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Tome troisieme. K - P.
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LORRAINE. L O T I C H I U S.

i6i

Ois) Cettefttodc revintenviron Can166 o.

^37) Louïs 1ReinierSieur de laFlanche,Histoire deFrançois 1 1 ,í<%% 2 8 dr L§.

szs) Louis

Reynier,

Ih-meme^ag.

« 18 .

(39) Fas-^uier, Lettr.Uvn IV .P*& 231 dttI Tome.

(4°) c'etah

Frère Jean deFlans-, ndlìf defamt Quentin.Pasquier enfarte là-mi-me, pog. 203.

(41) Pas-8 àr, Lettr.Ftvr. ïv,Fora. I ,fag. 232,233.

coutume. N’oublions pas qu’il prêcha en diverses occasions; mais,bon Dieu! que ce fut d’u-ne maniéré bien éloignée de l’esprit Evangélique. 11 prenoit les choies sur le ton de l’Alco-ran j & comme un vrai successeur de Mahomet, St non pas comme un successeur des Apôtres :il ne prêchoit que la guerre St que l’effusion de sang (P); mais en témoignant ce zèle barba-re contre les Protestans de France, il faisoit pension à des Protestans d’Allemagne ( 4 JJ- Au-tre Scène de Comédie.

„ chausses larges ( & de fait auflî efloient ils par trop ex-„ celîifs, car le manteau alloit jusques fous le gras de la„ jambe, & fans manches, & les hauts de chausses es-„ toyent dune aulne & demie de large, ou cinq quar-„ tiers (36) ils mirent en fait au Conseil privé d'en de-„ fendre l’usage, d’autant que là dessous fe pouvoyent„ aisément cacher des armes. Et difoit-on que le Car-„ dinal avoit cesse matière d’autant plus à cœur, qu’un,, Necromantien luy avoit prognostiqué à Rome, qu’il„ feroit tué d’un basson à feu par l'envie qu’on luy por-„ teroit, & pour les ennemis qu’il feroit en France, es-„ tant eslevé au plus haut degré d’honneur. Ce qui le„ tenoit en gehenne & luy caufoit grandes inquiétudes,, (vray salaire de ceux qui vont aux devins) lors mefmes„ que tout ployoit fous luy (37) ”. L’Historien qui mefournit ce narré assure que Mrs. de Guise ne comparu-rent point à la magnifique entrée de François 11 à Or-léans le 18 d’Octobre 1560. Et difoit-on que c'estait decrainte de rencontrer quelqu'un defefperé , farce qu un magi-cien (comme nom avons dit) avoit f redit au Cardinal estanta Rome, que son frere & luy mourroyent de mort violente c?de basions à feu, de forte que four éviter cela ils craignaienttelles ajfemblées, encor qu ils eujfent fait defendre de farteraucunes fistoles, pistolets , ne harquebufes , fur seine de Itlvie (38). Notez que la prédiction de ce Magicien íetrouva fausse : car le Cardinal ne mourut point de blessu-re, mais de maladie.

( P ) Il ne prêchait que la guerre O 1 que l'effusion de sang. JLe témoin que je citerai n'est ni un faiseur de Libelle,ni un Huguenot; c’est le fameux Etienne Pasquier. Parce que les Ministres, dit-il (39), gaignoyent auparavant lepeuple par prefehes C? exhortations, auffì Monsieur le Cardi-nal de Lorraine a voulu faire le semblable entre nous. Il afremierement prefché en l'Eglise nostre Dame, ouy d'une in-credible affluence d'auditeurs. Et depuis en ï Eglise fainêl Ger-main de l’Auxerrois toutes les fériés b oHaves de la f esteDieu par entrefaite de journées, luy prefehant un jour, zsr lelendemain le Minime (40) dont je vous ay, cy âeffus eferitadmonnefiant fur toute chose le peuple qu il falloìt plustostmourir, c? fe laiffer efpuifer jusques à la derniere goûte dusang , que de permettre, contre l'honneur de Dieu cr de fanEglise qu autre religion euft cours en la France que celle quenos anceftres avoyent fi estroitement c? religieusement observée.Ce m a esté chose auffì nouvelle de veotr prefeher un Cardinal,comme peu auparavant un Ministre. Il a excité grandementle peuple aux armes. Il n est pas que les plumes tneftms desPoètes ne s'en méfient, Bries on ne corne autre chose que feux,guerres, meurdres ,& faccagemens. Si vous voulez voir quelsfurent les fruits de ces Sermons sanguinaires, consultez lemême Pasquier (41). „ II feroit impossible de vous dire» quelles cruautez barbarefques font commises d’unepart„ & d’autre. Où le Huguenot est le maistre, il ruine„ toutes les images ( ancien retenail du commun peuple" en à pieté) démolit les sepulchres & tombeaux, mes-” mes passant par Clery il ft’a pas pardonné à celuy dll„ Roy Louys unziesme; enleve tous les biens sacrez Se-„ votiez aux Eglises. En contr’eschange de ce, le Ca-„ tliolic tue, meurdrit, noyé tous ceux qu’il cognoist„ de cesse secte, & en regorgent les rivières. II n’est„ pas que parmi cela quelques-uns n’executent leurs ven-„ geances privées fur leurs ennemis aux despens de la

