L I M E U I L. LINACER,
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{«) Latimerir Croci-Mius.
(b) Tiré delaul Jove,>» Elog. Vi-lar. doctor.
LXiu.Vosez, aussiEilius, adcalccm JoviiBtitanniîeDescript.t a l- 92. i?
H-
voyez morte] (car je nìy en vais) la défaite des Suisses, L?le mieux que vous pourrez ; quand vous ferez fur le mot ,tout est perdu, fonnez-iepar quaire ou cinq fois le plus piteu-sement que vous.pourrez: ce que fit ï autre, es 1 elie-même luyaidait de la voix , zx quand ce vint, tout est perdu, elle réité-ra par deux soir, (X fie tournant de ï autre costé du chevet ,
tout est perdu à ce coup , A à IonVoilà une mort joyeuse zx plaisante .-ce conte de deux de fes compagnes, dignes de foy , quijouer le myftere. Ceux qui feront une Lifte despersonnes qui font mortes en plaisantant, ne devront pasoublier cette Demoiselle.
elle dit à fes compagnesescient , ev ainfì décéda,je tiensvirent jouer
LINACER (Thomas) Médecin Anglois, & l’un des plus savans personnages du XVI.íìecle (A), étudia à Florence sous Demetrius Chalcondyle, & sous Politien, & se distinguasi hautement par fa politesse, & par fa modestie, que Laurent de Medicis le donna pour com-pagnon d’étude à ses enfans. II fut ensuite à Rome, & y fut fort estimé d’Hermolaus Barba-nts. Etant retourné en Angleterre, il fut donné pour Précepteur au Prince Anus fils ainéde Henri VII, & lui dédia la Version Latine de la Sphere de Proclus (B). H s’étoit associéavec deux autres Anglois (a) pour la Traduction d’Aristote $ mais ce dessein fut abandonnépar ses camarades. II traduisit en Latin quelques Traitez de Galien, & publia un savant Ou-vrage de emendata Latini sermonis Jïrutdura (C). II fut Médecin du Roi d’Angleterre, & de laPrincesse Marie, & légua une maison au College des Médecins ( D ). II mourut à l’âge desoixante-quatre ans (A), & fut enterré à Londres dans l’Eglise de Saint Paul (b)- On luidonna un Bénéfice (c) l’an ifîf & il reçut l’Ordre de Prêtrise (d). Erasme le loue beau-coup j mais il lui attribue le même défaut qu’à Paul Emile (A), c’est d’avoir eu trop de peine
à
(c) Linacésfacerdotio
díiéhis efîpfHquo omnesMufufortn-n<£ grattasezijje arbitror 9Epift,XXXIXLibnVIIlinter Eras -mimas .
(d ) PopeBlount,Cens. Autb,MS- 377.
(1) Pag. 84& 37r.
(2 ) Jovius,in Élog.doct;. Vîtor.pag» m. 14 6.(}) Georg.Lilius, inElog. quo-tund. An-glorum,í/i- 93.
V 4 ) C'éteitùn Moine.Au^ujiin ,natif de Tou-loufe,fr qu'ilet*t faiu parconséquentnommer ouToi o sas cuTolosanus.
V efi nommé •BeinardusAndréas
élans í’Epito-ine de Ges-ner,p.
& dans i’ En-eomiasti-con Augus-tinianum deïhihppeElslìus, pag.324.
( 5 ) Erasin.Epist. X IVLibri XXVI,Pag. 1424.
( 6 ) Georg.
XUins, inElog. quor.Anglorum,pag. S3.
(7) Baillée,jugem. desSavans,
Tome IV,t*l- 85.
(8) Georg.Lilius , inElog. quo-lund. An-
gtor.p.94.
(9) Jovius,Èlogior.pag, 146.
f 10) sipuiïopeBlount,Censuracelebr. Ail-thor. p. 377.sn) Geor-gius Lilius,in ElogiisquorundamAnglorum,P“i- 94.
(12) PopeBlount,Cens. Au-tàor. p. z 77.
(13) Erasm.Apophtheg.
Libr, vi,
ì a g.m. 524.
(H) Cita-de
Lylnicle
(ïavil)
(A) L’un des plus savans personnages du XVI fiecle.]Consultez Mrs. Baillet 8c Pope Blount qui ont recueilliplusieurs éloges qu’on lui a donnez , celui-là au IV To-me (1) des Jugemens des Savans, celui-ci à la page376 & 377 de son Censura celebriorum Authorum.
