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Tome troisieme. K - P.
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LOYOLA.

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Chrétienne au plus déplorable relâchement que l’on puisse apréhender (T). Pour revenir ILoyola, je dois dire que la maison où il naquit s’apelle présentement k Santa Casa , & que kReine Douairière d’Espagne en a fait cession aux Jésuites (Í7); & qu’on prononça trois Ser-mons

fro $) L?a?il6S$.

(io«) VraiSysteme dci’Eglise,pag, 6z8.

(107) Letparoles de cePassage im-primées enItalique , fonttirées (P unLivre de Mr,Ferraud,

intituléRéponse \

1 * Apologiepour la Ré»formation.

par les formes judiciaires les biens dont ils font déchus dedroit, en vertu des Loix que Dieu veut que 1 on établis-se contre l’Héréiîe: comme, dis-je, le plus souvent ilsont en main assez de forces pour fe maintenir dans l’exer-cice de la Roiauté, exercice qui ne peut être qu’une usur-pation depuis qu’ils font Hérétiques, il s ensuit qu’onpeut recourir à l’artifice, afin de leur faire subir les pei-nes qu’ils ont encourues de droit; c est-à-dire, qu’on peutformer des conspirations contre leur personne, puis qu’au-trement ce glaive que Dieu a donné au Peuple commeau véritable Souverain, pour la punition des Hérétiquesdemeurerait inutile. D’autre côte, files Souverains ontreçu le glaive pour punir les infracteurs des deux Tablesdu Décalogue, il s’eníùit qu’ils doivent punir avec plusde vigilance les Hérétiques qui violent la prémiere Table,que les meurtriers & les larrons qui violent la seconde ;car les infractions de la prémiere font des crimes de leze-Majesté divine au prémier chef, & attaquent Dieu direc-tement; au lieu que les infractions de la seconde l’atta-quent d’une maniéré plus indirecte. C’est donc le devoirdes Ecclésiastiques d’animer les Souverains à la punitiondes Hérétiques, violateurs du Décalogue quant à la pré-miere table; & si les Princes fe relâchent à cet égard, ilfaut crier beaucoup plus contre cette négligence, quecontre celle qu’ils pourraient avoir de punir les homici-des , & les voleurs. II íaut même leur représenter, quesi le danger inévitable de perdre l’Etat les oblige à accor-der des Edits de tolérance aux Hérétiques, ils ne fonttenus à leur parole qu’autant de tems que ce péril dure;& qu’ainfi ce péril cessant, ils doivent remettre 1 épée àla main pour l’extirpation de 1 Hérésie, tout de memequ’ils l’y remettraient contre les voleurs Scies meurtriers,dès que le péril qui aurait contraint de faire treve aveceux ferait passé. En un mot, si Dieu a mis le glaive enmain aux Souverains pour la punition de l’Hérésie, ilsne peuvent lui accorder l’impunité fans fe rendre aufficriminels devant Dieu que s’ils l’accordoient au vol, àl’adultéré, & à l’homicide; & la feule chose qui pourraitles disculper, ferait de dire que pour éviter un plus grandmal, la ruine infaillible de l’Etat & de l’Eglise, il a falu'promettre de suspendre l’exécution des Loix pénales:d’où st résulte qu’ils font obligez de reprendre leur pré-mier engagement, dès que le péril est cessé ; car tout ser-ment qui engage à désobéir aux Loix de Dieu est nulessentiellement. Voilà sur quels fondemens on a bâti leSystème qui a rendu les Jésuites si odieux, & qui a faitavoir une horreur si juste des Maximes que plusieursd'entr’eux ont débitées. 11s ont bâti fur un fondementqu’ils avoient trouvé tout fait : ils ont élevé conséquencesur conséquence à perte de vue, sans s’étonner de la lai-deur des objets; ils ont cru que d’une part cela serviraitau bien de l’Eglife, tk de l’autre qu’ils ne feraient riencontre l’art de raisonner. Je réexaminerai point si eneffet la Dialectique les a pu mener par toutes ces consé-quences; la matière seroit trop odieuse. Je me conten-te de dire que la France , aiant vu périr tout de suitedeux de ses Rois, fous le pernicieux prétexte qu’ilsét oient fauteurs des Hérétiques, ne crut point pouvoirmieux ruiner cette malheureuse gradation de conséquen-ces , qu’en renversant le principe primitif d’où on la fai-soit couler. C’est pour cela que la Chambre du tiersEtat (10$) voulut faire condamner, comme un dogmepernicieux, Vopinion qui fait dépendre d’ailleurs que deDieu l’Autorité des Monarques, j’ajoûte à ceci une Ob-servation de Mr. Jurieu: il ne peut pas être suspect departialité pour les Jésuites, & néanmoins il est sûr qu’il aJoué ce raisonnement, les Princes peuvent faire mourir leshérétiques, donc lis doivent les faire mourir-, Lc qu’il s’estmoqué d’un homme qui ne blâmoit ni ceux qui les fontmourir, ni ceux qui ne les font point mourir. Voionsles paroles de Mr. Jurieu (106).

