeunes filles fijfent les mêmes exerci-

47. j e nf ces fì Me ... . les jeunes garçons, Z? quelles dansassent toutessj rs stUTra- nues devant eux, z?c. ] Je m’en vais raporter les parolesdePlutarque (1). „ II (2) regatdoit l’éducation des en-’ Daaél - (t) C'est-à-dire Lycurgau '

T O M. III

fans comme la plus grande & la plus importante affai-re d’un Legiílateur. C’est, pourquoi il y pourvut deloin, en réglant tout ce qui regardait les mariages ècles naissances; car il ne faut pas' croire ce que dit Aris-tote , qu’ayant tenté de régler & de reformer les fem-O 2 ,, mes,

( 52 ) Vale*fìana, jug,121°

(sa) Che-

vrgana,

I Part. çag.$JEdition deHolUitde^

(ct) VoÌèx,ScaligerAnimad-vers. in Eli-febium,num. iijz,pog. «z.

(b) VotezPlutarque,dans la Viede Lycur-gue.