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Tome troisieme. K - P.
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L O U D U N.

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de plusieurs de ces Religieuses (C). Ceux de la Religion perdirent en ce tems-là le College.qu’ils y avoient (D). Leur dernier Synode National fut tenu dans cette ville, depuis le iòde Novembre 1 6 f p, jusques au 10 de Janvier 1660. Loudun a été la patrie de plusieurs Hom*’Traité*d/°" mes de Lettres, comme de Salmon Macrin, de Scevole de Sainte Marthe, de Jules César Bu-*ia rrance, lenger, d'Isinaël Bouillaud , d’Urbain Chevreau, &c. Quelques-uns la nomment en Latin

M- 144- Juliodumm j mais ce n’eíl pas son vrai nom ( 22 ). Le Géographe du Val (/) a eu tort de di-

te

qttels gens ils avoient eu affaire. La Curêe-Jerfaut qui avecClermond , la Barbée, C autres chercheurs de coups de pisto-lets, ternit à gloire de suivre ce Capitaine aux occafions feu-lement , en lieu de nommer ces galans , répondit que ceftoit laCompagnie de Pluviaud; N Lanffqc ayant répliqué, com-ment les Sires de Loudun ? Comme la plufpart estoient dece lieu cy de cette qualité, le Duc de Guise cria, hissons cediscours, ils font tous bien Gentilshommes.

( C ) La poffestìon de plusieurs Religieuses dé Loudun.] J’enf j) Dans ai parlé amplement dans un autre lieu (z) ; mais je ne sa-

c.Amde vois pas alors une chose que j'ai lue depuis quelquesGrandier. jours, & que je raporterai après avoir fait conoître par, . ,, occasion une faute du Pere Labbe. II dit (4) qu’en 1566

Chronolog t°ff ec lée de Loudun fi célébré fut delìvrêe par la sainte Eu-Françoise, ’ charistie en presence de plus de 10 mille hommes, ey entre au-TomeV,pag. tres de Florimond de Remond, qui se fit en suite Catholique7*3. de Huguenot qu il étoit. Au lieu de Loudun, il faloit dire

Laon, qui est une ville Episcopale dans la Picardie : ce futlà que Florimond de Remond vit cette fameuse possédée,comme il le raconte en deux endroits de ses Ouvra-it) Dans fin ges ($). Mr. de Sponde (6) raporte ce fait, 8c se sert duLivre de mot Laudanum. C’est peut-être ce qui a persuadé au Perechrist 6 ''- Labbe que cette Avanture s’étoit passée à Loudun. Mr.

dans l’díi- Moreri a coiftmis la mêitìe faute dans Y Article de Flori-

■vrage de la moud de Remond.

Naissance On assûre dans les Mémoires de Mr. d’Artagnan que& Progrès Grandier fut l’une des malheureuses Viâlimes du Cardinalfie, Livnîi, âe Richelieu. „ On lui avoit fait accroire qu’il étoit for-a,àp. xii. ’ „ cier, & qu’il avoit envoyé une légion de démons dans„ le corps des Religieuses de Loudun. Sur cette accusa-is) Spon- „ tion le Sr. de Lauberdamont qui étoit à la tête de sesní^Ecde"’ " Commissaires l’avoit condamné, contre le sentimentad am. ijfis -> de quantité de ses Juges, à être brûlé tout vif. II leurnui». 3j. „ avoit dit franchement, pour les obliger à souscrire à,, un jugement si rempli d’injustice, que s’ils s’y oppo-3 , soient avec toute la vigueur que dévoient avoir des-, gens de bien, on leur donneroit des Commissaires à« eux-mêmes qui les convaincroient bientôt d’avoir eu„ part à ses-sortilèges, parce qu’il n’étoit pas plus sorcier-, qu’ils le pouvoient être. II avoit bien moins de tort en,, leur parlant de la, forte, qu’il n’en avoit de vouloir fai-„ re mourir un innocent. Tout le crime du pauvre Gran-„ dier étoit d’avoir débauché ces Religieuses, 8c s U leur„ avoit fait entrer quelque démon dans le corps, ce ne(?) Faute » pouvoir être que celui d’impunité (7). Or comme cesÁ’imprejfum -, juges avoient été voir ces Religieuses tout au Hi-bienpourimpu- „ qu’il avoit pû faire, & peut-être eu commerce avec«ficife , ou „ elles tout auífi-bien que lui, car il y avoit bien à direpure e. „ que ce fut des Vestales, ils heftterent quelque rems fur„ ce qu’ils avoient à faire ; mais s’étant laissé gagner à la,, fin à la faveur, ils aimèrent mieux se montrer injustes„ en condamnant un innocent, que de se mettre eux-„ mêmes en fa place en voulant le sauver. Car on les„ eut pû accuser après tout auffi-hien que lui d’être sor-„ ciers, & je ne fais pas ce qui en fut arrivé, son Emi-,, nence étant toute puissante comme elle l’étoit (8)”. Je(s) Mé- n’ a i garde de garantir que tout cela soit véritable, & jeMr.*l’Ana- ne hurois me persuader que Laubardemont ait tenu auxgnàn ,pag. juges le discours que l’on a vu ci-dessus. C’étoit un mé-160 ír fuiv. chant homme, me dira-t-on: transeat, passe, répondrai-EEt. de j e; mais cela n’eût point fufi au Cardinal de Riche-> 7 °°. lieu, il eût falu outre cela qu’il eût de l’esprit 8c

