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Tome troisieme. K - P.
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iOTlCHIOï

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teur avoìt besoin là-deíTus d’un morceau d’Apologie. Hagius y travailla (F). La quatrièmeElégie du second Livre a quelque chose de surprenant : elle roule sur un Songe qui semble êtreUne Prédiction du saccagement de Magdebourg (G). Je ferai diverses Observations fur ce

sujet

(o) Sebas-

tien, dont onparlé d-<d> ,\e-tnarque (r)* PUnicle

Korthoit.î

( r 4 ) Dansla \emar-?«- (G).

bs'l In vitai-otichii.

mais Mr. Kortholt (13) a eu la bonté de m’avertir quel’on imprima à Paris en 1551 chez Vascosan Pétri Lotichiìficundi Elegta.ru.tn Liber , ©- ejufdem Carminum Libellas adD. Danielem Stibarum equttem Francum. La Lettre qu’ilm’écrivit là-deíïus s’est tellement égarée parmi mes pa-piers, que je n’ai pu la retrouver quand je l’ai cherchéeen travaillant à la revision de cet Article; mais je mesouviens qu’elle marquoit en détail plusieurs caractèresde cette Edition, & qu’elle m’aprenoit entre autres cho-ses que le Songe dont je parlerai ci-deffous (14) ne s’ytrouve point. Mr. Kortholt me fit savoir qu’il a insérébien des choses touchant notre Pierre Lotichius dansfà Dissertation de Enthufiasmo Po'ètico imprimée à Kiell’an 1696.

(F) Hagìus travailla à l’Apologie des Vers d’amour. ]II avoue (ij) qu’étant fort jeune il faisoit souvent réfle-xion , avec quelque sorte d’étonnement, sur les plaintesperpétuelles dont les Poètes remplissent leurs Vers; qu’ilsbrûlent d’amour ; qu’ils font tout percez des fléchés deCupidon, & qu’ils ne trouvent aucun remede aux fiâmesqui les consument.

Mille fatigants rerutn discrimina vici,

Sape graves astus , frìgora sape tuli:

Vnius hattd poffum super are Cupidinis ignés,

Nec defiderïis fortior este meis.

Après ces Vers de Lotichius il en cite trois de Virgile;

Aspice aratrajugo reserunt sufpensa juvenci,

Et sol crescentes decedens duplicat umbras.

Me t amen urit amor , qui s enim modus adstt amorì ì

II ajoute qu’aiant demandé à des Poètes l’explication deces choses, Lotichius lui répondit que c’est le feu de l’a-mour divin, & non pas l’amour vénérien, qui brûleles Poètes.

Cur vatum pars magna fuos detantet amoresMirarìs , Hagi candide , C 7 castst'am rogas ?

Accipe , non illos Veneris fax improba , verumJEternï amor generofus urit mminis.

Cette réponse est ridicule; c’étoit prendre Hagius pontun enfant. U n’en parle pas comme il devoit; car il seâe dire que Meliflus lui expliqua beaucoup

la conduite des Poètes; ils se donnent des sujets imagi-naires , afin d’avoir occasion de débiter quelques traitsd’esprit. Mais venons à l’Apologie de Lotichius.

II eut quatre maîtresses successivement, & il fit pourelles beaucoup de Vers (zo) : il ne se proposa jamais,dit-on , d’en obtenir aucune faveur criminelle ; & ce11’est que de lui-même, témoin en fa propre cause , quel’on sait cela. Non fecìt id non honeste , quia or cafte amavitLotichius esr fine crimine ac scelere : fi tnodo caflìjft m i Poëtaverbis verfibufque dignamur aliquatn habere non dubiatnfidem , fie eteritm ipfemet de amoribus fuis canit , ©* Clau-dia sua.

Féliciter arfi

Inque mëo nullum crimen amore fuit ,

i ..*. 5 ;

Non ego te , mea lux , deceptam fraude rèliqui,

Non spolium rapto turpe pudore tuli.

Dii tnihi sunt testes , fi mentior , aquore vastoObruar , c? mutis pifeibus esta natem (zi).