„ querelle publique. Et combien que les chefs facent„ contenance de n'approuver tels deportemens,si lespas-,, sent ils par connivence & dissimulation. La paix vaut„ mieux que la guerre ”. Quoi qu’aujourd’hui les Lec-teurs ne voient ces choses qu’en éloignement, ils ne lais-sent pas de concevoir de l’indignation contre ce barbareSermonaire, & fur tout lors qu’ils réfléchissent fur sonétat. C’étoit un grand Cardinal, qui ne s’exposoit à rienen allumant par tous les coins du Roiaume la guerre ci-vile. II étoit assuré de suivre toujours la Cour, à l’abride tout danger, & de toute peine ; & que pendant queles Provinces feroient un théâtre de carnage , il continue-roit à fe veautrer dans les voluptez; que son luxe, sapompe, sa bonne chere, ses amourettes, ne fouffriroientpoint d’interruption. C’est là un sujet de scandale quidoit augmenter prodigieusement l’horreur que fait auxâmes véritablement Chrétiennes un Prédicateur boutefeu,cornet de guerres, & de fuplices, & de tuerie, hommequi à proprement parler n’est point de la Religion de Je-Íùs-Christ, mais de celle de Saturne, 8c qui dans le fondpratique ce que les Prêtres de Carthage pratiquoient an-ciennement en l’honneur de ce faux Dieu. Us lui immo-loient des hommes, 8c s’imaginoient que fa Religion de-mandoit de telles victimes (42).

(§U ll faifoitpension à des Protestant d’Allemagnei] Ontrouva leurs noms au Livre des comptes de l’Intendantde ce Cardinal. Un Ecrit de Zanchius fait foi de cela.Certum mihi est, quod jatfl dicam coram Deo; Audivi exvira h arum rerum périt 0, ejr fide àigno, fe in libro Thefau-rarii illius Cardinalis Lotharingi, paucìs ante annis vita dé-fendit, nonnullorum Germanorum Théologie Dotlorum zjrPastorum nomina vidiffe : quibus penfiones annust, ex Archié-piscopal prafertim Metenfi affìgnabantur. In quem vero fi-nem non fuiffe feriptum (43). II ne faut point douter quele Cardinal ne fe proposât d’entretenir la discorde entreles Luthériens d’Allemagne, 8c les Docteurs de Geneve,mais c’étoient néanmoins de mauvaises voies de soutenirfa Religion. C’étoit un pur Machiavélisme. Conférezavec ceci ce que je dis en un autre lieu (44).

J’ai parlé de quelques Sermons de ce Cardinal: les Let-tres de Languet nous aprenent qu’ils ne furent pas desa-prouvez des Protestans, 8c que ce Cardinal fe rendit sus-pect de Luthéranisme. Ce fut l’an 1561 qu’il les-prêchaà Rheims pendant le Carême. Cardinalis Lotharìngicus à ri-gìdioribus Pontifions accùfatur Luthéranisme. Perhanc fjuadra-gefimam concionatus est Rhemis cum non farva laude. Utinamnihil aliud unquam egiffet (45). II avoit dejà fait paroîtrequ’il souhaitoit qu’on réformât bien des choses > mais cen’étoient que des ruses, comme Languet le devina bien.Cum prafertim Cardinalis Lotharìngicus, jam pulchre fimuletfe omnino expetere, ut fiat aliqua emendatìo in religione , &fateturhoc effe plane neceffarium. Ego fane in ea re ipfi noncredo, fed existimo, ipfum hoc ideo facere, quia videt adver-fando fe nihil poffe proficere, es? fperat fe fie agendo poffe pluraimpedire, fed tamen parum proficit (46). Ce qu’on dit dansùne autre Lettre datée de Paris le 2.6 de Novembre 1561,eít beaucoup plus fort, -puis qu’aiant parlé ée la conver-fíon publique de l’Evêque de Troies on ajoûte, que leCardinal de Lorraine faisoit semblant d’avoir la mêmeintention; car, poursuit-on, il prêche à Rheims de tellesorte qu’il ne paroít guere éloigné du Luthéranisme (47).