(9) Nt de l’adresse -. or que peut-on voir de plus éloignéy ‘a des de la vraisemblance, que de dire que le PrésidentConeiïmrs d’une commission est habile dans ses méchancetez,ç/« á u prier e gj q U ’sl parle comme on fait parler celui-ci dans les Mé-examinent tr fi mo * res d e Mr. d Artagnan? Et pour dire tout ce que je«n Manuscrit pense, je ne fuis guete persuadé que l’on ait trouvé cemérite d'être fait-là dans les Papiers, VU dans les Recueils de Mr.d’Ar-i/nprim ;, 0- tagnan. C’est une Addition, ce me semble, ou de ce-ìhent 'oTT’ 1 ' lui qui a mis en ordre ces Mémoires, OU plutôt du Cor-amtent ce reéìeut d’Imprimerie (9). En tout cas, Mr. d’Artagnanqu’ils jugent n’y donneroit pas un grand poids ; car au tems de la dia-a-propos. blerie de Loudun, la figure qu il falfoit, 8c les lieux qu’il, , fréquentoit, n’étoient propres qu à lui aprendre fur cette

a rnatiere-là les nouvelles les plus incertaines, & les plus<*«• pA nLie populaires. Mais ne nous amusons point à ménager laftHOMttRG mémoire d’un aulsi brave homme que celui-là. II n’ende ). ai 6S a point de besoin : les Mémoires qu’on a publiez fous sonnom sont suposez depuis le commencement jusques à lafin : ils viennent de la même main que ceux de Mr. L. C.

L. R. dont je parlerai ci-dessous (10).

C o n F1 R- J ai dit ailleurs (u) une chose qui a semblé incroiable à

mat 10 N quelques personnes : c’est que le Prêtre Grandier eût pua e e 't! fit paroître dans la chambre de la Religieuse comme unspec-d’une pré- )re ressemblant au feu Directeur des Ursulines. II fauttendue Aparitioa du Confesseur des Religieuses de loudun, (u) Dans laHemarque^Kj) ds l rdrtuU GRANDIE R,

dohe que je confirme ïna pensée, afin de la rendre pluscroiable. Rien ne me fauroit venir plus à propos pour ceteffet, que l’abjuration que l’on a fait faire à Rome depuisdeux ans (1 z) à un Augustin déchaussé coupable de Molino- (if) o»filme. II fut convaincu d’avoir trompé lePereBenigne par í cr,tde prétendues Révélations. II voulut lui persuader que les 1 17 ° 0 '

choses qu’il lui avoit dites en plusieurs rencontres étoientvraies, 8c saintes, 8c qu’il étoit un Saint plus grand quetous ceux du Paradis. II recourut pour cela au témoigna-ge de Saint Gaétan, 8c se montra au Pere Benigne sousla figure de ce Saint II lui fit avoir aulsi de prétenduesaparitionsde la sainte Vierge, & il se servit d’illuminationsartificielles, & de plusieurs changemens de ton de voix.

Raportons les termes de son Abjuration : Conftffaftì che levifionì fuccedenti erano opéré tue , e parimente le révélationsdel Padre Benigno , mentre tu gl’ apparisti ton l'habito di S.

