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LUCRECE.
L U G O.
même des armes à ceux qui les veulent attaquer, & c’est en cet endroit-lá que son Système ncparoît pas la production d’un Esprit qui sait raisonner conséquemment.
(121) Là--même, pag.
Jí.
(122) Nousstvons vu ci-dejfus Cita-tion (no),tjui Lucrèce
recousît posi-tivement cettepossibilité.
(123) Co-tin, Théo -clée, Dia-logue LII,t*g- 57 .
(124) Là-mime, pag.
58 .
(125) Cita-tion (81) irsuivantes.
(a) Tiré deNatanael
Sotuel, Bi-
blioth. So-ciet. Jesu,pag. 2jj.
sent ces corps divins ? . puisque le vuìde , Z 7 les atomes
font les principes de tout. Tout corps . fi f ellt refondre
aux parties , qui le composent , esr l’amas des atomes . ne
peut subsister éternellement, de mesmesorte: ils sont trop in-quiets, ejr trop mobiles pour demeurer toujours en repos (121).Cotin inféré de tout cela ,, Que les Dieux d’Epicure,,, quoy que deschargez des affaires humaines, ne font,, point íì heureux, ny fi tranquilles, qu’il s’imagine: ils„ ne font point fans appréhension, 8c fans crainte , de„ cette derniere séparation d’atomes, qui estants une fois„ efpandus par le vuide , ne fe rassembleront jamais.-, Ainfx, dit ce Philosophe, les parcelles,, qui composent„ l’ame, estant une fois efparfes, ne se pourront réunir„ de tous les Siécles; autrement nous pourrions estre,
■ „ aprez n’avoir plus esté : c’est à dire, que la résurrection„ feroit possible naturellement. Ypothefe pourtant qui„ peut estre tirée de l’Epicurifme (izz): Car pourquoy„ le mesme hazard, qui a jadis reiiny les petits corps„ dont furent faits Pythocles, 8c Metrodore, ne les pour-„ ra il pas un jour rassembler? . . . Davantage ... les„ Dieux Epicuriens ayans estably leur séjour entre les„ mondes innombrables, qui fe renversent les uns fur les„ autres, & dont le fracas est épouventable, comment„ peuvent ils foustenir, fans une extreme inquiétude, la„ pesanteur de tant de masses tombantes autour d’eux,„ Sc peut estre dessus leurs testes ? Car le hazard ne les„ cognoist pas pour les respecter (113) Notez que cetEcrivain observe (114) que la plupart des Epicuriens ontdit que les Dieux ... ne font point composez, d'atomes. Onpeut voir ce que j'allégué là-dessus dans laRemarque,(F)de P Article d’EpicuitE (115). Ils comprirent que la fé-licité éternelle qu’ils attribuoient aux Dieux nepouvoitpoint compatir avec un tissu d’atomes; il salut donc leurattribuer une autre nature; mais par là ils renversèrent lesarticles fondamentaux de leur Système, ce dogme capitalqui est la base de leur Physique, que les atomes Lc le vui-de font les principes de toutes choses. Je ne pense pasque Lucrèce eût jamais pu se tirer de ce mauvais pas. IIlui eût falu abandonner, ou P éternité bienheureuse de sesDivinisez, ou le nombre binaire de ses principes ; car iln’y a point de moien de retenir Pun Lc Pautre de ces deuxdogmes. Nous pouvons juger par là que l’Hypothese del’existence des Dieux, qui dans le Système d’Anaxagoras,Lc de quelques autres Philosophes, est le plus beau fleu-ron de îa couronne, Lc la plus noble Lc la plus excellentepieçe de la machine, est l’endroit foible du Système desEpicuriens. Leur Chef s’étant délivré de toute crainte,par raport à la justice divine, fe trouva d’ailleurs plus em-barrassé de ses Dieux, que s’il leur eût attribué une Pro-vidence. II n’ofoit les nier, Lc il ne savoir qu’en faire,ni où les placer. Tout ce qu’il en pouvoit dire faisoit unebreche à son Système, Lc l’exposoit à des Objections in-
surmontables. Volez comment Cicéron l’a tourné en ri-dicule , Lc fur la subtilité du corps des Dieux (126), Sc furleur figure humaine (127) , Lee.
