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L Y C O R I S.
(£) Volet,fur tout ceciP ArticleFUIVIE.
Volumnia, dans les volages qu’elle faisoit avec Marc Antoine par les villes d’Italie. Marc An-toine lui faisoit rendre beaucoup d’honneur, 6c la mettoit dans une litière ouverte, Lc faisoitsuivre l'équipage de sa propre mere, qui ne servoit qu’au cortege de la Courtisane (b). Ce futdans cette rencontre que des lions.furent attelez au carrosse de Marc Antoine (C). Un autreAuteur dit seulement que le train de Cytheris n’étoit pas moindre que celui de la mere de sonHemar^. (z). (D). II auroit dit une chose encore plus vraisemblable, s’il avoit dit que ceux qui de-
mandoient des] grâces à Marc Antoine sollicitoient plus humblement auprès de fa maîtresse,qu’auprès de fa mere. Servius nous eût fait bien du plaisir, s’il nous eût marqué avec plus deprécision en quel tems cette Courtisane suivit Marc Antoine à Tannée ( E ). Je ne pense pasqu’elle Tait suivi en Asie pendant la bataille de Philippes (F). Lors qu’Ovide remarque que
le
aux bienséances & à fa qualité, qu’un Comédien de pro-fession. Cela étoit presque inévitable à Un homme quicomme lui avoit le talent des bons mots, & une liaisonintime avec Marc Antoine, le plus libéral de tous leshommes envers ceux qui le savoient divertir, & enversles Comédiens dont fa maison étoit toute pleine. AgrumCampanum, qui cum de vefligalibus eximebatur, ut militibusdaretur, t amen tnfligì magnum Reìp. vulnus putabamus : hunetu compranforibus tuis ex collufiorìbus dividebas : mimes dicoqx mìmus, P. C., in agro Campane collocatos (21). Notisavons vu ci-deflus (23 ) que Volumnius étoit l’un de sesjoueurs: le Passage que je viens de citer donne la même, , A u qualité aux Comédiens 8c aux Comédiennes. II arrivacitât, fiot donc peut-être que Volumnius mêlé tous les jours aveccette Jorte de gens chez Marc Antoine, Lc plaisantant &bougonnant autant qu'eux, se fit traiter de Comédien,Lc que Plutarque le prit bonnement pour un homme dece métier. Un savant Critique (24) assure que le Vo-lumnius de Plutarque ne difere point de celui de Cicéron.Je n’ose assurer la même chose; j’aime mieux dire nonron de Gra- liquet ; j'avoue feulement que l'opinion de ce CritiqueV"'C Epist. me paroît beaucoup plus probable , que celle d’un hom-me qui affirmeroit le contraire. II me reste à remarquertouchant notre Volumnius, qu’on croit qu'Horace a par-lé de lui, en disant qu’Eutrapelus donnoit de très-beauxhabits à ceux à qui il vouloir rendre de mauvais offices.Cela fans doute étoit fondé fur quelqu’un de ses lieuxcommuns, où il expliquoit par quels dégrez la vanité faitrouler les hommes jusqu’aux emplois les plus vils.
(22) Cicero,Fhilipp. I I,Cap. XX XIX.
A Utìtat . (10).
(24) PetrusVictorius,dans le Cicé-ronviusadFamiliar.Tom. I , pag.434 *
entre ces deux équipages, affoiblit extrêmement les idéesde Cicéron, Rejeíla mater amicam impuri filiì tamquamnurum sequebatur (34). Voilà les idées que Cicéron nouscommunique ; Lc voici celles de Plutarque (35): o- K
kuì TÌàç TÍAe/ç ìirtàìi h (popeáa xspiq'ysro, x.cù rà tpepiiov aùx Ia«t-touç H tò Tîéç fítjTpòç aine S îTfpiOTovTEç yxoAovûovv. Hanc urbesperagrans circumducebat leâlica ; leéïicam ejus non miner co-mitatus quam rhatris ipfius sequebatur. Ni lui ni Cicéronne parlent pas de la femme de Marc Antoine ; c’est unemarque qu’il n’étoit point alors marié. Voiez l’Articlede Fut vie (36).
(E) En quel tems cette Courtisane suivit Marc Antoine «l’Armée,] Nous savons qu’elle le suivit au de là des Alpes.
Galle quid insanis ? ìnquit : tua cura Lycoris ■
Perque nives alium,perque horrida castra secuta efl (37).
Nunc insanus amer duri me Martis in armisTela inter média atque adverses detinet hoftes.
Tu procul à patrìa ( ne ft mìhi crèdere , ) tantum ,Alpinas ah dura nives , ex frìgora RheniMe fine fila vides: ah te ne frìgora Udant:
Ah tibi ne teneras glactes secet aspera plantas (38).