Gaetano, ton un bellijfimo e candidiffimo giglio in mano, ebarba posticcia. Il tutto facefii e operafti per far glì credere chele cofe dette da te in piu e diverfi occafioni erano,veridiche esanté, e che tu eri un santo maggior di tutti i santi che stan-no in cielo. Facefii apparire la Beatiffìma Vergine à sorx.a dilume contrafacendo la vote hora in un modo, e hora neli aU.tro, e per questì tuoi e altri mifteri tl sudetto Padre Benignocredeva fer marnent e a queste tue vifioni, e vifitationi celesti, eche dìo non le concedeva fi non a te puramente. Mr. Silves-tre (13) revenant de Rome m’a communiqué une Copiemanuscrite de l’Acte de l’Inquilìtion où se trouvent ces Ut) c°nfireii*paroles-là, & dont voici lé Titre, Ristretto de l'Abjura ce T 1 dc ^“ Ssemipublica seguita rnï fiant' Osficìo in persona di Fra Pietro ^‘t’AnidìPaulo di S. Gio; Evangelifta-Romano al Sacello di Casa Gra- L a z z a-nifi, in eta d’anni quaranta, inquifito altre volte nella Cita R eu c qdi Napoli, e in quella di Spoleti. Je ne parle point des in-famies dont ce Moine fut convaincu en qualité de.Quié-tiste, ni des imputerez abominables qu’il reconut avoircommises avec ses dévotes. Cela fait dresser les cheveux,

& fait comprendre en même tems que puis que l'Inquifi-tion s’est contentée de condamner à une prison perpé-tuelle cet Augustin déchaussé , l'on doit convenir qu’àcertains égards ce Tribunal est d une elemènee Sc d’unedouceur extraordinaire. Mais laissant là ces sortes de ré-flexions, je me contente de dire que par des faits avérez

juridiquement, 8c incontestables, nous savons que le se-cret de faire paroître les morts, Sc d’exciter des vissons, )oe îa ftinte Vierge, est conu 8c pratiqué dans les Monas^ j . .teres. Pourquoi donc nieroit-on que le Curé de Loudunne se fût montré à la Religieuse comme étant le Confes-seur décédé? Je n’ai jamais pu me persuader que tout cequ’on conte des aparitions de la Sainte Vierge, 8c dontune infinité de Livres font tout farcis, soient ou des men-songes, ou des illusions des sens. II y entre beaucoup deréalitez. Les imposteurs entrent en personne dans leschambres, 8c prononcent actuellement des paroles fous3 e nom 8c fous la figure que bon leur semble : les vapeurs,les maux de mere, ne font point que des Religieusesvoient 8c entendent ceci ou cela (14). Leurs sens font (r 4 ) Cifi-réellement frapez par des objets ; l’illusion ne consiste *-dîre , «%qu’en ce qu’elles attribuent à une faveur céleste ce qui st nt P™ ta! ‘-ne dépend que de l’artifice humain. Les Engastrimythes, ^' s J aa p i . ices personnes qui parlent du ventre, 8c qui dirigent fi ncpritlíbien l’air de leurs poumons qu’il semble que leur voix »«■ qu’eiiesvient d’une cave ou d’un galetas,sont fort propres à tous ^f'' encces petits mystères. Ce font des gens de service, 8c l’on TÍTt'rpeut par leur moien faire acroire à plusieurs personnes impreffsj^ueque les morts soufrent beaucoup dans le purgatoire, 8c faìtie récit onviennent prier leurs Héritiers de faire dire des Messes. l ‘ a ‘ mPrenez garde aux exceptions que j'indique dans la Notemarginale (14), _ * artificielle, m

(D) Ceux de la Religion perdirent . ... le College qu ils produise ajfix.y avoient .] L’Historien del’Edit de Nantes raconte (15), souvent Uque les Reformez, de Loudun avoient perdu leur College dis ^auneTvi-l'année 1635 e? que Laubardemont y avoit logé les preten- fi om où ildues poffedées. Depuis cela ils ri avoient pu trouver de moyen »’entre pointni de f f a j re ren dre leur bien , ni de se faire indemniser de ce <*’ artifice,qu il leur avoit coûté. Mais la Cour paffant a Loudun l’an .tdjo ils s’adrefferent au Président Molè qui étoit alors Garde^s Seaux. La conclusion fut qu’à la priere de la Reine, de Nantes,ils se contentèrent dune somme sort au dessous duprix de leur Tom.. m,College, qui leur étoit offerte au nom des Ursulines. Cette 1 ’

somme égaloit à peu pris le quart de la valeur des bâti-™ ens > n Lc n’étoit pas la moitié des intérêts. Voiez dans T/)me'e même Auteur (16) la perfidie dont on se servit, pour ///, p art . it,_tacher de faire perdre l’exercice à ceux de la Religion. peg. 75s &

(â) Quelques-uns la nomment en Latm Juliodunum («) :mais ce riestpas son vrai nom.] Mr. Valois le jeune dit (17) que lSg j,

M acrin, 8c Scevole de Sainte Marthe, ont été les pré- (n) Ha-miers, ou des premiers qui par une licence Poétique ont Vala-

apellé Loudun Juliodunum, afin de faire participer leur • Gal ’ lilir . f s g .patrie à la gloire de Jules César. Selon lui son plus an- z6i $ 4;°.

cien