„ y explique ma pensée ( 107 ), & je dis que je fuis pour„ ceux qui ne font pas mourir les hérétiques, zr j’opine qu on,, suive leur exemple. Mais comme je crois d une autre part qu il,, efi permis de punir les hérétiques du dernier supplice , je ne„ condamne pas ceux qui les y livrent. Les uns z? les autres„ font bien selon mon sentiment. Mr. Ferrand ajoûte cette,, derniere petiode pour expliquer fa pensée à ce qu’il,, dit. II n’eût .pas mal fait d’en ajouter encore deux ou„ trois autres pour l’expliquer davantage. Car tous les„ gens qui ont un peu de pénétration auront peine à de-„ mesler les sentiments de l’Autlieui'. Ils jugeront qu’il a-, pris là un plaisant milieu. II trouve qu’il est tres per--, mis & par conséquent tres juste de faire brûler les Cal-» vinistes, mais pourtant que le meilleur est de ne le faire” P as ; , quelque discoureur incommode raisonnera ainsi.” II n’est jamais permis de faire souffrir la mort qu’à” ceu * T 11 la méritent. S’il est permis de faire mourir„ les Calvinistes, sis méritent assurément la mort. Or„ comment la raison, la justice, & l’équité peuvent-elles„ permettre qu on laiste vivre dans la société publique„ des gens qui méritent la mort? Je sçay bien qu’un sou-

„ verain peut sans crime donner la vie à un meurtrier,„ à un larron, à des rebelles qui méritent la mort : mais„ on suppose que ce sont des gens repentants qui font,, tombés une fois dans le crime, qui y ont renoncé, &„ qui s’engagent à n’y retourner jamais; à.tout péché,, miséricorde. Mais il n’y a rien là dedans de sembla-„ ble,à laisser vivre des hérétiques qui méritent la mort„ par leur heresie, & qui perseverent pourtant & décla-,, rent vouloir perseverer dans leur heresie. J’aimerois„ tout autant dire qu’il est juste de faire mourir les lar-„ rons, les homicides, & les sorciers qui protestent qu’ils„ voleront, qu’ils tueront, & qu’ils empoisonneront au-„ tant de gens qu’ils pourront, tout aptant qu’on les„ laissera vivre ”.

Mr. Jurieu raisonne auffi bien dans ce Passage , qu’ilraisonne mal dans un autre Livre (108), où il soutientque les Magistrats font obligez de punir les idolâtres, &où néanmoins il ne blâme pas l’impunité dont les Etatsde Hollande les laissent jouir pendant des siécles entiers.Notez que quand j'ai dit qu’il raisonne bien, j’ai suplééd’imagination une clause très-essentielle à son discoursqu’il a omise. La derniere période est absurde si l’onn’y ajoûte ceci,ou quelque chose d’équivalent,er néan-moins je fuis pour ceux qui ne les font pas mourir, z? f opinequ on Juive leur exemple.

