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Tome troisieme. K - P.
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L O T I C H I U S. L O U D U N. 165

a trouvé étrange que Jules César Scaliger n’ai t pas loué •Lotichius (//). On auroit eu plusde sujet de s’en étonner, si la réputation de Lotichius n’étoit pas principalement fondée fur* des Ouvrages qui n’ont été imprimez qu’après la mort de ce Scaliger ; mais le silence de ces, & ctiie Critique n’est point au fond surprenant, puis que les prémieres Editions des Poésies de Loti-*£* chius (/) font beaucoup inférieures à celle dont il étoit impossible qu’il eût conoissance (g).

songe ne fût prophétique, & surnaturel; mais il ne mesemble pas qu’il l’ait du croire, non plus que la prémierefois, où selon le train ordinaire des songes il pouvoit re-ver l’incendie d’une ville que l’on affiégeoit actuellement.Que par un pur jeu d'esprit un Poëte fasse aujourd’huiune Elégie toute semblable à celle de Lotichius, il pour-ra fort bien arriver qu’au bout de quatre-vingts ans lamême ville, que de gaieté de cœur il aura voulu dési-gner, fera bombardée, & exterminée.

( H ) On a trouvé étrange que Jules César Scaliger n'aitpas loué Lotichius.'] Vous trouverez à la fin du Texte

de cet Article la raison pourquoi il ne faut pas être sur-pris de ce silence de Scaliger. Mais quoi qu’il en soit,citons les paroles où Mr. Morhof en a fait fa plainte.

Fuit Phoenix Poétarum Germanie, Lotichius, omnibus ex -teris fi non superior, certe aqualts. Hujus tamen vel ipfisGermanis pene ignotum nomen eft : exteri nullum ejus mentio-nem jaciunt. J. C. Scaliger cum censurant Poétarum Ger-manorum instituts in Hypercritico suo ne yerbulum quidemde hoc nostro , qui tamen omnibus citais erat anteseren-dus (34).

LOTICHIUS (Chris tien) frété cadet du précédent, ne fit point paroître désTenfance moins de dispositions que lui pour les études. Ainsi son oncle l’Abbé l’aiant fait d’a-bord instruire soigneusement dans son Ecole de Solitaire, l’envoia ensuite à Wittemberg,pour y étudier en Philosophie, & principalement en Théologie. Ce ne fut point dans cetteUniversité, mais dans celle d’Heidelberg, qu’il reçut le dégré de Maître és Arts en if 49 ,après quoi son oncle lui donna la conduite de son Eglise £c de son College. Pendant qu’ilétoit ainsi le Vicaire de l’Abbaïe, il fe vit exhorté par plusieurs Savans à recueillir toutes lesPoésies de Lotichius Secundus, & à les donner au public, avec une Histoire exacte de la vie& des études de cet illustre frere. II y travailloit encore, lors que la mort de l’Abbé Loti-chius son oncle vint interrompre ce travail l’an ifóy. II ne tint qu’à lui de succéder à la di-gnité abbatiale; car les suffrages de ceux à qui sélection apartenoit so déclarèrent pour lui:mais il aima mieux céder son droit à son beau-frere Sigefroi Hettenus, Ministre de PÈglise deGroningue. II n’eût pas joui long-tems de la qualité d’Abbé s’il l’eût acceptée, car il mou-rut en iy68. II s’étoit assez heureusement mêlé de faire des Vers. On en imprima un Re-cueil en Tannée lóoz (a) par les soins de Jean Pierre Lotichius son petit-fils, qui le joignitavec ses Vers propres. Je n’ai point trouvé dans Freherus, qui m’a fourni cet Article, queTon ait jamais imprimé ensemble les Poésies de Lotichius Secundus, A celles de notre Chris-tien Lotichius (b). ■

(g) VwVcci-dejsous ,Citation

(j 4 ) Mor-hof. Poljr-hist. Libr. I,Cap. XIX,pag. izs.

(a) Drau-dius, Bi-blioth. pag,1573 Edit.1625.

(b) Le Dic-tionaire dcMoreri im~primé enHollandel'ajsùre peur-tant sous la.Citation deFrehems,

LOTICHIUS (Jean Pierre) petit-sils du précédent, s’est fait conoître par ungrand nombre de Livres qu’il a publiez, tant en vers qu’èn prose. II étoit Médecin de pro- ^ KmVosession, & fort versé dans Tétude des belles Lettres. Le Commentaire qu’il publia fur Petro- p Epine dí-ne à Francfort Tan 1629 répond à ces deux qualitez {A). La récompense de la Dédicace Axerons,de ses Epigrammes fut tout-à-fait mince ( B ). II fut apellé à Rintel pour y être Professeuren Médecine (a).

(- <í ) Le Commentaire qu'il publia fur Pétrone répond à ceseux quahtez..] Car il y explique à part tout ce qu’il y adans Pétrone qui a du raport à la Médecine; & puisdans une autre partie il donne des Notes Critiques &Philosophiques fur ce meme Auteur. II paroit avoirplus de lecture & de mémoire, que de pénétration & dejugement. Voici l’estime que Goldast faisoit de ce Com-mentaire : Mitto tibi Lotkhiì commentaria in Petronium cum

aliorum notis . vides quantum abs tue instituto ac ju~

dicio Lotichius dìfiìdeat. Volebam hominem amicum hac oc~ZÌ'Z\ ad r ìeSl,onem veterum Medkorum deducere, quorum

