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Tome troisieme. K - P.
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LUGO. LUPERCALES.

On prétend qu’il est le premier 'Auteur de la découverte du Péché Philosophique (G).

(ïj) MoralePratiquedes Jésui-tes , Tome /,M* 27°.

(14) xA la.

M e

120 .

(*) Ditesfaltem îllobrevi tempore ,quo fine culpaignorexurDeus , pojfetaliquis mortante eognitio-71 tm Dei.

Qui d igitttr( fieret de illoadulte f nefeccato mor-tali ? T{espo?i“deo facile. . .in nostro cafttdicendum ,pertinere adtandem pro -videntiamDei t ut nullns

„ verence fajfe en forte que les vostres s'astiquent avec foin„ dans vos quartiers à reveiller la dévotion de la Conception,„ ct laquelle on est fort ajfeílionnê en Espagne, pour voir fi„ par ce moyen nous pourrons détourner ailleurs les Domini-„ cains , qui nous pressent fort icy en défendant S. Augustin :„ z? je crois que fi on ne les oblige de s’employer fur quelque„ autre matière, ils nous surmonteront dans les principaux„ points de Auxiliis (13).

(G) On prétend qu il est ï Auteur de la découverte du Pé-ché Philosophique .] Voiez le Livre intitulé Le Philosophismedes Jésuites de Marseille, vous y trouverez ces paroles (14):Ce qui embarrasse De Lugo ,, cn admettant des Pechez„ actuels purement Philoíòphiques dans un Barbare , au„ moins pendant le peu de tems où il suppose & soutient„ qu’il peut ignorer Dieu incoupablement , c’est que ce,, Barbare peut mourir dans ce peu de tems avec ses pe-„ chez philosophiques, & qu'il ne sçait ce que Dieu en„ pourroit faire, ni quel jugement il pourroit prononcer„ sur un tel pecheur, ni en quel rang il le mettroit pour„ l’éternité. D'autres Jésuites l’envoient aux Limbes,, avec les enfans mort-nez aptes quelque peine tempo-„ relie proportionnée au Péché Philosophique, de quel-„ que nature qu’il fut, parricides, incestes, Lee. Mais„ De Lugo aime mieux faire un nouveau genre de Pro-

„ vidence.Dans ce nouvel(*) ordre Dieu, pour

„ ne pas bannir de ce monde le Péché Philosophique qui„ y est si nécessaire, Le pour nette pas auffi embarrassé

ìnfiàdis actul-

ttìs moriatur, donec vel cognofeat Detím, vel faltem dubitet , <£r culpabiliser omìttat ejusinquiftionem , vel , non obfiante illo dubio , committat alia peccata gravi/t : qux qttidemjam erunt omnino mortalia , oum opponat se periculo ojfendendî illwn Çonditorem , de quodubitat an ft. De Lugo, Tract, dc Incarnat.

,, de ce qu'il pourra faire en Vautre de ces fortes de pe-„ cheurs, fera un miracle plûtot que de les laisser mou-„ rir en cet état. II leur donnera, avant qu’ils sortent,, de cette vie, autant de connoissance du vrai Dieu qu’il„ leur en est nécessaire pour pouvoir pecher Théologi-„ quement, ou au moins autant de lumière qu’il leur en„ faut pour pouvoir se douter qu’il pourroit bien y avoir„ un Dieu, 8c il attendra pour les laisser mourir qu’ils,, aient commis avec cette connoissance , ou avec ce„ doute, quelque péché qu’il puisse traiter de péché„ mortel, Lc le punir éternellement dans l’enfer. Car ce,, seul doute, dont il negligeroit de s’éclaircir, rendroit„ son péché éternellement punissable, parce qu’en pe-,, chant en cet état il s’exposerait au danger d’offenser,, celui qui lui a donné l’être. La pensée est tout-à-fait„ rare, Sc digne de celui qui paroît être le premier Je-„ suite qui ait fait la découverte du Philosophisme”. Onvolt aisément que l’Auteur qui raporte ainsi le dogme dece Jésuite y mêle des traits railleurs. Mais après tout ìln’est pas étrange qu’un Docteur soit embarrassé quand iltâche de concilier la damnation éternelle de l’hommeavec les idées naturelles, qui nous font voir clairementque pour faire entrer un caractère de moralité dans uneaction, il faut qu’on ait su fi elle est bonne ou'mauvaise,ou que l’on P ait ignoré par sa propre faute. Concluonsqu’il est facile de broncher dans un tel chemin, puis qu’ony fait de faux pas lors même qu’on se propose d’écarter.du jugement de Dieu, tout ce qui semble le faire paraî-tre moins équitable. La supolition de notre De Lugone va pas à diminuer la quantité des damnez, mais à lesrendre plus notoirement damnables.

