L O T I C H I US.
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n’être pas confondu avec son oncle. II naquit à Solitaire le z de Novembre iyr.8. Son persW (a), quoi qu’il ne fût qu’un bon païsan, ne laissa pas de le destiner aux études; & il ne s’en
Ltidus, faut pas étonner, vu ce qui vient d’être dit de l’Abbé Lotichius. Cet oncle aiant remarquéthonpar les progrès que son neveu fit à l’Ecole de Solitaire, qu’il étoit très-propre aux Sciences ,ce mot en ceìuì résolut d’en prendre un foin tout particulier, 6c l’envoia à Francfort, où Micyllus enfeignoittwnlîfi-m- l es belles Lettres avec beaucoup de réputation. Aiant apris là beaucoup de Latin 6c de Grec ,tla fias em- Lc mieux encore les réglés de l’Art Poétique, à quoi son inclination le portoit extraordinaire-t psémLotí- r ment, il fut envolé à Marpourgl’an if44, 8c puis à Wittemberg, où Melanchthon 6c Ca-chms secun- merarius attiroient une infinité de monde. Le jeune Lotichius aquit bientôt l’amitié de ces[m.Eco- ( j eux jHusti-es Professeurs, celle de George Sabinus qui étoit un fameux Poète, 6c celle de plu-sieurs autres Savans. La guerre qui s’éleva dans la Saxe l’an Xf4<5 obligea Melanchthon 6c ses{h)Le Théa- Collègues à sortir de Wittemberg. Le prémier se retira à Magdebourg (S), 6c y fut suiviherus? a ^ notre Lotichius ; mais lors qu’il en sortit afin de chercher une meilleure retraite, Loti-1249, da à chius au lieu de le suivre prit parti dans les armées. Ce genre de vie n’interrompit point en-Maipourg. fièrement son commerce avec les Muses, 6c ne dura pas beaucoup ( A) ; car on fait que dèsl’an 17-48, il vivoit paisiblement parmi ses Livres à Erfort. Peu après il retourna à Wittem-berg, où la paix avoit permis à Melanchthon d’aller continuer fa charge. II y acheva ses étu- '(c) o*j» des de Philosophie, 6c puis il s’en alla en France, étant Gouverneur des neveux de DanielSti-
^riuger i bar, Doien du Chapitre de Wirtzbourg, homme de grand mérite 6c intime Ami de JoachimwX”* Camerarius. Ce fut en 17-7-0 qu’il commença ce voiage, qui dura près de quatre ans (B). IIs’arrêta beaucoup à Montpellier; 6c aparemment lui 8c ses élèves y auroient souffert bien desV)Tumfirte avanies (í), pour avoir mangé de la viande pendant le Carême, si Clusius, qui étoit logé chezfirif 0 Zs‘ Rondelet, n’eût intercédé auprès du Dominicain qui faisoit l’ofsice d’Inquisiteur. On en fut3 Zmì lalebat, quitte pour de l’argent. A peine fut-il de retour en Allemagne, qu’il songea au voiage d’I-TiaT Jii'Z- ta ^ e - n le fit comme celui de France aux dépens de Daniel Stibar; mais if eut le malheur defatiemm, ’ lier société avec un trop grand nombre de personnes. II logea à Boulogne avec un jeune Cha-jmeíhfîr- "oine de Munich, qui, pouvant trouver au logis une hôtesse fort commode, alla faire l’amourZfiìsims dehors (d). L’hôtesse, aussi éperdument amoureuse que Jalouse, lui prépara un philtre: maisP ar malheur Lotichius, trouvant fa soupe trop grasse, l’echangea contre celle du Chanoinegìus,/*» vlta (C), 6c devint furieux tout à coup. II fut soulagé en vomistant une partie de ce philtre :pZT^Ídir néanmoins, il eut une fievre maligne qui lui fit tomber les ongles, 6c dont il pensa mourir.Aôs. ' Hubert Languet son bon ami, voiageant en Italie, le trouva en ce pitoiable état à Boulogne.0 ) Tiré de L a , ma lig nite de la drogue opéra tellement fur Lotichius, qu’il ne se passa point d’annéeTansfa vìe am- siu’il eût quelques accès de cette prémiere maladie, jusques à ce qu’ennn il en mourut. Avant§eat/«a- <zue de quitter l’Italie, il reçut à Padoue le dégré de Doéfeur en Médecine. Quelque temsgíu s, fin kn après son retour en Allemagne il fut apellé à Heidelberg, poúr y être Professeur en cette'hitìèi^aíT Science. II accepta cette vocation, 6c s’en alla à Heidelberg l’an 17-7-7. II y gagna l’estimeaprès ia “Z* 6c les bonnes grâces de l’Eleéteur Palatin Othón Henri, 6c de tout le monde : Sc comme ilMeic'hior^' avo ^ foutes sortes de raisons d’être content de son emploi, il n’accepta pas les offres qui luiAdarafL furent faites à Marpourg, ou de la Charge de Professeur en Médecine, ou de celle de Pro-corum^l^ 1 " fésseur en Poésie. II ne jouit pas long-tems de cette douce condition.^ II fut attaqué de sonmal au commencement de Novembre x f do, 6c en mourut le 7 du meme mois. C’étoit unfirt'luni de homme d’un fort bon commerce, la candeur 6c la sincérité même (e) (D). On publia uneue vie. Recueil de ses Poésies l’an 17-61 (£). II contient tant dc vers d’amour, qu’on crut que l'Au-
teur
(0t.leg.Xl,
Li bri I.
(1) Juge -'mens furles Poe tes,Tom, 1II 3273 .
(3) \ever-tentes tandemigitur po(itxattwn jamfirme yna-driennium exCalliis, Ha-giiis , in VitaLotichiî,
M- 56.