(34) Phï-
bpp. 11,Cap. XXIV.
Us) u An-tonip, pî-S22, ^í.
Î 36 ) 1{emar~?»« (L)'.
( 37 ) Virgil.Eclog.- X,Vos. zì.
( 38 ) IbidemVos 44.
(z sl Horat.EpistolaXVIIIF- 31. 'Libri /.
(z6) Plinius,Libr. VIII,Cap. XVI ,pag. m. I61.
f 27) La XIIIdu X Livre.
Eutrapelus, cuicunque nocere volebat ,Vestimenta dabat pretiofa : beatus enim jamCum pulchris tunìcis fumet nova confilia ex fpis ;Dormiet in lucem : feorto postponet honestumOfficium: nummos alienos pafeet : ad imumThrax erit, aut clitoris aget mercede cab alium (i;).
(C) Des lions furent attelez, au carrosse de Marc Antoine.]II fut le prémier qui les fit servir à cet usage parmi lesRomains. Jugo fubdidìt eos primufque Roms. ad currumjunxit M. Antonius, ex quidem civili bello cum àimìcatumeffet in Pharfalicis campis , non fine quodam estent0 temporumgenerofos fpiritus jugum fubire illo prodigio fignificante : namquod ita veêlus est cum Mima Cytheride supra monstra etiamillarum calamitatum fuit (26). Selon ces paroles de Pline(29) Vebeba- ce nouveau spectacle ne parut en Italie qu’après la ba-taille de Pharsale : il semble pourtant que Cicéron dise lecontraire dans une'Lettre (27) qu’il écrivit à Atticuslaureati ante- avant cette fameuse journée, TuAntonii leones pertimefiasadebant, inter cave ; n ',hil est illo homine jucundius. II veut dire, cerne
quos apena J ■ -
Lc ‘
f28) Voiez. leCicéron deCrícvius ,Epist. adAtticum,Tom, II yfag. I8l.
tttr in ejsedttribuntís ple-ins : liftons
Mais auroit-elle suivi Marc Antoine lors qu’il alloit servirdans les Gaules (39) fous Jules César, ou lors qu’il s’yretira après avoir été batu à Modene ? J’aimerois mieuxprendre ce dernier parti, parce qu’autrement il faudroitdire que Virgile mettroit l’apareil à une fort vieille plaie;il consolerait un homme dix ans après que fa Lycorislui auroit été infidelle. Les Bucoliques de Virgile fontpostérieures à la mort de Jules César; Lc par conséquentfi Lycoris avoit abandonné Gallus pour s’en aller dans lesGaules avec Marc Antoine, pendant que César y faisoitla guerre, Virgile auroit exerce sa Muse sur une amou-rette , ou sur une infidélité surannée. Mais en suposantl’autre partie de l’alternative, la plaie de Gallus étoittoute fraîche, Lc ainsi les Vers de Virgile pouvoient ve-nir fort à propos. Selon cette derniere suposition MarcAntoine se souvint peu de sa parole. II avoit promis àFulvie l’an 709 de renoncer pour jamais à fa Comédien-ne (40). II la quitta aparemment pour un tems, Lc cefut dans cet intervalle que Gallus s’empara de Cytheris.
S’il n’eut pas le tems de versifier ses quatre Livres, avantque la guerre de Modene lui débauchât fa Cytheris, il yemploia les années suivantes; car il n’ est pas nécessaire desuposer qu’il n’y avoit pas parmi tant de Vers beaucoupde reproches de perfidie. J’ai remarqué ci-dessus que laLettre, où Cicéron se justifie de s’être trouvé à un repas ridïcastra 1 "avec Cytheris, passe pour avoir été écrite l’an 703. C’est secuta est,
(}S>) ll y alladeux fiis-, 1,après le retourd? Egypte , 0 tìil avoit servien 698 sousGabîmas : 2 »•après avoir étéfait §}uefteur mVoiez, Cicé-ron, Phil. ILCap, XIX*
xx ,:
Il fut
teur dans lesGaules fousCésar Can703, à ce quidit Hiitius*
(4°) VoieXt
P ArticleSUIVIE,\emarq. (A),Citation (81).
(4 1 ) Sur cesparoles de
leftica mimafortabatur. ..Sequebaturrheda cum le -nonibus comi-tes nequijjìmi.Cap. XXIV.
(30) Abram
ìn Cicéron.Orat, Tom.i - /» 645.
(31) Il ra-forte au tems<Taprès la Ba-taille de Char-fole les Aeov-tíç Spf icenyviroífúyví-noi , leonibusjuncti cur-ïus, ïV An-tonio , pag.
920 , B.
Í32) Aidât.
Emblem.
XXIX.