LUPERCALES, Fête que les Romains célébroient le iy de Février. Ròmulus n’enitLimeT' a P as été l’Inventeur (a). Ce fut Evander qui l’établit en Italie (S), où il se retira soixanteuvr. u, ans a Van t j a guerre de Troie. Comme Pan étoit la grande Divinité de l’Arcadie, Evander nâ-rtZ'J/paT tif de ce p aï s-là établit la Fête des Lupercales en l’honneur de cette Divinité (c), dans l’en-droit où il bâtit des maisons pour la colonie qu’il avoit menée, c’est-à-dire fur le mont Pala-tin. II bâtit la un Temple jd) au Dieu Pan, 6c ií ordonna une Fête solennelle, qui se célé-d’Haìfcaí* ^roit P ar des sacrifices osterts à ce Dieu, Lc par des courses de gens nus Lc portans des fouetsnasse, Uvr.i. à la main, dont ils frapoient ceux qu’ils rencontraient. Denys d’Halicarnasse cite iElius Tu-bero, dont il loue l’exactitudej il le cite, dis-je, pour montrer que cette Fête se célébraitstlon l’institution d’Evander, avant que Romulus Lc Remus songeassent à bâtir Rome. MaisPaiatini) comme l’on prétendoit qu’une louve les avoit nourris, dans l’endroit même qu’Evander avoituZsitmLy- consacré au Dieu Pan, il ne faut pas douter que cela n’ait déterminé Romulus à continuer lacn cjtum Fête des Lupercales, Lc â la rendre plus célèbre. Les L u verrues (c’étoit ainsi qu’on%Zmí n Lii- nommoit les Prêtres préposez à cette Religion particulière de Pan) étoient divisez en deuxTlZZJn'-' Communautez, dont l’une portoit le nom de Quintiliens, Lc l’autre celui de Fabiens (e),(Evander)’'' pour perpétuer, dit-on, la mémoire d’un Quintilius, Lc d’un Fabius, qui avoient été les chefsfZifcrL run à parti de Romulus, Lc l’autre du parti de Remus. Long-tems après on y ajouta leiudum c*- College ou 1a Communauté des Juliens, en l’honneur de Jules César (/). Marc Antoine s’yÍÍTrnmest, fit W% e r {A). Quoi que la célébration des Lupercales ne fût propre qu’à déshonorer k?» w/t» ’ Religion, Auguste, s’étant aperçu que depuis quelques années on la discontinuoit, ne laissaz “nmlubus P as d’ordonner qu’elle fût remise à la mode (B) (g). Cela est infiniment moins étrange,quedZmrtmrT de voir qu’elle ait continué fous les Empereurs Chrétiens, Lc que lors qu’enfin le Pape Gela-is™ 5 un ne voulut P^ la tolérer l’an 496 (L), il se trouva des Chrétiens, parmi les Sénateurs mê-cf i. ' mes, qui tâchèrent de k maintenir, comme il parait par l’Apologie que ce Pape écrivit con-, tre eux (Q. Non seulement les Luperques couraient comme des fous dans les rues pendantlupin*!. ks Lupercales, n aiant qu une petite ceinture pour couvrir les parties qu on ne nomme pas ;

mais il y avoit auffi plusieurs jeunes gens de qualité, 8c quelques-uns même des principauxMagistrats (C) qui couraient comme eux en même posture (£), & oints d’huile d’o-

