MAHOMET,
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n’examme point si le calcul est bien juste, 2c ne m’atnuse pas à réfuter de semblables choses. Jedois dire en faveur des Auteurs Chrétiens, que ce font les Sectateurs de cet Imposteur qui ontdébité de lui les fables les plus ridicules. Ce font eux qui nous aprenent que le ris, Sc la rose,naquirent de fa sueur (HII) ; Sc que l’Ange Gabriel lui enseigna la composition d’un ragoût quilui donnoit de grandes forces pour jouir des femmes (II). Au reste, la Religion de ce faux
Docteur
les Citations de l’Auteur fans y rien changer. ( se-
nectutem imperii Turcici) etiamft nondum agnoscant plu-rimì Gogiticam prïus expeílantes irruptwnem , vel milìtiaTurcicst Goloniam ufque ( f ) dedublionem , thm Picardie ,Flandrist er Brabantia (j) , imò omnium omninb regionum( f ) fer Turcas , pr&cejsuras ìncurpones ; nos t amen de Tur-cicâ seneélute prusentì non vaticinia tantìem , sed alia etiamindicia reddunt certisstmos (2.41). Vous trouverez un Suplé-ment de tout ceci dans la Remarque (B) de l'Article T o k-qjuato ( Antoine).
Prophetiam Htbr&am à Bcmtcht PtUeren/i Epifcopo in Lotinum trmjhaam.
Scii..i 1 He dmt Wolíïus, pou m . 886, cet .Auteur est apelìé Bçmechobus. ( 24 . 1 )“'•nuiterns t?— 1 -.:- t_j__.. .. 1 \ *
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, m Ecclelia Muhàmmcdana, pag. 21.
Si nous voulions attribuer toutes ces menaces prophéti-ques à une feule cause, nous nous tromperions. L'enviede se consoler, par l'espéra n ce de la ruine d’un furieux per-sécuteur , fait trouver facilement cette ruine dans les Pré-dictions de l’Ecriture , ou dans quelques autres sources.Voilà donc des gens qui prédisent par crédulité, & parillusion. L’envie de consoler les peuples, Sc de dissiperleurs craintes, oblige certaines gens à su poser que l’Ecri-ture, les Prodiges, 8c plusieurs autres Pronostics promet-tent la prochaine ruine de la puissance que l’on redoute.Voilà donc des gens qui prédisent par Politique. Ceux quile font, afin de rendre plus courageuses les troupes qu’onmet fur pied, font des Prophètes de la même classe. 11 yen a qui le font afin d’exciter les soulevemens dans le païsennemi; par exemple, afin d’animer les Grecs qui réco-ncilient le grand T ure pour leur Souverain, à prendre lesarmes contre leur maître. Ceux-ci apartiennent à une au-tre classe; il les faut nommer Prophètes de sédition. Met-tez dans la classe qu’il vous plaira, peu m’importe, les'Païens dont parle St. Augustin, qui firent courir une Pro-phétie , selon laquelle le Christianisme devoir périr aprèsqu’il auroit duré 365 ans. Excogitaverunt nescio quos versusGr&cos , tanquam consulenti cuidam divine oraculo effusos ,ubi Cbriftum quidem ab hujus tanquam facrilegii criminesaciunt innoeentem : Petrum autem maleficia fecijse subjun-gunt , ut coleretur Christi nomen fer 365 annos : deinde com-pléta memorato numéro annorum , Jine mora sumeret finem(242). St. Augustin trouve qu’en comptant ces 365 an-uées depuis la résurrection de Jesus-Christ, elles expirè-rent un an avant que le Paganisme reçût, pour ainfi dire,
coup mortel par la destruction de ses Temples. Sequentianno, conjule Manho Theodoro, quando jam fecundùm illudoraculum détmonum aut figmemum hominum , nulla esse de-buit relïgio Chriftiâna , quid per alias Urrarum partes for -Jitan satium pt , non fuit necejfe ferquirere. Intérim quodscimus , in civitate notìjsima c 7 eminentijfima CarthagineAfhritét Gaudentius o* jovìus comités Imferatoris Honorii,quarto decimo calendas Afrilis falforum Deorum templaeverterum, esr fmulachra fregerunt (243). Saint Augustinremarque que plusieurs Paiens furent convertis, pax la ré-flexion qu sis firent fur la fausseté de cet Oracle Ouantaux motifs de ceux qui le divulguèrent, volez ce que iecite de Baronius (244).
