LOUIS XIII.
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(99) Balzac,ff-omt-profos““ SocrateJphrestieii,ciii j.
pas qu'il 11 e fìt paroître beaucoup de délicatesse d’esprit en plusieurs rencontres (Q). Je co-pierai le caractère qu'on lui donne dans l’Histoire de l’Edit de Nantes (R). La même rai-son, qui m’empêche dans plusieurs autres Articles de raporter un détail d’actions selon la suitedu tems, m’en a détourné ici, c’est que je ne veux pas répéter ce qu’on trouve dans Mr. Mo-reri. Je fuis surpris qu’il ait oublié l’Acte solennel, par lequel Louis XIII mit fa personne& son Roiaume sous la protection de 1a Ste. Vierge (e). Monsr. Godeau exerça sa muse sur Wce sujet avec peu de jugement. Un savant Critique le poussa d’une grande force (S). J’ai ou- Asnur i' ^1-blié de dire que l’Autorité Roiale se fit sentir sous le Renne de Louis XIII plus fortement ,
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recteurs de ses études. II faudroit savoir comment s’aqui-térent de leur charge ceux qui vinrent après le Fevre.
On ne sautoir guere se prévenir en leur faveur, quand onsonge qu’ils s’obstinèrent à lui faire lire les Ouvrages deFaucher qui lui déplaifoient. Ce n'étoit pas le moien deformer son goût : c’étoit le chemin de le rebuter. On ditnéanmoins qu’il devint assez délicat fur le chapitre del'Eloquence, 8c que les Harangueurs de ce tems-là luidéplaifoient infiniment, quoi que ses éloges fussent lamatière de leurs Discours. Voici mon témoin (99):
„ Louer toufiours, admirer tousiours , 8e employer à„ cela des periodes d’une lieue de long, 8c des exclama-„ rions qui vont jusqu’au Ciel, cela fait dépit à ceux„ mesme que l’on loue 8c que l’on admire. Les Victo-„ rieux s’en font plaints au milieu de leurs Triomphes.
„ Et je sçay de bonne part, que le feu Roy se regardant„ un jour au miroir, estonné du grand nombres de ses„ cheveux gris, en accusa les Complimenteurs de son-, Royaume, 8c leurs longues Periodes. II dit à celuy de-, qui je le sçay, ces paroles remarquables : J'ay opinion-, que ce font les Harangues qu on m a faites depuis mon avé-„ nement à la Couronne, z? particulièrement celles de Monsieur,, le * * * , qui mont blanchi la teste de st bonne heure.
(A) Il fit paroitre beaucoup de délicatesse d'esprit en plu-steurs rencontres.] Si ce que Balzac vient de nous apren-dre ne paroît pas un bon Commentaire de ce Texte-ci,que dira-t-on après avoir lu ces paroles du Chevalier deMeré ? „ Comment se peut-il donc faire que cette Cour, soit fi differente de ce qu’elle étoit autrefois? Henri le> Grand, qui jugeoit bien de tout, quoi qu’il n’eût gue-, re étudié que le métier de la guerre, 8c le feu Roi ce, me semble n’y ont pas peu contribué. Ce Prince, que, nous avons veu, avoir l’esprit délicat, Sc disoit d’ex-, cellentes choses. Peut-on rien dire de plus agréable que, ce mot: Mettez vôtre chapeau, Brion, mon frere le, veut bien; 8c tant d’autres que je pourrois rapporter.
, Gomme il aimoit la bonne raillerie, il rebutoit fort- celle qui prenoit le contre-pié, Sc le C. D. R. pensa, être disgracié pour en avoir écrit une au M. D. E. en-, core qu elle n’eut rien de coupable que d’être fort, mauvaise (100)”. Une infinité de Lecteurs entendrontmieux ce qui concerne le mettez, vôtre chapeau, Brion &c ,fi je leur raconte la chose un peu amplement, 8c telleque Monsr. Boursault l’a décrite. Feu Monsieur le Hued'Orléans, Gaston de France, étoit st jaloux des droits atta-chez. à fa Qualité, que fur cet Article il ne faifoit grâce kpersonne. Pour avoir le plaistr de voir les Princes du Sangchapeau bas en fa prefence, quand il trouvait une occafion deeur parler, il les ternit le plus long-tems qu il pouvoit, ÍX ja-mais ne fedecouyroit un seul moment, tant il avoit peur d’ou-tiller ce qu tl état. Fouis XIII, allant un jour de Paris à SGermain par une chaleur excessive, <& Monsieur accompagnantSa Majesté, les Seigneurs qui étoìent nu-teste aux portières duCarojfe avaient toutes les peines du monde de résister à la vio-lence du Soleil. Le Roy, qui s'apperceut de ce qu ils souffraient,eut la bonté de leur dire: Couvrez-vous, Messieurs, cou-vrez-vous; mon Frère le veut bien (101).
