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Tome troisieme. K - P.
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LUPERCALES.

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live (Z)), & qui comme eux donnoient le fouet aux personnes qui leur tomboient fous lamain. Sous Auguste, ceux qui n’avoient point encore de barbe n’eurent point la permiiiionde courir avec les Luperques (/). Bien loin que les femmes craignissent ces coups de fouet ,elles s’y expofoient au contraire volontairement, dans l'espérance d’en devenir fécondes fi el-les étoient stériles, ou d’enfanter plus aisément fi elles étoient grosses (m) ; mais je doute fortde ce que dit le Pape Gelafe, que les Dames Romaines fe faifoient fouetter toutes nues publi-quement dans ces occasions (»): je croi qu’elles tendoient seulement la main (£) } comme unEcolier (o) à qui l’on donne la férule (p). Quant aux cérémonies que les Luperques dé-voient observer en sacrifiant, qui étoient sans doute assez singulières, veu qu’entre autres cho-ses il faloit deux garçons qui rissent, voiez Plutarque en la Vie de Romulus. Et quant auxraisons pourquoi ces Prêtres étoient nuds pendant le service divin, & en courant par les rues ,voiez Ovide qui en raporte un grand nombre au second Livre des Fastes. II y en a une tiréed’un mauvais succès des Amours de Pan, qui est plaisante, & qui a été très-mal racontée parDu Boulai (F).

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curfum peragebant (gerebat enim Confulatum .). Mais il y abien de l’aparence que Plutarque en donne à garder à sesLecteurs; car si la. coutume estait telle (je raporte ses pro-pres paroles (jo) selon la Traduction d’Amiot) qu à cejour il y eut plusteurs jeunes hommes de noble maison , cy mes-me ceux qui avoient les plus grands Magistrats de cette année-la, qui courussent tous nus par la ville oings d’huile d'olif cyc.fi (n) Antonius eftoit l’un de ceux qui couraient cette coursesacrée (des Lupercales ) pource qu’il estoit lors Consul , com-ment est-ce que Cicéron auroit osé dire en plein Sé-nat (iz), que depuis la fondation de Rome, non seule-ment aucun Consul, mais non pas même aucun Prêteur,ou Tribun du Peuple, ou Edile, n’avoit jamais fait ceque Marc Antoine avoit osé faire ? Or quelle étoit cetteaction? C’est qu’étant Consul il étoit allé nu & graisséd’onguens à la place publique, fous prétexte des Luper-cales, il étoit monté fur la Tribune, il avoit harangué lePeuple. Marc Antoine tâcha de justifier cette conduitepar fa qualité de Luperque ; mais on lui répondit que laqualité de Consul, qu’il avoit alors, devoit l’emporterfur celle de Luperque, & que personne n’ignoroit que leConsulat ne fût une dignité de tout le Peuple, dont il fa-loit conserver par tout la Majesté, sans la mettre à nud .Sc fans la déshonorer en aucune maniéré. Qu’on ne m’ail-le pas dire que Cicéron ne blâme ce Consul que d’avoirharangué nud ; car outre que le contraire paroit par lesCitations que l’on vient de voir, il faut que l’on sçacheque Cicéron s’est servi dune figure qui contient mani-festement cette Maxime : Les Lupercales pouvoient être célé-brées selon toutes les cérémonies qui leur conviennent, Jans quele Consul déshonorât toute la ville par fa nudité cy par sespostures. II est donc vrai que Plutarque s’est trompé ; carCicéron, plus digne de foi que lui dans ce qui concerneIL . c P e ndances du Consulat, pose en fait que les courses. u P e fques sont incompatibles avec cette dignité, &que jamais aucun Consul, ni aucun des autres principauxMagistrats de Rome, n avoient eu part à ces coursesavant Marc Antoine; mais pour Plutarque, il prétendque le Consulat 8 c les autres Magistratures y engageoient.

