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LOUIS XI
(b) Votez, lesMémoires
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fuiv. j ou ionblâme fort UCardinal»
Louis XIII haïssoit les Protestans, il pe pouvoit se résoudre à traverser la Maison d’Autriche.qui les avoit sur les bras. Le Cardinal le tira de ces vues de Religion, Lc l’engagea dans uneLigue avec la Hollande. Ce fut l’an i 6 jf qu’elle fut conclue, cc qu’on déclara la guerre àl’Espagne. On n’avoue pas aux François que les sollicitations pressantes des Provinces-Unicsaient surmonté la répugnance qu’ils y avoient. Ori prétend que ce furent eux qui en dernierlieu témoignèrent le plus de hâte (/). Quelques-uns disent que le Cardinal précipita tropmémoires cette âire (S), Lc ils se sondent sur l'emharras où il se trouva dés la seconde campagne;maisdT'íionuc- ils ne songent pas que la plus sublime des intelligences humaines n’auroit jamais pu prévoir ,sor. Tomu, q UC i a premiere campagne se passeroit de la maniéré qu’elle se passa. Elle avoir commencé74 par une victoire complété fur l’Armée des Espagnols, & selon toutes les aparences elle devoirles déconcerter pour plusieurs années : cependant ce fut la plus pitoiable campagne que l’onvit jamais (K). II y a long-tems que les François en ont impute la faute au Prince d’Oran-
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„ dre pour nous, 8c pour nos autres Alliez, mais non„ pas au poinct qu'on se le representoit à la Cour, Sc„ que le Pere Joseph Lc Charnassé, qui poussaient for-„ tement à cette roue, le figurèrent .... Les presens,„ qui ne furent point espargnez de la part de Messieurs„ les Estats, durant cette poursuite Sc depuis,acheverent„ d’applanir toutes les difficultez qui s'y rencontrèrent,„ Outre cela, comme la crainte des inconveniens dont„ la Treve nous menaçoit, avoit esté le plus puissant„ motif qui nous avoit fait entendre à la guerre, l’espe-„ rance des fruits que nous en devions recueillir, ne fut„ pas un petit charme pour nous y engager. C’estoit à peu„ près la moitié de tout ce que l’Efpagne possede aux„ Païs-Bas,qui nous en devoit revenir par les conditions„ du Traité, Lc le partage entre les Hollandois & nous„ en estoit fait fur le papier avec une telle bienséance,,, que chacun avoit pour soy ce qui l’accommodoit le„ mieux, en cette prétendue despouille. Avec ces ma-„ chines ils nous poussèrent où ils voulurent; Sc l’ardeur„ que nous fîmes paroistre à suivre tous leurs mouve-„ mens fut si grande, qu’au lieu qu’ils nous eussent don-„ né de l’argent pour nous obliger à rompre, si nous„ leur euflìons tenu le marché haut, ils en obtindrent„ de nous en une quantité notable, Sc ne voulurent pas,, mesme le recevoir qu’en quarts d’efcus de poids, afin„ de les pouyoir convertir avec plus de profit aux espe-„ ces de leur pais. Ce qui fut le meilleur pour eux fut,„ que nous consentîmes que le Prince d’Òrange auroit„ toute la direction de la guerre, 8c que nos Généraux„ luy seroient subalternes, 8c recevroient la loy de
» luy ( 57 )". . .
(K) Çe fut la f lus pitoyable campagne que l on vit ja-mais.} Laissons parler un Historien, qui n’est ni Fran-çois, ni Hollandois , ni Espagnol. Comme les François,dit-il (58), marchaient vers Maestrickt avec plus de trentemille hommes de guerre, çr quarante canons, le Prince Tho-mas avec des trous es qui n'étoientpas extremement fortes, es-saya de leur disputer le pajsage à Avesnes (j f),où il fut bat-tu, çr perdit beaucoup de gens, En fuite les victorieux s'étantavancez fans trouver d’opposition , fi joignirent au Princed’Orange, qui les attendoit avec vint mille hommes de pied,six mille chevaux , c V quatre-vingt pteces de canon. Cette ar-mée paroijfoit épouventable, tant par son nombre que par savaleur, e? déja le monde s attendoit à des situez qui répon-draient à la grandeur de ses forces. Mais quels furent sesexploits? Elle força une bicoque (60), où il fut commisdes barbaries épouvantables (61): este fit semblant d'allerà Bruxelles-, mais le Prince d’Orange,ayant