{R) Je copierai le caraclere qu’on lui donne dans l’Histoirede l’Edit de Nantes.] II étoit . . . „ jaloux de fa puissance-, jusqu’à l’excès, quoy qu’il ne fût ni la connoître, ni„ en jouir. Jamais dans tout le cours de fa vie il ne put„ ni l’exercer par luy-même, ni la souffrir dans les mains« d’un autre. II luy étoit également impossible de n’éle-„ ver pas ses Favoris à une extrême puissance, 8c de les„ supporter dans cette grandeur que luy-même leur avoit fuetudine, Cardinalis prudentia, ac voluntate j rei
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(103) TarnXXII, peg. ’; S4 & Juin.Voies, díìis-toire del’Edit de .Nantes,
Tom. I f,
pag. S7**
qu
votion pour la sainte Vierge est datée du 10 de Février1638. Vous la trouverez toute entiere dans le MercureFrançois (103); je me contente d’en détacher cette par-tie: ,,A ces causes nous avons déclaré 8c déclarons,
„ que prenant la tres-sainte 8c tres-glorieuse Vierge, pour„ Protectrice speciale de Nostre Royaume , Nous luy„ consacrons particulièrement nostre Personne , nostre„ Estât, nostre Couronne, 8c nos Sujects, la supliant de,, nous vouloir inspirer une sainte conduite, 8c défendre„ avec tant de soin ce Royaume contre tout l’effort de„ tous ses ennemis, que soit qu’il souffre le fléau de la,, guerre, ou jouisse de la douceur de la paix, que nous„ demandons à Dieu de tout nostre cœur, il ne forte„ point des voyes de la grâce qui conduisent à celles de„ la gloire. Et afin que la postérité ne puisse manquer-, à suivre nos volontez en ce sujet, pour monument 8c-, marque immortelle de la consécration presente que„ nous faisons , nous ferons construire de nouveau le„ grand Autel de l’Eglise Cathédrale de Paris, avec une„ Image de la Vierge, qui tienne entre ses bras celle de„ son précieux Fils, descendu de la Croix; nous serons„ representez aux pieds, 8c du Fils, 8c de la Mere, com-„ me leur offrant nostre Couronne 8c nostre Sceptre.
„ Nous admonestons le Sieur Archeveíque de Paris, 8c„ neantmoins luy enjoignons, que tous les ans, 1e jour„ 8c leste de l'Assomption, il fasse faire commémoration„ de nostre presente Déclaration à la- grande Messe, qui„ se dira en son Eglise Cathédrale, 8c qu’après les Ves-„ prés dudit jour, il soit fait une Procession en ladite„ Eglise, à laquelle affilieront toutes les Compagnies„ Souveraines, 8c le Corps de Ville, avec pareille cere-„ monie que celle qui s’observe aux Proceffions genera-„ les plus solennelles. Ce que nous voulons auffiestre fait„ en toutes les Eglises, tant parochiales, que celles des„ Monastères de ladite Ville 8c Fauxbourgs : 8c en toutes„ les villes, bourgs, 8c villages dudit Diocèse de Paris,
„ Exhortons pareillement tous les Archevesques 8c Eves-„ ques de nostre Royaume, & neantmoins leur enjoi-„ gnons, de faire celebrer la mesme solennité en leurs„ Eglises Episcopales, 8c autres Eglises de leurs Diocé-„ ses ”,
Mr. Godeau fit une Hymne fur ce sujet, dans laquellele Roi, s’adrefiant à la sainte Vierge, lui étale le mériteextraordinaire du Cardinal de Richelieu, 8c le reconojtnon-seulement pour son Collègue, mais auffi pour unCollègue qui veilloit afin de laisser dormir son Associé.