Qui ne seroit surpris que le PereAbram (rz) ait tirédes principes- 8 c du raisonnement de Cicéron cette consé-quence, qu il faloit qu’une feule cy même personne fût tout-ìu- a-fois Consul cy Luperque : unum cy eundem cy Consulemcy Lupercum fiert debuisse. II ne lui est pas mal aisé de ré-futer cette conséquence par les paroles où Plutarque assu-re, comme nous 1 avons déjà vu, que la jeune NoblesseRomaine , 8 c les Magistrats faifoient les courses des Lu-percales. II ajoûte en confirmation le Passage du mêmeHistorien, où il est dit qu’à cause que Marc Antoine étoitConsul, il fut l’un de ces coureurs, & il en conclut quePlutarque a voulu nous insinuer, que ceux qui n’étoientpas Magistrats étoient exclus de ces courses. Peu s’enfaut qu’on ne conseille de renoncer à l’étude, quand onvoit d’habiles gens s’embarrasser dans de telles absurditez,sur des choses tout-à-fait claires. Au moins devoit-il ré-futer Plutarque, par le long Passage de Dion qu’il a enpartie cité, 6c en partie indiqué.

Britannicus (14) assure qu’il étoit permis à tout le mon-de , tant aux hommes qu’aux femmes, de célébrer cetteFête; d’où vient que Plutarque écrit que Marc Antoine,en la célébrant, fut porté nud en carosse dans les rues ,par des femmes 8 c des filles tout-à-fait nues (15). CeCommentateur a mal exprimé ce qu’il vouloir dire ; carun homme porté par des femmes comment se promene-roit-st en carosse par la ville? Mais ce n’est pas le pis ; onne peut gueres douter qu’il n’impute faussement à Plutar-que d’avoir écrit une telle chose, 8 c qu’au fond elle nesoit fausse. Si le fait étoit vrai, les Philippiques de Ci-céron qui n’en disent rien en feroient un bruit horrible.

(D) oints d'huile d’olive.'] T’ai suivi la Traduction deXylander 8 c celle d’Amiot. D’autres traduisent le Grecde Plutarque hteiwu(*évoi Mira par unguento delibuti. Ladifférence est petite. Cicéron (16) parlant des Luperca-les de Marc Antoine fe sert du terme unguentis oblitus.Dion raportant la Harangue de Cicéron contre Marc An-toine , emploie deux fois fur le même sujet des Luperca-les^le terme , unguentis delibutus. Mr. Lloyd

prétend dire une chose peu conue, quand il dit qu’unPassage d’Appi en lui a fait conoitre que les Luperques

s’oignoient le corps. Nudum etiam corpus tune illis unílutnnefeio an vulgo notum fit, fed eruo ex Appian. lib. z. bell. ci-vil. II ne cite ni Plutarque, ni Dion, ni Cicéron; il feborne à la Citation d’Appien qui n’a fait que copier Plu-tarque , hormis la parenthèse que l’on peut voir à la mar-ge, où il est marqué nommément que Fonction étoit unechose de coutume (17).

(£) fe croi qu'elles tendoient seulement la mainj] Je neprétens pas m’inscrire en faux contre ce que disent Char-les Etienne, & plusieurs de ses Copistes ou de ses Origi-naux, savoir que les Luperques, en courant nuds par laville, donnoient des coups de fouet aux femmes fur lesmains & fur le ventre : Nudi per urbem curfitabant mulie-rum palmas uterofque caprina pelle ferientes. Mais je soutiensque cela ne justifie pas le Pape Gelafe; car il faut suposersans doute que ces coups fur le ventre ne fe donnoientque par dessus les habits. Pour ce qui est de l’Historiettequ’Ovide raconte, & qui semble faire contre moi, je ré-pons , I, qu’elle ne se raporte qu’au tems particulier oùl’Oracle fut rendu, 8c qu’il ne faut point croire que d’au-tres femmes que celles qui étoient alors mariées, 8 c enâge d’avoir des enfans, aient subi l’exécution de l’Oracle.Je dis en II lieu, qu’Ovide n’explique point comment nipar qui elles furent fouettées,;' si ce fut à nud ou par lesLuperques. De quelque façon que l’on y ait procédé ,,nous n’y voions point la preuve de ce que le Pape Gela-se a dit ( car les maris n’avoient garde de les fouetter pu-bliquement, puisque l’Oracle ne l’ordonnoit pas ; ni deconsentir que les Luperques les fouëtassent autrement quefous la custode, & de la maniéré que le grand Pontifefouëttoit les Vestales qui avoient laissé éteindre le feu sa-cré (18). Cette maniéré de l’exécution rempliffoitlesensde l’Oracle: il faut croire que les maris s’y bornoient, 8 cpeut-être même se tenoient-ils à portée de prévenir queles Luperques n’emploiassent une forte de verges pourune autre.

