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Tome troisieme. K - P.
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LUCRECE,

iïj

^e'futa-JÎÒM deLucrèce à1 égard de* e qu’il ditde larepio-««étioa? l| n mêmen °nune.

n’avoicnt gueíe Compris ses Scntimens (R). Cette-Objection ne Peut point embarrassé: îl au-roit eu infiniment plus de peine à maintenir les attributs de les Dieux (A) j car il fournit lui*

même

dans lé corps humain, soufre d’atìtres choses hors du corpshumain, & que la consolation de Lucrèce est chiméri-que 8c ridicule. Que vous importe, dit-il, que votreâme soit misérable après votre mort, vous êtes un hom-me, elle ne fera point un homme, 8c par conséquent lesmalheurs de l’ame ne vous apârtiennent point. Consé-quence pitoiàble ! C'est comme fi Pythagore avoit dit à«n mourant, Votre ame ira dans le corps d’un bœuf,quifera presque toujours attaché à la charrue, 8c qu’on lais-sera périr de faim quand il sera vieux ; mais cette íou-france ne vous regarde pas, puis qu’un bœuf n’est pas unhomme. Ne seroit-ce pas une belle consolation ? On neprend pas assez garde à cette doctrine, que le sujet desaccidens demeure toûjours le même en nombre dans tou-tes les transformations des corps. Les mêmes atomesqui composent l’eau sont dans la glace, dans les vapeurs,dans les nues, dans la grêle, dans la neige: ceux quicomposent le blé accompagnent la farine, le pain, ksang, la chair, les os, 8cc. 8'ils étoient malheureux sous

,, le ciel. C’est ainsi » dit Lactance, qù’il tomba dans unç

„ contradiction manifeste fur le sujet de l’Ame.(i x3jsL

,, Le sentiment des Sçavans dé la Chine fur. ce point,, ressemble tout-à-fait à celuy de Lucrèce: ils s’explí-„ quent à peu près comme luy. Ce Philosophe soûtient,» que l’Ame périt avec le corps; 8c cependant il con-,» fesse que les plus subtiles de ses parties vont fe rejoin*>, dre au ciel d’où elles font descendues. Il s e contredit,, tout habile homme qu’il est :8c vous nous objectez (*)», comme un grand inconvénient que les Chinois qui« font des gens d’un esprit très-mediocre, fans subtilité,„ sans pénétration,. 8c presque sans principes, commé„ vous le témoignez dans vos Mémoires, se contredi-,, roient eux-mêmes, s’ils croyoient que les tableaux des„ Morts font les steges de leurs Esprits ”. Si la contra-diction des Chinois n’est pas plus crasse que celle dont Onaccuse Lucrèce, les Adversaires des Jésuites n’y gagne-car il est sûr que Lactance n’a nulle raison de

(113) ÙJUrtour met iciies paroles di

Lactance9«í l'on àvaa ci-dejpaCitât. (nij.

(*) Mltnoî-tes du P, hComte, Let-tre 8 ,

ront rien ;

croire que Lucrèce se soit contredit. Voiez les Vers quela forme d’eau, Sc fous la forme de glace, ce seroitla' j’ai raportez dans la Remarque (G) del'Artidè Jupi-même substance en nombre, qui seroit à plaindre sous te*. (114). Ils précédent immédiatement ceux que Lac-ces deux états, Sc par conséquent tous les désastres qui tance rapofte, & ils ne signifient autre chose sinon que '*

seroient à craindre sous la forme de farine, apartiennent la terre, imprégnée des atomes qui tombent du ciel avecaux atomes qui font le blé : Sc il n’y _a rien qui doive s’y la pluie, produit les plantes, & les bêtes, & les hommes. Lu-crèce veut prouver en cet endroit-là que deux sortes dematière, insensibles l’une 8c l’autre, peuvent composer untout sensible. La terre est insensible, les semences qu’el-le reçoit dans son sein, Sc que le ciel lui envoie, sontinsensibles ; cependant la terre rendue féconde par cessemences produit Sc nourrit des corps qui ont la vie 8 c lesentiment. La mort désunit les parties de ces corps-là,

& ne détruit aucune matière. Celles que la terre avoitfournies font redonnées à la terre; Sc celles, qui étoient

intéresser autant que les atômes du blé, encore qu’ils nedoivent pas les soufrir, entant qu’ils forment le blé.