L’Apologiste remarque que les privilèges de la Poésiepermettoient à Lotichius d’exercer fa Muse sur les beau-tez de la terre; car c’est un Art qui embrasse la contem-plation , & l’explication de tout ce que l’Univers à debeau. Fecìt Lotichius, id primum jure poëtices optimo ,ad quamfcilicet rerutn omnium pulcherrimarum qua magna hac uni-verfitate orbis continentur , coelestium terrestriumque fpeSlabi -lium formarum contemplatio , commentatioque rite pertinet.De plus, comme il étoit civil 8c poli, il s’apliqua à fairedes Vers d’amour, 8c ne voulut point se priver de cettegalanterie, qui lui fut d’aìlleurs avantageuse pour polirses Muses. Ex quo illud faltem confecutus est comtnodi , utmolles amores cantando tnollius carmen deduceret. Enfin,il avoit besoin de cette agréable occupation , afin dechasser les pensées chagrinantes dont il se trouvoit persé-cuté (zz).

(G) La IV Elégie de son II Livre . . . roule fur un Songequi semble être une Prédiílion du saccagement de Magde-bourg.] C’est-à-dire du saccagement affreux que cetteville souffrit l’an 1631, aiant été prise par les troupes Im-périales. Voici la Remarque de Mr. Morliof. illud fin-gulare in hac vìro or propemodum divinum est , ac plus quampdètìcum îrSouriitiTuìv arguit, quo d in Elegia 4. lib. z. adJoachimum Camerariumscriptâ tristijfima obsidionis & expug-nationis Magdeburgenfis fata intégra feculo pradixerit. Resomnino notatu digna , ac elegia illa pulcherrima est. Hac ille

(16) Quam

Tem non pattlodr copiofius ,& juculentiusKobis enuclea -Métissas.

Parierhune atherotim genera-vit <&* intraRecensasjvjfît régna,tenere fibras «

(18) HabentCimenta cartores

Vivid* side-

7e s fota pe~.ttnne

mieux tout le mystère (16). Meliflus lui représenta que aurea carmina, quod mireris, inter armorum firepitus ipfen quelque chose est très-capable d’attirer les cœurs, 3 c milesfiribebat (zz). Lotichius vit en songe une grandede verser jusqu’au fond des mouëlles ses charmes insur- ville assiégée, 8c une ville qui se disoit la protectrice dumontables, c’estl’amour qu’un objet.modeste 8c pudique lieu, 8c qui se plaignoit des malheurs qui désoleraientallume.Le ciel le plus pur, ajoûte-t-íl, forma cet amour, cette ville, 8c qui en feraient un monceau de cendres. II8c lui assigna pour thrône les cœurs embrasez (17). Les ne nomme point la ville, 8c il ne sait même fi elle étoitastres ont foin de nourrir ce feu; 8c comme les Poètes fur le Rhin ou fur le Danube, ou fur l’Èlbe, mais il croîtreçoivent du ciel les influences qui font la cause de la que c’étoit sur l’Elbe. II faut pourtant qu’il ait caracté-oëfic il ne faut pas s’étonner qu’ils sentent si vivement risé Magdebourg, puis qu’on a donné à son Elégie ce Ti-

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Sine m,f. i'!™®! c „ a s s es influences, aiant la même ori-gine que 1 amour (18), 1 excitent Sc l’entretiennent.

Sic propagare laboratIndita natura femina quifque sua.

tre, de Obstdione urbis Magdeburgensts. II y a fans douteici quelque chose de surprenant , quoi qu’il faille conve-nir que l’étát où étoit alors le Poète diminue le merveil-leux. 11 étoit dans l’armée de la Ligue de Smalcalde(24),plus aíTûré aparemment des bons succès de Charles-Quint, que de ceux de cette Ligue. Son imagination serépandoit sur les suites que pourraient avoir les victoiresde Charles-Quint (z 5). Peut-être en songeant il tombasur cette suposition, c’est que l’Empereur châtierait sé-vèrement Magdebourg, si l’armée des Alliez étoit batue.Un Poète se prépare tout auffi-tôt à déplorer les mal-heurs d’une ville saccagée : l’une de ses fictions est que laDéesse tutelaire fait ses plaintes, 8cc (z6). Quand on seréveille on brouille aisément les especes, parce qu’on ne

