ge (L ), le Généralissime dë toute l’Armée, & qu’ils ont dit même que le Cardinal de Riche-lieu, avec tout son grand génie, s’étoit laissé tromper par les Hollandois ( M ). Le célèbreCavalier Nani a trop déféré à ces pensées Françoises, comme un Jurisconsulte Frison le lui afait voir (N). Louis XIII mourut le 14de Mai 1643, après une longue maladie, & fi las
de
ufaPontis,é-Puysegur,Jirvoicntt*» s formée
trançoifaXûífJ y vtrrcx.?*f l» Fran-f ,:l furentt’oploin. mi*'«« d» Fortdt Sdiatkç
<««) Silhon,Aclaircis-«ment dequelquesUifficultez,H-l 33 , « 4 .
(«7) Lk-
> 34 . U J.
(®8) Intitulé,Apologiepour laMaison deNassau, ouRéfutationdes Calotn-•nies conte-nues au Li-vre intitu-le. De Stad-
btnderlijíçTfgtcringe,
Par P. L. J.
*i 5 .
<7°) DePontis,Méritoires,Tome u,
{&■ 7®, 77 .
(77) Hol-lande Mé-tallique.Votez. UJournal desSavans duJanvier^688 >pag.
2 J7 Edit, deHollande,
(n) Silhon,*claucis-sèment dequelquesUifficultez,P-L- ilï.
font tous mensonges (65). Silhon cn parle bien autre-ment. C'est bien f lus, dit-il (66), après avoir raporté lamauvaise foi dont il accuse les Hollandois, comme si làfortune nous eût voulu donner moyen de nous venger genereu-sement des Hollandois , vr de leur rendre du bien four le mal qui auroit su profiter de cette étrange consternation quiqu ils nous avoient fait-, elle permit que les Espagnols surpris- avoit saisi la Cour de Bruxelles, que n’eût-il pas fait? Un
„ ciers furent contraints de fe tenir cachés assez long-„ temps pour éviter la fureur de ce Peuple qui avoit la„ Nation Françoise en horreur depuis le saccagement dë„ Tirlemont (7;)". Un Général qui auroit voulu, où
elle permit que les Espagnols surpris-sent le Tort de Schink dans le Betau ; e’eft-à-dirt, qu ils eus-sent Ventrée dans les propres entrailles de la Hollande . (67)
En ce dur esr triste accejjoire la Trance ne manqua point àceux-cy ; çr fans fe souvenir de ce qui s'estoit pajfé de leur parten nostre armée, elle envoya ordre au Marescbal de Brez,é,qui estoit demeuré seul à la commander, de ne se séparer pointdu Prince d'Orange, jusqu’à la reduâlion du Fort de Schink,qui se fit plusieurs mois aprés son attaque.
Mais voici des réfléxions plus mystérieuses. J’ai lu dansun Livre imprimé l’an 1664 (68), que les François fefont plaints que les Hollandois avoient laissé prendre leFort de Schenlt, afin d’avoir un prétexte de séparer lesarmées, dont la jonction leur étoit suspecte. Voici les pa-roles de ce Livre (69) : Si l'on en vouloit croire les François,ils nous donneroient d'une autre tablature ; car ils disent quecette perte sut faite du consentement des Etats, qui jalouxde voir les forces d'un si puisant Roy entrer trop proche deleurs limites, laiserent perdre exprès ledit Fort , pour avoiroccasion de fe séparer d’avec V armée de Trance, pour repren-dre la clef de leur pais-, & pour maintenir leur dire ils allè-guent deux raisons : la premiere est que l’on n’y laisa point degarnison considérable, C7 que les deux vaiseaux de guerres en étoient retirez, le jour de la prise; O 1 pour la deuxiemeraison, ils disent que l’on fit périr leur armée en necesité ; fibien que de quarante mille hommes , il n'en retourna pas plusque cinq mille en France, lesquelles paroles il ne faut pasprendre pour article de foy.
(L) ... . Les François en ont imputé la faute au Prince
compte
Consul Romain en pareil cas eût rendu bond’une Province avant la fin de l’année.