Le Sieur Cotin lui reproche de s'être visiblement con-tredit fur le chapitre de la Providence de Dieu. „Que di-„ riez vous, si par un passage précis 8c formel d’Epîcure„ je voûs fay veoir que non seulement il a creu une„ D esté; mais qu’il a mesme recognû sa Providence?
..C’est en l’Epistre à Menecée (*)., il est cer-
„ tain qu’il y a des Dieux: Mais il faut bien prendre„ garde, d’attribuer à Dieu, remarquez, lequel est,un,, estre immortel & bien heureux, aucune qualité qui re-„ pugne à son immuable félicité. Non, celuy n’est point,, impie, qui ne croit pas cette foule de Dieux, que la,, plus grande partie des hommes imagine, 8c ne vit ja-„ mais : mais celui qui croit d’eux des choses indignes,„ & basses. Les Dieux envoyent à ces Prophanes qui„ les déshonorent par leurs fausses opinions des calami-„ tez fans nombre, Lc comblent de biens au contraire„ les bons Lc les sages. En voicy la raison ; pource qu’ils,, ayment leurs semblables, Lc croyent que ce qui n’est,, pas conforme à la vertu, n’est pas aussi convenable à„ leur nature. Seneque, Epictete , Lc Platon mesme„ ne pourroient pas parler plus divinement. Tu es re-„ ligieux Epicure au fonds de l’ame, pour ce que la Na-„ ture 11e se peut totalement démentir. C’est dommageseulement que tu ne puisses dire ce que tu dis fans estre” contraire à toy mesmes (128)”. Voilà une Apostrophe& une Moralité, que P Auteur auroit mieux placées, s’illes avoit mises dans quelcun de ses Sermons. Où qu’il leseût mises, elles eussent été mal fondées; car il n’est pointvrai qu’Epicure ait jamais écrit à Menecée ce que Cotinlui a imputé. Raportons les paroles Greques avec l’inter-prétation Latine du docte Gassendi, nous y verrons net-tement la pensée d’Epicure, Lc nous l’y trouverons aussiéloignée du sens de Cotin, que le ciel l’est de la terre.
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fui Deos admìttunt , e? quìcquid affecluumsuorum non est,id existimant ab ipsts alienum (129).
En tout cas,, cette contradiction ne regarde point Lu-crèce: 8c si je l’ai raportée, c’est pour faire voir le mal8c le bien de son Critique.
(126) Cice-10, de Natu-re Deor.
Lib. I , Stí't.Lxvur,pag .95 ,&Libr. II,
SeSt. LIX,pug. ZIZ.
(127) Idem,ibid. Libr. I,Self. XCI, ,pag. IZ2.
SI EPICU-RE a reco-nu la Pro-vidence.
(*) Dîcg.Laërt. en IaVie d?Epi-cure.
(128) flo-rin , Thca-clée,paj.5 ».
(12s) Mog.Laert. Libr.X, (nam.iv}t124.) pag., 4<Tom. V Ope-rum Gas-sendi.