Quelques-uns de ceux qui ont promis de grandes con-quêtes aux Turcs, y ont été peu à peu déterminez par lahaine-qu’ils avoient conçue contjela Maison d’Autriche:soit que cette haine les eût renclus fanatiques, soit qu’ilsfissent seulement semblant d’avoir des visions. Mais quel-ques autres u'ont été conduits que par le Système qu’ilss etoient fait fur les Prophéties de l’Apocalypse, sur Gog8c Magog, 8tc. On m’a dit depuis peu deux choses.I. Qu’un fameux Ministre d’Amsterdam avoir prêché pen-dant le fiege de Vienne en 1683, que les Turcs pren-droient la ville. II se fondoit sur quelques Passages de l’E-criture. II. Que la levée de ce fiege lui causa tant dechagrin, qu’il en mourut. Ce n’est pas qu’il souhaitât,comme auroit fait Drabicius, que les Turcs fissent des pro-grès dans l’Allemagne; mais il fut marri de s'être trompé.Quoi qu’il en soit, nous pouvons conclure que ceux quise mêlent de nous révéler I avenir par raport au T ure, pre-neur mal leur terns: quand ils l’ont menacé de ruine, st atriomphé; quand ils lui ont promis des Conquêtes, st aPerdu des batailles, 8c des Provinces , comme on l’a vudepuis Tannée 1683 (245). Mais observons qu’au temsmême de Drabicius il y eut des gens en Hollande, quiPromirent que le Turc íèroit détruit. On publia à Leide!’an 1664 deux Ecrits bien différens.Le premier avoir pourTitre de Tartarorum irrupttone fuccinéìa Dijfertatio (146);& l’autre étoit une Par&nejts ad Christianos, suggerens con-Jtltttm ad eos- liberandos, csr offrimendos Turcas. Dans lePremier,la Hollande est menacée des irruptions desTarta-res, si elle ne fournit beaucoup d’argent pour la levée destroupes qui p ont nécessaires à la guerre contre les Turcs,
On
promet dans Vautre la Conquête de TEmpire Turc,
Pourvu qu’il se fasse de grandes levées d’hpro.mes 8c de de-
niers, 8c Ton marque de quesse façon il faudra que cetteConquête soit partagée.
(H H) Le ris, ©- La rose, naquirent de sa sueur.] Voiciles paroles de deux fa va us Maronites (247). inepte Moha-medis sequaces confabulantur , ortam effe (orizam) ex issusMohamedis fudore antequam mundo se manifestaret , mun-dum infefiaret pene dìxerim , cùm Tbromiïn Dei úrcuibat inParadiso : Deus enim conversas refpexit eum, Mohamedes pr/tpudore sudavit , tergensque digito ftdorem, sex extra Para-difum guttas mijit , ex quarutn una rofa , ex altéra orizaproduíía, sunt , ex reliquis quatuor , quatuor Mohamedissocii nati sunt. Voilà qui surpasse les plus absurdes visionsdes Légendaires Chrétiens. Mahomet, disent ses Secta-teurs, faisoit le tour du Thrône de Dieu dans le Paradis,avant que de se montrer aux hommes. Dieu se tourna verslui, 8c le regarda : Mahomet en eût tant de honte, qu’il ensua; 8c aiant essuie sa sueur avec ses doigts, il en fit tom-ber six goûtes hors du Paradis, Tune desquelles produisitla rose; une autre le ris, les quatre autres formèrent lesquatre compagnons du Prophète. &ue dites-vous , Moi-Jteur, de la vison des Arabes, ces paroles font de Balzac,qui ont ofte la rose àt la Déesse Venus , pour la donner auProphète Mahomet, ey qui tiennent [c est Busbequius qui le ditdans ses Relations) que les premieres roses font nées de la sueurde ce grand Prophète? N’admirez-vous point leur Chronologie ,qui ne veut pas qu il y ait eu de roses dans le monde, avant1 ‘Empire d’Heratlius (248) ?
