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Tome troisieme. K - P.
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L I M E U I l;

(r) Le La-boureur ,Addit. auxMémoiresde Castel-nau, Tom. I,pag. 327 «ffl*paré avcSTom.H, p“g.ìrs.

(17) Lk-mè-me, pag. 4 é.

(t8) Mexe-rai, Hist.de France,'Tome 1 / }133.

(r 9) Ellemourut le 23de Juillet1564. La.Limeuil ac-coucha pen-dant le Votagede Lion j laCour entradans Lhn kla mi-Juin1564.

(20) Galar-tex. des Roisde France,Tom. /, pag.

J V* zss>

(2 r) llrfi

au fecontf Li-vre- du Re-cueil desïdicts, Re-glemens,ContractsLc autreschoies con-cernans leClergé deFrance, folio120 4? Çaiv.Edit. de1615 in 8.

(22) Votez,ci-dessus laCitation (8)de L.ArticleB A U D I US.

(2)) %oul : nfut assiégéfendant Pau-tontine de3 5 <íZ.

Îl8

beaucoup de variations (E). Quoi qu’il en soit, elle étoit fille de Gilles de la Tour, Sei-gneur de Limeuil (c), & íe maria ensuite avec Scipion Sardini, Baron de Chaumont sur Boi-re, &c, noble Luquois (d) (F). Elle rabroua un jour extrêmement l’homme du monde leplus terrible, je veux dire le Connétable de Mommorenci (G). Je raporterai un Passage deBrantôme, qui la concerne, qui est assez curieux (IF). Sa sœur ainée, fille d’honneur deCatherine de Medicis, mourut à la Cour. Brantôme en parle (/).

trouve tout loisible pourveu quelle atteigne à ses deffeìns. A-près avoir parlé de la paix qui fut conclue le 18 de Mars1563, il dit (17) que la Reine, pour mettre le Prince deCondé en mauvaise réputation envers les fans, l'entretenoittousjours aux despens de l’honneur de Limeuil qui devintgroff'e. Et la Reine , pour faire bonne mine, l’en voulanttancer, Limeuil eut bien la hardiejfe de luy dire, quelle avoittn cela fuivy l’exemple de fa Maifireffè , cy accomply soncommandement. Voilà tout ce qu’il dit: la bonne foi éxi-geoit qu’il avouât que la Limeuil fut chassée 6c encloî-trée.

(E) ll y a ici beaucoup de variations .] Dans le Discoursmerveilleux on assûre que le Prince aimoit la Limeuildès le teins de fa prison, après la journée de Dreux ; maisMr. de Mezerai 8c Mr. Varillas assurent qu’il ne l’aimaqu’après la prémiere paix. Varillas assûre que la Régentese proposa de marier cette Demoiselle avec le Prince, Scque la Demoiselle se datant de cet honneur n’épargnarien pour y parvenir : mais l’autre Historien n’attribuequ a la Maréchale de St. André l’espérance d’épouser lePrince. Varillas assûre que le Prince fut aimé tout à lafois de ces deux Dames, & quelles lui donnèrent à l’en-vi l’une la plus belle de ses terres, 8c l’autre son pucela-ge. Mezerai ne dit rien touchant cette émulation : il su-pose (18) que le Prince étoit veuf, lors que la Reine es-laia de l’engager à épouser la Maréchale : si cela est, quedeviendra l’émulation dont parle Mr. Varillas: cette ému-lation qui faisolt que ces deux Dames combatoient à quiseroit plus prodigue de ses faveurs envers le Prince ? Cen’est qu’une chimere selon le Système de Mezerai ; carEleonor de Roye vivoit encore (19) lors que la Limeuilaccoucha, & ainst avant que le Prince fût veuf, cetteDemoiselle étoit sortie ignominieusement de la Cour, 8cavoit été enfermée dans un Monastère. Elle ne disputentdonc pas le terrain à la Maréchale; elle n’oposoit pas leprésent de son pucelage à la donation de la terre de Va-let! en Gatinois.

