MAHOMET.
ce tombeau soit suspendu ( E E ), comme plusieurs Ecrivains le disent en se copiant les uns le;tresj & il n’est pas trop certain qu’aucun Architecte soit capable d'un tel ouvrage (FF).
( l H) il Sa- d’un Auteur (194) qui épluche les contradictions aparentesde l’Ecriture, & qui prétend même prouver par h Bible,la mission de Mahomet. Nous serions fort simples, si nouscroïons qu’un Turc, qui examine cela, le trouve auíîlfoible que nous le trouvons. II n’aperçoit aucune forcedans les Objections contre l’AIcoran; il en aperçoit beau-coup dans les Objections contre les Chrétiens. Tant estgrande la force des préjugez !
(EE) ll n est pas vrai que fort tombeau soit suspendu.'] Uneinfinité de gens disent & croient que le cercueil de Maho-met étant de fer, & sous une voûte de pierres d’aimant,fe tient suspendu en l’air, & que cela passe pour un grandmiracle dans l’efprit de ses Sectateurs. C’est une fable quiles fait bien rire, quand ils savent que les Chrétiens la ra-content comme un fait certain (195). Mais s’il s’étoitavisé dune telle ruse, iLn’auroit fait que renouveler uneambition assez vieille. Un Roi d’Egypte avoir eu desseinde procurer le même avantage à la statue de son épouse :sa mort 8c celle de l'Architecte en empêchèrent Fexécu-tion. Magnete lapide D'mochares architectes Alexandrie Arfì-no'és templum concamerare inchoaverat, ut in eo fimulacrumejus e ferra pendere in aère videretur. InterceJJìt mors csr ipfiusejr Ptolemxi, qui id forori fut jufferat fieri (196). Si nousen croïons
comme d’une choie qui
Poètes n’y regardent pas de si près : croions plutôt ce quePline en dit.
Zbulabbas,® en Edris,®anhaghius ,Alelkita,Hot-îl a S- Hist.Dnental.
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justement les attractions (z04). J e croirois plutôt ce quel’on a dit d’une statue de Mars, qui fe coloit à une Venusd’aimant.
Ferrea Martis
Forma riitet , Venerem magnétisa gemma figurât (105).Cytherea maritum
Sponte rapit , ctlìque toros imitât a priores ,
Peâiora lasciva fiat u Mavortia neblit ,
Et tantum suspendit onus , gale&que lacertosImplicat , ex vivis totum complexibus ambit.
Ille laceffitus longo fpiraminis afilu
Arcanis trahitur gemma de conjuge nodis (206).
(204) VoUz.Gaflendi,QperumTom. II,
F a g. 134 , Cjtíùf dit mentiondu Cheval deBtllerophandn<jiicl on con~toit /<i‘ mhntFable que daSépulcre deMahomet.
Il rejette toutcela.
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Mais au moins est-il bien sûr que le sépulcre de Mahometne doit pas être compté parmi ces merveilles. Ce fauxProphète fut enterré à Medine où il étoit mort : quelques p’J». m.js.Auteurs disent qu’on le mit dans le tombeau d’Aaisce (107)l’une de ses femmes, celle qui l’avoit le plus aimé, celle U°s) idem,que les Musulmans qualifient la mere des croians, ou la v ‘f.
mere des fidelles, femme qui avoit entendu les Langues,
& qui s’étoit apliquée diligemment à F étude de l’Histoi- ( I07 ) Gabr _
j _ j . vj .j..., . __ re (208). Ce tombeau est une urne de pierre: elle est par sionira &
3 Ausone, ce dessein fut exécuté; car si en parle terre dans une chapelle où personne ne peut entrer; car J°- Esioni-,’une chose qui existoit actuellement ; mais les ^lle est entourée de barreaux de fer. Les pèlerins de la “ ‘ ln s
Meque vont là avec une. extrême dévotion, & baisent re- y,; If u Ffligieusement ces barreaux. C’est ce que vous trouverez marq. ( 00 )dans un petit Livre De nonnullis Orientalium Urbibus com- »»«* cr ‘tí~posé par Gabriel Sionitaôc par Jean Hesronita, & mis à la c ‘ t,efin de la Geographia Nubiensts , dont ils publièrent une T ra- Ex t r ‘" un ~duction Latine à Paris Fan 1619. Voiez ausii la Disserta- ( Jo8 ) Gabr.tion du. Sieur Samuel André de Sepulchro Muhammedìs. sionita &Nous verrons dans la Remarque suivante ce que Mr. Ber- J? an - , Esro 'nier témoigne de la fausseté du Conte qui regarde la sus-pension du tombeau. Oriental.