Réfutons présentement l’autre illusion de Lucrèce; 8eservons-nous eiiCore de l'exemple d’une montre. Si l’hor-loger lui disoit, Je tiendrai trais ou quatre ans vos partiesdans la dispersion, mais au bout de ce tems-îà je les rejoin-drai , cy je vous remonterai. Pendant la séparation aucunepartie ne sentira nulle peine, elles seront toutes dans un par-fait ajsoupijsement; mais des quelles auront été rétablies dansleur ancienne situation , leur travail, leur contrainte, & leurétat de soufrante reviendront. N’est-il pas vrai qu’une mon-tré qui ajoûteroit foi à ces paroles seroit très-persuadée ,qu elle-même 8c non autre seroit la montre qu’on remon-ter oit au bout de trois ou quatre ans? Elle auroit la plusgrande raison du monde de le croire, 8c de s’intéressercomme à son sort Sc à son destin, à celui de cette nouvel-le montre. Cependant sa prémiere vie auroit été inter-rompue. Disons donc que Lucrèce examinoit trop légè-rement cette matière, lors qu’il prétendent que la mortmettant un long intervalle entre la prémiere vie des atô-mes d’un corps humain, 8c la seconde vie des mêmes

descendues de la région de l’éther, y remontent. Cela

veut dire manifestement que les parties subtiles,qui com-posent l’ame selon le Système d’Epicuré, s’évaporent Scs’exhalent quand l'homme meurt, Lc se dissipent dansl’air à-peu-près, comme nous voions que par l’analysechymique des mixtes, les parties spiritueuses gagnent lehaut, 8c les tert.estreïtez demeurent au fond du vase. Lu-crèce he prétend pas, comme le fupofe le Dominicain,que les parties de l’ame vont se rejoindre au ciel d'oh ellesfont descendues ; desorte qu’elles persévèrent dans l’étatd’ame Lc de substance pensante. II les fupofe dissipées,

8c insensibles, comme elles l’étoient avant la vie déTani-atômes, empêcheroit que cette prémiere 8c seconde vie mal (nç): il he croît donc point que 1 ame entant qu’a- ( n 0 Et M®q apartinssent à un même homme. Je sai bien qu’en me survive a 1 hommes il ny a donc aucune contradic- ac E«-mposant cette espece de résurrection, on ne laisseroit pas tion dans fa doctrine, 8c il ne peut pas être allégué com- d;[ctdlt‘°í'n‘ > ’ n- c pouvoir dire que les malheurs, qu’on auroit souferts me un exemple des contradictions ou tomberoient les «*r«a Kome au tems de Marins Se de Sylla, ne contribuent Chinois, s’ils assûroient d’un côté que l’ame n’èst autre Credt -â-quoi que ce soit a notre fortune présente. Un oubli t o- chose que les parties les plus subtiles du Thi-Kie, ou de la 7.1”’ VstW*tal nous separoit de ces tems-là, mais pourtant nous y matière, 8c s’ils prétendissent de l’autre qu’elle descend mnhoàùteussions ete malheureux, 8c nous ferions les mêmes hom- dans les tableaux des morts de la plus haute région de l’air periremes qui auroient passé alors par tant de miscres: d’où il oh elle étoit remontée (116). od«s,&

résulte que si nous revenions encore au monde d’ici à (5) Il auroit eu infiniment plus de peine « maintenir les at-mille ans, tous les malheurs que nous aurions à soufrir tributs de ses Dieux.] Une tranquillité parfaite, 8c un bon-oans cette nouvelle vie nous apartiendroient proprement: heur accompli étoient les qualitez principales qu’il attri-<-aiispr°H ln v- nc -1 « rtaine d’un tel avenir nous devroit buoit aux Dieux (117). 11 foutenoit d’autre côté que la

e inquiétude. i.itrr P r P n-, —. : r—/ nature des choses ne contenoit que le vuide & que les corps.

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-t c Lucrèce n’a donc pas raisonné

comme ll faloit. II n’y a que deux partis à prendre pourcalmer raisonnablement les fraieurs de l’autre vie. jL’ unest de promettre la félicité du paradis, l’autre est de pro-mettre la privation de toute forte de sentiment. Notezque les Spinozistes ne peuvent avoir aucune part ni à l’u-ne ni à l’autre de ces deux consolations. Toute leur res-source consiste à se préparer à une circulation perpétuelle& infinie de formes, que la pensée accompagnera toû-jours, mais fans qu’ils sachent s’ils y seront plus heureuxou plus malheureux que fous la figure humaine.

