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Tome troisieme. K - P.
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LOYOLA:

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les Accusations (R). Mais il est certain qu’il y a des gens, qui fans patoitre préoccupez sou-tiennent que plusieurs choses ont rendu justement odieuse cette Société. On n’aquiert pasune si grande puissance, disent-ils, 6c on ne la conserve pas si long-tems, fans le secours d’unepolitique humaine très-rafinée. Or n’est-ce point l’encyclopédie de la mauvaise Morale quantaux péchez spirituels ? D’ailleurs, ce sont les Jésuites qui ont poussé le plus ardemment 6c leplus loin les conséquences de plusieurs doctrines qui étoient nees avant eux, 6c qui exposentles Souverains à de continuelles Révolutions (S), les Protestans au carnage, 6c la Morale

Chré-

(95) Là-mê-me,pag. 44.

(96) Là-me-pag. 4Í.

( 97 ) Li-

Cs>8) Dansla page 72 deReligiondes Jéíuitestrous trouve-fez, ces pa.ro-les : Pourî“ger équi-table ment,«ksent-ils,de l'Ltzricde Mr. Ar-naud telque l’Au-teur satyri-que íe dé-peint, Sc del’Elprit de«et Auteurtel qu’ils’est décou-vert dansson Livre,il fautavouer quelien n’estfísemblableque cesdeux Es-prits , Sc

Í [u’on peutans setromperprendre leportrait del’un pour•le portraitdé l’autre.

On cite Let-tre Apolo-gétiquepour Mr.Arnaud.

(99) Défen-se des nou-veauxChrestiens1 A-rrlre,

P a !',-17 , im-pnfnéeàParis

V nn 1687.

•f ai de j a citéKnc partie de? p ‘stageda »’t’Arti-cle de Bel-sARMlN,

Gt at. (17).ìfitz-auffila

(E)

“ P--ArticleSERTEUer.

( looj I.u-mi-Tni > par. 28.

dans le fond c’est un grand défaut, que d’être tout prêt àcroire ce qui se publie au désavantagé de ses ennemis ,vrai ou faux, douteux ou certain, il y a plus d’indiscré-tion que de bonne foi à révéler cette prévention. Unennemi bien rusé découvriroit-il ce foible ? Mais en ma-tière d’indiscrétion cet Auteur est incomparable. Ne dit-il pas dans le même Livre (9 5) que l’Esprit deMonsr. Ar-naud ne fut interdit en Hollande, qu’à cause de l aFrayeur oh le pais êtoit alors de se brouiller avec les An-glais ; N’aprend-il pas au public (96) que cette interdiitionri empêcha pas que le Livre ne fût vendu fans péril , orfans au-tre précaution que celle de ne le pas mettre fur la table d'uneboutique ? Les amendes, ajoûte-t-il (97) , auxqutlles l’Im-primeur avoit été condamné, ne furent ni exigées, ni payées,ce fut une piece par forme pour fermer la bouche à la Cour d’An-gleterre ; or ceux-là même qui l’avoient défendu, auroient étébien fâchez, qu on ne V eût pas débité. Cela ria pas empêché nonplus qu il riait été imprimé dans ce pais. Celuy qui pajfoitpour être ï Auteur du Livre ri en fut pas moins bien receu à laCour & par tout ailleurs. N’est-ce point parler avec ledernier mépris de son Souverain, que de représenter laHollande lì timide 8c si peureuse à l’égard de T Angleter-re? Quand cette prétendue fraient seroit véritable, unbon sujet ne la cacheroit-il pas ? La révéleroit-il au pu-blic ? Avoueroit-il que les Ordonnances de l’Etat contreun Livre ne font qu’une vaine formalité dont les Librai-res se moquent? Je laisse le reste; c’est un abîme au bordduquel la prudence veut que je m’arrête. Mon indiscré-tion seroit cent fois plus blâmable que celle de cet Au-teur, si je ne jettois un voile fur ce dont il a eu la témé-rité de se vanter, & si je ne m’écriois, procul hin,c, pro-cul este profani. II a sacrifié à la tendresse paternelle leschoses qu’il devoir le plus respecter; car personne ne dou-te que l’Auteur de l’Esprit de Mr. Arnaud, & l’Auteurde la Religion des Jésuites, ne soient la même personne.II n’est pas mal aisé de le reconoitre; car les éloges, qu’ondonne au prémier de ces deux Ouvrages dans le dernier,ne peuvent venir que d’un pere idolâtre de ses enfans,8cfrapé d’une singulière prédilection pour l’Esprit de Mr.Arnaud, fondée fur ce que c’est un Ouvrage qui à dou-ble titre est l’enfant de son esprit, car il l’a fait à son ima-ge & femblance: il s’est lui-même ici dépeint (98).