ZZr/t t Xfertent ? ne £ l &»tem esté advertebam. Sedjudmo destitutus nec m bonis auâlorìbus -verfatus , nobìs undi-quaque compllavit que. ad grandiendum librum con-vafare exCornucopia, Calepino , Textoris Officina , Erasmi Chìlìadibus ,V confimilibus scrìptis poterat , ut tandem monstrosum, fror-rendum, ct* tnsanum magnum istud commentum pareret.Adeo fibi philautia places, ut etiam sordes suas putet mer aQ) Goidas- °- ere únnama (i). Ce jugement elt bien rude: mais je*us, Epistoia le croi plus raisonnable que celui de Guy Patin ; fk j’ad-num° fmaa ‘ mire siu’un homme, qui étoit incomparablement plusen-KichùZZ: à à mépriser les Auteurs qu’à les estimer, ait parlé sil«g. sss. ’ avantageusement de ce Commentaire sur Pétrone. „ Lot-„ tichius, ci-devant Médecin, & maintenant Historio-

graphe, a fait deux ^Volumes in fil. Rerum Germant-„ carum , & peut-être que le troisième est aussi imprimé„ fi vous les ayez, envoyez-les moi. Dites moi aussi s’Q„ n’a pas fait réimprimer son Pétrone in folio, fort aug- (Q Guy„ mente, comme si en avoit le dessein, il y a déjà long- Patin,Lct-„ tems. Ce dernier est un Livre excellent, & l’Auteur ex 11„ un fort savant homme. II avoit eu le dessein de le * 4J '

„ faire réimprimer ici , avec toutes ses augmentations in £//« est dotée„ folio; mais je répondis qu’il étoit impossible, y ayant du 1 d'Avril„ ici trop de Moines, de Jésuites, & autres gens, enne-„ mis des belles Lettres qui croiroient avoir gagné les„ pardons, s’ils avoient empêché une telle impres- ^ZìshrZti-„ sion (z) . . - chius sua Epi-

(n) I.a récompense de la Dédicace de fis Lspf&rffinm J grammata,tout-à-fait mince.'] Non feulement il les dédia a JVtauriCC IllufîrìJJìmt*Landgrave de Hesse, mais aussi il lui en donna de fa pro- Mauritiopre main un Exemplaire. Ce Prince l’en remercia par Maffia Land-une Epigramme (3), & ce fut là tout le présent qu’il lui f™'/ ”T .fit. C’étoit imiter un grand Empereur (4)., Celui qui prlfintiZZm’aprend cette particularité dit aussi qu’il a dédié un tres- <,btuiit,quigrand nombre de Livres aux Princes & aux Républiques, “ u ^jsssss mafans que cela lui ait jamais procuré un fou. ‘hmtrZìiìoce,

redonavit. Goldastus, Epistola ad Hofmann. inter Tfichterianas ,pag. ;«I. ( 4 ) Voiez,ce que jtacrobe, Saturnal. Libr. II, Cap. IV, sub fin dit d’Auguste.

■ L O U D U N, dans le haut Poitou ( A ), aux confins de T Anjou & de la Touraine, & auDiocèse de Poitiers, est une ville assez ancienne, quoi qu’il ne faille pas trop ajouter foi auG) Voiez sentiment du peuple, qui en attribue la fondation à Jules César (a). Elle se fít considérer W D ’Au-

dans les guerres civiles du XVI siecle (A), tant à cause de son château, que le Roi Louis

■Maaiuì. ' XIII fit démolir en 1633 (A), qu’.à cause de sa situation. Le Duc d’Anjou tâcha en vain '

(ì) Metc de s’en rendre maître l’an 1569 (r); mais le Roi de Navarre la soumit três-facilement vingt £ 2 e sh“,An-

ïratiçois 0 ”' ans après ( d ). On y voit plusieurs Couvens : celui des Carmes est le rendez-vous de plusieurs des Vl1-

fZnZ' personnes dévotes, qui y vont en pèlerinage à Notre-Dame de recouvrance (c). Celui desUr-

solmes se rendit extrêmement célèbre, lors qu’en 1633 Sc 1634 on parla tant de la possession (e) Lí-mt-

(A) Dans le haut Poitou.] Coulon a mis dans la Ta-(1) Dant le We âe son Livre des Rivières de France que Loudun est^«nombre- en 1 ouraine. Mr. de Marelles a été dans la même er-de reur; car il a dit (i) que Loudun fait partie de la Tourai-o nt X jct l "’ l !‘ ne , bien que le Loudunois soit d tu Diocèse de Poitiers. II (J e -L- nt Pleurs voit dire que Loudun est auílPdans ce Diocèse. Ce qu’ilsss s ,a u y a de vrai, c’est que l’Election de Loudun dépend de laGénéralité de Tours.

(ss) Elle fe fit considérer durant les guerres civiles duxVIsiecle.] Voici une Historiette qui fait honneur à cette

ville. D’Aubigné raconte (z) qu en 1569 Pluviaut avec ( 2 ) Histoîtísoixante lances de coureurs étant a vue d Anville , ou le UniverselleDuc d’Anjou étoit log é,vit sortir SoCavalliers qui estoient Tomei,pag.les galans de la Cour, comme ceux de Guise, Brijsac, Pom-padour Fervaques, Lanjsac, Jersfai, Fontaine, e? autres.

II les attendit de pied ferme, le combat fut rude, & re-nouvelle deux fois; mais nul des gens de Pluviaut nequitta fa place. D’Andelot paraissant avec douze Cor-nettes obligea les Courtisans à se retirer, avec deux desleurs morts & plusieurs blessez. Ils voulurent savoir àX 3 quels