(R) Ceux qui prétendent qu il n a pu parler de la fortefans fe contredire, riavotent guere . . . compris ses scntimens.]Lactance lui reproche cette contradiction, 8c s’imagineque la force de la vérité le vainquit, 8c se glissa dans sonâme sans être aperçue. Denique idem Lucretius oblitus, quidajsereret, cy quod dogma defenderet, hos versus pofuìt.

Ledit item rétro de terra quod fuit anteIn terram, sed quod missum est ex setheris orisId rursus cœli fulgentia templa receptant.

Quod ejus non erat dicere, qui perire animas cum corporibus âis-ferebat ; fed viéïus est veritate , ey imprudenti ratio ver a fur-re Pfit(i 11). Un Dominicain qui a écrit depuis peu fur l’I-ûolâtrie Chinoise aprouve parfaitement cette Observationde Lactance, 8c s'en sert pour soutenir ce qu’il doit prou-ver contre les Jésuites.’ „ (fil) Ce ne seroit pas une chose» surprenante que les Chinois se contredissent eux-mê-» mes, puisque Lucrèce, l’un des plus sçavans Philoso-» Phes de la Secte des Epicuriens, qui osa combattre» ouvertement la doctrine de l’immorralité de l’Ame,» confessa néanmoins que st elle fe diffipoit après la mort,„ c’est que ce qu’elle avoit de grossier fe perdoit dans la,, terre, 8e que ce qu’elle avoit de plus subtil 8c de ce-

1 111 sltlfA,*- t _ i * s 17 d A MA/vtAM d A VaIÏ» AI I

Ornais, ut est, igttur, fer fe, Natura, d u ab u sConjìstit rébus ; nam Corpora funt, esr inane ( 118 ),

II allégué ses raisons, 8c puis il conclut,

Ergo prdter Inane , & Corpora, tertia per fitHuila potest rerum in numéro natura relinqui;

Nec, quA fiub fitnfus cadat ullo tempore nostros,

Nec, rations animi quam quifquam pojfit apifei.

Nam, quacunque cluent , aut his conjuntla duabusRébus ea inventes : aut horum eventa videbis (l ip),

Sans être habile, l’on peut s’apercevoir aisément que cesdeux dogmes de Lucrèce s’accordent très-mal ensemble.J’aurois pu donc découvrir la dificulté qu’on verra bien-tôt: mais je n’en ai pas eu le tems; je l’ai trouvée, jel’ai lue toute faite dans un Ouvrage du ^ eur Cotin ,avant que j'eusse considéré cette matière. Or comme ilest juste de rendre à chacun ce qu’on lui doit, je me ser-virai des paroles de cet Ecrivain. Les Dieux ont des corps,ou comme des corps, puisqu outre le vuide, les corps, cy cequi refulte de leur union, on ne peut pas feulement concevoirune autre nature. C’est ce qu’Epicure enseigne pojmvement.

corpora pn*ma ,

Cum femelomnibus èmembris aida*ta rece jjìtf

ire* Lucret*Libr. III tVers. 4î7,M- IJS.

(1x6) Lettre

d’un Doc-teur . . .auîere leComte, 8cc,pag. 43 -

( 117 ) Voiezsla 'Remarque(E) ait com*menccmcnt.

(118) m-

cretiusUbr. /, Ver£

420.

(119) Idem;i bi d. Vers*

44 6 *

■Rien n’est dans l’Univers que le vuide 8c les Corps,Et ce qui se fait d’eux par discordants accords.

(ir°) Co-tin , Théo-rise ou lavraye Phi-

Dit VInterprète du Philosophe , lequel croit d’avantage, que si losophiel’ame eftoit incorporelle elle ne pourroit rien faire ny rien sous-frir. sluelleseroit donc la félicité des Dieux s ils estoient in- Monde,corporels (izo) ì ........ Leurs corps font composez, d’ato- Dialogue lits

» leste remontoir dans la troisième région de l’air ou dans mesì . cy il y a du vuide entre Us parties qui compo- toi- H*

T O M, m. E e sent