ne manquent pas de s’en prévaloir, afin. .' ;qu lisaient un lieu commun général qui affoibliffe les Accusa-tions. J Autrefois ils répondoient a tous les Livres quel’on publioit contre eux; mais enfin ils se sont lassez dece travail. La raison ; qu’ils allèguent de leur silence ,est qu’ils ne font pas plus obligez de réfuter les Satires deleurs ennemis, que le Roi de France de faire répondreaux Gazettes d’Amsterdam. Pourquoi ne voudroit-il pas

/W f e r le J el , lier Mi parle (99), que les Jésuites eus-J nt pu negliger de refondre à des Libelles qui ne font à leur

Td-l m r S /« buleUX ’ — mépUslbL jt Galet-tes d Amsterdam, or que les Systèmes historique, oufrothUï-

ques de M. Jurieu l Doivent-ils estre plus délicats fur le faisde leur réputation , que ne le font ceux que Dieu a mis furnos testes ? Ne doivent-ils pas , ou du moins ne leur est-il paspermis âpres ces grands exemples , de mépriser ce qui ne toucheque leur honneur particulier ? Voici d’autres raisons: ellesfont prises de l’inutilité des Réponses, & de la dispositiond un certain public, à prendre pour vrai tout ce qu’onU1 donne contre eux ”. (100) Ou n’a pas si-tost répon-" j" 11 a siuelqu’une de leurs Satyres, qu’ils en ont six au-» tres toutes prestes à publier. Us en tiennent des ma-» gazins tout pleins: on leur en envoye de toutes les,, parties de la terre. Celles qui furent réfutées il y a" Ce , nt ( a s ', ls ’., 01 ! dont le monde se moqua sans qu’on les" £,.£» lls les rappellent aujourd’huy, avec la mesme,, hauhesse que si c estoient des pieces nouvelles, ou qui„ fuflent demeurees fans répliqué : & ceux qui les sui-„ vront à 40 ou 50 ans d’icy, feront la mesme chose de cel-„ les qu’on invente íde nos jours, toutes méprisables 8c„ toutes méprisées quelles font. Que servira-t-il, par„ exemple, aux Jésuites de la Chine, d’avoir esté les„ prémiers 8c presque les seuls qui se soient soûmis, 8c fans„ la moindre résistance, aux Vicaires Apostoliques, dès„ qu’ils y ont paru en 1684 puis que cela n’a pas, empes-„ ché leurs ennemis de publier encore lesté passé par la,> plume de leur Secretaire le Gazetìer de Hollande que„ le Saint Pere eftoit extremement irrité contre les Je-„ fuites, de ce qu’ils ne vouloient pas reconnoistre les„ Evesques qu’il envoyoit à la Chine. Peut-on douter-, que dans quelques années ce mensonge ne revienne à,, son tour sur la scene? De mesme que servira-t-il aux», Jésuites d’Allemagne, d’avoir une attestation signée" quatre des principaux Conseillers de Monsieur l'E-,, lecteur Palatin, tous Protestans, dajis laquelle ils té-T 9 M. ni t ~

,, m oignent que l’Histoire du Jésuite, contrefaisant une,, voix du ciel, pour tromper ce Prince, 8c l’animer à la„ destruction de l’Héréfie, n’est qu’une pure fable? Cet„ acte empeschera-t’il qu’un jour sur la foy du Gazetier„ de Hollande, quelque bon Protestant qui continuera„ l’Histoire Jésuitique, ne fasse un chapitre de cette chì-,, merique Avanture ? Pourquoy ne s’y attendroit-on pas,„ lors qú’on volt les plus graves Auteurs de ce party-là ,,, nous debiter sérieusement le conte des Emballeurs d’A-„ miens, avec toutes les circonstances capables d’en fai-