retardé la mar-che, donna le tems aux Espagnols de s'en aprocherlsiz). Estemit le fiege devant Couvain avec le succès que l’on valire (63) : „ La hardiesse des attaquans ayant été d’abord„ un peu arrestée, l'armée Françoise commença à se dis-„ fiper; car les Hollandois faisant venir ponctuellement„ des lieux voisins des vivres pour leurs troupes, n’en„ laissoient pas suffisamment pour les François, qui bien„ que par leur hardiesse Lc par leur force ils eussent pu„ surmonter toutes sortes de périls, éprouvoient que la,, faim estoit un ennemi invincible. Une grande partie,, perissoit de misere: une plus grande partie desertoit,,, qui estoient tuez ensuite par les paysans; de forte qùe„ les forces estant extremement affoiblies, 8c les vivres„ ayant manqué, les Généraux tomberent d’accord qu’il„ falloir lever íç siégé, Lc permettre à chacun de se sau-„ ver où il pourroit. Les Chefs, Lc ceux qui resterent„ de l’armée de France, furent réduits à s’aller embar-„ quer eh Hollande, où le peuple se moquoit d’eux,„ voyant qu’il ne restoit plus d’une si grande armée qui„ aspirost à de si importantes conquêtes, qu’un petit„ nombre de gens abbatus, dans le désordre, Lc con-„ traints de se réfugier chez leurs Alliez .... (64) L’qr-,, mée Françoise ne fut pas sitost dissipée, que la crainte„ qui troubjoit auparavant les Provinces qui dependent,, de l’Efpague, vint troubler les Hollandois à leur tour,,, Lc les pénétra jusques dans le cœur. Le Comte d’Emb-„ den surprit le Fort de Skin .... qui ouvre l’entrée,, dans le cœur de la Hollande. Le Prince d’Orange fans„ perdre tems ajla y mettre le fiege”. Le Cavalier Nanifait ici une lourde faute : il supose d’un côté que'les Es-pagnols ne prirent le Fort de Schenk qu’après la dissipa-tion des troupes Françoises; 8c de l’autre que les Fran-çois n’eurent point de part à la reprise de ce Fort, Ce
sont
fjo) Jour-nal des 5a-vans, dav 6Janv. 1688,
*49.2J0,
Edition dfHollande.
(s 1 ) Jour-nal des 5 a-vans du 7Mars 1S67,fag. m. ss-
(Si> Volez.Wicquef.Traité del’Ambassa-deur, Livr. /,pag. 44 S, irLivr, II,fag. 4 îS.
(Sì) On écritceci le 7 deDécembreÎÍJI5.
ÍS4) Suan-qxam G allietrot fixumAnima , rébusJiiípano-lum Ubefac -tatis yfpe certatnagnorumf rogreJsuHT »,in. bellumajiversus il-Jos emmpe-XCftam calli -de tamen hoctonfilium dis-simularunt,ut à F ce de-mis , CJUOSintérim modi-çis fovebantfubfidiis , perintegrumannum sc-quentem ferogarì & ob-fervari ft*fti~uuerint.Pritifijuamtnimum < 1 ?arma detege •rept ,fa3o •qpHS ejfe judi-iarunt , utRégis fra-trem cummaire Bru-xellis agen-tem ,Jìbireconciíiarent ,eumfjtte ìnCalïia com-ple3erentttr ,Ulric. Hu-ter. Hist.Civilis,
I 80 .
(sí) Ulric.Huber, r'iíá,fag. m.
Ç$ 6 ) r Dans la"Remarq. (li)'Citât. (fi).
testans, si l’on consulte le Muséum Italicum de deux cé-lèbres Bénédictins. -, On leur montra, dans la Bìbsto-„ theque du Cardinal François Barberin, une Lettre du„ feu Roi Louis XIII. Le Pape Urbain huitième s’es-„ toit plaint à fa Majesté de son alliance avec les Suédois,,, dont les armes victorieuses ravageoient alors l’AUema-„ gne. Le Roi répondit secrètement au Pape de sa main,
Lc offrit de se départir de l’astiance des Suédois, pour-„ vu que le Roi Catholique cessast de donner fa protec-„ tion à feu Monsieur, retiré alors à Bruffelles, Lc qu’il,, voulust joindre ses forces à celles de France pour les,, tourner toutes contre les Protestans d’Allemagne, Lc„ contre les Huguenots de France. Sa Sainteté commu-„ niqua la Lettre du Roi à l’Ambassadeur d’Espagne qui„ en écrivit à Madrid, Lc n’en reçut point de reponse.