Voici l’Historiette d’Ovide. II dit (19) que du teins deRomulus les femmes devinrent si dures à concevoir, quece Prince s’écrioit qu’il lui eût beaucoup mieux valu den’en enlever aucune (10). On recourut aux prières; ma-ris 8 c femmes allèrent fléchir le génou dans un bois con-sacré a Junon. La réponse de cette Déesse les jetta dansune extrême perpléxité ; car on ouït distinctement cesparoles, qu un vilain bouc faille les femmes de Rome, itali-das maires, inquit , caper hirtus ïnito. Par bonheur unAugure, qui se trouva là , les mit hors de peine ; il im-mola un bouc dont il ordonna que la peau fût emploiéeà fesser les femmes (21). A quoi aiant consenti, ellesne manquèrent pas d’accoucher au dixieme mois. Tho-mas Bartholin (22), qui a fait venir à son sujet la coutu-me générale de se faire fouetter par les Luperques, delaquelle Meibomius ne s’étoit pas souvenu (23), auroittrouvé mieux son compte dans l’Avanture particulière queje viens de raporter.

(F) Ovide . . . raporte . . . une raison . . . plaisante,cyqui a été tres-mal racontée par'Du Boulai.] Comme DuBoulai (24) Fa raportée avec une infinité d’altérations, jeme trouve obligé d’en faire ici le récit sidelle, afin d’inspi-res à mes Lecteurs une juste défiance des Ecrivains, quife copient les uns les autres fans recourir à la source.Voici la chose selon l’Original (23). Hercule voiageantun jour avec Omphale fut aperçu de Faunus (zo), quidevint tout aussitôt amoureux de cette belle, & cherchafans perdre tems les occasions d’en jouir. Hercule &Omphale logèrent cette nuit-là dans une caverne , où,pendant qu’on leur aprêtoit à souper , Omphale s amusaà faire échange d’habits avec Hercule, a le parer de sesjupes 8 c de ses bijoux, 8 c à prendre a la place la peau delion, la massue, 8 c le carquois. Us souperent en cetéquipage, & ne le quitérent point en se couchant. II sa-lut faste lit à part cette nuit-la, parce que des le matinils dévoient sacrifier à Bacchus, acte de Religion qui de-mandoit qu’on passât la nuit;dans la continence. Faunus,qui avoit suivi l’objet aime, entra dans la caverne à lafaveur des ténèbres, & du profond sommeil des domesti-ques;non fans espérer que les maîtrès ne feroient pas moins

endor-

(2î) C’est-à-dire Ovide Fastor, Libr. II. (26) /« Faunus estl* rnimt Divinité q«e ?“»•

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(0) Pin-tarchus, inCxlare.

(p) De làvient atteExpression de

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prodefè agilipalmas prabertLuptno :Satyrn II.

Vers, 14 z*

(17) A\t< 5 -vtoç V 7 rœ-rsv&ív <rvvC 6 VTÛ K.UÍ-

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Ce PaflagecEAppicaveut dire,*sintQnius ip-fius in Con-sfilatu Collega,difcurrctisntidusà' vnc-tas (ut mosefi J>er id fo-lerane Luper-cis) confcen -denfquc rosir*diadema ca -piti cjus im-pofifit.

(18) Notezqae cette ma~

niere de fouet-ter les Vestales urf avoit pointalors lieu kfonie j ptiisyuc ce futNnma dr non\omulus quiles y établit .Voyez. Denysd’Halicar-naíìe,

Libr . IT,

Cap . LXVL

(1 9) OvidiusFastor. Libr*II. 441.

( 20 ) VtiUussucrât non ha-butfse nurus .Idem, lbid.

$• 434 *

(21) nie ca--pmm maftat :jtfjsa sua tergamaritte

ïdlibus ex se-ns peremienda

dabaut.

Idem, ibid.t- 445 .

( 2Z ) Dansfin Traite'

Dc Flagro-rum usumedico,

tog. 22, où’l cite un P as-siégé îouî-à-fait in intelli-gible du Scho-Tiaste de

Juvcnal.

(23) Dans leTraité Deïlagrorutnufu in reveneria.

(24) Tiu-é-lot des An-tiquitezRomaines,

pag. 2 37 .