(II) L'Ange Gabriel lui enseigna la composttion d'un ra-goût qui lui donnoit de grandes forces pour jouir des femmes.]II se vantoit d’avoir apris de T Ange Gabriel, que la vertude ce ragoût ( 249 ) étoit de fortifier les reins. En aiantmangé une fois par Tordre de T Ange, il eut la force de sebattre contre quarante hommes : dans une autre occasionil eut à faire quarante fois avec des femmes, fans en êtrefatigué. (230) Mohamedes . . . ajsrmabat .... hoc pul-mentum à Gabrkle Angelo se edodium suisse , ey utilttatemejus, eodem Angelo teste, m eo consistere, ut renes corrobores.Gpuandoque Angeli jujfu Mohamedes ex eo edens una nogìepugnavìt adversus quadragtnta viras, aliasque quadragies m-defatigatus rem cum fœminis habuìt. Sane h&c, anuum deli-rantium fabellas aut alicujus Moflemanica fefía osoris calum-nias ejfe opinaremur, nifì prasatum authorem (231) suris pe-ritijfimum eumdemque obfequentijfmum Mohamedis Jetìatoremea omma diserte Arabìco stylo , capite de quorundam ciborumdeleêlu ey utilitate vtderemus referentem. Nous avons ici unAuteur grave parmi les Mahométans, qui raconte ces in-famies de fou Prophète ; on ne doit donc pas soupçonnerque les Chrétiens ou les Juifs aient inventé ces Contes pournoircir cet Imposteur ; 8c ainfi, encore que nous ne lisionspas dans l’Alcoran, que les plaisirs de l’union entre les deuxsexes dureront chaque fois soixante ans entiers, il ne fautpas laisser de croire que c’est une tradition Mahométane.Mais, afin de donner lieu à un chacun de mieux juger decela, il faut que je raporte un Passage, qui nous aprendque Mr.Pocock, si versé dans la lecture des Auteurs Maho-métans, ne raporte point cette tradition. Voici une Notedu Sieur Bespier, sur ce que Mr. Ricaut dit (232) , que lefaux Prophète promettoit un Paradis où il y auroit de bel-les femmes, dont la jouissance donneroit des plaisirs exces-sifs ... cy qui durer oient soixante ans entiers fans dtfconti-nuation. „ (253) L’Alcoran ne parle nulle part du temps„ de ces plaisirs. Baudier ne fait point de difficulté de Té-„ tendre jusques à cinquante ans, pag. 661 de son Histoire„ de la Religion des Turcs. C’est ce qu’il a pris de Vige-„ nere pag. 208 de ses Illustrations fur Chalcondyle; ou„ qu’ils ont pris l’un 8c l’autre de Jean André pag. 72 où„ il dit la même chose. Je ne trouverois pas mauvais,„ qu’ils T eussent copié en une infinité d’endroits, comme„ ils ont fait, 8c fur tout fur les délices du Paradis, où ils„ ont presque pris mot pour mot quatre ou cinq pages.,, Mais ce que je ne puis approuver, est que ni l’un ni,, Vautre ne le nomme en pas un des endroits où il le co-,, pie. Au reste, je ne fçay li la Zune parie de ces cin-„ quante ans, comme l’assûre Jean André; mais Pocock,„ qui a été fort exact à decrire tout ce que les Mahomé-,, tans disent des delices du Paradis, ne parle ni des cin-„ quante ans de Jean André, de Baudier, 8c deVigenere,,, ni des soixante ans de nôtre Auteur; st dit seulement que„ ces Infidèles assûrent qu’il y aura cent divers degrez de„ plaisirs dans 1 e Paradis, dont le moindre fera si grand,„ qu’afin que les Fidèles les puissent goûter fans en être„ accablez, Dieu leur donnera à chacun la force de centhommes. Kowat mìatragtol ”.
Admirons ici la foibìeíle humaine. Mahomet, prati-quant 8c enseignant la plus excessive impudicité, a néan-moins fait acroire à un grand nombre de gens, q Ue Dieul’avoit établi le Fondateur de la vraie Religion. Sa vie neréfutoit-elle pas fortement cette Imposture? Car selon laRemarque de Maimonj.des,le principal caractère ss’un vraiL 1 3 P10-
(247) Ga-brieì sîonifá& Jotuines;Hesroiiitu,de nonnuiiiéOriental»Urbibus ?
« í*
(248) Bal-zac , Entre-tien V,
Chap, II, jpag. m . 87 »Confirez, la%emarqne(DD) de
P ^Article
J U N O H*
(249) Envoici lacomposi-tion. Soientf Arabes)fréquenternutrìri puhmento cjuadâmHcrifi difta ,quod extntîctprius duo$Qconfidmt ,
poft soli ex*Jlccandumexponìtur ,tiim in urnotcontunditurdonec etnun-detur, pojîrs -mo pinguícarne fimal
coquitur ,donec euroconfumapitr »cjuod fane vpalaro non tj(ingYAturn.GabrielSionìta ÔcJo. Esio-níta, denonnullisOriental.Utbibus.
(250) Ga-briel Sion.
& Jo. Elron*ibìd .
(251)
à-dire, fi j em me trompe,MohamedesBen-Caíem,
duquel t'iscitent , pag. 2,Hortus re-nom delec-tabilium.
(252) Ri-caut, Etatâe l'EmpirsOttoman,
P- 322.
(253) Bes*piex, Re-marquesCuiieuíe#,pag. 625*