(4) Idem ,
42, 44.
b) Teislîer,Audit, auxBloges,
Tom. /,pa** 207.
(6) Hagius,in ■ Vita Lo-sichii-, /.S;.
(A) Il prit parti dans les armées. Ce genre de vie n'in-terrompit point entièrement son commerce avec les Muses , o>ne dura pas beaucoup.'] Ecoutons ce qu’il en dit lui-mê-me, en leur adressant la parole (1) :
Vos quoque sum lituos inter veneratus & enses ,
6 }uodque fuit vacuum tempus ab hoste dedì.
Deque tot amiffis etiam mne pauca supersuntCarmina , militia tempore sabla mea.
Au reste, il ne fit gueres plus d’une campagne : ainíì lesAuteurs citez par Monsr. Baillet n’auroient pas raison dedire en général, que ce qu H y a de remarquable c est queLotichius composaitses vert parmi le tumulte du camp,sous les armes (i).
( B") Son voiage de France .... dura prés de quatre arts.]Ce fut la durée de tout le voiage (3). Or comme ils vi-rent d’abord Paris, Rouen, Dieppe, Lion, & qu’iis al-loient à pied presque toujours (4),n’aiant qú’mi cheval àeux onze pour porter leurs bardes, il est sûr qu’iis ne de-meurèrent pas à Montpellier V espace de quatre années,comme l’a dit un habile homme ( y ). lis y demeurèrentde suite plus de deux ans : Cum bknnio jam atque eo am-plius forte in Academia Mompeliana vixijfent , dit Hagiusdans la page 47. -
(C) Lotichius .... echangea fa soupe contre celle du Cha-noine. ] De la maniéré que Hagius raconte la chose, cefut dans la soupe que le philtre fut donné : mais il setrompe étrangement, s’il s’imagine, comme ii semble lefaire, que les Italiens donnent le nom de Minestra à cesbruvages enchantez que les Grecs apellent Philtron. Juspar are, dit-il (6), nefeio quod maie temperatum ac concilia-tum Ctrcmm , Itali menestram illud, hoc philtron Gruci va-cant. Les Italiens entendent simplement par minestra,ou ménestrel, du potage, de la soupe.
(D) . . . c’étoit la candeur c? la sincérité même.] SonHistorien en donne une preuve très-remarquable. II netenoit qhà lui de se marier sort avantageusement: mais,parce qu’il croioit mourir bientôt, il ne pouvoir se ré-loudre a tromper la femme qu’on lui eût donnée ; &ainji.il rc / uiíl sous .les partis qui lui furent proposez. &uodse setret supremt diei fui net vita longioris censcitim fallere
pueliam mgenttam ullam, faemmeumve genus , am tactare fpeconnubii fortunaque stabilioris nolleff).
{E) On publia un Recueil des Poésies de Lotichius Van1561.] Joachim Cam erarius en fit l’Epìtre Dédicatoire :il y donne à Lotichius l’éloge du meilleur Poète que sonsiecle & l’Allemagne eussent vu. Depuis cette Edition°n en a fait plusieurs autres, augmentées de diverses Pie-ces. Monsr. de Thou (8), qui a mis trois ans entre lamort de Lotichius, & la publication de ses Poésies parCamerarius, s’est trompé de deux années. Moreri a co-pié cette faute, & y a joint de son cru un petit Ana-chronisme fur le jour mortuaire, qui ne fut pas, commeil dit, le 2.4 Octobre, mais le 7 de Novembre. Mr. deThou, qui a mis cette même mort au prémier jour deNovembre , n’est pas exemt d’Anachronisme. Frehe-
rpjv« me Ì a c ffi lr° 1S ans entre la mort de Lotichius, Sr1 Edition de ses Vers. Monsr. de Thou (10) a mis ce
1 oete au dessous d’Eobanus Hessus. Camerarius prétendque si celui-ci étoit en vie, il se reconoîtroit inférieur àLotichius. Se d <& Eobanus c? Sabinus, fi viverent, cumomnia in Lotkhii scriptis magnopere probarent, tum elegantiae? fuavitate atque exprimendi vetustatis fimilitudinem conten-tione, se ab hoc alicubï super art non negarent ( n ). Hagiusassure que les plus grands Poètes d’Allemagne ont té-moigné publiquement l’estime particulière qu’ils avoientpour les Vers de Lotichius; & il prétend que selon l’opi-nion commune, Lotichius égaloit lés plus excellons Poè-tes anciens & modernes, & qu’il étoit préférable peut-être à quelques-uns des Anciens. II cite des Vers de PaulMelissus, où l’on donne la supériorité sur tous les PoètesAllemans à Lotichius en matière d’Elégie. MelchiorAdam (u) s’écarte un peu de (exactitude en abrégeantcet endroit, puis qu’st fait dire à Hagius que les plusgrands hommes, & nommément George Sabin, Jean Sti—gelius, George Fabrice, Posthius, & Melissus, ont don-né la palme à Lotichius en fait de Vers élégiaques. Hà-gius à tout rompre ne fait donner cette palme nommé-ment que par Posthius & par Melissus, & il ne dit riendes trois autres, ni expressément ni obscurément, qui sepuisse raporter à cela.
J’avois cru que (Edition des Poésies de Lotichiusprocurée par Camerarius (an 1561 ctoit la prémiere;
mais
(7) Utm\
(í) Thua-
ous, Llhr.
XXYlsub
fin.
(9) Thea ».’
png. l2jo.
(toj Thuan,’Libr. XXVIsuh fin.
(11) Came-rarius , inEpist. dédiât-t cri a Ope-rum PétriLotichii,
(12) InVÍtiPhiíosoph,pag. ilc.