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Tome troisieme. K - P.
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MAHOMET.

r/o

(n) IntituléLa Vie dcMahomet.

(s) La Tïa-dtiftìonFrançaise aété publiée à^AmsterdamCan 1658.

Docteur a été sucette au même inconvénient qu’on a remarqué à la naissance du Christianisme, jr

& à celle de la déformation de Luther j car dès qu’il eut prophétisé, il s’éleva plusieurs fauxProphètes (H), & ses Sectateurs se divisèrent bientôt. Je m’étonne moins de sa hardiesse àl’égard de la promesse du Paraclet , que de celle de quelques Auteurs Arabes, qui se vantent d’a-voir lu des Exemplaires de l’Evangile, qui contenoient des choses touchant Mahomet qu’ils pré-tendent que les Chrétiens ont effacées (LL). Je ne sai st l’on doit croire ce que disent quelques-uns, que Mahomet déclara qu’il n’y avoit que le tiers de l’Alcoran qui fût véritable (MM). .

Qui voudra voir une fuite chronologique des Actions & des Avantures de ce faux Prophètesoutenue de fort bonnes Citations, & d’un beau détail de circonstances, n’aura qu’à lire l’Ouvra-ge de Mr. Prideaux (»). II a été traduit d’Anglois en François (o) depuis la prémiere Edition

de

/

f254)Eduar~dus Pococ-kius , Notisin SpecimenHistoria:Arabuin,181.

(255) Voiez,Pocock,ibid ..

I78, I80.

ETRAN-GES effets 'de la pré-vention.

(256) Catoni$brietas ob~jefta efi: atfacilita èjfi-ciet qttisquis•bjecerit , hoccrimen hanes-tttm , quamttcrpem Cato-nem. Seneca',de Tran-quillitateAnimi, Cap.XV, pag.m.

674.

(257) I auxCorinth.Chap. VII ,

Vif. 14,

(258) T)AH 3VÍirtide deLUTHER,r Pet»arqpíe

(í'C).

Prophète est de mépriser les plaistrs des sens, & fur toutcelui qu’on nomme vénérien. ,, Liceat hic adferibere qust,, habet Maimonides in Moreh, L z. c. 40 . ubi quomodo pre-„ bandi fini Pfeudopropheta , docet his verbis. Modus au-,, tem taie m probandi, est ut perfectionem personse ipsius„ animadvertas, 8c in facta ejus inquiras; 8c conversatio-,, nem observes ; signum auteur praecipùum quo dignosca-„ tur est, st abdicaverit voluptates corporeas Le eas con-,, temptui habuerit, (hic fíquidem primus est gradus scientiâ„ praeditorum, rnulto m agis prophetarum) inprimis veto„ sensurn illum qui juxta Aristotelem opprobrio nobis est, ac„ turpitudinem rei Venerese; ideoque hoc indicio detexit„ Deus omnes falso de afflatu prophetico gloriabundos, ut„ ita patefieret Veritas eam indagantibus, & ne in errorem„ inducantur (754) Qu’on ne dise point que personnene s’y trompa; 8c que ceux qui s’attachérent à Mahomet»ne le firent que par amour propre, & en conoissant ses Im-postures. Ce seroit une prétention insoutenable. La plu-part de ses Disciples rejetterent la nouvelle de fa mort com-me un mensonge,qui ne pouvoit compatir avec sa millioncéleste; 8c il salut, pour les détromper, qu’on leur prou-vât par l’Alcoran qu’il devoir mourir (2.55). Ils s’étoientdonc laissé séduire par ses paroles. Or quand une fois onest prévenu de l’opinion qu’un certain homme est Prophè-te, ou un grand Serviteur de Dieu,on croit plutôt que lescrimes ne font point crimes quand il les commet,que l’onne se persuade qu’il fait un crime. C’est là l’effet de la sotteprévention de plusieurs petits esprits. Seneque lui-même nedisoit-il pas qu’on prouverait plus facilement quel’ivrogne-rie est louable, que non pas que Caton commît un péchéen s’énivrant (2.56 ) ? Les Sectateurs de Mahomet diíòientde même en leur cœur, il vaut mieux croire que l'impu-dicité 11’est pas un vice, puis que notre grand Prophète yest sujet, que de croire que puis qu’il y est sujet, il n’estpas un grand Prophète. Tous les jours on volt des dimi-nutifs de ce préjugé : un homme s’est-il une fois aquis laréputation de grand zélateur de l’Orthodoxie, s’est-ilstgnalédans les combats contre l’Héréfie offensivement 8c défen-sivement, vous trouvez plus de la moitié du monde fi pré-venue en fa faveur, que vous ne pouvez leur faire avouerqu’il ait tort, en faisant des choses qu’ils condamneraientst un autre les faisoit. St. Paul a dit seulement que lafemme infidelle seroit sanctifiée dans le mari fidelle (257);mais s’il eût parié selon le goût de ces gens-là, il auroitdit que tout ce qui apartient à l’homme fidelle,à l’hommeorthodoxe, 8c tout ce qu’il fait, est sanctifié en lui.