(T) . . . & la Morale Chrétienne au plus déplorable re-lâchement que l'on puisse apréhender .] Ce ne sont point lesJésuites qui ont inventé les réservations mentales, ni lesautres opinions que Mr. Pascal leur a reprochées (109),ni même le Péché Philosophique (110). Ils ont trouvétout cela dans d’autres Auteurs, ou formellement, oude la maniéré qu’un dogme est dans le principe qui leproduit par des conséquences. Mais comme on a vu dansleur Compagnie un plus grand nombre de partisans deces opinions, que dans les autres Communautez , &qu’entre leurs mains les Maximes relâchées devenoientfécondes de jour en jour, par l’aplication avec laquelleils disputoient sur ces choses, on les a pris à partie nom-mément & formellement. Malheureux fruits de la Dis-pute: la méthode d’étudier y a eu pour le moins autantde part que la corruption du cœur. Avant que de ré-genter la Théologie Morale, on a enseigné un ou plu-sieurs Cours de Philosophie ; on s'est fait une habitudede pointiller sur toutes choses; on a ergotisé mille foisfur des êtres de raison, on a ouï soutenir autant de foisle pour & le contre fur les questions des Universaux,& sur plusieurs autres de même nature; on a tellementtourné son esprit du côté des Objections, & des Distinc-tions , que lors qu’on manie les matières de Morale, onfe trouve tout disposé à les embrouiller. Les Distinctionsviennent en foule; les Argumens ad hominem vous obli-gent à vous retrancher de toutes pârts, Sz à relâcher au-jourd’hui une chose, demain une autre. Tout cela estfort dangereux : disputez tant qu il vous plaira sur desQuestions de Logique ; mais dans la Morale contentez-vous du bon sens, & de la lumière que la lecture de l’E-vangile répand dans l’esprit : car fi vous entreprenez dedisputer à la façon desScholastiques, vous ne saurez bien-tôt par où sortir du labyrinthe. Celui qui a dit que lesLivres des Casuïstes font l’Art de chicaner avec Dieu(iii), a eu raison: ces Avocats du Barreau de la Con-science trouvent plus de distinctions & plus de íubtilitezque les Avocats du Barreau Civil. Ils font du Barreau dela Conscience un Laboratoire de Morale, où les véritezles plus solides s’en vont en fumée, en sels volatils, envapeur. Ce que Cicéron a dit touchant les subtilitez deLogique (n z), convient admirablement à celles des Ca-suïstes: on s’y prend dans ses propres filets; on s’y perd;on ne fait de quel côté se tourner; & l’on ne se sauvequ’en se relâchant presque sur tout. Ceux qui ont lu leLivre du Pere Pirot (riz) m’ayoueront qu’il est plusaisé de le censurer, & de sentir qu’il contient une mau-vaise doctrine, que de résoudre ses Objections.

Au reste, quoi que les Jésuites ne soient pas les inven-teurs des Opinions relâchées, & qu’elles soient soutenuestous les jours par d’autres gens, ils ne doivent pas trou-ver mauvais qu’on s’en prene à eux ; car on fe réglé furun principe dont ils se servent eux-mêmes par raport à laTraduction de Mons (114).

( f La Reine . . . . d.'Espagne a fait cession de la mai-son où naquit Ignace aux Jésuites.] Vous trouverez ledétail de cette a faire dans un Livre imprimé à Salaman-que lan 1689. U a pour Titre Averìguaciones de las An-tiguedades de Cantabria (115). L’Auteur s’apelle Gabrielde Henao, nom qui a paru à la tête de plusieurs in folio ,& entre autres au devant d’un Livre qu’on pourrait inti-tuler Relation curieuse du Paradis. Gabriel de Henao estun Jésuite, Professeur en Théologie dans le CollegeRoial de fa Compagnie à Salamanque. II n’a entreprisde déterrer les Antiquité/, de la Cantabrie, que parceque c’est le pais où Ignace de Loyola est né. II ditqu’au-jourd’hui cette Province comprend le Guipuscoa, la Bis-

caie-j

(103) DamU VIIILettre duTableauSocinia-nifine.

du

(109) Dans

les LettresProvincia-les. . -

(110) CeDogme ejiune fuitepresque ins-atiable de laDéfinition dela Liberté 3 pat*'laquelle Défi-nition on éta-blit qu? afinqu?une acliortsoit libre , ilfaut que Pa-gent f puissedéterminerlui-mémt Àdroit ou àgauche 3 sansêtre nécessitéd? ailleurs.

Or cette Dé-finition est laplus communedans PEglisêr pomaine.

(111) Volezle Journaldes Savansdu 30 Mare ^1665

w. 249, frce que Monsr *Bernier,Abrégé deGassendi >Tom. VII„Uvr. II 3Chap . VIlIzpag. m. 529,raporte duprémier Pré-sident de La-moignon *

(m) DU-leUid ad ex*tremum ipfise- comçunguntsuis acumini-Ijus , fr multaquarendo re-perîmt non7 nodo ea quajam non pos-sintipsi dijsot-vere , sedetidm qui busante exorsafr potius de-texta properetexantur.Cicero deOrat. Libr.II, Cap.XXXVIII.

(115) Inti-tulé , L’Apo-logie desCasuïstes.

(114) Voie zles Observa^tions du V.le Tellieríur la Dé-fense de laVersionFrançoisedu NouveauTestamentimpriméà Mons,

?-T- 377ir fuit/.

(11s) Voiasìe Journalde Leipsicaux Suplé-mens, Tome. I , Self. X ,pag.