(M) Le Cardinal de Richelieu . s’étoit laisé trom-
per par les Hollandois .] Ceux-ci „ dévoient attaquer avec„ 50 mille hommes de pied, & 10 mille chevaux les„ Provinces qui obeïssoient à TEspagne. . . . L'on avoit„ ainsi partagé les conquestes: le Luxembourg, Namur,„ le Hainaut, T Artois, & le Cambreíìs dévoient estre„ pour la France, avec une partie de la Flandre en deçà„ de la ligne que Ton devoir tirer deBlachembergt entre„ Bruges & Dam, en y comprenant Ruremonde. Le,, reste devoir appartenir aux Estais de Hollande, qui„ promettoient de laisser T exercice de la Religion Catho-„ lique en tous les lieux où elle se trouveroit. On conve-„ noit aussi de ne faire ni paix ni trêve, que d’un com-,, mun consentement, & de n’entrer en aucun accom-„ modement ni traité, que les Espagnols n’eussent esté„ entierement chassez des Pays-Bas. On devoir assiéger„ les places alternativement, à sçavoir une de celles qui„ seroient destinées à la France » 8c ensuite une de celles„ qui seroient assignées à la Hollande, & laisser aux Ge-„ neraux d’armée le choix d’attaquer celles qu'ils juge-„ roient à propos. On devoir outre cela mettre con-„ jointement .une armée navale en mer. La France de-,, voit déclarer la guerre à l’Empereur, & à tout autre„ Prince qui fur ce sujet entreprendroit d’apposter quel-„ ques troubles aux Estats des Provinces Unies (76)”. Surcela on fait ce Dilemme : ou le Cardinal de Richelieu a
(75) Mé-moires deMr. le Dued’Orléans,pag. » 7 *> Ì7Î*
£ Oranges] Je ne cite point les Auteurs qui ont écrit de- été persuadé que les Hollandois observeroient ce Traité,puis Tan 167x1 Un de Pontis (70), qui nous représente ou il n'en a pas été persuadé. S’il Ta été, qu’avoit-il faitce Prince tout-à-fait chagrin de la victoire d'Avein: un de ses lumières? Le plus périt sens commun ne dicte-t-il
hnn .-.--.’ll 1-tlllP /1A l’intArpt /-î a 1a
Abbé Bizot (71), qui accuse la Hollande d’avoir agi stemauvaise foi dans le Siégé de Louvain, 8c en quelquesautres rencontres. Je citerai un Ouvrage imprimé Tanï6jx. Voici ce que Ton y trouve (71) : Les Hollandois» ne mirent pas long-temps à nous faire ressentir les ef-» sets de cette jalousie. Le gain de la bataille d’Avein," âom le premier mouvement de nos armes fut suivy,” attente de tout le monde,ne leur donna gue-
” j, . 01ns 1 ànne > qu’aux Espagnols qui la perdirent;„ de peur que cet avantage n'en tirât d’autres aprés» wy, comme c est la coustume, & que nos Généraux„ quj estoient le Mareschal de Chastillon 8c le Mareschaî» de Brezé, ne poussassent plus avant 1 a victoire , le„ Prince d’Orange leur envoya ordre de le venir joindre.„ Si neantmoins Chastillon, qui ne sçavoit qu’aller droit" auK choses dont il fe m estoit, en eût esté cru," SL™* aUé ®ssieger Namur, Sc faire là un bon esta-
pas qu’il étoit incomparablement plus de l’intérêt de laHollande, que TEspagne conservât une partie du Païs-Bas, que de soufrir qu’il fût entièrement partagé entre laFrance & les Provinces Unies ? Si le Cardinal de Riche-lieu ne croioit pas que la Hollande fût assez simple, pourconsentir que TEspagne perdît tout ce païs-Ià, il étoitbien simple lui-même de faire un traité qu’st savoir bienque la Hollande n’executeroit jamais, & que le bien pu-blic, 1 a lei souveraine des Etats, ne lui permettrait ja-mais d’executer. J’avoue qu’st est dificile de tirer de celabyrinthe le Cardinal, 8c de ne voir point qu’st fit ungrand pàs de clerc; à moins qu’on ne dise que le pitoiableétat où étoient les Suédois, 8c Tairont sanglant que laFrance avoit reçu par la détention de T Archevêque deTreves, ne permettoient point à cette Couronne delaisser TEspagne en repos, 8c l’engageoient à se ligueravec la Hollande à des conditions qu’on savoir bien
( 76 ) Nanì»Hist. de laRépubliquede Venise,Tarn. IV,
bliflem «. lìx A<u *c 14 Ull DUtt eua- la injudiiuc a uta cuuuluuitó uu xavuil uicu
" Tviflîs nonobstant les ordres du Prince d’Orange. qu'elle n’executeroit jamais entièrement. Le malpré-” - - ’ < l xu avoit l a confidence dn c.!.:—, o- sent exigeoit qu’on se contentât de l’execution d’une
partie, & qu’on laissât faire le tems. Voici les réfléxions
(’î) Ik-mì-n ’> 13 j.