LU GO (François de) frere aîné du Cardinal de ce nom, duquel je parle ei-dessous,naquit à Madrid -Fan 1 f 80, & se fit Jésuite à Salamanque l’an 1600. II se plaisoit tant a s’hu-milier , qu’après avoir enseigné la Philosophie, il demanda a ses Supérieurs 1 emploi d’expli-quer les Rudimens de la Grammaire, ce qu’il obtint. Aiant ensuite enseigné la Théologie,il demanda d’être envoié dans les Indes, afin d’enfeigner le Catéchisme & la Grammaire auxInfidèles. Mais on l’emploia à des choses plus relevées3 on lui donna une Chaire de Théolo-gie dans la ville de Mexique, & dans celle de Sainte Foi. Comme il vit que les Charges qu’onlui donneroit en ce païs-là ne répondroient point à l’humilité où il vouloit vivre, il demandaqu’on le renvoiât en Espagne. II perdit en y retournant la plus notable partie de ses Commen-taires fur la Somme de Thomas d’Aquin {A). II fut député à Rome par la Province de Cas-tille, pour assister à la huitième Assemblée générale des Jésuites; Lc il s’arrêta là après la clô-ture de cette Assemblée, pour y exercer deux Charges, celle de Censeur des Livres que lesJésuites publioient, Lc celle de Théologien du Général. Mais voiant que l’on faisoit de jouren jour plus de cas de lui, depuis que son frere étoit Cardinal, il s’en retourna en Espagne,où il fut Recteur de deux Colleges. II mourut le 17 de Décembre iriez. (a). II est Auteurde plusieurs Ouvrages {B ). Si l’on ne veut pas croire ce qu’on vient de lire de Fhumilité dece Jésuite, je n’en ferai point de procès aux incrédules.
(A) ll perdit la plus notable partie de fis Commentairesfur la Somme de Thomas d’Aquin. ] II pensa etre pris lui-même par les Hollandois. Dum renavigat in Hifpaniam(.1) Nata- classe ab Hollandis intercepta, ipse quidem in terram evasttnael Sotuel, in Insula Cuba , sed maxima partis commentariorum suo-Bibîioth. rum in totam fummam Theologicam Saniti Thomi jatturam
ÎTlÛ fie* (O-
F ' (B) Il est Auteur dè pluseurs Ouvrages.] On en va voir
les Titres, 8c l’on cónoîtra par là qu’il a écrit fur les mê-mes choses que son frere. Commentarii in primam parter»
S. Thomn de Deo , Trinitate ,& Angelis , à Lion 1647 deux je
volumes in folio. De Sacramentis in genere , Baptifmo , so tue í h*trConfirmations, er Sacra F.ucharìstia, à Venise 1651 in 4. 2JJ>Difcurfus pravius ad Theologìam meralem, five de principiis ■moralibus aâluum humanorum , à Madrid 1643 in 4. Qujts-tiones morales de Sacramentis , à Grenade 1644 in 4 (2)
LUGO (Jean de) Jésuite Espagnol & Cardinal, naquit à Madrid le zy de Novembre1783. II se disoit pourtant de Seville, parce que son pere y faisoit fa résidence ordinaire (A).
Dès
( A ) Son pere faisoit sa réfìdence ordinaire à Seville.] II yexerçoit une Charge assez honorable: je la nommerais sije savois comment elle a hom en Espagnol (1); mais nele sachant pas, je me servirai des termes Latins de DonNicolas Antonio (z) : Joannes de Lugo, Joannis filins civis
(2) Bi-
fi) 7 c crut
4 tic CCUX quiont celte Char-gé fe nommentJufados,
comme lesÇqnfttls deBiurdeaux s’appellent Jurats ; mais
bliotlieca Scriptor. Hiíp . Tom. /, P42." S! g.
Consuls fe renouvellent tous Us ans.
-V* Jurait (quomodo fecundisubfélin decuriones votant') lits-palenfis. Les Etats du Roiaume aiant été convoquez àMadrid, il y assista comme Député de fa patrie (3): il femaria dans la même ville avec Therese de Quiroga, Le biioth.y eut le fils qui fait le sujet de cet Article (4). Ce fils scriptoreut raison de se surnommer Hispalenfis, plutôt que Ma- socie w 1
( 3 ) lit#’ibidem.r T) Nafl 1 '.
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Sotuel» v
dritensts-,. car lors qu’ujie femme accouche pendant le
cours
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