{K K) Il s éleva plusieurs autres faux Prophètes.'] Je mesouviens de l’Exorde d’un Sermon de Mr. Daillé: il rou-loit fur cette pensée , qu’auffi-tôt que Dieu fait annonceraux hommes fa Vérité, le Diable suscite de faux Docteursqui annoncent des Hérésies. II suscita au tems des Apô-tres un Cerinthus, un Ebion, & c, Se au tems des Réfor-mateurs un Jean de Leide, un David George , un Server,8c un Socin. Le but du Démon est de traverser les pro-grès de la Vérité; car il étoit naturel de croire que lesJuifs Lc les Païens mépriseraient l'Evangile, dès qu’ils ver-raient plusieurs Sectes parmi ceux qui l’annonceroient. Pa-reillement il y avoit lieu de croire que les Catholiques mé-priseraient & insulteraient la Réformation » dès qu’ils ver-raient Luther, Zuingle, Muncer, Calvin, marcher pardiverses routes, Sc soutenir des Disputes contre plusieurs.Chefs de Parti, qui à leur exemple sortiraient de la Com-munion Romaine. II vient d’abord deux Objections dansl’esprit. 1 , Si ces gens-là étoient inspirez de Dieu, ilsparleraient le même langage: 2, Posé le cas qu’il falûtquitter l’ancienne Doctrine, quel Parti choisirions - nousparmi tant de Sectes nouvelles? II vaut mieux demeureroù l’on se trouve, que de discuter si 1 une d’elles est véri-table, & laquelle c’est. L’événement ne confirma pas cesconjectures selon toute leur étendue; car, quoi qu’on nepuisse nier que la multitude de faux Docteurs qui s’élevé-rent dans le prémier Siecle, Sc qui formèrent tant de Par-tis dans le sein de l’Evangile naissant,n’aient fait beaucoupde tort à la bonne cause, il s’en faut beaucoup que celan’ait fait tout ie mal que le Démon en avoit pu espérer.Le Pyrrhonisme y gagna fort peu de chose; j’en aidéjaditles raisons (258 ). On peut apliquer cette Remarque auxtems de Luther & de Calvin. Ces deux grans Réforma-teurs ne firent pas tous les progrès qu’ils auraient faits,s ils eussent été réunis dans les mêmes sentimens, Sc si tousceux qui combatoient l’Eglise Romaine avoient tenu lemême langage. Leur désunion fut un préjugé qui retintplusieurs personnes dans la Communion du Pape: néan-

moins la Religion Protestante ne laissa pas de s’augmenteren peu de tems, & d’aquérir une consistance durable. Quoiqu’il en soit, tout le monde peut comprendre que le Dé-mon suit fort bien ses intérêts,s’il traverse les progrès d’unenouvelle Orthodoxie, comme Mr. Daillé le supose: maisil n’est pas facile de concevoir, qu’aiant suscité Mahometpour établir une fausse Religion, il lui opose les mêmesobstacles qu’aux Apôtres de Jesus-Christ. D’où vient doncque de faux Prophètes, émissaires de Satan, s’efforcent deperdre le Mahométisme dans fa naissance? D’où vient queMahomet a des émules, qui se vantent de l’Inspiration cé-leste auffi bien que lui(2,59)? D’où vient que Museilema son (us>) r«v«Disciple l’abandonne,afin de faire une Secte à part (260)? Hottinger,D’où vient qu’un Aswad, un Talíha , un Almotenabbi, orientals’érigent en Prophètes, & attirent à eux autant qu’ils peu- Libr. 11,vent de Sectateurs (261)? II n’est point facile de donner cap. iii>raison de ces phénomènes,si l’on ne supose que la division Me- 2 * 8 -n’est pas moins grande entre les mauvais Anges qu’entre leshommes, ou que les hommes fans l’instigation du Démon -sfentrepreneur de fonder dq fausses Sectes. Les Chefs de * * ’