(B) Il dédia au Prince Artus la Version Latine de lasphere de Proclus.] Paul Jove (i) & George Lilius (3)l’assûrent ; 8c cependant Erasme raconte que cet Ouvra-ge fut dédié à Henri VII, qui n’en fit aucun état, par-ce qu’un envieux lui représenta que ce n’étoit point laprémiere Traduction de Proclus. Thoma Lìnacro peffim'eceffit quod Proclum à fe denuo verfum Régi hujus patri di-cârat. Andréas quidam Tolasates ( 4 ), praceptor ArcturiPrincipis, zx in regnum paternum fuccesfuri, nist mors ante-vertijfet, cocus adulator, nec adulator tantiim, fed zx dela-t.or pestimus, Regem admonuit hoc libelli jam olim fuisse ver-fum à nefeio quo ; ZX erat, fed mìfer'e. Hanc ob causam RexéX mtmus afpernatus est, zx in Linacrum velut in imposto-rem inexpiabile concepit odium ( j ). Erasme nous conte làun furieux caprice de Henri VII.
(C) Il publia un savant Ouvrage de emendata Latinisermonis structura (ct), j II fut imprimé plusieurs fois.Je n’ai queTEdition de Venise apud Aldum 1557 in 8.La Préface n’y est point. Elle avoir été adressée à laPrincesse Marie, comme on l’assúre dans les paroles sui-vantes (6).; Se d zx de Emendata Latini sermonis struélura,ex pr&stantìjstmorum authorum obfervatione compofitum vo-
umen, paulo antea, quàm vita excederet, publicavit , ad-Jcripta pr&fatmncula Maria Henrici Oclavi ex CatharinaHis-pana conjuge filia, laudatijstma indolis, zx admirabili virtu-tum omnium concentu , ad omnem graiiam promerendam na-tte Principi, cui renovato prudentistìmi patris exemplo Henri-cut Rex Linacrum à tuenda fanitate prifeèìum adhibuit.Mr.Baillet ( 7 ) citant la page d'où je tire ce Latin assûre que1’A.uteur raporte qu’Erafme & Budé louèrent Linacer d’a-voir fait ce Traité-là. Je ne trouve point ce fait dansmon Edition.
tien de rìww tin T d ^ ct ° uv , rage n ' est Ti’une Traduc-tion de 1 Anglois. L, Edition de Robert Etienne, in 4
1547 > contient cette Epître Dédicatoire, laquelle, en
effet, n’est que de víngt-trois lignes, grosse lettre. Rem.
C R I T.
(D) il légua une maison au College des Médecins.] Cesmots font la Traduction des termes dont George Li-lius s’est servi. Londini obiit, honesta domo in ea urbe , Me-dicorum Collegio ex testamento reliéla (8). Paul Jove s’estainsi, exprimé : Honestam domum Londini Medicorum Colle-gto dedkavìt (9). Ni l’un ni l’autre n’a été assez exact;car il saloir dire que Linacer fit bâtir à Londres le Col-lege des Médecins, & qu’il fut le prémier qui en eut laprésidence. C’est ce qu’on assûre dans sonEpitaphe(io).On y dit auffi quil fonda trois Leçons publiques en Mé-decine, deux a Oxford, 8c une à Cambrige.
(fí) íl mourut a l âge de foixante-quatre ans .] J’auroisdit que ce fut au mois de Février i S i$ , si j’eusse suivi lanarration de l’Auteur Anglois qui a été imprimé avecPaul Jove; car voici les termes de cet Ecrivain, Londiniobiit . . . fepultus est in dìvi Pauli templo maximo, ad Sep-tentrionalis porta ingrejfum , eo fere tempore , quo FranciscusCallorum Rex ad Ticinum in Cifalpinìs pugnans, à Cafarea-nis ducibus captus est(n). Mais. il vaut mieux dire, com-me a fait Mr. Moreri, que Thomas Linacer mourut le20 d’Octobre 1524. Mr. Pope Blount le dit auísi (12) ;8c cependant il raporte l’Epitaphe de ce Médecin, danslaquelle le pur de la mort est le 7 d’Octobre 1524.