live

( Aj Marc Antoine s’y fit aggréger. ] Cicéron dans la 11Philippique lui dit, Ita eras Lupercus ut te Confulem effememinijfc debtres : d’où l’on peut raisonnablement conclurequ’il étoit Luperque Julien; car un auffi grand dateur deJules César que lui n’avoit garde de s’aggréger aux deuxanciennes Sociétez , pendant qu’il y en avoit une nou-velle établie en l’honneur de Jules César. Mais fans avoirbesoin de tirer des conclusions, on trouve clairement lefait dans la Harangue de Cicéron contre Marc Antoine,comme Dion Cafiius la raporte (i). Tà yccp hvucCia Zv uuì* z '‘ érctipixoS tcO lovùíou ersTaxTo; c’est-à-dire selon laTraduction de Xylander, Nimirum agenda eì erant Luper-(z) Com- cai>a uni ex Collegio Juho. Le Pere Abram (z) a traduitmentar.in plus exactement le Grec par ces paroles , Lupercalia enimU rhilipp. erant, es 1 ipfe in fodalitate Julia erat constitutus. Après lar *&■ 7 ° 4- wort de Jules on ôta aux Luperques les revenus qu’il leur

H) in rh'- av0It ?Uribuez. Marc Antoine s’en plaint dans la Lettre

lipp. xiiì. a Hirtius & à Octavius, qui est si exactement réfutée parCicéron dans la XIII Philippique. Manuce lisant ainsijT In Phi- lé Passage, Vefíigalia Juliana Lufercis ademtstts, est enpei-ne ( 3 ) de savoir si la libéralité de César s’étoit étenduefur tous les Colleges des Luperques, ou seulement sur( S ) vice c r l â stu’on lui avoit consacré; mais le Pere Abram (4)Constat. n est pas dans ce doute , puis qu’il fuit cette leçon, Vefíi-

la Lettre ga ia Jul, xn j s Lupercts ademistis. Voiez ce que NoiUUS (î)

iTiírt >ue d une Lettre de Cicéron au jeune Cà "

(B) Auguste : : . ordonna quelle fût remise à la mode. JMoreri fait dire à Suetone qu’Auguste rétablit les trois So-cietez de Luperques. Cela supose qu’elles avoient étéfuprimees; mais Suetone ne dit point cela: il fe conten-te de dire qu’Auguste rétablit les cérémonies Lupercales,Sacrum Lupercale, qui avoient été abolies peu à peu. Com-bien y a-t-il de coutumes Ecclésiastiques ou Civiles, quitombent insensiblement dans le non-ufage, quoi que lesCorps ou Communautez qui les dévoient pratiquer subsis-tent avec tous leurs biens ? Cicéron ne dit-il pas en quel-que lieu (6) qu’on n’obfervoit presque plus l’anciennecoutume des auspices? Cependant les Colleges des Au-gures, des Pontifes,&c, fubsistoient comme auparavant.

( C ) Spuelques-uns mêmes des principaux Magistrats .] C’estPlutarque qui nous l’aprend: Aiuôéovtn Si* dit-il (7),evyevílv vioi rtolloì xcù rmv âp%6vrw > Difcurrunt ' autem ejr exnobilíbus juvenes multi cr ex Magistratibus. II dit la mêmechose en un autre endroit (8), & fe sert du même termed «pj'íi/tw, Amiot qui le traduit ceux qui ont les plus grandsMagistrats de cette année-là, ou ceux qui lors font en Ma-gistrat, ne rencontre pas mal, ce me semble; car uneparenthèse dont Plutarque se sert en un autre lieu (9) ,montre clairement qu’il croioit que ceux qui étoient ac-tuellement Consuls, étoient obligez de courir avec lesLuperques. A’vrúvioç iì tûv Ssóvtw tòh sepòv Spd/íc» eTí b (xzìyûp ynúrmv.) Antonms autem unus eorum erat qui sacrum

cursum

(i'j Voter:Ovide, Fas-tor. Ltlr.IL

(f) Dio,Libr. XLIV,(Kofmancite 24.) Suc-ton. in Cas-íar. Cap.LXXVs.

(g) Sueton.

in. Auguste,Cap. XXX^

(h) Voiez.Baronius»Tomo VI9adann. 496»num. 28

à' fiq.

(i) Baro-nius, ubìsu-

pr^i la raportetoute ertiere •

( k) Plutaï-qtiC, dansla Vie deCeíar, &

dans celle de

Marc An-toine. Voiez.slw^Festus,in VoceCrépi.

(s) De ppvinat. L>br-II, folio m.

3 18 verft-

( 7 ) R. VÌt *Antonu>

(8) In Vù*Czfot-

( 9 ) ibiiiV'<