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« le ^cret des affaires, s’y opposa, 8c fitresoudre son,» compagnon à obeïr à leur Généralissime, suivant l’in-„ tention de la Cour. Et ce fut là le premier germe de„ division, qui vint depuis si fortement à s’esclorre en-„ tre ces deux Généraux, qu’sts furent une fois à én
„ mettre T épée à la main l’un contre l’autre.(73)
„ Le Prince d’Orange fit promener si long-temps nostre„ armée fans rien faire, au siégé de Tirlemont prés, 8c•„ la laissa tellement denuée de subsistance, quoy qu’il se„ fût obligé de luy en fournir (74), qu’elle se defit d’el-„ le-mesme ; ou plustost Ton peut dire que les Hollan-„ dois la désirent fans combattre, à faute de la secourir,„ 8c qu’ils en eurent la dépouillé, qui estoit ample 8c ri-„ che, presque pour rien. Outre cela ce procédé du„ Prince d’Orange, 8c les longueurs 8c toumoyemens„ des marches de son armée 8c de la nostre, fans rien„ entreprendre, donnerent lossir aux Espagnols de reve-„ nir de la consternation, où la bataille d’Avein les avoit„ j estez, 8c d’évoquer un puissant secours d’Allemagne,„ qui nous mit presque sur la deffensive ". '
Copions ici ce que Ton trouve dans un Ouvrage quej’ai cité plusieurs fois. ,, L’on eut avis presque én même■ „ temps de la défaite du Prince Thomas à Aveins, qui„ causa une grande consternation à tout le pays. L’Ar-mée Françoise s’étant depuis avancée jusqu’aux postes* de Bruxelles, il ne s’est jamais vû une telle épouvante», parmi ces peuples. Le Cardinal Infant avoit deja fait,» transporter les plus précieux meubles du Palais à An-,, vers, 8c border le Canal de toute son Armée, résolu» d’abandonner lui-même Bruxelles, si la faim 8c Pico-•> lominî qui arriva avec le secours d’Allemagne, n’eus-» ^nt contraints nos gens de fe retirer. On difoit aussi» que le Prince d’Orange n’étoit pas trop aise de les
ûe Mr. Silhon (7 7).
Les Hollandois „ par ce moyen (78) faisoient deux,» choses fort considérables pour eux. L’une de nous em-„ barquer dans la mesme guerre qui les occupoit, d’où„ il leùr estoit apparemment infaillible, de ne sortir ja-»» mais que par une paix, qui les ferait reconnoistre pour» Souverains, par ceux qui les trairaient de sujets: ce„ qu’ils s’estoient proposez en traitant avec nous. L’au-„ tre, qu’encore que le partage concerté, s’il venoit à„ s’accomplir, leur deust estre un principe immortel de„ jalousie, 8c qu’ils creussent que nous avoir pour voi-,, sins, au lieu des Espagnols, n’estoit que changer de„ crainte, 8e peut-estre qu’empirer de condition, sis ju-„ gèrent qu’il valoit mieux s’exposer à un mal certain ,„ 8c contre lequel il y avoit plusieurs remedes, pour ob-,, tenir un bien présent 8c d’une telle importance, que„ celuy de nous rendre compagnons de leur fortune ;„ c’est-à-dire, de luy donner par cette société une base„ plus seure & plus ferme qu’elle n’avoit. Qu a la veri-„ té ils souffriraient bien, que nous nous rendissions„ maistres des places de la mer, qui estoient si fatales à„ leur commerce entre les mains des Espagnols, 8c mes-„ me de quelques autres de leurs places qui estoient fron-„ tieres des nostres. Mais que de nous establir dans lecœur de la Flandre, 8c aux lieux qui leur estoient pro-„ ches, ce qui leur faifoit de la peine: ou que le coursde la guerre Tempesoheroit de luy-mesme, ou qu’ils" trouveraient moyen de le divertir, soit en cessant d’a-" gif contre les Espagnols, 8c d’occuper, comme ils fai-" soient, une partie de leurs forces; ou prenant le tems” désaccorder avec eux, fous quelque,pretexteplausi-ble, que l’estat des choses Jcur fournirait
( 77 ) Silhon ;Eclaircis-sement dequelquesDifficultez,M. 130 , 131 ,
( 73 ) C'st-
À-dire par ItTraite concluarvec laErance %
»> voir fi avancés dans le pays. La Reine-Mere 8c Ma- (Es) V» Jurisconsulte Frison le fait voir au Cavalier Na-» dame s’étoìent déjà réfugiées à Anvers, où leurs Offi- ni] Ce Cavalier s’est imaginé que le Prince Frideric
A a 3 Henri