Parti que j’ai nommez trairaient Mahomet de faux Pro- ( z6l ) Ucm,phête; mais il s’en éleva d’autres après fa mort, qui fansrévoquer en doute son autorité dìsputoient q qui entendoitmieux l’Alcoran. Les deux grandes Sectes qui se formè-rent d’abord, celle d’Ali 8c celle d’Omar, subsistent en-core. Souffrir cela n’étoit-ce point travailler au dommagedu Mahométisme ? Etoit-ce l’intérêt du Démon ?

Quelque grande que paroisse cette Difficulté, on y peutfaire diverses Réponses. On peut dire qu’il importe peuau Démon qu’un faux Prophète soit traversé par de fauxProphètes, 8c que chacun de ces Imposteurs débauche lesSectateurs de ses concurrens: le,Démon n’y perd rien; onest à lui également, soit qu’on suive Mahomet, soit qu’onsuive Museilema , ou Almotenabbi. Les combats,. lesguerres, les désordres de toute nature que ces divisions pro-duisent, sont un spectacle plus divertissant pour l’ennemidu genre humain, que ne le seroit le cours tranquille &heureux d’une feule fausse Secte. D’ailleurs c’est une chosetrès-capable de flater l’orgueil d’un esprit ambitieux, quede faire voir qu’il peut établir le Mahométisme en dépit decent obstacles. Ne peut-il pas espérer que s’il donne demerveilleux accroissemens à cette Secte, quoi qu’elle soitcombattre dans sa naissance par d’autres Sectes, il y marqueraun caractère de Divinité, 8c il se rendra le singe de Dieu,qui n’a jamais fait paraître plus sensiblement la force de saprotection sut l’Evangile , qu’en empêchant les mauvaiseffets des Hérésies 8c des Schismes du prémier Siecle?

{L L) Quelques Auteurs Arabes ... se vantent d’avoir ludes Exemplaires de l’Evangile, qui contenoient des choses tou-chant Mahomet que les Chrétiens ont effacées. ] Les plus in-crédules sont ébranlez, quand ils voient des Auteurs gravesqui affirment certaines choses avec un grand attirail de cir-constances, Sc comme les aiant vues de leurs propres yeux.

II est donc utile de faire voir par des exemples notables,que ces sortes d’affirmations font quelquefois illusoires.

Quel plus grand exemple pourrois-je citer que celui quel’on va lire? On y verra un Mahométan q U i assure qu’unChrétien lui a montré un Exemplaire de l’Evangile, où setrouvent quantité de choses claires & précises touchant Ma-homet, 8c qu’il n y a qu’un autre Exemplaire au mondequi soit semblable à celui-là. Inter nomina feu titulos blas-phemi impoftoris Paracletum numerant , teste AIJannabio:quin & alias in loco non uno , anse Evangelia à Christianiscorrupta expreffam ejus faílam mentionem fibi facile persiua-dent, idque ab ipsis Christianis edoâíi , ut refert Author modolaudatus; Mohammodemjci/. AlSelencium, nescio quem ,a Sacerdote quodam magni inter Christianos nominis didiciffenullibi extare Evangelii exemplar ïncorruptum , quàm apud ( 2Í2 1se unum , ac Parisiis alterum, atque é suo multa coram ipsislegisie, in quibus multa cy perjpicua de Mohammede narra-rentur (262). bmn, P&

(MM) Quelques-uns disent que Mahomet déclara qu il n’y E > 1avoit que le tiers de l’Alcoran qui fût véritable . ] Le Pere , , , par»Joseph de Sainte Marie , Carme déchaussé, Misiionaire iffiiímApostolique dans le Roiaume de Malabar, assûre (263) que *»//les habitans de Mascati se piquent detre les plus fidelles Sf^índieobservateurs de la Loi de Mahomet, Sc qu’ils prétendent plient» 1 */que Mahomet déclara, que de douze mille paroles qui se *

trouvent dans l’Alcoran, il n’y en a que quatre mille de °

véritables. Quand on les réfute fur quelque point, 8c qu’ils ífwie d*ne savent comment se défendre, ils le mettent au nombre 1 *des huit mille faussetez. Voilà qui est bien commode pourse tirer de tout mauvais pas dans la Dispute. n>itn>> n ‘ ■