(33) Il a étéremarqué pariti Commen-tateurs desEmblèmes ,dj par le PereAbram iaCicéron.Orat. Tom.U, pag. L45.
semble, qu'Atticus ne devoit pas s’effraier de ce que le une dificulté contre ceux qui voudroient dire que Cythe-
Lieutenant de César faisoit traîner son carrosse par deslions. II assûreroit cela plus clairement, si la Conjecturede Victorius étoit certaine. Ce docte Critique (28) veutqu’on lise leonibus , au lieu de lenonibus , dans le Passagede la II Philippique que je mets en marge (29). Sesraisons font spécieuses, & je croirois fans peine qu’il araifcn, comme l’a cru le Pere Abram (30). En ce cas-là Plutarque (31), & Pline n’auroient point agi en fidè-les Historiens; car il est indubitable que les paroles de laII Philippique concernent les promenades que Marc An-toine fit faire par les villes d’Italie à la Comédienne Cy-theris , pendant que César fit la guerre en Espagne auxLieutenans de Pompée, un an avant la bataille de Phar-sale. Au pis aller, je veux dire posant le cas qu’il ne sa-lut point avoir égard aux paroles de Cicéron, nous nelaisserions pas de convaincre André Alciat d’un grosmensonge ; car il a suposé que Marc Antoine ne se ser-vit d’un attelage de lions, qu’après avoir fait mourir lepere de l’Eloquence.
Romanum poflquam eloquium, Cicérone peremptoFerdiderat patrk pestis acerba fm ,
Infcendit currus viâìor , junxitque leones ,
Ccmpulit er durum colla- fubire jugumMagnanimos cejfijfe fuis Antonius armisAmbage hac cupiens fignificare duces (32).
Ce mensonge (33) est d’autant plus inexcusable, que l’Au-teur y a fondé un éloge de Cicéron, & quelques mora-lisez.
(,D ) Le train de Cytheris ri étoit pas moindre que celui de,ia mere de son galant.] Plutarque, en mettant de l’égalité
ris alla dans les Gaules avec Marc Antoine, avant la
H dit 9 Hor-lida fetn-
rupture de César & de Pompée. Voiez la Note margi- proptei'bcl-nale. Mais j’avoue que je ne voi rien qui me porte à la civilia,croire, que l’on ait bien deviné la date de cette Lettre. &(ubtiliterQuoi qu’il en soit, le parti que j’ai suivi m’a été marqué ilic V'ígstpar Servius même (41), quoi qu'avec moins d’exactitudeque je n’eusse souhaité. Joignez aux paroles de la marge diítmn est.celles-ci ( 42 ) : Eïc Gallus amavit Cytherïdem meretricem li- Voilà quibertam Volumnït, qu&, eo fpreto, euntem Antonium adGal-lias est secuta : propter quod dolorem Galli nunc videtur confo-lari Virgilius. Nec nos debet movere, quod cum mutaveritpartem quarti Georgicorum , hanc eclogam fie reliquit. Namlicet confoletur in ea Gallum, tamen altius ìntuenti vïtupera-tio est. Nam ex in Gallo impatientia turpis amoris oftendi-tur : ex aperte hic Antonius carpitur inimicus Augasti, quemcontra Romanum morem , Cytheris est in castra comitata.
Finissons par cette Remarque du même Commentateur :il y eut en même tems trois fameuses filles de joie, sa-voir Cytheris, Origo, & Arbuscula. Les deux dernie-res se trouvent dans les Vers d’Horace (43) fur le pied de,Comédiennes ; elles l’croient donc toutes trois.
(T) Je ne pense pas quelle iait suivi en Asie après la ba- ]?“ s » ■ 111taille d e Philippes.] Un bel Esprit est néanmoins de ce '
sentiment (44). Marc Antoine étoit fou de la ComédienneCytheride (c’est la Réponse qu’il supose avoir été faite par (43) Sat. IXFulvie à Helene, fur la question st elle excita Marc An- ct ultima.laine son mari à faire la guerre à Auguste) exfeujje bien Libri K-voulu me venger de lui en me faisant aimer d Auguste ; maisAuguste étoit difficile en maìtrestes. Il ne me trouva ni assez,jeune, ni affez, belle ; ex quoi que je lui stjfe entendre qu'ils’embarquoit dans la guerre civile faute d. avoir quelques foinspour . moi, il me fut impossible d’en tirer aucune complaisance.
Je
prouve queLycoris s ì etsalla dans lesGaules avecMarc Antoi’•ne , pendantla Guerre ci-vile qui s*éle-va entre Ofta-ve (x MarcAntoine fousle Consulatd y UirtiMs éxde Pansa .
(42) Ser-
(44) Nou-veaux Dia-logues desMorts,
/1 Pan.pag, m, r S,