,, re une Histoire ridicule.Après cela quele Gaze-

„ tier Hollandois ne se repente point d’avoir publié, par„ exemple, que ce font les Jésuites qui pari leur avarice,, 8c par leurs médians conseils ont engagé l’Empereur„ dans la derniere guerre de Hongrie : que le peuple de„ Vienne, irrité contre eux pour ce sujet, en massacra„ plusieurs lors qu’ils vouloient sc sauver à rapproche de„ l’armée Othomane: que c’est eux qui brûlèrent Sto-„ kolm l’année derniere, ( c’estoient un peu auparavant„ quatre Turcs déguisez qui l’avoient fait) 8cc. Qu’il ne„ se repente point d'avoir publié toutes ces sotises-là ; ny„ cent autres de la mesme force, 8c qu’il ne change pas„ de stile à T avenir. Si on les méprise dans ce temps ,„ du moins il peut s’assûrer qu’un jour ce seront de fort„ bons mémoires pour celuy qui sera le vingtième ou le>, trentième tome de la Morale pratique (101) ”. Vousvolez avec combien d’artifice ils se prévalent de la préoc-cupation de leurs ennemis ; Sc ils vérifient la Maxime àquelque chose malheur est bon : il profitent de la haine queTon a contre eux, fruuntur Diis tratis. 11 est certain queleurs ennemis leur feroient beaucoup plus de mal, s’ilsmesuroient mieux les coups qu’ils leur portent; car dèsqu’on entasse pêle-mêle les Accusations bien fondées ,avec celles qui ne le font point, on favorise l’Accusé ;on lui donne lieu de rendre suspecte de faux celles quifont véritables. II faut être bien aveugle, pour ne pré-voir pas que plusieurs Libelles, qui paroissent tous lesjours contre la Société (ioz), lui fourniront de bonnesarmes. Si elle paioit les Auteurs pour publier de tellesHistoires, on pourroit dire qu’elle emploieroit bien sonargent. Voiez la Remarque que j’ai faite sur l’art de mé-dire (103). Notez que les Jansénistes (104) se glorifientfinement de n’avoir pas contre les Jésuites la crédulité deceux de la Religion.

(S) Les Jésuites ... ont pouffé les conséquences de

plusieurs doílnnes qui étoient nées avant eux, or qui exposentles Souverains à de continuelles Révolutions.] L’opinionque T Autorité des Rois est inférieure à celle du Peuple ,8c qu’ils peuvent être punis par le Peuple en certains cas,a été enseignée 8c mise en pratique dans tous les pais dumondé, dans tous les siécles, 8c dans toutes les Commu-nions Chrétiennes, qui ont fait quelque figure. L’His-toire nous montre par tout des Rois déposez a 1 instiga-tion ou avec l’aprobation du Clergé. L'opimon que lesSouverains ont reçu de Dieu le glaive pour punir les Hé-rétiques est encore plus universelle que la précédente, 3 ca été réduite en pratique parmi les Chrétiens depuis Cons-tantin jusques à présent, dans toutes les CommunionsChrétiennes qui ont dominé fur les autres, 8c à peineose-t-on écrire en Hollande contre une telle opinion. Cene font donc pas les Jésuites qui ont inventé ces deuxscntimens; mais ce font eux qui en ont tiré les consé-quences les plus odieuses, 8c les plus préjudiciables au re-pos public: car de la jonction de ces deux principes ilsont conclu, 8c cela en croiant raisonner très-conséquem-ment, qu’il faut déposer un Prince Hérétique, Le extir-per l’Héréfìe par le fer 8c par le feu, si on ne la peut ex-terminer autrement. Si les Souverains ont reçu le glaiveafin de punir les Hérétiques, il est évident que le Peu-ple, le véritable Souverain de ses Monarques, selon leprémier principe, les doit punir dès qu’ils s’opiniâtrentdans l’Hérésie. Or la plus douce punition qu’on puisseinfliger à un Hérétique est fans doute la prison, l’éxil, laconfiscation des biens ; 8c par conféquent.un Roi Héréti-que doit pour le moins être déthrôné par le Peuple sonSouverain, 8c son Commettant, s’il m’est permis de meservir de ce mot Walon dans une matière où il est fortpropre, puis que selon le prémier principe, les Monar-ques ne font que des CommiíTaires a qui le Peuple, nepouvant exercer par lui-meme fa Souveraineté, en re-commande les fonctions 8c 1 exercice, avec la réserve 8cle droit inaliénable de les leur ôter, quand ils s’en aqui-tent mal. Or il ny a point de cas où il faille plus soi-gneusement les en dépouiller, que lors qu’ils méritent lespeines que les Souverains, selon le second principe, ontordre de Dieu d’infliger aux Hérétiques. Mais commele plus souvent il n est pas possible d’ôter aux MonarquesT nar

sioi) Dé-fense desnouveauxChrestiens ,

I Partie ,

31.

Voiez. jur toutceci les \é-ponfes de MuArnaud dansle III Volu-me de la.

Moralepratique,Chap. XI,ir XII.

(loz) Parexempte celuiqui a pourTitre , LesJéíuites dela Maisonprofesse deParis enbelle hu-meur, impri-mé Pan 1 69 $mConférez* ccqtfon adit dansP ^ArticleANNA T,Tiemarq.

(l°3)D,t„ sla Remar-que (B) deV -.Article

Annat,

& dans laPemarq. (£)de P ^Article

Beeear-MIn. Voiez.

oujji P-Arti-cle GRE-GOIRE VII,Rcmarep, (pivers la fin"

( I0 4) Ar-naud , Mo-rale prati-que ,

II l s pag^derniere *