Je ne quitterai point cette matière, fans raporter un Urbibus,Conte bien ridicule que j'ai lu dans les Volages deMonco- !*&•nys. ,, L’Oia de Monsieur l’Ambassadeur dit qu’il y avoit„ une pierre à la Meque suspendue en l’air, depuis que„ Mahomet y avoit monté dessus pour monter de là fur„ le Bouraq; c’est un animal, selon l’AIcoran, plus petit„ qu’un mulet, & plus grand qu’un âne, que Dieu lui„ avoit envoie pour le porter au Ciel. Comme la pierre„ le vit monter, elle le suivit; mais lui s’en appercevant la„ fit arrêter, & elle demeura à F endroit de l’air où elle fe„ trouva alors; d’autres disent que depuis quelques fem-„ mes grosses passant dessous, de crainte qu’elle ne leur„ tombât dessus, s’étoient blessées, & qu’on y a mis des„ pierres dessous pour la soutenir, mais qu’elles n’y servent„ de rien, & que sans cela elle ne laisseroit pas de demeu-,, rer suspendue en l’air (209).
(F F) . . . Il ri est pas trop certain qu aucun Architeêîe soitcapable d’un tel ouvrage.] Je puis citer là-dessus une auto-rité qui n’est pas à mépriser : c’est la Déclaration qu’a faitel’un des meilleurs Disciples du fameux Gassendi. Rapor-tons ses paroles (210). „ Je ne dirai rien aussi de cette„ prétendue suspension du Sépulcre de Fer de Mahomet àla Mecque entre des Aimans d’égale force, & arrangez„ comme dans une espece de Voûte, ce qui s'est dit au-„ trefois du Cheval de Fer de Bellerophon ; car c’est une„ chose qui surpasse toute l'industric humaine, ou qu’on,, ait plulìeurs Aimans d’une mesme force, ou qu’on les„ puisse appliquer d’une telle maniéré que le Fer qui sera„ au milieu ne sente pas plus de force d’un collé que d’au-„ tre, ou que le Fer soit par tout de la forme, de l’épais-„ seur, & de la température qu’if faudroit, pour estre éga-„ lement attiré de par tout; & cependant il est constant„ que la. moindre petite difference, soit dans l’Aiman ,soit„ dans le Fer, soit à F égard du lieu, feroit qu’une partie„ Femporteroit sur F autre. Je pourrois ajouter comme„ ayant esté plus d’un mois à Gidda fur la Mer Rouge,
„ à une petite journée de la Mecque, que le Sepulchre,, de Mahomet ne fut jamais à la Mecque, mais qu’il est„ à Medine, à six ou sept journées de là, & qu’en ces,, cartiers là on n’a jamais ouy parler ni de cette Voûte„ d’Aimans, ni de cette suspension Monsr. Vallemont
Concfitor hic sorsan fuerit Ptolemdidos auleDìnochares: quadro cui infastigia conoSurgit, er ipfasuas consumit Pyramis umbras,
Juffus ob incesti qui quondam fœdus amorisArfinoen P harii suspendit in aère t empli.
Spirat eritm teíli tefiudine vera Magnetis ,
Ajfittamque trahit ferrato crine puellam (197).
St. Augustin ne doutoit point que l’industrie de l’hommen’eût produit un tel spectacle : il ne marque pas en quelendroit (198), il dit seulement qu’on voioit dans un cer-ïlînium, tain Temple une statue de fer au milieu de l’air, également
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Ca P- Xlydevoit pas*‘re que st.