(F) Erasme le loue beaucoup, mais il lui attribue le mêmedéfaut qu à Paul Emile.] Je ne raporte point les élogesqu’il \ui a donnez; on les trouvera dans son Ciceronianus,& dans plusieurs endroits de fes Lettres. Je m’étendraiseulement sur ce qu’il le blâme d’avoir eu le goût tropdificile. Nec multum abfuit ab hoc vitio, dit-il (13), après
les paroles qu’on a vues «-dessus (14), ou il décrit j’iiu-
meur de l’Historien Paul Emile, Thomas Lìnacrus Anglus,vir undequaque doâlistimus. II lui écrivit une Lettre l’an1521, dans laquelle 11 l’exhorte à ne pas tant faire lan-guir le public, 8c à ne le priver pas si long-tems de lalecture des Ouvrages que l’on attendoit de fa plume avecimpatience. II lui dit qu’il est à, craindre que fa condui-te ne paroisse plutôt une cruauté qu’une précaution mo-deste. At tu fi mihi permittis , ut libéré tecum agam , finefine promis tuas omnium eruditistimas lucubrationes, ut peri-culum fit, nepro cauto modestoque crudelis habearis, quistu-dia hujus feculi tam lentâ torqueas expeelatiene tuorum labo-rum, ac tam diu fraudes defideratijfimo fruSlu tuorumvoluminum. Fortaffe terret te noftrum exemplum , fedetiam atque etiam vide , dum studiofms vitas nostramculpam, in diverfum defleíïas (15). Le défaut dont 011blâme là notre Linacer n’est pas fort commun parmi lesAuteurs, 8c néanmoins on peut dire qu’à certains égardsil ne l’est que trop ; car pour l’ordinaire ce ne font pasles mauvais Auteurs, ou les Ecrivains médiocres, qui enfont coupables, ce font les plus excellentes plumes. IIseroit à souhaiter que ceux qui publient tant d’Ouvragesmal tournez, mal digérez, 8í qui ne servent presque derien à la République de Lettres, outrassent la Maximequ’il faut garder un Ecrit dans son cabinet pendant neufans (16). II seroit bon qu’ils fe piquassent d’un excèsde délicatesse, & qu’ils ne crussent jamais avoir mis laderniere main à une composition. Rarement arrive-t-ilqu’ils aient cette pensée. II ne faudroit point regretterqu’ils V eussent souvent. Mais il est fâcheux qu’un très-habile homme soit semblable à ce fameux Peintre qui nese pouvoir résoudre à s’imaginer que fes tableaux fussentfinis, 8c dont Apelles reconut si bien le foible : Cum Pro-togenis opus immenfi laboris ac cura supra modum anxU mi-raretur (Apelles) dixit . . . omnia fibi cum illo paria esseaut illi meliora : fed uno se prostate, quod manum ille de ta-bula non feiret tollere : memorabili pracepto, nocere sape ni-miam dilìgentiam (17). Ces paroles de Pline font très-bonnes, elles contiennent un Proverbe qu’Erasme apliqueaux Savans qui ont le goût de Linacer, & d'ailleurs ellesnous aprenent qu’un foin trop exact, trop tendu, tropopiniâtre, fait souvent du tort. Voui allez lire l’aplica-tion faite par Erasme. Peculiariter autetn conveniet ( pro-verbium, manum de tabula) in quosdam feriptoresfathaccuratos , zx morofa cujufdam dìligentìa, qui fine fine pré-muni suas lucubrationes ,jemper aliquid addentes, adimentes,immutantes, zx hoc ipfo maxime peccantes, quia nihil pecca-re conantur (i8).Qu’arrìve-t-ìlde cette peine trop scrupu-leuse ? Un grand dommage pour le public, 8c beaucoupdepréjudicepour ceux qui la prenent. Le public demeuretrop long-tems frustré du bien qu’il retireroit des composi-tions des grans Auteurs, quand même elles seroient éloi-gnées de la perfection qu’ils euíîent pu leur donner. II endemeure frustré pour toûjours assez souvent, parce qu’ilsmeurent avant que de les avoir rangées en une forme d’oìtleurs amis ou leurs héritiers puissent tirer quelque parti.Ceux qui composent avec un esprit dificile,& qui corri-gent avec une extrême sévérité leurs productions, fe rebu-tent enfin de leur travail, 8c craignent de le toucher. Usle regardent comme une torture 8c comme une croix, 8cils diferent le plus qu’ils peuvent d’y mettre la main ; lesouvenir de la fatigue, qu’ils ont essuiee à transformerune page, leur inspire de la crainte : ils laissent donc pas-ser des mois tout entiers fans revenir a cette pénible tâ-che; & ainsi quand on fe fíguie que leur Livre est bienavancé, parce qu’on n’ignore pas qu’ils l’ont entreprisdepuis dix ou douze années, ce ne lont encore que desmorceaux ébauchez, 8c des pieces decouíues ; & st arri-ve assez souvent qu ils meurent avant que 1 Ouvrage aitreçu sa prémiere forme. Ils se privent par la eux-mêmesde la gloire à quoi ils avoient pu aspirer. Quelques-unsfont plus heureux, ils s’obstment au travail, 8c à force
de limer k de polir leurs Compositions fans aucun relâ-che,
( 15) IdemEtasmua,Epi st. II íLibri XI T,pog. 65S.
RECUEItStouchantles Auteursqui corri-gent ttopleurs Ecrit?!
(16) A Toitum*que prematHrin annum.
Horat. deArte Poët,t, 388.
(1 7) Mí'nius, Liír *.XXXV, cap 2
XIIU ''
(is) Erasin;Chil. 1 3 Cefft,IIIt tmm. i§2.
pag % m. ï.oj,