(f) Elle fe maria ensuite avec Scipion Sardini Baron de‘Chaumont fur Loire, eyc, noble Luquois .] Je me fie beau-coup plus aux Ecrivains que j’ai citez, qu’à celui qui apublié les Galanteries des Rois de France. Mademoisellede Limeuil dit-il (zo), âpres être acouchée tacha de fi conso-ler de la perte des hautes ejperances quelle avoit conceuès enépousant Geoffroy de Caufac Seigneur de Fremon qui l aimoitdepuis long-tems, cy qu elle avoit négligé depuis qu elle avoitété en intrigue avec le Prince de Condé. Au teste ScipionSardini étoit l’un des Partisans Italiens qui firent fortuneen France fous Catherine de Medicis. J’ai ,lu le Contract(21 ) passé entre Messieurs du Clergé de France 8c lui le4 de Mars 158 S, pour les Offices de Receveurs alternatifs,cy deux Controolleurs des décimés héréditaires , en chacunDiocefi de ce Royaume, ey autres levées de deniers. II y estqualifié noble homme Scipion Sardini GentilhommeLucquois demeurant en ceste ville de Paris, paroisse Saint Se-verin. C’est 'fans doute le même Scipion Sardini qui pritBaudius dans fa maison, 8c qui lui donna des gages (22),8c le même encore que celui dont Bassompierre parlequelquefois dans ses Mémoires, 8c dont je trouve cetteparticularité à la page 21 du Thuana. „ La Vie de Cas-„ truccio Castracani de gli Interminelli faite par Aldo Ma-il nucci est. fort belle, Sc toute autre que celle qui a été,, écrite par Machiavel. . . . Cette Vie mérité d’être„ curieusement recherchée. Je n’en ai jamais vû qu’une,„ entre les mains du Seigneur Scipione Sardini,. qui ve-,, noit auffi d’un interminelli, 8c qui avoit invité Manuc-

ci à faire cette Vie. Je croy quelle est imprimée à„ Lticques in quarto en Italien. C’est une belle piece ”.

( G ) Elle rabroua . le Connétable de Mommorenci.']

Donnons ce récit tout tel qu’on le trouve dans Brantô-me : „ Un jour au stege de Rouen (23), ainst que la„ Reine alloit au fort de Sainte Catherine de Rouen,„ accompagnée de ses filles, Monsieur le Connectable„ luy ayant dit un mot, 8c pris congé d’elle, vint à ren-,, contrer Mademoiselle de Limeuil, 1 une des belles 8c„ spirituelles filles de la Cour, 8c qui disoit auffi bien le„ mot, 8c vint tout à cheval la saluer pour causer avec„ elle, 8c l’appelloit sa maîtresse, Sc tousjours la vouloir„ accoster, car le bon homme n’estoit pas ennemy de la„ beauté ny de l’amour, fût ou par effets ou par paro-„ les; car il avoit eu de bonnes pratiques en l'on jeune„ temps que je ne diray point. Mademoiselle de Limeuil,„ qui n’estoit pas ce jour-là en ses bonnes humeurs, ne„ fit pas grand cas de luy, car elle estoit altiere quand„ elle vouloìt, 8c commença à le rabrouer fort, 8c ren-,, voyer Monsieur le Connectable, qui luy dit,Et bienj, ma maistresse, je m’en vais, vous me rabrouez fort.,, Elle luy respondìt, C’est bien raison que vous rencon-» triez quelque personne qui vous rabroue, puis que vouss> estes coustumier de rabrouer auffi tout le monde. A-

„ dieu donc, dit-il, ma maistresse, je m’en vais, car„ vous m’avez donné la mienne (24) ”,

{H) f e raporterai un Paffage de Brantôme, qui la con-cerne, ey qui est ajfez curieux.] Je ne crains pas que lesconoisseurs se déclarent contre ma conjecture, quand ilsauront bien examiné les circonstances du récit que l’onva lire. II est difficile de n’y pas trouver la Limeuil 8c lePrince de Condé.