Augustinassure cclctd?une Statusqui étoit at*
Temple de$ c f ap{ s t
éloignée du pavé & de la voûte, parce que la pierre d’ai-mant qui attiroit par dessous, & celle qui attiroit par des-sus , étoient de même vertu. Spuamobrem fi tot er t an t atamque mirifica , dit-il, que. [ai%ievií[(urit appellant , Dei crea-tura utentibus humanis artibus fiunt, ut ea qui nesciunt , opi-”f*pur cjse divina, unde faBum est, ut in quodam templo ia-ptdìbus Magnetibus in solo or in caméra proportione magnitudinìspofitis , stmulachrum ferreum aéris iil'ms medio inter utrumqueiapidem , tgnorantibus quidsurfum effet ac deorsum, quast nu-mims potestate penderet. . . . Quanta magis Deus potens estfacere çrc (199).? II observe que le Peuple, qui ne savoirpas la cause de cet effet, l’attribuoit à la puissance de Dieu.II est aparent que le Temple que St. Augustin ne nommepas étoit celui de Serapis à Alexandrie ; car voici ce quedit Ruffin en racontant les fourberies que l’on découvritdans ce Temple, lors que les Chrétiens en furent les maî-tres. Erat aliud fraudis genus hujttsmodi, natura lapidis maq-netts hujus virtutis perhibetur , ut ad fe rapiat çy attrahat fer-rum , Signum folïs ad hoc ipsum ex ferro subtïlïjjima manu ar-tificis fuerat fabricatum , ut lapis, cujus naturam ferrum ad fetrahere diximus, desuper , in laquearibus fixus cum temperatesub ipso radio ad lìbram suijfet pofitum fimulacrum , w vi na-turali ad se raperet ferrum , ajfurrexijfe populo fimulacrum, win aère pendere videretur (200). Prolper raconte la mêmechose, avec une circonstance dont Ruffin ne parle pas : ildit qu’un bon serviteur de Dieu,aiant su par inspiration enquoi consistoit l’artifice, ôta de la voûte la pierre d’aimant,à qu’auffitôt cette statue tomba & se brisa en mille pieces.Apud Alexandriam in Templo Serapidis hoc argumentum da-moriis fuit , quadriga ferrea nulla bafi fujfulta , nullis uncisinfixìs parietibus colligata , in aere pendens cunâlis ftuporem acvelut divinum fubfidium oculis mortalium exhibebat , quum ta-qui ferrum fibimet attributum suspendit, eo
(209) Vola-ges deMonconys,
I Partie , in4, P4f- 464 »4S5 , à Patin ,
1648.
(zro) Ber-nier - Ablé-
Sf.
de la
Philosophiede Gaflendî,Tom. V, fag,322 , 323.
men lapis magnes . _ ... j jí
^•gustinwn kco caméra ajstxus totam illam machìnam fuftentabat. Itaquecum quidam Dei fervus infpiratus id intellexijjet, magnetem
Xfisr. Iapidem è caméra fubsiraxit , ftatimque omne illud ostentum soutient la possibilité de la suspension d’un tombeau de fer.
9si ca àens confraélum comminutumque ostendit divinum non ejfe , Vosons ses preuves (211) : Le Père Cabéus dit qu il plaça un
quod mortaiis homo firmaverat (201). Si l’on en croit Cas- jour deux Aimans l’un au dessus de' rautre,cr distans ri environ
fiodore Í202), il y avoit au Temple de Diane un Cupidon quatre doigts : puis aiant pris par le milieu avec deux doigts une
( 211 ) Val-ìemont,Descriptionde 1*Aimant ’
statue de Mercure, faite de fer & fort pesante, qui de- fans tenir à rien. H faut un peu de tems, cr beaucoup d’a-weuroit suspendue entre le ciel & la terre, à cause de l’é- dresse, pour trouver justement ce pomt-là , çr pour y laisser l’ariY^done”" Thlìbre des forces qui l’attiroient eu haut & en bas (203); guille fans quelle tombe; ce qui arrive par la moindre agitationù Y avoir un morceau d’aimant au pavé, & un autre à la de l’air. Enfin cela réussit pourtant au Père Cabéus. L’aiguillevoûte, & Fou avoit mis cette statue immédiatement au demeura en l'air entre les deux Aimants, ne touchant à rien ,dessus 8 c au dessous de ces deux morceaux d aimant. J’ai ex ce charmant fpeélacle dura autant de tems qu il enfant pourien de la peine à croire ces choses; tant à cause dé l’éloi- réciter quatre grands vers. Mais comme ilfe levoit , a fin d’ap-gnement considérable, quiéteit, dit-on, entre les statues peller quelques-uns de ses amis, le mouvement de l’air rompit,«e fer, & les pierres qui les attiroient, qu’à cause des dis- pour ainsi parler, ce charme innocent. Sur cela ce Philosophe neïicultez insurmontables que l’on trouveroit à balancer fí fait point de difficulté d’assurer, quonpourroit par ce im1 o m. m. ;. Ll 2
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