Le Jésuite (104), qui critiqua Mr. Godeau , sortit destermes de la modestie, 8c s’emporta: mais au fond ilavoit raison de censurer cette conduite. Je raporterai unpeu au long sa Censure, 8c n’aurai pas peur d’en êtreblâmé,comme à l’égard de plusieurs autres Citations em-pruntées de certains Livres qui ne font rien moins queíarcs ; car le Livre de ce Jésuite n’est guere conu, 8c ntf
se trouve presque plus. Citons-en donc hardiment unbon morceau, qui nous aprendra que Louis XIII n’ai-moìt point qu’on louât à ses dépens le prémier Ministre.
11 sentoit sa dépendance, mais il étoit fâché qu’on s’enaperçût; 8c il est même certain que le Cardinal ména-geoit adroitement dans ses paroles, 8c dans fa conduiteextérieure, la délicatesse de son Maître. Ainsi Monsr.
Godeau se servoit de flateries, qui n’étoicnt ni conformesau décorum, ni à la prudence. (10 f) Cum Zudovicum XIII sioj) An-offerentem fe ac regnum Maria Virgini, induceret, huic de ton ‘ Gode!iflo fermone affinxit, qui totus abhorreat à régis fenfu c? con-
(104) Fran-çois Vavas-íeur, deguisifous le nom de
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donnée. A force de les enrichir, il les mettoit en état„ de luy déplaire. L’excès de fa complaisance pour eux„ étoit comme le premier degré de sa haine: 8c je ne,, say fi on trouveroit dans son Histoire l’exemple d’un„ Favori, dont il ait plaint la mort ou la décadence.,, Mais ses sentimens demeuroient cachez dans son cœur:„ 8c parce qu’il les communiquoit à peu de personnes,„ ceux qui veulent qu’il y ait toûjours du mystère dans„ la conduite des Princes l’accusoient d’une noire 8c pro-
fonde dissimulation. A dire le vray au fond, la raison„ de son silence étoit qu’il ne se fioit ni à luy-même, ni„ à personne; 8c qu’il avoit beaucoup de timidité 8c de„ foiblesse. Presque tous ceux qui ont parlé de luy re-» connoissent qu’il avoit du courage; que dans le dan--, ger il ne perdoit pas le jugement; qu’il aimoit 8c en-» tendoit la guerre ; qu’il poffedoit plusieurs belles con-«, noissances : mais qu’il n’avoit pas la force de re--> Mer (ioz)". Ce portrait semble assez bien tiré d’après
( U êfo savant Critique pouffa Mr. Godeau d’une grandejor.ee.] La Déclaration du Roi touchant cet acte de dé-
IuSj Epiíco-pus Gras-fenlls,
utrumta, pag,&
Poe- 1
82
natura.
%iïd atttnmi à rege, janfâh ac reïigiofis fuis ad Vei matremprecibus, cujufquam mortalis laudes admifeeri? quid neceffefuit, minuté atque enucleat'e exaggerari ? quid convenit tammultis in tam exiguo carmine t .... Verum remitto peffìmipoéu errata, atque condono. Sjuis hoc , Antoni, tibi ignos-cat, vel civis bonus , vel vir non excors, quod régi focium e?confortem regni invidiostjsimé addidisti?
Tandis (*) qu’un fi sage Ministre (*) IZS,
Avec moy tiendra le timon.
Quid ah, perduellis? Tenir le timon avec le Roy, tenereclavum vr prìncìpatum cum rege pariter? neque est enkn iftueproregem agere, fed unà cum rege regem este. Quod st de stljgrégis unico, hereâe proximo vr vero, pâtre vivo, dicas, cri-men immmuta tnajestatis mourras : cum de aheno , de civede administre, de eo, qui hoc fine fcelere cogitare non austt ,dixeris; omni culpa, reprehensione, pœna liber sis? Nefcisqttàm retinens Ludovicus auffioritatis ? quam nihil hujus per-se rens, unde peti vel tantulum majestas videretur? quamgnarus istorutn CardinaliSs neque quìdquam tam verens ,quàtn
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