b») îs eza

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Pour réduire cette Explication au langage humain» 8c àfa juste simplicité, il faut suposer que Meliflus a vouludire, que le même tempérament, qui dispose un hom-me à être Poète, le rend susceptible d’amour. On neprouverait pas facilement cette Thèse; car outre qu’il ya plusieurs personnes qui ont le talent de la Poésie fansêtre d’un tempérament amoureux, il est certain qu’uneinfinité de gens, qui ne savent point faire de Vers, fontplus furieusement tourmentez du feu de l’amour, que se souvient pas de leur ordre : on oublie celles qui ferventceux dont les Poëfies font les plus tendres. Combien a- de liaison, Sc de là vient que l’on s’imagine que les idéest-on imprimé de Vers d’amour qui ne font qu’un jeu que l’on a enchaînées soi-même les unes avec les autres,d’efprit ? Un Poète médiocrement touché s’aplique tout nous font venues tout-à-coup par inspiration. H est pres-ce qu’il trouve dans les Elégies les plus passionnées; il tâ- que aussi facile de se faire des systèmes fur les affaires gé-che même de renchérir fur ce qu’il a lu, il invente de nérales en dormant qu’en veillant : une infinité de per-nouveaux tours,, il étudie les caractères les plus lugubres, sonnes, après avoir lu de grandes nouvelles dans la Gà-C’est afin de faire admirer ses Vers; c’est afin d’exercer zete, se font un plan admirable des suites quelles pour-sa veine sur des pensées qui fassent honneur à son esprit, ront avoir. Dans un quart d’heure ils menent le victo-& qui puissent en même tems flater l’objet qu’il adore, rieux à la ville capitale du vaincu; ils se représentent dèsIl y en a même qui ne font point amoureux quand ils thrônes renversez, ils font changer de face à toute l’Eu-composent de semblables Vers. Théodore de Beze étoit rope; Sc s’ils font Poètes ou Orateurs, ils joignent àfie ceux-là. Istos bonos viras non pudet quicquid de poètics. tout cela le plan d’un beau Poème, ou d’une belle Ha»Candida amoribus lufe, ( lufi autem certe pleraque, veteres tangue. Ils en tienent les figures toutes prêtes: ils se re-illos tmttatus , priufquam etiam per atatem , quid tstud rel présentent même l’air 8c les paroles des Députez quivien»e If et > intelligerem ) ad cafiìjfmam C? leétijfmam fœminam dront porter les clefs des villes. On peut assurer queaccommodare. Id autem non aliter fe habere quàm dico , non toutes les heures du jour il se passe de telles choses dans*i tant'ùm teftari postant quibufeum per id tempus vixi, ve- la tête de plusieurs personnes. Leur ame, quand ils dor-rum etiam res ipfa déclarai: quum nullos unquam libéras ex ment, n’est pas moins active à 1 égard de ces chimères.uxore sus ceperim , in meis autem illis carmtntbus , Candidam Elle fait des plans à perte de vue. C’est peut-être ce quefuperis commendem : quod tum mihi nimirum fit Lotichius cette nuit-là. J ai dit la raison pourquoi illud fiélitìum argumentum ,ut alia fubinde multa , occurre- n’auroit point dû ^apercevoir en se réveillant qu’il étoitpet (19). Voiez dans ces dernieres paroles un exemple de l’Auteur de cette fuite de visions, comme ceux qui bá-10 M. m. . r X z tissent

(ìo) huilas,quoque fadhamavit beliasac bonas for-mas morta/es 9ac Clatidiamcjtiidem pri-mum fuammulto carmi-ne célébrât am^mihi vero piontncàgnitam ìsubfufcam,non informemnec inamabi-Itm puetlam tdeinde CalU-rhoen, alteramCeltiberamtunicatam ,formosam :hinc pecoriseuftodem , re-tigiofam nìmisItalam Pana-ridtm : acpofiremumnon vero no -àe diftamPhyltida put-chram Nier»-genam. Ha-gius y in Vita.Lotichii.

(21) Idewì

ibidem.

(22) Oblecïa .-tionem camanimt hones-tajnad lenien *das anirnicuras i môles *tiasy agritudi •nés duceretmaximam,Quod Poëtaipfe de sese

no fier profite*tur, Molliafepe qui-dem dedu-cere carmi-na tento,Non tamenut puris au-ribus ilia..probem,

Sat mihirigidas in-terdum faNlerc curas,Soiamen-que maliprxmiamagnavoco*

(23) Mor-hofins »Polyhist.

Lib. L Cap.

XIX 9 pagì226.

(24) fe-parìeselon la supo -fition de Mr.Morhof, quin ’efè pas cer-taine.

( 2 î) Notes:bien son 5Ver s fSomniasunt CURAShxc imitatarneas.

(26) r osezce quì sera

cité de Balzac

dans la T{e-

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de VcArtide

Thomas( Paul ) à

ti occasion d y tttìbois coupés

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