( a ) P or uneSmte £lm-freffion a pa-remment il y .a dons les l u .! e mens desV lv ans fur^ Poètes,■Tom. 1Ifí

A- - 72 .

g^ssau fmr

(f). Eeclesi.

tr t T' en - fi «r

’ospeeiarem

t r ofecit.

Paul. Fre-kr.Thea-

tt0 ’AS. 213.

(42) VoiesLaitance, .

Lìtr. I ,

Coj>. XXI.

(43 ) Hie-ron. Zan-chius , Res-pect. adWilhelm.Holderum,ann. 1 $ 66 ,pog. 20, afmtHoornb.SummaContro-verf pag.

271.

(44) Ci-dcs-sus%em. (^ 3 )vers U finde l y - Artùle.

Guise(FrançoisDuc de).

(4;) Lan-guet. Epíst.XLIV Libri

//, ffag. ii2.Voie z, íiujfiEpist. XLV,II6.

(46) Idem pEpistolaXLVIII^ ]

pag. i 20 .

(47) Cardinallis Lotharin-gi cus videturJimulare sealiquid taiecogitare : nara%hemìs itaconcionOtíifyUt videatarnon mnlttut*

à nostris dis-sent ire. S ed

viderìnt aliiquantumhui c fit fiden -dum. Ide\ji pEpist.LXIIIpM* 155 ,

LOTICHIUS (Pierre) Abbé du Couvent de Solitaire en Allemagne dans le Comtéde Hanaw (a), naquit l’an iyoi. II fut retiré des Ecoles de Leipsic à l’âge de seize ans, afind’être consacré à la vie monastique dans le Couvent de Solitaire («). II reçut l’Ordre dePrêtrise en iszz, & en fit paisiblement les fonctions jusqu’en 15-24, c’est-à-dire jusques à ceque la guerre des païsans l’eût contraint de fe réfugier avec son Abbé St ses Confrères auprèsdes Comtes de Hanaw. Cet Abbé aiant ramené son monde dans le Monastère, après que cesfurieux troubles eurent été appaisez, commit la conduite de son Eglise à Lotichius (&)> quiaiant lu les Livres de Luther St de Melanchthon se trouva capable de prêcher, St de faire tou-tes les autres fonctions de fa charge mieux qu’auparavant. L’Abbé mourut l’an if 34 > & Lo-tichius, qui lui succéda, pensant tout de bon à réformer cette Abbaïe, y ouvrit une Ecole oùun grand nombre de jeunes gens furent instruits, dont plùsieurs devinrent Ministres de la pa-role de Dieu,après avoir continué leurs études à Wittemberg St à Marpoúrg. II établit hau-tement la Religion Protestante dans son Monastère, St dans tous les lieux qui en dépendoientl’an 15-45, & d écrivit une belle Lettre en Latin à l’Abbé de Fulde, pour lui prouver la justi-ce de fa conduite. II fut la principale cause de la courageuse résolution que les Ministres duvoisinage prirent de rejetter Y Intérim en 15-49. L e reste de fa vie répondit à ce grand zèle ,par des actes de piété'St de charité. Son Eglise, son Ecole, St plusieurs Savans, éprouvè-rent les effets de son humeur libérale. II mourut chez le Comte de Hanaw le 23 de Juin 15-57.Son corps fut enféveli deux jours après dans l’Abbaïe de Solitaire {c).

(*) L 'index Thuani nomme Solitar le Bourg que M. fie Thou' appelle Solidarium Oppidum. Rem. Ckit.

LOTICHIUS (Pierre) neveu du précédent, prit le surnom de Secundus , afin deV O M. III. - ■ 1 î

(c) Tire du'Théâtre dePaul Ftehe-rus ,fag. 213,Freheruscite U Bi-bliothèquePoétiquede JeanPierre Lo-tichius,

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