„ Sans cette Lettre originale, le public n’auroit point„ eu de connoissançe de ce trait curieux de nôtre His-„ toire (ço) ”. Ce Passage est tiré du Journal de Mr.Cousin. Joignons-y ce que l’on trouve dans l’un desJournaux de Mr. Gallois. On y aprendra que si Louis XIIIavoit suivi son génie, il auroit laissé ruiner la ReligionProtestante en Allemagne par l’Empereur, puis qu’avantle Ministère du Cardinal de Richelieu il rendit de très-grans services à lá cause Catholique dans l’Empire. Voi-ci les paroles de Mr. Gallois dans l’Extrait qu’il donne del Ambassade de Messieurs les Ducs d’Angoule/me, Comte deBethune, & de Chateauneuf envoiez par les Roi Louis XIIIen Allemagne l’an 162,0. „ Le motif de cette Ambassa-„ de fut aussi glorieux à la France, que le fuccez en fut„ avantageux à la Maison d’Austriche. Ferdinand II, à„ son advenement à l’Empire, se vit dépouillé de la„ Couronne de Boheme par le Prince Palatin, Lc de çel-,, le de Hongrie par Bethlen Gabor. II vit en même„ tems la.haute Austriche révoltée, 8c la pluspart des„ Princes Protestans en armes contre îuy. Le Roy pou-„ voit attendre en repos la ruine d'un Prince dont les„ desseins ne pouvoyent que luy estre suspects. Mais„ parce que la Religion CathoUque eust pu souffrir quel-„ que diminution en Allemagne par la perte de ce Prin-„ ce, il aima mieux-le soutenir dans fa cheute, que de„ souffrir que la Religion tombast avec luy. II luy sit„ offrir uu puissant secours; Lc cependant pour Paider de», ses conseils Kc sse l’autorité de son nom, il envoya Mrs.„ d’Angoulesme, de Bethune, Sc de Chateauneuf Am-„ bassadeurs en Allemagne. A leur arrivée ils firent le„ Traité d’Ulme, par lequel fut arrestée une furfeance„ d’armes entre les Princes Catholiques Lc les Protestans;,, ce qui fut cause du gain de la bataille de Prague, 8c en„ suite durestablissement des affaires de l’Empereur (51)”.N’allez pas vous imaginer que ce langage soir un artificedu Journaliste; car les Protestans conviennent (52) quecette Ambassade servit de beaucoup à l’Empereur, Scqu’elle fut préjudiciable aux Princes qui s’étoient liguezcontre la Maison d’Autriche.
( I) On prétend que ce furent les François qui en dernierlieu témoignèrent le plus de hâte.} Mr. Huber, qui est mortdepuis quelque tems (53) Professeur en Droit dans l’Aca-démie de Frise, prétend ( 54) que la Cour de France ré-solue à la guerre cacha finement ce dessein tandis que leDuc d’Orleans étoit à Bruxelles. Elle se faìsoit prier parla Hollande: ce jeu dura plus d’un an; mais après le re-tour du Duc, 8c la défaite des Suédois à Nortlingen, leCardinal de Richelieu témoigna un empressement extrê-me pour fe liguer avec la Hollande. Neque tamen aliterfe commisere, quam ubi preter Suecos , etiam Belgas fœ-deratos ftabili c? fidenti feedere fibi conjunxijsent, à quo mul-û in Hollandia imprimis , adhuc erant alieni. Mirum eft,quanta studio e? fervore Richelius extremo tempore, cumprius fe rogari passuseffet,*» hocfoedere fabricando verfatusfitjquod tandem confeHum dieviu Eebtuar. MocxxxvSi l’on en veut croire les François, le Cardinal ne sortitde son irrésolution que par la force des machines que lesHollandois firent jouer. Nous avons déjà ouï là-dessusMr, Silhon (56) ; mais il va nous dire bien d’autres choses.„ Ce qui fit prendre party en cet estât d’incertitude, Sc,> tomber la balance dans les contrepois que faifoient di-»> verses considérations dans l’ame du Roy 8c du Cardi-», nal, fut la Trêve que les Hollandois fe laissèrent clai-» * em . ent entendre qu’ils seroient, si nous ne nous re-„ folvions à la guerre. Les conséquences de cette Tre-„ vc (s sis 1 eussent faite) estoient fans doute fort à crain-
(57) Silhon,Eclaii-cilTementde quelquesDifficul-tez, &c.fag. 127, I2Î.
(î 8) Baptis-te Nani,Hist. de laRépub. deVenise,
Tom. IV,Livr. X,pag. 7 dc l’E-dit. de Hol-lande 1682.Je me fers dela Traduíìísisde Mmsr.
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Talieraanr.'
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lait direAveia*
(60) TÏ//í-mont .
(61) Le piìU-ge 9 U meurtre tle violemcttpdes femmesmime des %e-ligieufes, laprofanationdes chosessaintes , y fa*rent horribleUDe Pontis,attribue toutcela aux trots*pes de Hollan*den Les Ecri*vains Espa-gnols décla-mírent d?un*grande forcelâ-dtffusjpour rendteodieux lesErançois,Voiez. leDiscoursque DonFrancisesde Queved^.
adr a ssa ai*de France.
US. si
lc* Totn» * ■Livr. X* ,pag. 7 '
( 63 ) Eà-n*'me,pag- *•
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