„ J’ay (23) connu un autre Prince, mais non pas st„ grand (26), lequel durant ses prémieres nopees 8c fa vi-„ duité (27), vint à aimer une fort belle Sc honnesteDe-„ moiselle de par le monde, à qui il stt, durant leurs» amours Sc foulas, de fort beaux prefens de carcans, de„ bagues, pierreries, & force autres belles hardes, dont„ entr’autres il y avoit un fort beau & riche miroir où„ estoit fa peinture. Or le Prince vint à épouser une fort,, belle 8c honneste Princesse de par le monde,qui luy fit„ perdre le goût de sa premìere Maistresse, encor qu’el-,, les ne deussent rien l’une à l’autre de la beauté. Cette„ Princesse sollicita Sc persuada tant Monfieur son mary,,, qu’il envoya demander à sa premiere Maistresse tout ce„ qu’il luy avoit jamais donné de plus exquis 8c de plus„ beau. Cette Dame en eut un grand creve-cœur, mais„ pourtant elle avoit le cœur fi grand Sc si haut, encor„ qu’elle ne fust point Princesse, mais pourtant d’une des„ meilleures Maisons de France, qu’elle luy renvoya tout,, le plus beau 8c le plus exquis, où estoit un beau miroir„ avec la peinture dudit Prince : mais avant, pour le„ mieux décorer, elle prit nne plume 8c de l'encte, 8c„ lui ficha dedans des cornes au beau mitan du front, &„ délivrant le tout au Gentilhomme, luy dit: Tenez,„ mon amy, portez cela à voftre Maistre, 8c que je luy„ envoyé tout ainst qu’il me le donna, 8c que je ne luy„ ay rien osté ny adjousté, si ce n’est que de luy-inesme„ il y ait adjousté quelque chose du depuis: 8c dites à,, cette belle Princesse fa femme, qui l’a tant sollicité à,, me demander ce qu’il m’a donné, que si un Seigneur„ de par le monde (le nommant par Ion nom, comme,, je sçay) en eust fait de mesme à sa mere, Lc luy eult,, repeté Sc osté ce qu’il luy avoit donné pour coucher„ souvent avec elle par son pardon d’amourettes Scjouys-„ lance, qu’elle seroit auffi pauvre d’affiquets 8c pierre-„ ries que Dame de la'Cour; 8c que fa teste qui en est„ si fort chargée aux dépens d’nn tel Seigneur, 8c du,, devant de fa mere, que maintenant elle seroit dans les,, jardins a cueillir des fleurs pour s’en accommoder, au„ lieu de ces pierreries : or qu’elle en fasse des pastez 8c„ des chevilles, je les luy quitte. Qui a connu cette De-„ moiselle-là, jugeroit bien qu’elle avoit fait ce coup,„ 8c ainst elle-mesme me l’a raconté, car elle estoit très„ libre en paroles; mais pourtant elle s’en cuida trouver„ mal, tant du mary que de la femme, pour fe sentir„ ainsi descriée: à quoy on luy donna blasme, disant„ que c’estoit sa faute, pour avoir ainsi dépité 8c deses-„ peré cette pauvre Dame, qui avoit fort bien gagné„ tels prefens par la sueur de son corps. Cette Demoi-„ selle, pour estre l’une des belles 8c agréables de sou,, temps, nonobstant l’abandon qu’elle avoit fait de son„ corps à ce Prince, ne laissa à trouver un party d’un„ très riche homme, mais non de semblable Maison, fi„ bien que se venant à reprocher l’un à l’autre les hon-„ neurs qu’ils s’estoient faits de s’estre entre-mariez • elle„ qui estoit d’un st grand lieu de lavoir espousé, il luv„ fit xesponse; & moy j’ay fait plus pour vous que vous„ pour moy ; car je me fuis déshonoré pour vous remet-„ tre vostre honneur; voulant inférer par là, que puis„ quelle avoir perdu estant fille, il le luy avoit remis„ 1 ayant prise pour femme ”.

(A) Sa feeur aînée .... Brantôme en parle.] Voici enquels termes (z8): il efiheut à l'ais née Limeuil, à fincommencement qu’elle vint à la Cour , de faire un pasquin{car elle difott ey eferivoit bien ) de toute la Cour, mais nonpomt scandaleux pourtant, fi non plaisant-, mats affeurex.-vous qu’elle (2.9) la repajfa par le fouet à bon escient, avecdeux défis compagnes , qu't en efioient du consentement , &Jans qu elle avoit cet honneur de luy appartenir d. cause de laMaison de Tourdine, alliée de celle de Boulogne, elle l’eustchaftiee ignominieusement par le commandement exprès duRoy (30) qui detestoit tels efcrìts. Dans l’Eloge de Ca-therine de Medicis il remarque que cette fille mourut àla Cour. II nous aprend ailleurs un fait singulier tou-chant cette fille. Durant fa maladie, dit-il (31), dontelle trefpajfa, jamais elle ne cessa, ains causa tousjours; careue efait fort grande parleuse, brocardeufe, ey tres-bien gyfort à propos, ey tres-belle avec cela : quand l’heure de fa finfut venue, elle fit venir à foy son valet (ainfi que les filles'de la Cour en ont chacune un ) qui s’apelloit Julien, gy fia-voit tres-bten jouer du violon : Julien-, luy dit-elle, prenez,vostre violon ,gy finmz-moy tousjours jusques « ce que me

voyez,

(d) Le La-boureur ,Addit. àCastelgau,Tom.I,p.)ij rVotez atíjjîVarill. Hist.de CharlesIX , Livr.pag. «12.

(24) Bran-tôme , Elo-ge de ceConnéta-ble, au nTome de ses

Mémoires,p. m. 71,72.

(2j) Bran-tôme , Mé-moire desDamesGalantes,Tome II,P*g- 3 S 2 .

(26] IIvenaitde parler deP Avant ured’un très-grand Prin-ce souve-rain.

(27) T f 4 í

la seine acroire que la,Limeuil aiscontinué fagalanterieavec le Princedepuis qu*ilfut veuf-, caril le devintfendant qv?el-le étoit dansm Monastère^

(28} Bran-tôme , Da-mes Galan-tes, Tom. II,pag. 566.

(29) C'est-Ì-dire Catherinede Medì'cù.

(3°) C’ejl-à-dtre deHenri It.

(31) DainesGalantes,Tom. 1 /

341»